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Du 7 au 9 juin prochain se tiendra, à La Rochelle, le salon de l’ABF (Association des Bibliothécaires de France). Le thème de ces trois journées professionnelles est une question d’importance : « A quoi servent les bibliothèques ? ». Les bibliothèques comme lieu, les bibliothèques innovantes, les bibliothèques et l’humain… le programme détaillé est consultable ici.

C’est une première pour La Souris Qui Raconte. Après plus de huit années d’activité, dont quatre tournées presqu’entièrement vers les bibliothèques, je me devais cette expérience. J’avais eu l’occasion, en tant qu’invitée, de participer à un salon professionnel organisé par l’IFLA (un ABF mondial pour faire court), c’était en 2014. Après une assiduité obstinée à des salons grand-public qui a connu ses limites l’année dernière, j’ai eu envie de tenter cette expérience professionnelle, et d’aller à la rencontre des bibliothécaires qui pourraient encore être surpris(es) par nos offres numériques d’abonnement. Nous serons donc parmi les 64 exposants du salon, installés stand B52 à proximité de l’Agorabib, avec l’envie de vous rencontrer, d’échanger et de vous convaincre, mesdames et messieurs les bibliothécaires. Alors soyez les bienvenu(e)s chez nous le temps de ces trois journées.

Et puis c’était aussi l’occasion de réaliser une jolie bande annonce sous forme de « pitch » de La Souris Qui Raconte, pour dire en quelques mots ce qui distingue LSQR des autres éditeurs numériques. C’est chose faite. En exclu, vous pouvez la découvrir ici, et la retrouver stand B52.


Le Conseil Départemental de l’Oise est abonné à La Souris Qui Raconte via la Médiathèque Départementale de l’Oise, depuis fin juin 2015. Au vu de l’usage plutôt actif du service, le deuxième après la bibliothèque de la Cité des Sciences, j’ai pensé qu’en rendre compte aiderait peut-être les autres collectivités abonnées.

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Maureen Hernandez est responsable Communication et Développement numérique de la MDO. Elle me sollicite chaque mois, aussi précise qu’un métronome, pour connaître les statistiques de connexions. Celles de 2017 ont été particulièrement bonnes, notamment sur le deuxième semestre. Tout en félicitant Maureen, je n’ai pas résisté à la tentation de lui demander le secret de ce succès. La médiation, m’a-t-elle révélé. LA MÉDIATION !
Quel mot magique, puisqu’en la pratiquant (la médiation), ça marche !
J’ai voulu en savoir plus pour vous en rendre compte, et j’ai donc posé quelques questions à Maureen. Voici ses réponses. N’hésitez pas à cliquer sur les liens, il y a aussi un beau travail éditorial qui montre, s’il en était encore besoin, que la communication est essentielle.

Combien de bibliothèques et points de lecture compte le département ? Pour quelle population ?
Maureen : La Médiathèque départementale de l’Oise est centre de ressources pour les 220 bibliothèques et médiathèques de son réseau, bibliothèques de moins de 10 000 habitants.

Nous le savons tous (dans le milieu en tous cas) une bibliothèque ou médiathèque départementale, n’est pas en contact direct avec le public. Comment un jeune lecteur se connecte-t-il à la ressource ?
M. : La MDO propose depuis 2014 les ressources numériques aux bibliothèques du réseau uniquement. L’objectif est de pouvoir accompagner les bibliothèques de moins de 10 000 habitants. Pour bénéficier de ces ressources, les usagers doivent tout d’abord en faire la demande auprès de leur bibliothèque. C’est ainsi une nouvelle opportunité pour chacune de faire venir un autre public dans ses murs.

