La complicité entre les deux autrices de ce nouvel album numérique m’est apparue immédiatement. Et si d’ordinaire, une illustratrice (ou illustrateur) travaille « seul(e) » sur le texte qui lui est confié, la connivence entre Laëtitia Peyre (au texte et à la voix) et Anaïs Vielfaure aux images, a été grandissant tout au long de l’élaboration du rendu final, animé et interactif.

Le livre numérique « Petits chagrins et grands copains » regroupe trois histoires très courtes pour les plus jeunes des lecteurs de La Souris Qui Raconte. Il devait initialement porter le titre général de « Histoires à doigts ».
histoire à doigtsLaëtitia, parlez-nous de ces « Histoires à doigts » et de votre approche contée de ce projet.

LaëtitiaJ’ai découvert les Histoires à doigts (ou « jeux de doigts » comme on les appelle également) au détour d’une formation à l’art de conter animée par Ralph Nataf et j’ai tout de suite adoré ça ! Raconter des histoires avec la voix seule était pour moi très intimidant mais ajouter la chorégraphie des mains et détourner en quelque sorte, le regard du public était d’un seul coup, beaucoup plus confortable ! La toute première « Histoires à doigts » que j’ai créée, c’est celle de Léo le Lion (Casse-tête et bouclettes). Mais je ne l’aurais peut-être jamais fait si une amie ne m’avait pas sollicitée pour l’anniversaire de son fils… Léo !
C’est formidable lorsque votre entourage voit en vous des capacités que vous ne soupçonniez pas vous-même…

Quelles différences majeures existent entre les « Histoires à doigts » et « Petits chagrins et grands copains » ?

Laëtitia : Quand Anaïs m’a envoyé les illustrations de Léo, je n’en suis pas revenue ! C’est vraiment comme si elle avait donné corps à ce lion que je ne me représentais pas moi-même. Et pourtant, c’était bien lui, à n’en pas douter ! Après, c’est au niveau de la narration que c’est très différent et aussi surprenant pour moi. Quand je raconte les mésaventures du lion, du lapin ou de la coccinelle, un geste est associé à chaque phrase, il apporte son rythme et découpe le texte. Je peux mettre un silence parce qu’il se passe quelque chose sur mon visage par exemple. Mais dans la version animée et interactive, ce sont les illustrations d’Anaïs qui cohabitent avec ma voix ! Lors de l’enregistrement, j’ai donc pu m’amuser à donner d’autres interprétations, d’autres couleurs et l’habillage sonore ajoute encore une toute autre dimension aux histoires…

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Anaïs, pouvez-vous nous expliquer votre rencontre avec Laëtitia, ainsi que votre démarche créative pour la conception de « Un pois c’est tout », « Toc, toc et hop! » et « Casse-tête et bouclettes »

Anaïs : J’ai rencontré Laëtitia lors d’une soirée pour les intervenants du concept store Happy Families. Je crois me souvenir que nous cherchions toutes les deux à boire, quelque chose de pétillant… la soirée a filé et nous avons échangé nos cartes. J’ai tout de suite été bluffée par ses créations d’« Histoires à doigts », je trouvais l’idée originale, avec plein de potentiel. Cela faisait aussi très longtemps que je recherchais un/une auteur(e) pour travailler sur des projets. J’ai proposé à Laëtitia d’illustrer ses projets. On avait de très belles histoires et toutes les deux plein d’idées.

La démarche créative de la collection a toujours été de travailler images et texte ensemble.
Pour chaque histoire, j’ai proposé à Laëtitia un univers graphique qui devait marcher par coup de cœur. Son avis était donc très important au moment des premiers dessins. J’ai pris mon inspiration, directement à la source, quand Laëtitia me les racontait en live. Je l’ai fait répéter plusieurs fois ! Quand nous étions toutes les deux d’accord, on pouvait alors les présenter. Un travail en duo. Nous avons d’ailleurs créé une page Facebook et Instagram pour nous présenter. Clémentine et Marguerite. Laëtitia est Clémentine, je suis Marguerite.

 

Les trois histoires sont très différentes, pourquoi ces partis pris d’univers graphiques si éloignés ?

Anaïs : Les textes de Laëtitia m’inspirent des choses très différentes et chacune de ses histoires mérite un univers unique. J’aime aussi l’idée des exercices de style (Raymond Queneau) qui me permettent de ne pas m’enfermer dans un seul. Pour la collection, l’objectif était de créer quelque chose de dynamique et une palette. Il fallait que les univers se complètent, tout en racontant des choses différentes. 

Comment avez-vous, ensemble, élaboré le projet et pensez-vous qu’il eut été différent si vous n’aviez pas eu cette grande complicité ?

