08 | 06
2013

Couverture Une drôle de voisine « Une drôle de voisine » est le 27e titre de La Souris Qui Raconte !

Sa sortie, le 31 mai, était coincée entre la fameuse fête des voisins (le 30 mai) et la date anniversaire (le 1er juin) des 3 ans de La Souris Qui Raconte. Je trouve la date juste parfaite ! Et c’est un pur hasard. Je n’avais pas anticipé la fête des voisins et c’est à l’occasion d’un petit concours sur Face Book qu’une maman m’en a fait part. Quant à l’anniversaire de LSQR, c’est un joli cadeau que vous lui avez fait l’une et l’autre !

Voisins, voisines et demi ? Qui sont-ils ?

drole de voisine 2
Vous voyez le chien ? Mais où est la poule ?

Sandrine Mes deux plus proches voisines sont des personnes âgées et quand je suis arrivée dans mon village, j’ai tout de suite eu la cote parce qu’une de mes voisines m’avait vue à la télé, à l’époque où je présentais la météo sur France 3 Bourgogne Franche Comté. Elle m’a donc présentée à tous ses potes du Club du 3e âge.

Cécile J’ai la chance de vivre au calme et je m’entends assez bien avec mes voisins directs, ce sont des personnes tout à fait charmantes aux horizons variés ; famille avec jeunes enfants, couple de retraités, dentistes. Chez l’une de mes voisines qui élève des poules je vais parfois chercher des œufs, les enfants aiment beaucoup ça.

J’ai envie de cancaner les filles ! C’est ce qu’on fait entre voisins non ? Quelle histoire croquignolette auriez-vous à raconter l’une et l’autre ?

Sandrine Ce n’est pas vraiment une anecdote, mais plutôt un souvenir. Quand j’étais petite, j’habitais dans un immeuble et j’ai passé des heures et des heures chez les voisins du dessous, qui avaient trois filles. Moi qui étais fille unique, je trouvais chez eux une famille pleine de vie, de bruits, de rires, de disputes… qui m’enchantait !

Cécile Autrefois je vivais en appartement, les murs étaient si fins qu’on entendait la voisine du dessous faire pipi. Une autre fois j’ai failli mourir… tuée par mon furet qui avait mordu et perforé le tuyau du gaz, je me suis aperçue de la fuite une allumette à la main… Encore une autre fois, (toujours dans ce même appartement de tous les dangers mais dont je garde néanmoins un très bon souvenir), j’ai entendu la police débarquer un beau matin et interpeller le voisin pour un quelconque trafic. Sans le savoir je dormais au pied d’un gros butin d’argent qu’il avait caché dans le mur attenant à ma chambre, on peut dire que j’avais un drôle de voisin !

Dommage que vous n’ayez pas été plus proche de ce voisin là, il aurait pu vous confier son pactole ! Plus sérieusement Sandrine, j’ai envie de vous demander comment est née cette histoire ! L’inspiration de l’auteur questionne souvent le lecteur. Pour ma part, je suis toujours curieuse de connaître la genèse d’un livre. D’où avez-vous sorti Clémence et Célestin ? Et cette voisine, qui aurait très bien pu être sorcière ou foldingue ?

Je ne sais pas d’où vient l’histoire de Clémence et Célestin… Mais en y réfléchissant, peut-être de ma super voisine Colette, 80 ans et des poussières, qui roule en Twingo, qui a la moitié du village dans sa cuisine à l’heure du café, qui court d’invitation en invitation, qui raccompagne les autres mamies les jours de neige, en en prenant une sous chaque bras, et qui m’a dit un jour cette phrase qui m’a marquée : « La peur n’évite pas le danger ! »

Colette n’a peur de rien, ni apparemment de personne. Colette vit à cent à l’heure et j’aimerais tant, à 80 ans, lui ressembler.

C’est donc sûrement grâce à elle et à sa petite phrase que j’ai eu envie de raconter une histoire qui montre que la peur de ce (de ceux) qu’on ne connaît pas ne sert à rien.