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La médiation dont vous m’avez parlé, à qui s’adresse-t-elle et comment s’organise-t-elle ?
M. : La MDO souhaite aller plus loin avec les ressources numériques, au-delà d’une offre de service. Nous initions donc depuis 1 an différentes actions de médiation pour accompagner les bibliothèques, tenter de réduire les freins et les résistances liés au numérique et les inciter à utiliser le numérique comme un outil d’animation complémentaire à ce qu’elles proposent au quotidien.
Nous orientons donc ces actions de médiation autour de fiches pratiques.
Pour La Souris Qui Raconte, nous nous appuyons beaucoup sur les fiches proposées sur votre site pour inciter les bibliothèques à mettre en place des contes numériques en bibliothèques.
Nous valorisons par des articles les bibliothèques qui expérimentent les contes. Les équipes de la médiathèque départementale proposent dans nos actions culturelles des contes numériques, ce qui incite aussi les bibliothèques à s’y essayer.
Nous avons créé sur notre site internet une « boîte à idées numériques » où les bibliothèques peuvent venir piocher en fonction de leur public ou de leurs objectifs des idées d’animation : animation en bibliothèque, formations, création de partenariats, innovation sont les maître-mots de cette médiation.
Une autre rubrique de veille numérique : « Numérique en bib’ » vient compléter les informations autour de ce vaste sujet.
Avec La Souris Qui Raconte, nous avons aussi beaucoup sensibilisé les bibliothèques sur l’opportunité qu’offre cette ressource pour un temps privilégié avec l’enfant : l’histoire du soir, un temps calme autour d’une histoire lue, la possibilité aussi de se saisir de ces histoires lues pour les parents qui ne savent pas lire une histoire.

Avez-vous une « formation type » pour la ressource ? Si oui, pouvez-vous nous en donner les grandes lignes ?
M. : Nous organisons chaque année, 2 formations autour du numérique et des ressources numériques intitulées « Quoi de neuf à la MDO ? ». Cette formation est proposée sur les 2 sites de la MDO (Beauvais et Senlis) afin de toucher l’ensemble de notre réseau.
Lors de cette formation nous présentons les ressources, mettons en avant la boîte à idées et insistons sur cette offre qui est une véritable opportunité pour les bibliothèques pour animer et dynamiser leur structure et animer un autre public. Nous souhaitons aller cette année plus loin en leur proposant de monter des ateliers pratiques lors des formations pour qu’ils puissent s’essayer à la démarche avant de le faire en bibliothèque.

Les bibliothèques ainsi « formées », comment s’approprient-elles la ressource et comment s’y prennent-elles pour, à leur tour, la valoriser ?
M. : Grâce à l’intervention de la MDO dans différentes bibliothèques sur les contes numériques et à la valorisation de ces actions, les bibliothèques commencent doucement à mettre en place des contes numériques dans leur bibliothèque en direction des scolaires et des familles. Elles ont davantage d’arguments et d’exemples pour présenter cette offre aux parents et les inciter à découvrir chez eux les contes proposés.


En préambule, et pour ceux qui n’auraient pas reçu mes vœux, je vous les transmets ici. Il est encore temps de s’embrasser et se souhaiter toutes sortes de belles choses pour 2018.
Pour ma part lectures, rencontres et créations m’émerveilleront ces prochains 300 et quelques jours !

La Souris Qui Raconte l’a commencée en beauté avec deux rendez-vous la semaine dernière. Le premier était organisé par l’association Lire et Faire Lire, et le second par la médiathèque départementale du Morbihan (MDM).

Deux rencontres, deux publics, deux températures !

IMG_6228Prévue de longue date, cette première rencontre de l’année me conduisait à Eaubonne, dans le 95, où j’avais déjà eu l’occasion de présenter La Souris Qui Raconte lors du salon du livre. J’appréhendais cette présentation face à un public de bénévoles à la retraite (pour la plus grande partie), parfaitement ignorant des questions numériques… alors des lectures numériques ! Imaginez un peu !…
Ma surprise fut belle ! La cinquantaine de représentants de l’association du département m’a en effet épatée par la qualité des échanges et leur attention. Face à un public curieux, animé par une même passion que la mienne, lecture et plaisir de lire et faire lire à haute voix, j’ai eu, semble-t-il, autant d’émotion à partager mes publications numériques, qu’eux ont eu à les découvrir et les écouter. Ma rentrée colère portée par la voix de Robin, les a ravis. Alors que je leur passais le micro pour les inviter à lire, ils m’ont prié de faire lire Robin, littéralement sous le charme de son interprétation.