Laëtitia Des allers-retours oui, beaucoup ! Des idées qui rebondissent les unes sur les autres et en créent de nouvelles… Des doutes, des changements de direction… Des rires ! Surtout beaucoup de rires ! A dire vrai, je ne vois pas comment nous aurions pu faire différemment !
Anaïs : Nous avons travaillé le projet par étapes, avec des brainstormings pour développer les idées d’animation en aller-retour, et en travaillant le sens des images par rapport aux mouvements. Je crois que le forfait de téléphone de Laëtitia a beaucoup beaucoup chauffé, car par moment, la ligne coupait. « On devait être sur écoute », c’est ce qu’on se disait alors en reprenant la conversation de plus belle.
Illustrer le travail d’un auteur que l’on ne connait pas, n’a rien à voir, d’autant plus quand ils ne sont pas des amis. C’est un tout autre travail, moins gai et beaucoup plus hésitant. Travailler en duo, c’est avoir confiance en l’autre et savoir aussi que l’on peut compter sur lui quand on a des doutes. Un duo !

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Racontez-nous également comment, toujours ensemble, vous avez reçu la première histoire animée et interactive, « Casse-tête et bouclettes », qui n’étaient plus les fichiers Illustrator indépendants les uns des autres.

Laëtitia : C’était déjà fou d’avoir des images sur mes mots mais de voir ces images bouger, cela relevait carrément de la magie ! L’ambiance sonore aussi  à laquelle je suis particulièrement sensible m’a émerveillée : c’était, en quelques clics, la jungle au milieu de mon salon ! J’ai parcouru l’ensemble très vite puis je me suis ruée sur mon téléphone pour appeler Anaïs ! Je me souviens qu’elle était très émue d’entendre mon émotion. Je n’ai ensuite eu qu’une hâte, faire découvrir cette première histoire animée à Arthur, mon petit garçon…
Anaïs : Nous avions prévu avec Laëtitia, de nous appeler ce jour-là….Timing parfait pour échanger en direct ! Se projeter d’un dessin fixe à sa version animée, c’est très excitant. On invente des personnages, on réfléchit à des animations, mais tant que le tout n’est pas orchestré, on n’est jamais sûre du résultat. C’est un long travail que nous étions toutes les deux très contentes de voir aboutir. J’espère que nous aurons l’occasion de rencontrer nos futurs petits lecteurs, pour qu’ils nous expriment leurs idées et avis pour chaque histoire. C’est toujours un moment délicieux, c’est là que le fruit du travail se voit le plus. Quand leurs visages s’illuminent et qu’ils s’expriment. Avec les enfants, jamais de triche.

Il ne me reste plus qu’à vous remercier l’une et l’autre pour cette nouvelle participation, et la confiance que vous-mêmes m’avez accordée.
Le temps des vacances approche, alors surtout lectrices et lecteurs, petits et grands, ne cessez jamais de lire… Excellentes vacances et à vous retrouver en septembre pour de nouvelles aventures littéraires avant d’être numériques.


Un alphorêt, c’est une forêt dont les arbres sont rangés comme dans un dictionnaire, par ordre alphabétique, du A au Z ! Pour le A c’était assez facile, mais pour le Z, le W ou le Q, il fallait les trouver, et avoir toute la connaissance sylvestre de son autrice Marie-Laure Depaulis. Quant à leur représentation, Claire Fauché a probablement passé beaucoup de temps dans le manuel de botanique dont il est question dans le récit !

la forêt

L’alphorêt est notre 51publication numérique, et sera notre deuxième co-édition papier, dont j’espère bien que les arbres de cet alphorêt soient tous épargnés. Publication jubilatoire par l’humour et l’originalité du texte et par la richesse et la beauté des illustrations de Claire, et je ne vous dis rien sur l’inventivité des interactions mais vous invite plutôt à découvrir comment planter un dattier ou épiler le goyavier !

Marie-Laure, j’ai eu un immense plaisir à découvrir votre texte, lorsque vous me l’avez confié. Il est tellement original qu’il a forcément une histoire, quelle est-elle ?

XanthocerasLorsque j’habitais en Grèce, au cours d’une soirée à refaire le monde, une très bonne amie à moi a évoqué un souvenir qui m’a immédiatement charmée. Encore étudiante, elle avait planté, tout le long d’une allée de sa maison de famille, vingt-six arbres : chacun avait un nom qui commençait par une des lettres de l’alphabet.
Le lendemain, j’ai accroché une grande feuille de papier dans mon salon, j’y ai dessiné les vingt-six lettres de l’alphabet latin et j’ai passé plusieurs jours à écrire là les noms d’arbres qui me venaient à l’esprit en appelant tout mon entourage à la rescousse ! J’ai arrêté lorsque j’ai obtenu une liste dont les sonorités me plaisaient et, comme Alphaki, je la fredonnais sans cesse !
Au même moment, je jetais sur papier les premières lignes de L’alphorêt que j’ai souhaité devenir une ode à l’acceptation des nouveaux arrivants.