Cécile, j’avais particulièrement aimé la carte de vœux 2013 que vous aviez illustrée pour La mare aux mots. J’avais aimé son univers en bichromie, son tracé au crayon, sa poésie, et j’ai eu envie de retrouver tout ça pour « Une drôle de voisine » ! Il y avait déjà un chien sur cette carte. Vous lui aviez donné un rôle malicieux. « Passeur de boules de Noël » . Pourquoi avoir repris le chien au casting alors que Sandrine ne parle pas particulièrement d’animaux dans son récit ?

voeux_la-mare-aux-mots

Ah ça, c’est LE truc que j’aime, avoir une double lecture du texte, raconter une histoire dans l’histoire, que ce soit avec les personnages principaux, (parfois en illustrant l’inverse de ce que dit le texte on donne plus d’impact par exemple) soit, et c’est plus facile, en créant un personnage secondaire, à l’instar du personnage de la souris dans les bandes dessinées de Gai-Luron. Dans le cas présent, la présence du chien était aussi intéressante pour donner du rythme à l’animation.

En effet, il en donne, et il joue pleinement son rôle. Pouvez-vous nous dire comment vous avez vécu cette expérience numérique ? Et vos enfants, qui, s’ils vous voient dessiner, n’avaient encore jamais vu vos images s’animer, comment ont-ils réagi ?

Je dois dire que j’ai réagi au moins de la même façon que mes enfants lorsque j’ai découvert les images animées. J’étais émerveillée ! Je suis retombée en enfance, nous avons rejoué sans cesse les épisodes ! J’avais un peu d’appréhension au début du projet par rapport à la préparation de l’animation justement, j’avais peur du résultat, mais le remarquable travail d’Ivan donne une toute autre dimension aux illustrations, sans oublier la voix de la conteuse !

Quels projets avez-vous dans les tuyaux ? Ecriture à plusieurs mains ? Numérique ? Et quelles envies aussi ?

Sandrine Je vais reprendre l’écriture à plusieurs mains cet été (chouette !), avec mes complices Anne-Gaëlle Balpe et Séverine Vidal. Nous allons écrire le tome 2 d’une nouvelle série de romans pour les 9 ans et plus, « La tribu », qui sortira à l’automne aux éditions Frimousse.

Pour ce qui est des projets solo, j’ai plusieurs romans en cours… mais je ne sais toujours pas lequel sera bouclé le premier ! Enfin côté envies, j’aimerais beaucoup tester l’écriture d’un roman graphique ou d’une BD.

Cécile En ce moment j’illustre une série de contes musicaux à paraître aux éditions Henry Lemoine, ensuite une série d’albums. Et toujours des envies musicales, les choses se mettent en place doucement de ce côté-là.

Merci à toutes les deux pour cette très jolie voisine… Euh histoire !

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04 | 04
2013

Bonjour Emilie, bonjour Nicolas.
Après un silence éditorial d’un an (un tunnel, mais attention… pas noir du tout), La Souris Qui Raconte est très heureuse de revenir sur les grands écrans [NdR ordinateurs Vs tablettes] avec un livre numérique charmant, doux et coloré. Il suffit parfois d’un cygne. Il y est question d’oiseaux, de tonnes de piafs… de tous horizons et d’un premier amour sur fond d’absence. « Horror vacui » ! Deux enfants sans mamans, un garçon et une fille, se rencontrent à l’école et leurs petits cœurs font Boum ! C’est triste et gai en même temps, brutal comme le vide, chaud comme l’amour. C’est émouvant comme un premier baiser.

© Nicolas Gouny

Emilie, comment l’idée de ce texte vous-elle venue ?