Alors bien sûr, on a évité de parler formats (ce n’était d’ailleurs pas le sujet) et de questions trop techniques, mais cette première rencontre de l’année, sous l’égide de la LECTURE, a été d’une grande richesse. J’ai été enchantée par l’expérience, la première du genre menée avec un réseau de lecteurs bénévoles, et assez impressionnée par la démarche de la présidente de l’association du département : faire le choix d’inviter une éditrice numérique plutôt qu’un auteur à l’occasion de ces réunions mensuelles.

La seconde rencontre me transportait dans le Morbihan, à Auray précisément, pour participer à la troisième marmite numérique.
Organisée par Cyrille Noël de la MDM, que je remercie ici encore, les temps de la journée questionnaient sur « Où va le numérique ? » , avec en guise de clôture et de restitution « Où va la bibliothèque ? » … Un vraiment chouette programme ! La matinée donnait largement la parole à Pascal Desfarges, homme prolixe sur les questions du numérique, du Big Data ou encore de l’intelligence artificielle. Un type brillant sans aucun doute !
S’appuyant sur une présentation parfaitement maîtrisée, Pascal Desfarges nous a embarqués pendant près de deux heures à bord des mutations numériques et du monde de demain poussant inexorablement la porte du monde d’aujourd’hui. Comment se préparer, y faire face sans le craindre ? Alors que la projection mentale de ce que j’entendais m’invitait dans le film Minority Report, j’essayais d’imaginer la perception des bibliothécaires de l’assistance face à un tel discours. Si la brosse à dents connectée sera sans doute une réalité dans quelques années, je me refuse à croire que des puces seront implantées dans nos corps pour nous transformer en ordinateurs à sang chaud ! Et si tel devait être l’avenir de l’homme, au vu de mon parcours de vie, il ne sera pas le mien. Paix à mon âme ! Je ne supporte déjà plus les réseaux sociaux et leurs enfermements algorithmiques… alors être connectés dès la première poignée de mains manque trop de poésie, de hasard et de charme ! Mais il n’empêche, si le discours semblait parfois caricatural, il abordait des sujets tout à fait d’actualité comme les Tiers Lieus, Fab Lab (avec des références fréquentes à La Fabrique du Loch) et tous projets collaboratifs partagés librement. Résumer en quelques lignes la prestation de Pascal serait 1) prétentieux 2) forcément erroné (si je devais être prétentieuse), car certains passages me sont passés un peu au-dessus de la cafetière.
Pour autant, ce que je retiens aussi de cette journée, c’est la dichotomie entre matinée et après-midi.

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© Cyrille Noël

L’après-midi était divisé en ateliers. Fab Lab (avec la Fabrique du Loch) d’une part et tablettes de l’autre. Je ne parlerais que de l’atelier tablette avec La Souris Qui Raconte (l’ubiquité n’étant pas ma spécificité). Celui-ci consistait à présenter mon offre aux bibliothécaires dont bien peu avaient eu la curiosité d’aller voir ce que le web raconte sur cette souris ! Et je n’ai pas séduit ! Présenter son travail, s’exposer en quelque sorte, est un art difficile. Imaginez-vous trente secondes face à un auditoire globalement amorphe, que vous essayer de stimuler par des questions et interactions et qui ne bronche pas ! C’est dur et j’aurais bien aimé avoir l’aisance et l’assurance de Pascal  ! Sans parler de ce grand moment de solitude qui s’amplifie a posteriori parce que le public est de facto concerné par la lecture, les livres et le numérique (thème de la journée).