Claire, je me souviens que lorsque je cherchais un•e illustrat•eur•rice pour mettre des images sur les mots de Marie-Laure,Robinier alors que vous aviez décliné plusieurs textes que je vous proposais, celui-ci vous à conquise instantanément. Quel écho a-t-il fait résonner en vous ?

Un texte nous faisant sourire avec ses incongruités poétiques et pointes d’humour, ça ne se refuse pas ! Et c’était l’opportunité de revoir les connaissances en botanique. Je peux me targuer de reconnaître un robinier maintenant, c’est un faux-acacia !

Marie-Laure, quels commentaires sur votre livre numérique en images animées, en voix et musiques ? Et quel écran a votre préférence ?

Je suis enchantée du résultat ! 
Je trouve les illustrations de Claire drôles et très poétiques. Alphaki a le physique qu’il devait avoir et il m’est à présent impossible de l’imaginer autrement qu’avec ses bretelles orange et sa barbe frisottante ! J’aime la brouette tracée en noir sur fond blanc, la palette de couleurs choisie et la singularité de chacun des arbres. L’histoire s’est considérablement enrichie grâce aux images.
Pour ce qui est de l’aspect sonorisé et animé, la musique me semble renforcer les différentes atmosphères et les animations, quant à elles, apportent un soupçon de magie supplémentaire ! Un aspect ludique également.
Il m’est très difficile de choisir l’écran que je préfère. Celui sur lequel on peut dessiner le petit alpha me replonge en Grèce avec bonheur, j’adore la galerie de portraits sylvestres et l’apparition du dattier après lecture du manuel de botanique. Mais j’aime aussi la fantaisie avec laquelle sont rendus les cauchemars et la poésie qui émane du petit voilier glissant sur fond de soleil couchant !
Claire a eu des idées géniales ! 

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Claire : Merci Marie-Laure, ça me fait plaisir que vous accueilliez mes illustrations avec autant d’enthousiasme. Merci pour votre texte aussi.

M.-L., vous qui êtes aussi conteuse, et m’aviez confié vouloir lire votre texte, comment avez-vous entendu la lecture de Thierry ?

J’ai souvent raconté cette histoire, et je la raconte bien sûr encore avec plaisir. Je ne tenais cependant pas absolument à l’enregistrer pour le livre et la version que propose Thierry Ragueneau est parfaite ! Il a ce petit sourire dans la voix qui va très bien à l’alphorêt !

Claire, nous n’en sommes pas à notre première collaboration, et « Conte du haut de mon crâne » reste le must de La Souris Qui Raconte. C’est vous qui aviez (en 2011) fait toute l’animation en Flash. Expérience renouvelée plus tard avec « Le livre papillon », que vous aviez traité d’une tout autre manière. Vous savez donc « animer ».
Pour cet ouvrage-ci, vous avez, avec une infinie minutie, préparé chaque étape des animations, ou interactions que vous souhaitiez. Celles-ci ont été faites (et sous traitées) en html5, et html n’autorise pas ce qu’autorisait Flash, c’est frustrant pour nous aussiLà où nous étions presque dans un dessin animé avec Conte, j’ai bien senti votre déception avec « L’alphorêt ». Le résultat pour vous n’était pas satisfaisant. Avec le recul, et les analyses que vous avez recueillies auprès de vos amis, qu’en pensez-vous après sa dernière lecture ?

Il faut savoir y trouver son compte et faire des compromis et surtout, reconnaître la masse de travail et la bonne volonté de l’équipe. Mon entourage n’y voit que du feu de toutes façons !

M.-L.Vous avez déjà prévu de le montrer en bibliothèque, avez-vous une idée de la manière dont vous vous y prendrez ?

Je serai sans doute tentée de raconter l’histoire avant de dévoiler le livre, comme je le fais pour d’autres récits que j’ai publiés. Puis il me paraît indispensable, dans un second temps, de laisser les lecteurs explorer et découvrir seuls les trésors cachés des animations…

Merci à vous deux pour votre confiance.
Merci aussi à Sabine Chalaguier et Prakash Topsy, pour « la masse de travail » accomplie sur les animations et interactions, car dans ce livre, on déplace et plante des arbres, on en arrose d’autres. On aide Alphaki à épiler le goyavier et on mange son fruit délicieux ! Mais surtout, surtout… on découvre cet arbre étrange à la feuille unique !


« Une tortue grande comme ça ! » est désormais disponible en streaming et HTML5. C’est le 50e ouvrage publié aux éditions La Souris Qui Raconte. Le texte est signé Emilie Chazerand, à qui l’on devait déjà l’excellent « Il suffit parfois d’un cygne », et Jacinthe Chevalier en a réalisé les illustrations. C’est plus particulièrement vers elle que je me tourne pour connaître (peut-être) quelques secrets de fabrication.

mon_ptit_visageJacinthe, dans votre bio on peut lire que vous dessinez toujours des animaux avec un nombre de pattes impair. Vous vous êtes d’ailleurs posé la question à la lecture du texte d’Emilie de faire une tortue à cinq pattes et plus, alors qu’elle nous précise bien que sa tortue, prénommée Frida « avait quatre pattes vertes, une petite queue de limace, une tête rigolote et une belle carapace. » Alors, un toc ou une raison plus occulte ?