J’ai toujours beaucoup aimé les oiseaux, au point d’en avoir eu, enfant. C’est très sauvage, délicat et gracieux, comme espèce. J’ai grandi dans un village dont on appelle les habitants « les corbeaux ». En effet, il est connu dans la région pour être squatté toute l’année par ces grands oiseaux noirs très mystérieux et un brin intimidant. De plus, notre langue grouille de métaphores, expressions et licences poétiques inspirées par les volatiles. Et puis, je trouve que certaines personnes ressemblent étrangement aux animaux. Physiquement. J’ai eu soudain envie d’un petit garçon-oiseau. Un enfant sauvage, délicat et gracieux… Enfin, comme Balthazar, j’ai eu une mère très très absente.

Vous écrivez surtout de la Fantasy, des romans avec plein de pages et en plusieurs tomes, et là, vous nous écrivez un texte court où les mots se jouent les uns des autres, et les oiseaux aussi ! Pourquoi ce grand écart ? Est-ce en lien avec votre métier, celui où vous n’êtes pas écrivaine ?

Bien avant de songer à écrire des romans pour ados, je rêvais de textes pour les petits. « Il suffit parfois d’un cygne » est né bien plus tôt que la série Apocalypsis, que je signe du nom d’Eli Esseriam. J’adore les livres pour enfants. C’est une véritable passion ! J’ai gardé les miens, bien sûr, comme on conserve les lettres de son premier amour… C’était mon rêve de petite fille : écrire une histoire pour les minots. Grâce à La Souris Qui Raconte, c’est chose faite ! L’adulte que je feins d’être, et l’infirmière que je suis, n’y sont pour rien, pour le coup !

Nicolas, je suis fan de votre univers illustratif très créatif (je ne suis pas la seule d’ailleurs, Emilie aussi !), et j’ai pensé que vos couleurs et votre poésie iraient bien sur les mots d’Emilie, qu’avez-vous ressenti à leurs lectures ?

Merci ! J’ai beaucoup aimé que cela parle d’oiseaux, car ceux qui connaissent mon travail savent qu’ils sont toujours présents dans mes dessins. J’ai tout de suite apprécié la belle écriture d’Émilie, fluide, simple, pas trop lyrique, mais poétique, et l’histoire toute bête de ces deux enfants…

Comment avez-vous travaillé sur ce format numérique ?

C’était un format nouveau pour moi, puisqu’il s’agit de mon premier livre numérique, mais finalement, comme je travaille déjà sur PC, et que je compose sous photoshop avec des calques, cela ne m’a trop bouleversé… La seule différence était le mode colorimétrique (RVB) qui donne des couleurs beaucoup plus ‘flashy’ et la définition beaucoup plus réduite des dessins… mais tout cela est assez technique !

Je crois savoir qu’un autre projet est en cours, pouvez-vous d’ores et déjà nous en dire quelques mots ?

J’ai en fait de nombreux projets en cours, car je suis plutôt boulimique. J’ai plusieurs livres « papier » qui vont sortir aux Ptits Bérets, chez Auzou, chez Belin et en Italie, et j’ai aussi un autre projet chez vos collègues d’Audois et Alleuil, non plus avec des oiseaux mais une petite vache…

Hâte de découvrir cette nouvelle création, j’avais fait un billet sur « La princesse aux petits prouts« . Je gage que leur prochaine production sera tip-top avec vous aux dessins !
Pouvez-vous nous dire chacun, comment ce format modifie votre expression ?

Emilie : Ecrire pour les petits demande une certaine vérité dans l’écriture. On ne peut pas tellement se cacher derrière le style ou les effets de manche, comme on pourrait être tenté de le faire lorsqu’on écrit pour les jeunes adultes. Il n’y a plus de place pour le cynisme : on est beaucoup plus à nu. Tout n’est que sensibilité et émotions. C’est plus sobre, plus honnête et souvent, plus joli. Personnellement, j’ai plus de mal à faire lire mes textes enfantins que mes pages pour ados. J’ai la sensation de m’y montrer davantage. De plus me livrer…

Nicolas : Pour moi, mais aussi pour tous les illustrateurs, c’est un support qui peut permettre une pleine expression, en animant, en poussant, en développant l’image. Il offre de chouettes possibilités pour qui a un peu d’imagination. J’aime, et j’espère aller encore plus loin au fil des projets, l’idée d’interagir avec le lecteur, qu’il puisse s’accaparer son livre, s’y incruster et, pourquoi pas bouleverser, chambouler l’histoire… !