Mon constat sur ces rencontres professionnelles de bibliothécaires, que je mène depuis plus d’un an maintenant, c’est qu’il existe quelques locomotives, dont Cyrille, qui portent un projet et le conduisent sur la durée avec l’espoir de faire des émules. Malheureusement la majorité regarde de loin, peu ou pas concernée, peu ou pas curieuse, avec pour résultat une inertie contre-productive.


L’Institut Français du Brésil, abonné aux ressources de La Souris Qui Raconte via Culturethèque, organisait du 5 au 15 juin dernier le « Meu festivalzinho » .

MON PETIT FESTIVAL

Petit retour signé Marlène Bertrand de l’IFB.

Nous profitons de « Meu Festivalzinho 2017 », notre festival de littérature jeunesse pour vous faire nos premiers retours sur la collection « La Souris qui raconte ».
13 événements ont été organisés autour de la collection numérique LSQR :

6 Ateliers de lecture numérique avec des élèves de CE1 autour du conte L’Ogresse
Ce conte a été très apprécié des enfants qui sont restés attentifs toute la séance (45 minutes environ). Les illustrations et les enrichissements sont vraiment très réussis et très agréables pour les petits comme pour les grands. Nous avons choisi, pour une meilleure interaction, de ne pas activer la lecture contée. Nous avons conté nous-mêmes l’histoire aux enfants tout en gardant la musique en fond (de manière générale, un grand bravo pour le choix des musiques pour vos contes, elles ne perturbent pas la lecture et permettent d’entrer dans un univers très rapidement).

DSCN29216 Ateliers de lecture numérique avec des élèves de Grande Section autour de La Bonne recette (dans le recueil de Nasreddine Hodja et Parabole le chat).
Le format de l’atelier, toujours de 45 minutes était composé en trois temps
1- : lecture du conte
2- : temps théâtral où chacun devait rejouer un personnage du conte (Nasreddine, le chat, le voisin, Kadidja…)
3- : coloriage
L’appréhension de ce conte a été plus difficile pour les enfants. Le texte, en vers, ainsi que la fable des histoires ont été plus difficiles à comprendre.

1 Boîte à contes numériques lors de la fête des enfants
Plusieurs contes ont été mis à disposition à la médiathèque de l’IFB dans le cadre de la matinée des enfants « le conte en fête » de « Meu Festivalzinho ». Durant toute la matinée, les enfants ont eu l’occasion de découvrir la collection « La Souris Qui Raconte ». Les contes qui ont eu le plus de succès ont été « La grosse tête de Magior », « Le prince de Venise », « L’ogresse », « La petite musique du monde ».

Merci à toute l’équipe de l’IFB, qui démontre bien, s’il en était encore besoin, que le livre numérique a autant besoin de médiation que le livre papier pour sortir des rayonnages, et que ça marche si celle-ci est bien faite !


Les freins à l’édition numérique sont nombreux, et la visibilité en est un gros !
Un livre, fait de pages assemblées entre elles, ça s’empoigne, ça circule de main en main, ça s’expose en librairies, en bibliothèques ou sur des salons. Y’en a plein les écoles. Un livre numérique c’est beaucoup moins « visible » et donc moins intuitif, ça fait peur parce qu’on ne sait pas par quel bout le prendre, on en a beaucoup parlé, et pas dit que du bien, alors quand une de mes auteures me demande un accès au site pour parler de ses livres numériques en classe, je me dis qu’on progresse quand même !

