Vendredi et samedi derniers La Souris Qui Raconte était en vadrouille du côté de Vichy, à Gannat précisément pour la 9e édition du salon jeunesse Dino Fabulo.

Organisée par le Rotary Club, cette nouvelle édition se voulait proche de notre planète et les sujets présentés touchaient à l’écologie, au respect et à la préservation de la faune et de la flore.
Vendredi journée avec les scolaires. Présentation le matin et l’après-midi de « Pour tout l’or du monde » en ePub3 aux élèves de CE2-CM1 des classes de la région, avec petit tour d’horizon sur les différences entre édition numérique et édition papier. Les métiers en plus en ceux en moins. Puis, bien sûr, lecture à haute voix avec des enfants toujours aussi motivés pour s’exprimer et participer. Nul besoin de les forcer, et c’était vraiment chouette !

Samedi journée salon.
J’ai cessé de me déplacer sur les salons si ceux-ci ne sont pas corrélés à des rencontres scolaires. La confrontation papier/numérique étant déjà assez compliquée et par ailleurs tellement frustrante, je ne me déplace avec enthousiasme qu’à partir du moment où les journées de salon précédent des rencontres. Et ça marche ! Ma première visiteuse de samedi, que j’avais accueillie la veille, demandait à sa maman d’acheter « Pour tout l’or du monde » mais aussi « Ma rentrée colère » en Cartes à Lire. Je n’ai évidemment pas autant cartonné que mes voisins, deux personnes riches, l’auteure Anne-Claire Lévêque et le scénariste-illustrateur BD Xavier Bascour ! Pas grave… ce sont les rencontres qui valent de l’or !

Et des rencontres il y en a eu, des belles !
Connaissez-vous la maison d’édition La poule qui pond ? Une maison spécialisée dans la publication d’ *ouvrages syllabés (pour public rencontrant des difficultés d’apprentissage). Un livre a retenu mon attention « De catastrophe en catastrophe » , écrit par les élèves du collège Joseph Hennequin de Gannat. Trois histoires courtes ont été travaillées avec l’aide de Valentin Mathé (l’éditeur et auteur) et Fabienne Cinquin, dont les illustrations sont à tomber ! Trois très jolis textes, remarquablement illustrés, sont mis en page afin de faciliter la lecture : Gérafine (un matin, une girafe ayant confondu son gel douche avec du dissolvant se retrouve sans taches) ; Nuit étoilée (une mouche déclenche des catastrophes en série dans un atelier de peinture) ; Catastrophe tout va bien (Lucas Tastrophe et Fatou Vabien se rencontrent et se complètent face aux catastrophes).
Cette réalisation m’a renvoyée à celles de La Souris Qui Raconte et sa collection Histoires d’école. Permettre à des jeunes de s’exprimer et faire connaître leur œuvre, au-delà de l’école, par une vraie publication, numérique ou papier. Je n’ai pas trouvé ce livre sur le site de l’éditeur, ni ailleurs. Son dépôt légal datant de mars 2016, peut-être est-ce encore trop tôt. N’hésitez pas à le demander à la poule, qui vous pondra un joli œuf tout coloré !


 
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Une nouvelle qui ne devrait réjouir aucun éditeur « pure-player » jeunesse, ni aucun éditeur tout court. Le géant des applications pour les enfants, Chocolapps jette l’éponge.

C’est par le truchement de Fabrice Eveillard, éditeur d’applications éducatives Adaptiim, lui aussi en pleine réflexion sur le HTML5, que j’ai eu vent de la nouvelle. Et ce n’est pas une bonne nouvelle. Tous les « acheteurs » d’applications connaissent Chocolapps, ex So Ouat! qui devient Wissl Media puis Benchr (vous avez du mal ? … moi aussi !). Mais revenons à ce que nous connaissons…
Avec plus d’une cinquantaine d’applis, qui ne dispose pas sur sa tablette iOs ou Android d’un conte revisité ou d’un jeu éducatif publié par Chocolapps ? Créée en 2010, la société a rapidement été leader sur le marché des applications. Que l’on aime ou pas, leur succès était incontesté. Aujourd’hui, après 7 ans, si Chocolapps jette l’éponge c’est toute la profession qui doit s’interroger. Existe-t-il vraiment un modèle du livre numérique sous quelque forme que ce soit ? Quel est-il pour les éditeurs restant en lice dans ce foutraque AppStore (iBookStore même combat). Je l’ai déjà dit, La Souris Qui Raconte, à la tête de seulement 10 applications a décidé de ne plus en produire. Dans un article pas si lointain, je dressais un tableau peu reluisant du panorama de l’édition « pure-player » jeunesse, où Chocolapps était encore présent. Que reste-t-il à espérer pour les survivants ? Que reste-t-il à espérer de cette édition moribonde bien que jamais vraiment née.
Alors que dans le même temps Nicolas Gary publie cet article sur ActuaLitté : « Des relents nauséabonds se propagent, façon particules fines, et insidieusement, rongent le milieu ». C’est tout ce milieu de l’édition « pure-player » et au-delà, qui est mis à mal. Tarifs trop élevés ou gratuité ; verrous de toutes sortes ; mises à jour System ou nouveaux modèles de tablettes qui imposent des mises à jour logiciels et d’applications ; peu, voire pas de vente librairie ; peu, voire pas de soutien financier ; un désamour quasi généralisé de la profession « traditionnelle »… Une seule certitude, les « pure-players » (jeunesse ou pas) évoluent en milieu hostile ! Le marché des supports a toujours un coup d’avance sur les besogneux (dont je fais partie) qui rament derrière, innovant, se renouvelant, s’interrogeant, et s’épuisent comme le fait remarquer Nicolas sur sa page FaceBook.

Commentaires NG sur FB

Depuis 7 ans, j’ai essayé beaucoup de choses avec La Souris qui Raconte. Livres web en Flash, applications iOs et Android (et leurs mises à jour de malade), livres en ePub3, livres en HTML5, vente à l’unité, par abonnement, en mettant un point d’honneur à ne pas tomber dans la tentation du gratuit… Je ne me suis jamais payée pendant tout ce temps, préférant honorer le travail de mes auteur(e)s et illustrateurs(trices). Dans notre monde par trop libéral, où ce sont les lobbies qui font la pluie et le beau temps d’une économie capitaliste écœurante, où le mercantilisme domine, je pense à tout ceux qui comme moi ne se payent pas, ou si peu, je pense à tout ceux qui comme moi, sont passionnés, je pense à tout ceux qui comme moi, sont motivés par la valorisation d’une lecture sans distinction de support ! Je pense à tout ceux qui comme moi entreprennent !
Je vais souhaiter une bonne continuation, sincère, à Michael Guez. Contrairement aux ronds de cuir qui prolifèrent dans le milieu éditorial, l’entrepreneur qu’il est, est allé au bout de son rêve de papa. Le passionné de foot, enrichi de son expérience passée, n’a plus qu’à tirer et marquer !

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