On dit et on écrit beaucoup de choses concernant le numérique et j’ai envie de vous défier gentiment.
Comment vous, très inscrit dans une culture papier, imaginez-vous son avenir… disons à 10 ans, à 20 ans et à 50 ans ! La boule de cristal n’est pas autorisée !

Emilie : Dans 10 ans, tout, ou presque tout, sera numérisé. Dans 20 ans, on aura trouvé un moyen de diffuser à bas prix l’implant intra-crânien, avec une lentille à poser sur la pupille en guise d’écran. On sélectionnera et lira n’importe quoi, en effectuant nos recherches d’une simple pensée. Ce sera extraordinaire et terrifiant. On pourra visiter des bibliothèques, devenues des musées depuis longtemps. Les enfants demanderont « c’est quoââ? » en montrant du doigt des dictionnaires, des encyclopédies, des livres colorés. Les parents soupireront et diront « T’as qu’à activer ta recherche ! Pense un peu ! » Parce que oui, on sera toujours aussi paresseux d’esprit…
Et puis dans 50 ans, comme la mode se fait, se défait et se refait, on assistera à un retour aux basiques, un « revival » du papier. Les années 90 ont ressuscité le patte d’eph, en 2010, on porte aux nues le col Claudine, la robe à pois et les escarpins à bout ouvert, on adore les papiers peints à motifs, l’esprit vintage, tout ce qui est rétro… Aussi, ne jetez pas vos bouquins ! En 2063 et des brouettes, ils vaudront l’or que nous avons toujours vu en eux…

Nicolas : Je suis depuis bien longtemps sensible au média numérique. Je suis un enfant des années 80 et des ordinateurs à cassettes, lorsqu’on écrivait patiemment des lignes et des lignes de codes pour animer des morpions et des vers qui se mangeaient la queue… Je ne suis donc pas du tout effrayé par le développement de la lecture et de la culture numérique, bien au contraire ! Je trouve cela exaltant et riche de potentialités… Pour ce qui est du papier, il a encore et gardera une vraie aura, un fort pouvoir symbolique. On assiste aujourd’hui au retour du bon vieux vinyle… Je pense que le papier suivra le même chemin, à côté des œuvres numériques…

Un grand merci à tous les deux. Merci pour cet échange et merci pour le très beau livre que vous avez offert à nos lecteurs.

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A part un endroit où grignoter et dévorer des livres ?
Pour répondre à cette question, je vais saisir la balle au bond, suite à la critique de « Conte du haut de mon crâne » paru sur le blog sanspapier.com, une librairie numérique que je vous recommande. Et je m’en explique avec son co-gérant Antoine Garnier, merci à lui pour ses éclaircissements.

« Conte du haut de mon crâne » est le premier epub de La Souris Qui Raconte. Il est donc le premier à se décliner de 3 façons (web, application et epub fixed lay-out). Comme pour les autres formats, j’ai évidemment réfléchi à sa distribution. J’aurais pu faire le choix de le publier sur iBook Store par mes propres moyens, comme cela a été fait pour les applications (pour nos lecteurs les epub sont vendus dans le magasin iBook Store, alors que les applications sont vendues dans le magasin App Store de iTunes). Apple tenant ainsi le rôle du libraire, distributeur des titres qui lui sont confiés ! Pourtant, pour des raisons que je vais vous demander d’argumenter, La Souris Qui Raconte (pour ce qui est de ses epub) travaille avec un intermédiaire diffuseur, à savoir immateriel.fr. Celui-ci dispatche ensuite les contenus mis en ligne sur son site vers les librairies partenaires, dont Apple, Google et Amazon. Et tout ça dans le « cloud » comme on dit ! Comme j’en vois qui sont déjà paumés, et ayant à cœur de faire comprendre à nos lecteurs les mécanismes de la publication dématérialisée, je vais vous poser un certain nombre de questions. Merci d’y répondre de la manière la plus compréhensive possible pour les néophytes qui nous lisent.

sanspapier.com est une « Librairie numérique ». Pouvez-nous nous expliquer en quoi consiste le travail du libraire numérique et s’il existe un élément de distinction majeur avec son homologue physique (à part la dématérialisation) ?