Cathy Dutruch, auteure de La petite musique du Monde, Ogre doux et Pour tout l’or du monde m’a sollicité le mois dernier pour avoir accès à ses livres, et plus généralement au catalogue de La Souris qui Raconte pour les présenter dans les classes dans lesquelles elle intervient. « Durant ces journées, je leur ai présenté le travail de La Souris Qui Raconte, mes histoires, les histoires d’écoles et les contes du haut de mon crâne, tout le monde a TOUT adoré. Enseignants et enfants… ».
Je trouve cette initiative formidable, et ce retour me comble de joie bien sûr. Je me suis d’ailleurs toujours demandée pourquoi les auteurs ou illustrateurs, ne considéraient pas leur(s) livre(s) numérique(s) publié(s) chez LSQR comme n’importe quel autre livre ? Et pourquoi la promo qu’ils font sur leurs publications papier n’a pas son pareil en numérique ? Bref, Cathy, parlons de cette initiative et de votre démarche.

Comment en êtes-vous venue à présenter les éditions La Souris Qui Raconte aux classes de votre département de la Haute-Saône ?
Cela va faire maintenant près de 15 ans que j’interviens dans les établissements scolaires. Divers projets d’écriture, poésie, théâtre, philosophie… mais dès le début de l’aventure avec La Souris Qui Raconte, j’ai montré nos réalisations. A chaque sortie d’ouvrage, je le présentais. Pour commencer, je suis très fière de ces ouvrages. Je suis fière aussi de participer depuis le début à l’aventure Souris. J’ai appris, je crois à aimer tout autant un livre numérique qu’un livre papier, je le découvre avec la même émotion, je le trouve aussi beau, et l’émerveillement des enfants, mais aussi celui des enseignants, me démontre à chaque fois qu’il y a bien une magie toute particulière dans le livre numérique. Je les ai donc tous présentés, pour que les histoires circulent comme pour un livre papier. On lit, on montre, on prête, on partage. Je vais partout. Des montagnes presque Vosges jusqu’à l’autre bout du département vers Dijon, je vais aussi dans d’autres départements ; je rencontre des centaines d’enfants depuis 15 ans, vous pensez bien si je les connais les gosses ! Et je sais donc, par expérience, que l’un des meilleurs moyens de les « raccrocher » à la lecture, ça peut être le livre numérique.

A l’occasion de ma prochaine présentation des ressources à la médiathèque départementale le 1er juin, il semble qu’une perspective de création d’Histoire d’École se profile.
J’ai rencontré beaucoup de monde qui s’est intéressé au travail de La Souris Qui Raconte. J’inclus, quand je dis La Souris, les auteurs, les illustrateurs, conteurs, etc. On parle aussi de l’aspect technique qui fascine car l’histoire devient vivante, un peu comme au cinéma. Il est clair que cet aspect là de l’édition jeunesse est mal connu du public dans notre milieu rural. Donc, lorsque les médiathèques se bougent, elles se bougent vraiment bien. C’est le cas à Vesoul. La personne rencontrée a envie de réunir une illustratrice qu’elle apprécie et qui intervient aussi en écoles et l’auteure que je suis. Mais la nouveauté dans la proposition, c’est de foncer direct sur un projet de livre numérique. Pas parce qu’il y a un effet de mode (même si ouf à la campagne ça finit par arriver), mais parce qu’on se rend enfin compte que les enfants adorent. Et que ce sera à la fin, très gratifiant pour eux. Il faut donc pour l’instant réfléchir au financement et voir quelle école sera partante. Les enseignants doivent être très motivés, c’est du boulot en plus sur la semaine, mais la plupart du temps, ils sont très intéressés. C’était le cas à Faucogney !