Bébête à 11 pattes
Bébête à 11 pattes ©Jacinthe Chevalier

Oh là là ! Ça fait déjà pas mal d’années que je fais ça (principalement en version 3 pattes). Je trouvais ça drôle, au début, ensuite l’habitude s’est installée, puis après c’est devenu « mon style ». Visuellement je trouve ça mieux (excuse-moi « Dame Nature »). De mon point de vue 3 c’est parfait comme image. Ça fait plus « carré », plus « logo », plus schématisé. Après, je suis restée avec cette idée de l’impair même quand les animaux s’allongent.
La chenille aura 11 pattes et non 10, même si au final ça ne change pas grand chose rendu à ce point. Des fois, par contre, j’oublie. J’ai des livres avec des illustrations d’animaux avec 10 pattes. C’est une erreur, je vous assure ! Quand les enfants travaillent à partir de mes illustrations, c’est rigolo de voir combien tout est fidèlement reproduit SAUF, souvent-très-souvent, le nombre de pattes qui est de 4, presque toujours. On m’a aussi contrainte à faire des personnages avec 2 jambes lorsque j’en faisais 3, même si ça ne changeait rien au texte. Je trouve cela dommage et rigide.

J’ai appris, au cours de l’élaboration de votre création, que vous travailliez toutes vos images en même temps, pouvez-vous nous en expliquer les raisons, et comment vous vous y prenez.

J’ai besoin de surprises tout au long du processus je pense. Déjà, le travail avec un client à qui je dois présenter des croquis au début du projet (c’est normal) me donne souvent la sensation de m’enlever un très grand plaisir. Je n’aime pas avoir une idée précise d’où je m’en vais, ou trop savoir à quoi le projet fini ressemblera. Pour certains, même si je pense que ça génère aussi pas mal de frustrations, ça les rassure de savoir. Pas moi. J’aime m’amener ailleurs à mesure que j’avance. Je trouve ça beaucoup plus facile de travailler « par couche ». Commencer, par exemple, avec une couleur jaune que j’aime à ce moment précis. Je la mets partout où elle est nécessaire et ensuite je passe à autre chose, que j’ajoute où il est possible sur chaque illustration. Tranquillement toutes les images se construisent mais je ne sais toujours pas quelle sera la prochaine étape. J’adore ça ! Au fond, je travaille l’ensemble comme si je faisais un tableau. Couche après couche et un jour : PAF ! c’est fini ! Je suis toujours surprise quand je m’aperçois que je termine. Je ne le vois pas venir. Je trouve que c’est aussi une bonne technique pour avoir une uniformité dans les illustrations. En travaillant différemment, j’aurais du mal à garder la même constance de la première à la dernière image.

C’est la première fois que vous participez à la création d’un ouvrage numérique. Comment l’avez-vous appréhendé ?

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Oui c’est la toute première fois. En plus, je ne suis pas très bien équipée côté machine du XXIe siècle alors je n’ai pas souvent vu ces œuvres-là. Je suis encore très « papier » pour les livres. J’aime l’objet. Je présente mes excuses à tous les arbres de la terre, soit-dit en passant ! En même temps, c’est quelque chose qui m’intrigue car je vois le potentiel du numérique. Mon meilleur ami fait des jeux vidéos et ça me fascine beaucoup les possibilités d’animations et d’interactions que permettent l’écran ! Ça me donne toujours plein d’idées lorsque nous échangeons lui et moi. Connaître et imaginer « les possibles ». J’adore aussi, depuis des années, les gifs animés sur internet. Les mouvements en « loop » qui recommencent à l’infini. Quand j’écris des histoires je vois souvent mon histoire en petites animations de ce genre. Bref, pour moi c’était vraiment un défi le fun de faire ce projet et ça ne me faisait pas (assez) peur.

Voulez-vous dire que cela s’est avéré plus complexe comme création que celles auxquelles vous êtes habituée ?

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Oui ! Au départ j’étais vraiment confiante ; je me disais « facile-bébé-fafa ».  Je sais comment ça marche l’animation et le découpage. J’en ai fait au cégep (collège d’enseignement général et professionnel) et à l’université dans mes cours d’arts. Or là, au lieu de seulement faire une image fixe, il faut penser à plusieurs éléments qui bougeraient aussi. Il ne faut pas que ce soit trop pareil non plus d’une image à l’autre. Il faut aussi que ça soit facilement animable. Une fois à la table à dessin, j’ai trouvé ça bien plus compliqué de trouver toutes mes idées. Puis, pour arriver au projet final, c’était beaucoup plus d’étapes que je n’avais imaginé. Ça reste simple mais ça prend pas mal de temps de bien penser comment séparer les « morceaux » qui bougent. Il faut aussi que la personne qui anime comprenne. Ce n’est pas juste mes fichiers à moi (qui sont souvent n’importe comment, avec des noms niaiseux). Au final c’est bien plus de temps que de faire une illustration statique. J’ai été surprise du temps supplémentaire qu’il m’a fallu. Et il s’additionne vite !

