20 | 10
2016

Vous qui avez encore la curiosité de me lire et qui faites partie de ceux qui pensent que mon expertise compte, j’ai envie de vous parler de mes crises d’urticaire ! Entre hystérie et incompréhension, bienvenue dans le monde formidable de HTML (ou HyperText Markup Language) !

Nous en sommes au 5, HTML5… Je ne sais pas comment il était lorsqu’il se résumait à seulement quatre lettres, mais force est de constater que ce numéro 5 ne le fait pas beaucoup grandir. Petit historique que je pique à Wikipédia parce que je ne maîtrise pas grand chose sur ce front là : « Depuis 1997 et HTML4, l’évolution de HTML a fortement ralenti… En 2008, la spécification du HTML5 est à l’étude… »
Les bras m’en tombent ! On est fin 2016, bientôt 20 ans qu’entre 4 et 5 ça « standardise » (lire cet autre article) !

Depuis la création de La Souris Qui Raconte (juin 2010) et le choix de la technologie Flash pour animer et permettre à mes jeunes lecteurs de « jouer » avec mes livres, depuis l’arrivée en France des premiers iPad (mai 2010) et le blocage de Flash sur les navigateurs des tablettes, je tiens mon cap, coûte que coûte ! Et croyez moi, il m’en coûte ! Au début j’ai fait l’autruche, préférant avancer que me lamenter. Produire et construire plutôt que subir l’oligarchie d’une société, qui, si elle avait ouvert les robinets de Flash, n’aurait pas connu pareil succès avec son store (aux détracteurs de Flash, je passe d’ailleurs un message, pensez-vous vraiment qu’il ne s’agisse que de « failles » et de « lourdeur de processeur » ? quant au format propriétaire, c’est l’hôpital qui se moque de la charité !). Tout en restant attentive aux avancées de ce que le web proposait, j’ai tâtonné, fait quelques essais (désastreux) avec d’aucuns estampillés pro HTML par leurs pairs. J’ai patienté, freinant le passage qui devenait de plus en plus prégnant, pour décider, sous la contrainte, de faire la bascule. Avec la publication de « Ma rentrée colère » c’est fait. Pour autant c’est laborieux !

PCR Compagny ©Juliette Lancien

Si HTML est sans conteste le roi du web aujourd’hui, il n’est toujours pas en mesure de faire ce que Flash faisait à la perfection pour les développements de projets animés et/ou interactifs, typiquement les jeux (rappelons que Machinarium ou Botanicula, avant d’être des applications étaient le web de 2003). L’équipe LSQR à plein temps, c’est deux personnes qui en savent bien peu sur Flash et HTML, mais qui à deux, cherchent et trouvent des solutions en adéquation avec la demande eu égard à ses propres contraintes budgétaires ! Et la demande émane principalement des bibliothèques ! Celles par laquelle La Souris Qui Raconte existe (qu’elles en soient ici encore largement remerciées) et dont l’une des missions est de soutenir la création. Mais comment soutenir pleinement la création quand celle-ci subit les luttes d’influence entre technologies ou formats ? Entre application (iOS ou Androïd), techno Flash ou techno HTML, elles doivent aussi répondre à des tendances, pour ne pas dire des phénomènes de mode. Et la mode en bibliothèque est à la tablette ! On avait bien trouvé la solution de navigateurs web alternatifs capables de lire Flash mais ce n’est pas suffisant, il faut tout… ou rien ! En d’autres termes : pas compatible tablette = refusé ! J’en profite pour livrer à votre réflexion les pourcentages de consultations du site LSQR par catégorie d’appareils : ordinateurs de bureau = 67,85% ; mobile = 21,43 % ; tablettes = 10,73%. Ce qui en gros fait du 30/70 (32,16 Vs 67,85), les téléphones ne supportant pas plus Flash que les tablettes. Voilà contre quoi je me bats !

Malheureusement plusieurs collectivités m’ont évincée. Tout en me félicitant de publier des contenus de si belle qualité, elles regrettent le manque de compatibilité et, par les faits, le sanctionne. Le couperet est tranchant, sans appel… Pour rassurer les autres qui continuent à me faire confiance et considérer les livres LSQR uniques, au grand dam de la techno, voici le topo. Passer le maximum de titres en HTML dans les deux prochaines années (2017-2018) et bien sûr, continuer de vous proposer des nouveautés lisibles sur le web et en streaming. Quelqu’un a-t-il quelque chose à dire contre le streaming ?

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12 | 10
2016

Prolongement numérique de Oh mon chapeau ! édité en livre pop-up chez Helium, Oh ! est une nouvelle application du duo Boisrobert/Rigaud. Un régal de simplicité et d’efficacité !
Vainqueur du Bolognaragazzi Digital Award 2017

Anouk Boisrobert & Louis Rigaud, talents bien connus de la littérature jeunesse, officient souvent à deux ! L’une aux couleurs et l’autre aux formes, ils créent ensemble des œuvres pop-up absolument magistrales ! Quel plaisir j’ai eu de découvrir leur dernière création applicative sortie il y a à peine un mois ! Aboutissement d’une envie numérique qu’on avait évoquée à l’occasion de notre rencontre à Tétouan lors du salon de « La cigogne volubile » .