faucogney-et-la-mer-france-9Comment avez-vous, avec les élèves de l’école de Faucogney-et-la-Mer élaboré l’histoire qui figure à la fin de notre échange ? Est-ce en lien avec les ateliers philo que vous dispensez dans les écoles de votre département ?
Faucogney, c’est un village étrange et beau au pied d’une montagne. J’étais arrivée très tôt ce matin-là et j’ai donc décidé d’aller faire un tour plus loin, en attendant.
Le village s’appelle Faucogney-et-la-Mer, en pleine montagne vous pensez !
J’ai vu une pancarte indiquant « La Mer » ; j’ai immédiatement décidé d’aller voir La Mer, là-haut dans la montagne… Fabuleux !
Un air de forêt noire allemande, digitales et fougères, biches et cailloux roses… Et pas de mer cachée… J’étais sûre que dans cette école, les choses allaient être un peu différentes. Ce fut le cas.
De la cour, au pied de la montagne, on se sent comme la chèvre de Monsieur Seguin… Les gosses ont encore des cheveux longs et jouent au ballon. Les maîtresses sont jolies et souriantes. Ce fut donc facile de débarquer avec mes bouquins, de dire qui j’étais et de proposer l’écriture d’une histoire. J’ai demandé aux enfants de faire des recherches pendant les vacances, légendes locales (le lieu s’y prête tellement), faune, flore, histoire et j’avais repéré un jardin fou et magique à intégrer dans un récit. Je les ai donc envoyés à la pêche aux infos.
Les enfants sont revenus de vacances avec quantité d’idées et de dessins. Certains avaient interrogé parents et voisins.
Ces gosses-là sont proches de la nature, pêchent dans la rivière et aiment découvrir. La connexion internet n’est peut-être pas au top là-bas mais ne croyez pas une seconde que le temps s’arrête.
Le village est comme beaucoup hélas en Haute-Saône, au bord de l’abandon car les maisons se ferment, mais on sent à Faucogney une vraie volonté de ne pas laisser le désert s’installer. J’y suis retournée plusieurs fois avec joie, en mai pour la finalisation des interventions dans le cadre du printemps du livre jeunesse. C’est le réseau Canopé et l’inspection académique qui ont initié ce temps dans les classes, fait pour rencontrer les auteurs et les illustrateurs. Le 17 mai ensuite, nous avons passé la matinée en classe à découvrir les histoires de La Souris et l’après-midi à Luxeuil j’étais présente sur le salon du livre pour rencontrer un autre public.
Cette initiative sera reconduite l’an prochain. Sans doute irons-nous dans d’autres écoles…
Tout comme, on peut l’espérer, la volonté de construire un parcours artistique et culturel pour les élèves va se poursuivre dans les prochaines années. Que cela soit concret et pas un effet d’annonce. Que tous les artistes soient invités à entrer dans les établissements scolaires et à créer avec les enfants et les enseignants. Que des budgets corrects soient mis à disposition dans les écoles primaires qui sont le plus souvent les laissées pour compte en matière de budget. Le secondaire a plus de moyens…Souris Caligramme
L’an dernier, par exemple, au collège de Vauvillers, nous avions décidé avec la principale et la CPE de proposer un atelier d’initiation à la philosophie sur l’année. Ouvert à la plupart des classes, nous avons découvert ensemble des textes, des philosophes, des questions à se poser, un regard critique à construire ouvert sur le monde. Nous avons concouru à un projet du rectorat et avons été récompensés.
Chaque année, des projets naissent de l’envie des enseignants, mais il faut aussi proposer, nous, artistes… Il y a eu une autre idée, lancée ce mois-ci, d’un atelier d’écriture Haikus-Calligrammes avec une grande expo à la fin, le tout ouvert également aux parents !
J’ai déjà dit oui !

Votre exploration de l’écriture va au-delà de la simple ligne et cette souris, joli cadeau de vous à moi, le montre bien. Précieuse Cathy ! Merci pour cette belle implication dont nous aurons l’occasion de reparler très prochainement avec la sortie de « Le prénom du monde » , un livre initialement commandé par la maternité Etoile, et que vous, Claire Fauché et le directeur de la maternité, m’avez autorisé à publier sur le site de La Souris Qui Raconte. A découvrir début juin dans une version un peu enrichie !
Maintenant place à vos petits auteurs en herbe de la classe de cycle 3 de l’école de Faucogney, avec la maîtresse Helene Boffy dans le rôle principal.