Votre plus belle surprise à la découverte du BAT numérique ?

C’est toujours une grande grande grande surprise de voir ses dessins prendre vie. Il y a quelque chose de magique là-dedans et de curieux. Ça me fait presque peur. Je savais ce qui allait bouger mais je ne savais pas que les parties pouvaient bouger de cette façon. C’est au-delà de ce à quoi je m’attendais. J’ai aussi bien rigolé ! J’ai redécouvert l’histoire.

Avez-vous un regret ?

Je ne crois pas. Quand un projet est fini, habituellement, c’est FINI et je n’aime pas y revenir alors je ne me dis pas « je referais ci ou ça ». Illustrer des histoires, c’est un long travail et j’aime bien passer vite à autre chose. C’est un défi pour moi de travailler longtemps sur le même ouvrage. Vraiment.

Et un désir ?

J’aimerais vraiment refaire des images à animées. Des histoires pour enfants, pour des jeux ou des applications. Mais c’est sûr que ce que j’aime le plus au monde entier, c’est de construire des images sans avoir de plan précis. À partir d’une tache, d’une couleur, d’un trait, etc. Et voir où ça m’amène. C’est vraiment ça qui me fait « tripper bin raide* ». Tout comme mon processus créateur : j’ai aucune idée de là où je vais. Mais j’y vais !

* le kif absolu (NdT), je rappelle que Jacinthe vit dans sa grotte à Montréal !


Et voici qu’est paru un tout nouveau très beau livre, qui nous vient d’Afrique. Magnifiquement narré par la voix de son auteur et superbement illustré, le récit nous transporte dans un monde où les us et coutumes diffèrent sensiblement de ceux que nous connaissons ici, en Europe. Dans « Mon garçon, ma fille » Kouam Tawa et Fred Sochard nous parlent avant tout d’amour filial. Universel !

Mon garçon, ma fille

Kouam, le sujet que vous abordez dans votre très beau livre soulève deux questions à l’approche périlleuse, la polygamie et le genre. Le notable de votre histoire a fait le choix de n’avoir qu’une femme et s’enorgueillit d’avoir une fille, plutôt qu’un garçon. Etes-vous plus européen qu’africain ou bien est-ce un autre message que délivre votre récit ?
« Dans ce village, on dit que le notable… », quel est ce village ?

Loin de moi l’idée d’être quelqu’un d’autre que l’Africain du Cameroun que je suis ! J’assume pleinement mon africanité, mais n’arrête pas de m’interroger sur la pertinence des valeurs dites africaines dans le monde d’aujourd’hui. J’ai écrit cette histoire en hommage à ceux qui osent leur vie et la réinventent vis-à-vis d’eux-mêmes, plutôt que de suivre les chemins tracés par les autres. Le village dont il est question est un décor que l’on peut situer ici et là en Afrique.

Comme je le dis en préambule, ce texte parle surtout d’amour ; de l’amour d’un homme pour sa femme et son enfant. La poésie du texte associée aux images est très forte. Un secteur littéraire dans lequel vous êtes très prolixe, alors que c’est une littérature difficile, comme le théâtre d’ailleurs non ? Pourquoi ce choix ?

Oui, la littérature pour la jeunesse est difficile, tout comme la littérature dramatique. Elles sont néanmoins mes genres de prédilection parce que je vis en Afrique. Je suis arrivé à l’écriture par la poésie mais je n’ai pas tardé à me mettre au théâtre parce que c’est le moyen d’atteindre le public sans passer par le livre si peu lu dans nos contrées. Comme la lecture me semble indispensable à toute personne comme à tout peuple qui veut s’ouvrir au monde et élargir ses horizons, je fais de la littérature pour la jeunesse pour apporter ma petite pierre à l’éveil à la lecture des enfants d’ici et d’ailleurs.

Et si vous nous parliez un peu de l’Afrique et de comment vous, Kouam Tawa en êtes arrivé à proposer un texte (même deux puisque nous auront cette deuxième joie début 2019) à La Souris Qui Raconte.

L’Afrique est une terre de poésie autant inspirée qu’inspirante. J’y ai l’imagination sans cesse débordante et je vois rarement un groupe d’enfants sans me demander ce que je peux raconter pour aiguiser leur curiosité. Comme ils sont friands de téléphones portables et de tablettes tactiles pour les jeux qu’ils contiennent, je me suis un jour demandé s’ils ne s’intéresseraient pas davantage à la littérature si elle leur parvenait par ces médiums… et cette question m’a mis sur le chemin de La Souris Qui Raconte.