Fini de soulever des cartons…! Non sans rire le métier de libraire numérique est fort différent de celui de libraire physique lorsqu’il est exercé en complète autonomie. Je m’explique : il existe des outils pour relayer l’offre d’un libraire physique sur le web sans avoir besoin d’être un informaticien qualifié. Les librairies physiques peuvent s’appuyer sur une filière numérique qui leur permet de travailler sur le web assez facilement. Cependant ils doivent alors accepter la contrainte de rentrer dans des schémas prédéfinis de plateforme en marque blanche qui laissent peu de place à l’originalité, à la possibilité de se différencier sur la forme et dans une certaine mesure sur le fond – ce qui fait le sel de la librairie physique il me semble. Alors oui pour être un libraire du web « à part entière » mieux vaut cumuler les profils et disposer de compétences informatiques et littéraires.

Sur votre site, vous mettez en avant un moteur de recommandation. J’ai fait une petite expérience en y recherchant « Conte du haut de mon crâne » et vous ai fait part de ma déception de ne pas le voir ressortir dans le carrousel des préconisations. Pouvez-vous nous en expliquer la raison et comment tout cela fonctionne ?

Ce moteur fait l’objet de toutes nos attentions et constitue, nous l’espérons, un élément d’originalité nous distinguant des autres librairies en ligne. Mais il nous reste du travail ! Comme le moteur de recommandation de Sanspapier.com repose sur le contenu des livres (en plus des métadonnées traditionnelles comme un titre de livre ou un nom d’auteur), nous ajoutons des mots-clés à tous les ouvrages afin de caractériser leur contenu. Et malheureusement tous les livres ne sont pas encore enrichis, nous y travaillons. C’est justement le cas pour « Conte du haut de mon crâne » qu’on ne trouve pas sur le carrousel mais qu’on peut néanmoins atteindre en cliquant sur le lien sous le carrousel. A terme ce lien doit disparaitre, bien entendu, une fois que tous les livres seront enrichis.

Comment une librairie numérique comme SANSPAPIER se positionne-t-elle face à des acteurs comme Apple, Google, et Amazon ?

En allant chercher des livres qui manquent de visibilité chez eux. C’est cette question qui nous a fait démarrer le projet : comment accéder à « l’offre de traîne » occultée sur les grandes plateformes par les best-sellers et la parution ininterrompue des nouveautés. C’est l’enjeu d’un moteur de recommandation basé sur le contenu des ouvrages : tisser des liens entre des livres qui n’auraient pas existé autrement et offrir une proposition qui utilise la profondeur de catalogue des éditeurs. L’enjeu est de taille et d’autant plus important qu’à l’inverse la recommandation commerciale s’impose largement sur la Toile.

Quels sont vos leviers pour attirer vos clients et les fidéliser et pourquoi vous préfèrent-ils à d’autres acteurs plus généralistes ?

Plusieurs questions. Sur l’acquisition client, nous réfléchissons un peu tout le temps, c’est le nerf de la guerre sur le Web ! Vous ne devriez pas tarder à voir des choses émerger sur Sanspapier je ne peux pas en dire beaucoup plus, soyez attentifs ! Pourquoi venir chez Sanspapier plus que chez les autres ? Parce que nous offrons une proposition alternative de livres dans les résultats de la recherche. La proposition éditoriale sur la page d’accueil c’est une chose, mais sur le Web, le parcours utilisateur passe par le moteur et beaucoup moins par les propositions de la page d’accueil. Alors selon nous une proposition alternative au sein du moteur, c’est la clé.