La vengeance

Nous étions au XVIIe siècle, en novembre 1674, quelques mois après la bataille de Faucogney.
Faucogney_forêt_illustPour agrandir son territoire, Louis XIV avait décidé d’attaquer le village qui était espagnol. C’était l’un des derniers territoires que convoitait le roi de France et particulièrement le château.
Dans ce village, les habitants vivaient pauvrement, certains étaient forgerons ou paysans, d’autres, simples valets de ferme.
José Lorenza était l’un d’eux, fils aîné d’une famille espagnole bien connue et appréciée des villageois de Faucogney.
Cet homme fut anéanti par la mort tragique de toute sa famille.
Après avoir erré pendant des jours dans le village, l’homme partit brusquement s’installer dans la forêt. On le vit disparaître du bourg avec pour seuls vêtements un habit déchiré encore couvert de sang et dans sa main une très grosse hache.
Au milieu de la forêt, il choisit un endroit où construire un abri, une cabane. C’est avec des morceaux de bois, des pierres récupérées dans les ruines du village, du fer, des branches d’arbres, des cordes et de la terre qu’il réussit à se construire un endroit pour vivre.
Faucogney_paysan_illustTout autour de la cabane, la forêt était épaisse et c’était juste là que se trouvait la « pierre qui tourne » !
L’endroit était peuplé d’animaux sauvages : des loups, des renards, des sangliers, des chevreuils, un blaireau, tous avaient trouvé refuge au milieu des sapins, des chênes, des bouleaux et des hêtres.
Une horde de loups s’approchait souvent de la cabane et c’est ainsi que José Lorenza remarqua qu’il pouvait se lier d’amitié avec eux. Il eut peu à peu l’idée de les apprivoiser et de les dresser. Mais cela avec une idée bien précise qui était celle de se venger du massacre qu’il avait vécu.
Ce matin-là, lorsque José L. sortit de la cabane il remarqua que la pierre qui tourne était partie comme le dit la légende, tous les cent ans, elle quittait son socle pour aller boire dans un étang.
Pour lui, dans son malheur qui le hantait, ce fut le signal : il décida qu’il était temps de se venger des soldats français qui avaient tué sa famille. Son père, sa mère, sa sœur, son frère, tous avaient péri sous l’épée des soldats de Louis XIV ! Il ne s’en remettrait sans doute jamais…
Ce dimanche matin, il descendit au village accompagné de trois loups parfaitement bien dressés et pendant la messe, il alla se cacher dans la maison de la famille d’un des soldats français qui avait assassiné sa famille. Lorsque les gens revinrent de l’église, José Lorenza et ses loups les attaquèrent. Seuls deux enfants qui étaient encore sur le chemin du retour en réchappèrent. Tous les autres furent dévorés par les loups. Les deux enfants rescapés, l’un bébé l’autre âgé de neuf ans, s’enfuirent ainsi dans la forêt et arrivèrent par hasard à la cabane. Lorsque José Lorenza revint de sa vengeance au village il trouva les enfants terrifiés dans un coin de la pièce. Là, tout au fond de son cœur il ressentit de la pitié pour les deux innocents et décida alors de les garder avec lui. Il les éleva comme si c’était les siens. Il les éduqua, leur appris à lire, à écrire, aussi bien en espagnol qu’en français et malgré leur pauvreté ils devinrent une famille unie.
C’est ainsi que notre histoire se termine.
Les enfants devinrent des adultes… Le plus jeune vécut dans le secret mais l’autre ne put jamais oublier la mort de ses parents. Ils vécurent dans la solitude, se débrouillèrent pour vivre mais au prix de plusieurs tragédies, la paix était revenue au village.
Aujourd’hui Faucogney est un village de plus de cinq cents habitants dans lequel règne une bonne entente. Il reste encore un des membres de cette étrange famille de José Lorenza, une fille qui s’appelle Odette et qui a créé le plus beau jardin de la vallée…
Allez donc voir…

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