Vous venez d’être publié chez Rue de Monde avec « Danse, petite lune ! » et l’illustrateur est aussi Fred Sochard, un hasard à votre avis ?

9782355044533_500x498J’ai lu dans ma jeunesse le livre de Karl-Otto Schmidt sur le hasard et j’ai tendance à penser comme lui que le hasard n’existe pas. Il m’est difficile de considérer comme fortuit le fait que deux de mes histoires pour enfants auxquelles je tiens le plus aient été, sans que j’y sois pour quelque chose, illustrées par le même artiste.

Fred, je te retourne la question, est-ce vraiment un hasard cette double association dans un temps si rapproché, « Danse, petite lune ! » est paru en mars dernier, ou bien as-tu une autre explication ?

Un hasard du calendrier, oui. Mais sans doute pas  un hasard pour le choix des éditeurs de me proposer d’illustrer ces textes de Kouam, puisque j’ai déjà pas mal exploré les ambiances et la culture africaines : livre sur les masques chez Père Castor, contes africains chez Flammarion, les arts premiers pour la revue Dada. Plus largement,  j’adore l’art africain et je pense que ça se ressent dans mon travail. Ça fait pleinement partie de mes sources d’inspiration. J’aime aussi la littérature africaine. Alors… d’une manière ou d’une autre, peut-être les éditeurs associent-ils mon univers à ce continent ?

Notre rencontre remonte au salon de Montreuil de 2016 où tu étais en dédicace sur le stand de mes co-éditrices papier L’Apprimerie, lequel jouxtait celui de La Souris Qui Raconte. Tu n’en es donc pas à ta première expérience numérique. Tu nous racontes ?

Ce sera mon deuxième ebook mais le premier conçu en tant que tel dès le départ. J’ai eu un album « papier »  adapté ensuite en format numérique : « Le casque d’Opapi », chez l’Elan vert. J’avais donc retravaillé un peu mes images et fourni des calques sur indication de l’animateur.  Ce qui est nouveau et qui m’a emballé sur « Mon garçon, ma fille », c’est le fait de le penser de prime abord pour être animé. Du coup, on crée ses images et son univers avec ça déjà en tête, avec l’envie d’en explorer les possibilités. C’est très enthousiasmant !

As-tu travaillé de façon différente et comment as-tu appréhendé ce texte de Kouam, alors que tu venais de terminer « Danse, petite lune ! » ?

Je me suis bien sûr posé la question de rester dans la continuité de Petite Lune ou de trouver une nouvelle écriture. On a à nouveau une fillette et ses parents, j’avais envie que ce soit vraiment une autre famille. Mais la question a disparu d’elle-même quand j’ai commencé à travailler « Mon garçon, ma fille », en cherchant planche7un style qui fontionnerait bien pour le format numérique. Je suis allé vers quelque chose de moins fortement graphique, un peu plus rond. Ce format demande plus d’immédiateté, de simplicité, j’ai pensé les écrans comme autant de petits tableaux naïfs. D’autre part, le texte n’étant pas tellement narratif, il fallait inventer des mises en situation pour ne pas être répétitif : au début on découvre le village et ses habitants, puis on rentre peu à peu dans l’intime de la famille et de la fillette. Ce qui est sûr, c’est que j’avais fait un gros travail d’imprégnation et de recherche pour « Danse, Petite Lune ! » qui m’a servi pour « Mon garçon, ma fille » : village, costumes, coiffures, etc. En tous cas, le point commun aux deux, c’est que les textes de Kouam sont très beaux !

Kouam, de la même manière que je vous ai demandé de lire votre propre récit, celui-ci étant trop « africain » pour ne pas en avoir la couleur, Michel a demandé comme une évidence que la musique soit elle aussi locale. Elle est signée d’un jeune musicien burkinabè, Sibri Ablassé Zongo. Comment l’avez-vous connu vous qui vivez au Cameroun ? J’ai vu qu’il pratiquait aussi le théâtre…

Je vis au Cameroun mais mes activités dans le domaine du théâtre m’amènent à beaucoup voyager en Afrique, en particulier au Burkina Faso où, en plus d’animer des ateliers de dramaturgie, je coordonne un programme de rencontres du projet Récréâtrales pour lequel je sollicite des musiciens. C’est à cette occasion que j’ai fait la connaissance d’Ablassé qui assurait la musique d’un spectacle de théâtre. Il m’a tout de suite séduit par son talent.

Fred, de ton côté tu as découvert lecture et musique avec la soumission du BAT numérique, un commentaire ?

Un bonheur ! Tout à coup, ça devient vivant ! Ça rend plus fortes les émotions. Que ce soit tendresse, rire, joie…  Par exemple, la tête du lionceau qui bouge pour câliner la fillette, c’est tout attendrissant… Fondant…

 


La publication de ce nouvel ouvrage « Les 8 recettes magiques de la forêt des contes » ne déroge pas à la règle. Je vous propose donc de passer un peu de l’autre côté du miroir en découvrant quelques talents cachés de nos auteurs Camille Berta au texte et Julie Eugène aux crayons !