Du reste, sur quel secteur de l’édition êtes-vous spécialisé, si vous l’êtes ?

Non, mais nous réfléchissons à plusieurs projets d’approche par secteur avec nos partenaires.

La jeunesse n’est-elle pas le parent pauvre de l’édition numérique, et si oui, avez-vous une idée du pourquoi ?

C’est un secteur que je connais assez mal. Mais il me semble que la jeunesse s’est fortement engagée dans les applications et en conséquence son offre est plutôt relayée sur les stores Apple et Android. De ce fait elle perd en visibilité sur les plateformes des librairies qui ne diffusent pas ces formats.

Quel est votre vision du livre numérique et de sa diffusion dans les prochaines années ?

Internet va continuer à prendre de l’importance dans les pratiques d’achat, le livre numérique suivra. La diffusion des tablettes va considérablement y contribuer. J’ajoute que lorsque les éditeurs auront pris le mouvement, le papier constituera un horizon pour nombre de publications. En inversant le schéma traditionnel, la parution en papier ne se concrétisera que si le livre a obtenu un succès suffisant du point de vue de l’éditeur pour être vendu en volume de cellulose. C’est déjà le cas et c’est amené à devenir un modèle dominant.

Ma dernière question, qui pourrait faire la synthèse des précédentes :
quel intérêt un acteur comme La Souris Qui Raconte, présent sur le web depuis 3 ans, diffusant une partie de ses contenus en direct via les acteurs qui aujourd’hui font le marché, a-t-il à passer par sanspapier.com ?

Je répondrais par une question : êtes-vous satisfaite de la visibilité dont vous disposez sur ces plateformes ? Notre projet est d’industrialiser l’accès à la « longue traîne » à travers notre moteur de recommandation. Je rappelle ici que 80 à 90 % des ventes sur le site d’une librairie passent par le moteur de recherche. Travailler la profondeur des catalogues, dynamiser les contenus des éditeurs, voilà notre démarche : pas si répandue parmi les enseignes qui constituent le paysage de la librairie en ligne actuellement…

Si je suis satisfaite de la visibilité que ces plateformes me procurent ? Hahaha ! Là vous faites mouche Antoine ! Merci infiniment pour vos réponses, qui j’espère, éclairent un peu plus nos lecteurs.

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A la plume Anne-Gaëlle Balpe, dont c’est la première contribution avec La Souris Qui Raconte ; à la palette graphique, Julien Castanié, aidé de Farah Allegue pour les animations. Tous les trois se retrouvent autour d’un conte de Noël rare, parce qu’audacieux, où il est écrit avec beaucoup d’humour et de générosité que le Père Noël, n’est peut-être pas celui qu’on croit ! Autre regard…

LSQR : Anne-Gaëlle, pouvez-vous nous dire comment vous est apparue cette vérité sur le Père Noël et comment vous avez imaginé que ce conte soit appréhendé par les parents ?

Cette vérité m’est apparue… à la fenêtre ! Non je mens, car chez moi, il n’y en a pas (vraiment). Mais la vérité, c’est que je vis dans un département connu pour son métissage et ses cités ! La plupart des prénoms de l’histoire d’ailleurs sont ceux de personnes que je connais. Pour le reste… la petite étincelle de l’idée reste bien mystérieuse ! Tout ce que je sais, c’est que le prénom du Père-Noël m’est arrivé, comme ça, sans raison, et que j’ai tissé l’histoire autour de ce début.
Quant aux parents… cette histoire ne propose qu’une vérité de plus ! Le titre « toute LA vérité… » est volontairement provocateur, car bien sûr, il fait écho à toutes les vérités-vraies que les parents et les enfants se racontent. Un jour mon fils est rentré de l’école en me disant « mon copain dit qu’en fait, c’est Dieu qui apporte les cadeaux ». Son copain était musulman. Et là j’ai pensé : c’est amusant d’imaginer que dans chaque maison, il y a une version différente, et que les parents adaptent Noël (car on peut difficilement y échapper) à leurs croyances, à leurs convictions. Moi par exemple, je n’ai jamais dit à mes enfants que le Père-Noël des grands magasins était le vrai… parce que parfois il est vraiment miteux ! Je leur ai toujours dit que le vrai, on ne le voyait jamais et que les autres étaient là pour la déco. Tiens… on dirait que finalement j’ai trouvé l’origine de l’étincelle mystérieuse.