Oh ! reprend en partie ce qui a fait le succès du livre pop-up ! Des formes simples, triangles, rectangles, demi-cercles, losanges… et colorées, bleu, jaune, rouge, vert… Ensuite c’est une question de transposition qui permet de créer à l’envi toutes sortes d’illustrations !
Les formes sont positionnées sur la gauche de l’écran. Celui-ci est par ailleurs divisé en deux par un très léger filet. En faisant glisser une même forme au-dessus ou au-dessous du filet, celle-ci sera différente. Le triangle deviendra cerf-volant ou souris, selon s’il est positionné en haut ou en bas de la tablette. Un petit tap supplémentaire le changera en oiseau grue improbable, ou toit d’appentis. Le triangle rose sera drapeau, toit pointu, oiseau volant en haut, ou petite fille s’accrochant à un parapluie, homme marchant, fillette saluant, voiture en bas ! On peut faire et défaire à volonté les histoires racontées et le petit tutoriel « COMMENT JOUER ? » expliquera de façon très limpide (et didactique) comment s’y prendre pour composer toutes sortes d’illustrations.

 

Voilà, une application de création où l’enfant pourra jouer avec formes et couleurs, enregistrer ses créations, et pourquoi pas, dessiner toute une BD sous forme de strip. Bibliothécaires, n’hésitez pas à vous emparer de cette très belle application dont le seul reproche que je lui ferais (et encore sous la torture) sont les petits bruitages qui n’apportent rien.

 

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Cette semaine, nombre d’éditeurs (dont des pure players) étaient conviés par l’Académie de Versailles à présenter leurs ressources à l’occasion de quatre demi-journées du réseau Canopé. Un nouveau format prometteur ?

Il valait mieux disposer de son propre véhicule la semaine dernière pour se rendre dans les Canopé l’Ile-de-France, de Saint-Ouen-l’Aumône à Suresnes le mardi 27 septembre, et d’Evry à Marly le Roi le vendredi. Chaque demi-journée s’ouvrant sur une plénière présentant le Plan Numérique pour l’Education et les ressources associées -gratuites- BRNE (Banque de Ressources Numériques pour l’Ecole), nous ont permis, éditeurs invités*, de présenter nos ressources -payantes- aux enseignants présents.

http://www.dailymotion.com/video/x473qzm

La plénière, à laquelle j’ai assisté deux fois, m’a littéralement abasourdie par les montants mis en jeu sur la seule académie de Versailles, 6 M€ en matériel et formation et 750 k€ en ressources pour 300 collèges et écoles (budget global du plan : 1 milliard d’euros sur trois ans).

Synthèse académique cartographique

Plan numérique 2016

C’est Stéphane Proust, adjoint au délégué académique au numérique, qui a présenté à quatre reprises les enjeux de ce Plan Numérique reposant sur trois piliers : les dotations, les formations et les ressources. Jusque là rien que de très normal, le gouvernement se donne les moyens de ses ambitions ! Là où mes supputations se sont tournées en vraies questions, c’est suite à la présentation des ressources BRNE, s’inscrivant dans ce plan. Je l’ai déjà dit, elles sont gratuites :

« Éléments du plan numérique pour l’École, dans le cadre des investissements d’avenir, ces banques de ressources numériques pour l’École (BRNE) sont libérées de droits et mises à disposition gratuitement pour tous les enseignants et tous les élèves du CM1 à la 3ème (cycles 3 et 4). Elles sont disponibles pour une utilisation et une réutilisation dans le cadre pédagogique sur une durée de trois ans, avec reconduction possible. »

 

Dès le mardi matin, la présentation des ces ressources gratuites par Axel Jean (attaché à la Direction Numérique de l’Éducation) a monopolisé la totalité de l’assistance pour la matinée, rendant très inégale la confrontation avec les éditeurs présents. A telle enseigne que le format des demi-journées suivantes a été modifié.

Maintenant, la question que je vous pose est la suivante. Vous êtes enseignant, on met à votre disposition une flotte de matériel HighTech de premier choix que vous allez devoir apprendre à maîtriser et utiliser quotidiennement avec des classes de 20-30 élèves. Ne serez-vous pas tenté d’utiliser ce qui est facile, immédiat et gratuit, plutôt que de chercher d’autres ressources dont vous n’imaginez même pas qu’elles existent et qui généreront un travail (et du temps) supplémentaire (recherches, acquisitions…) ? Bien sûr la dotation d’un budget d’acquisition ressource de 30€ par élève (et enseignant) est tout à fait louable, mais sa dépense immédiate me semble parfaitement illusoire. Or, il a été maintes fois répété de se hâter à la dépense, celle-ci devant se justifier.
Toute cette affaire est évidemment éminemment politique, une politique dont on ne sait d’ailleurs pas ce qu’elle sera en mai 2017, et l’urgence de cette dépense publique, si elle est nécessaire sur le fond, me semble largement discutable sur la forme.
L’école en France ne se porte pas bien et sa réputation est sujette à caution. Avez-vous vu l’émission de 28′ sur Arte « L’école peut-elle réduire les inégalités sociales ? » du mercredi 28 et le rapport dont il est question ici ? La concomitance des deux actualités m’a parue ironique, accentuant les dysfonctionnements du secteur… les tablettes peuvent-elles guérir l’école ?

* Pôle culture scientifique : Edumedia - My Blee - KWYK
Pôle ressources transversales : Itop éducation - Génération 5 - Edoki Academy - Edulib
Pôle littérature de jeunesse : Storyplay - Planet Nemo - La Souris Qui Raconte
Pôle manuels numériques : Hachette - Le livre scolaire - Nathan - Belin - Magnard - Bordas - Le Web Pédagogique
Pôle ressources vidéos : Brain Pop - Tralalère
Pôle ressources gratuites (répondant à l’appel à projet) : BRNE
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