Camille, « Les 8 recettes magiques de la forêt des contes » est un livre de la collection à inventer, une collection qui demande pas mal de gymnastique rédactionnelle puisque le livre est en arborescence. Le cheminement de nos deux héros, Blanche Neige et son Prince, est en effet non-linéaire. Pourriez-vous nous expliquer comment vous avez construit ce récit.

Une fois l’idée de départ trouvée, j’ai dessiné un schéma avec les grandes lignes du cheminement des deux personnages en fonction des ingrédients qu’ils devaient collecter pour aboutir à chaque recette. Puis, j’ai pu me laisser aller au plaisir de l’écriture (en gardant toujours un œil au schéma général de l’histoire) : imaginer des rencontres avec les personnages des contes, m’amuser avec les dialogues, inventer des situations incongrues, introduire des références… Le nombre de personnages et la nécessité de faire à chaque fois les présentations a été une contrainte. J’ai retravaillé plusieurs fois le texte pour le raccourcir tout en essayant de préserver ces petits clins d’œil.

BN et le P

Vous avez également eu l’idée de proposer la confection de recettes, que les enfants peuvent reproduire à la maison. Les 7 Nains sont endormis et à tour de rôle, Blanche Neige et le Prince partent collecter des ingrédients dans la forêt des Contes. L’enfant lecteur doit cliquer sur les ingrédients pour progresser dans son aventure. Avec l’engouement qui se développe autour des thématiques culinaires, je gage que l’idée séduise !

fiche_recette_2_23_cake_sucréMon projet initial était justement d’aborder les contes par le biais des recettes. La cuisine occupe une place dans la plupart des contes du répertoire traditionnel (une pomme chez Blanche Neige, une galette et un petit pot de beurre avec le Petit Chaperon Rouge, sans parler des bonbons pour Hanzel et Gretel…). Et puis, j’aime l’idée de faire entrer la magie des contes dans la vie de tous les jours. Je suis sensible à cette rencontre entre vie réelle et imaginaire, que les enfants comprennent et les adultes parfois un peu moins. Je me réjouis à la pensée que les enfants vont imprimer et concocter à la maison la recette du « crumble à préparer avec des pommes qui n’ont pas été empoisonnées » ou celle du « cake qui plaît aux 7 nains et aux amateurs de thé ». Je leur ai d’ailleurs réservé des surprises dans la rédaction de ces recettes. J’espère qu’ils s’amuseront autant à les lire qu’à les confectionner.

Est-ce que votre autre métier à petitestetes.com, que je vous invite à développer un peu, associé à vos publications chez Auzou vous ont aidée ?

J’ai créé petitestetes.com en 2006, un site qui accompagne les enfants et leurs parents (avec des activités à partager avec les enfants, des conseils et astuces pour les parents, mais aussi des contes et comptines à écouter…). La baseline du site est : Découvrir et inventer le monde. Ouvrir les portes de l’imagination des enfants est mon leitmotiv ! Les activités que je propose aux enfants sur le site petitestetes.com ou dans les livres publiés aux éditions Auzou n’ont jamais autant de sens que quand les enfants se les approprient, les détournent… Je suis particulièrement fière du livre de « Cuisine du monde » publié chez Auzou en partenariat avec l’UNICEF, là encore c’est l’occasion pour les enfants de partir à la découverte d’un pays, de son folklore et de ses coutumes en préparant simplement une recette de cuisine… Je travaille actuellement sur un livre destiné aux « parents » cette fois-ci. L’objectif est de mettre en place un rythme et une organisation familiale pour (re)donner une place à la fantaisie dans la vie quotidienne. Il sortira au printemps aux éditions Dunod. 

Les personnages de Blanche Neige et du Prince ne répondent pas vraiment aux archétypes traditionnels des contes, vous nous expliquez ?

Il était très important pour moi de ne pas limiter Blanche Neige à la cuisine. Nous en avons parlé dès notre première rencontre et nous étions en phase à ce sujet. Dans la rédaction, j’ai été vigilante à ne pas cantonner le Prince et Blanche Neige dans les traditionnels rôles de l’homme et de la femme. Je voulais un Prince qui aime faire la cuisine et qui ne soit pas forcément téméraire…

Julie, avec votre talent tout personnel, vous avez donné vie pour ce conte, à de très nombreux personnages. C’est probablement le livre chez La Souris Qui Raconte qui comptabilise le plus d’écrans ! J’avoue avoir une faiblesse pour le Petit Poucet et ses frères ! Mais comment les uns et les autres sont-ils nés ? Avez-vous une anecdote sur un personnage en particulier ?