LSQR : L’aviez-vous soumis à d’autres éditeurs que La Souris Qui Raconte ?

Je crois l’avoir soumis à un ou deux autres éditeurs. Qui m’ont répondu que cette histoire était destinée à des enfants trop grands pour leurs collections. Mais je ne me souviens plus très bien… depuis j’ai fait des dizaines d’envois de texte, c’est un marathon quotidien (enfin, un peu moins depuis quelque temps).

LSQR : Quelles sont vos sources d’inspiration, vos auteurs phares ?

Mon auteur phare, que je relis parfois encore, est Roald Dahl. C’est bien simple, je le vénère. Lui et son illustrateur, Quentin Blake. D’ailleurs je me souviens parfaitement avoir été vraiment dans la chocolaterie de Charlie, vers dix ans. Si, si, c’est la vérité, j’ai trouvé un ticket d’or et je suis montée dans le grand ascenseur de verre. Le problème étant que je n’en suis jamais totalement revenue.
Mais cette source d’inspiration n’est peut-être pas très « visible » dans cette histoire. Elle l’est plus dans les romans pour jeunes lecteurs que j’ai écrit.
Sinon, petite (car c’est là qu’est née mon inspiration), j’ai totalement adulé la série Moumine de Tove Jansson, ainsi que L’année du Mistouflon de Anne-Marie Chapouton. Et j’ai commencé à vouloir écrire un roman quand j’ai vu L’histoire sans fin au cinéma (mais j’ai mis presque trente ans à le faire, finalement) ! C’est là, vraiment, que j’ai trouvé magique le fait de pouvoir inventer une histoire et emmener les gens dans d’autres mondes, comme dans le film, d’ailleurs.

Image de prévisualisation YouTube

LSQR : Vous avez été publiée chez Oskar en co-édition avec Séverine Vidal, auteur dont La Souris Qui Raconte a édité 3 titres. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ? C’est plutôt rare des romans écrits à plusieurs mains, six en tout n’est-ce pas ?

Le pire étant que nous en avons écrit un à quatorze mains (On n’a rien vu venir, qui sortira en mars chez Alice Jeunesse) !

illustrations Aurore Petit

Pour Roulette Russe, chez Oskar, c’est Séverine qui nous a réunit, toutes les trois. On ne savait pas, alors, qu’on s’embarquerait dans une aventure aussi enthousiasmante et dans une amitié rare ! Le premier tome a été écrit un peu à la façon d’un cadavre exquis (en plus « construit »). La première a écrit un chapitre, l’a envoyé aux deux autres, qui l’ont lu, fait des remarques (comme « cocotte, le mot joasse ne se dit plus depuis 1986 »). La deuxième a écrit le deuxième chapitre, etc. Nous ne nous sommes vraiment mises d’accord que sur les derniers chapitres. C’était très excitant, d’écrire l’histoire au fur et à mesure, et de repasser le bébé à la suivante, en attendant fébrilement de voir ce qu’elle inventerait, et de découvrir des rebondissements inattendus ! Tout s’est passé par email. Car Sandrine Beau a cette drôle d’idée d’habiter loin de nous, au Pôle Nord-Est.
Pour le deuxième tome nous avons eu besoin d’anticiper davantage, et nous nous sommes consultées pour le scénario.
A part ça, on voit de plus en plus de romans écrit à plusieurs… il faut croire que les auteurs souffrent de solitude.