Le dessin de personnage demande beaucoup d’attention : recherches et croquis font naître de façon originale chaque petit être dessiné. Je pose mes premières idées sur le papier, puis je donne du temps au temps. Je regarde mes dessins, les range et les redécouvre de nouveau. Cela me permet de les faire évoluer. J’ai une petite anecdote concernant le personnage de Blanche Neige : j’avais en tête un personnage châtain et bouclé. Ma fille de 4 ans voit ce dessin et me dit que cela ne va pas du tout, que Blanche Neige doit avoir les cheveux noirs, une frange et la coupe au carré court (comme elle par hasard !). Le prince, lui, doit ressembler à son petit frère sinon il sera jaloux (bouclé aux cheveux clairs). Bien sûr, ce n’est pas ma fille qui dicte mes choix, mais j’ai trouvé cette remarque amusante et j’ai joué le jeu. Cette coiffure donnait à ma Blanche Neige un côté plus graphique et plus moderne qui correspondait mieux au personnage du texte inventé par Camille. A l’inverse, le Prince bouclé devenait plus angélique et j’aimais bien cette idée là, toujours plus cohérente avec le texte.
La souris revient souvent dans mes livres. A la fois petit spectateur et « histoire dans l’histoire », elle fait le lien entre le lecteur et les personnages. C’est un petit clin d’œil que j’aime bien retrouver au fil de mes histoires.

SOURIS

Jusque là, vos publications étaient imprimées, avez-vous travaillé de façon différente en numérique ?

Dans l’ensemble non, j’ai travaillé à peu près de la même façon : je fais des recherches, puis des crayonnés et ensuite je mets en couleur sur papier à la gouache, crayon et crayons de couleurs. Après, j’ai dû adapter ma technique en réalisant séparément les décors, les personnages, ainsi que tout ce que je souhaitais voir s’animer. Par exemple, pour les personnages de Blanche Neige et du Prince, j’ai dû réaliser des « marionnettes numériques ». J’ai dessiné sur une feuille tout les éléments de façon indépendante : tête, expressions du visage, bras, corps, etc. Puis j’ai tout numérisé et ai reconstitué le personnage en infographie.

Quel boulot !
Vous semblez avoir une belle passion pour les animaux, de ce que je peux en voir, et les éditeurs vous sollicitent un peu pour ce talent là. Est-ce pour cela que vos avez glissé dans « Les 8 recettes magiques de la forêt des contes » toutes sortes de petits animaux rigolos ?

Oui, j’avoue avoir un attrait particulier pour les animaux. J’admire la diversité de formes que l’on peut trouver dans la nature et adore exploiter ce potentiel pour créer des personnages. Je trouve que l’on peut faire passer beaucoup d’émotions ainsi. C’est vrai que l’on me demande souvent de faire des animaux. Dernièrement, on m’a sollicitée pour réaliser « L’histoire du Pays Basque racontée aux enfants », sujet pas très « animalier » de premier abord, mais la demande de l’éditeur était justement d’attacher un intérêt particulier au dessin des animaux.

cariole

Entre vos premiers livres notamment « On l’appelait Lulu, mon grand-père » et vos derniers dont « À plumes, à poils et à écailles » votre style s’est « stabilisé » pouvez-vous nous parler de vos évolutions graphiques ?

C’est vrai qu’aujourd’hui ma façon de travailler est bien définie, elle est le résultat d’observations, de recherches et d’expériences. Je pense que naturellement ce style évoluera encore. Après, on doit aussi s’adapter aux demandes des éditeurs qui parfois souhaitent mettre plus en avant certaines facettes de l’illustrateur.

A toutes les deux cette fois, une question sur cette expérience, en quelques mots comment la qualifieriez-vous ?

Camille : j’ai particulièrement apprécié nos temps d’échanges. Nous avons pu évoquer la spécificité de ce texte dont la construction est assez complexe, sa parenté avec les histoires dont vous êtes le héros et le clin d’œil aux jeux vidéo quand les personnages récupèrent les ingrédients… Que les enfants puissent imprimer les recettes était un souhait qui m’importait beaucoup. Ensuite, voir son texte mis en image est toujours une étape étonnante, j’ai apprécié de pouvoir faire des remarques, échanger avec vous et Julie. Et j’ai été particulièrement sensible aux petits personnages facétieux que Julie a inventés, comme la fameuse petite souris !

Julie : Je trouve très bien d’utiliser les outils numériques d’aujourd’hui pour proposer de nouveaux modes de lecture. Ce qui me plaît chez La Souris Qui Raconte, c’est que l’on retrouve la richesse du graphisme des albums illustrés. Le numérique, avec l’animation et l’interactivité, apporte autre chose que l’album (auquel je suis très attachée !). Ainsi, livres papier et numérique se complètent pour stimuler le plaisir de la lecture !

Un grand merci à toute les deux pour ce livre web qui aura donné beaucoup de mal au développeur Pierre Canthelou qui s’est retrouvé face à une masse d’images dont je vous laisse découvrir le volume avec l’arbre à choix. Notre fil rouge à tous.

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