LSQR : Et vous Julien, qu’avez-vous ressenti à la lecture de « Toute la vérité sur le Père Noël » ?

Anne-Gaëlle a réussi à me faire replonger dans mes souvenirs d’enfant. Ce moment précis où j’ai dit à ma mère que je trouvais ça louche ces histoires de rennes volants…
J’ai été très content de mettre des images sur ses mots. Dès la première lecture, j’avais certaines pistes graphiques en tête que j’ai pu concrétiser par la suite.

LSQR : Pouvez-vous expliquer aux lecteurs comment vous travaillez vos illustrations ?

C’est un processus assez simple. Dans le premier temps, je m’imprègne des mots, pour bien cerner le ton et le sens des phrases à illustrer. Ensuite je fais un croquis de la scène tout en pensant à la place qu’occupera le texte ainsi qu’à l’espace que prendra l’animation de certaines parties de l’image.
Ces croquis sont envoyés à LSQR pour validation du style et du sens. Il ne me reste plus qu’à finaliser le dessin, le mettre en couleur et préparer les images pour l’animation.

LSQR : Quelles sont vos références, les artistes qui vous ont marqué ou inspiré ?

Les métiers de la création sont souvent un travail d’inspiration quotidien. L’inspiration est partout, dans la rue, dans les livres et même sur internet.
En revanche, je dirais que les personnes qui m’ont apportés sont celles que j’ai côtoyées durant mes études, à l’école de l’image des Gobelins et aux arts décoratifs de Strasbourg.
Car plus qu’une esthétique, se sont des démarches qui m’ont séduit et dont je me nourris.

LSQR : Vous et Farah vivez à Montréal, aviez-vous eu l’occasion de vous croiser auparavant ?

Il est vrai que le milieu de l’illustration est plutôt petit à Montréal, mais c’est une découverte, nous ne nous étions pas croisé précédemment. Une belle découverte !

LSQR : Comment avez-vous géré votre travail entre illustrations et animations, puisque c’est Farah qui s’est occupée de cette partie ?

Dès l’étape des croquis, j’avais une idée des animations que je voulais mettre en place. Je les ai suggérées à Farah qui les a complétées et enrichies avec ses propositions.
Ensuite, il me restait à produire les images nécessaires à l’animation. Par exemple pour qu’un personnage marche, il me faut dessiner plusieurs étapes successives du mouvement de la marche que l’on appelle des « images clefs ».
Farah se servait ensuite de ces images pour donner vie aux illustrations.

LSQR : Anne-Gaëlle et Julien, pour terminer, une question vérité. Santa Claus ou Fred ?

Anne-Gaëlle : Santa Fred !

Julien : Fred Claus bien sûr :)

LSQR : (rires) Une affaire d’hommes en somme ! Merci à tous les deux (trois) pour cette très belle collaboration. La Souris Qui Raconte doit mettre ses productions en stand-by (et donc ses interviews, moments de rencontre que j’aime particulièrement) le temps de retrouver la lumière. Elle vous en dira plus prochainement ici même !

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Depuis la création du site lasourisquiraconte.com le 27 septembre 2010, il y a un peu plus d’un an, j’ai instauré avec grand plaisir un certain nombre de rituels. Celui que je préfère est celui où je donne la parole aux auteurs et aux illustrateurs. L’occasion pour eux de s’exprimer, et pour les lecteurs de La Souris Qui Raconte, de connaître les coulisses de fabrication d’un livre numérique !
Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous donner la parole, à vous Christophe Loupy (Metantropo), pour que vous nous donniez quelques recettes d’écriture.
Votre contribution aux histoires de La Souris Qui Raconte est la deuxième. Après La petite flamme (collection Histoires à lire) illustrée par Mehdi Sévère et mis en ligne le 20 octobre dernier, Les deux rois, la sorcière et le sage (collection Histoires à jouer) illustrée par Johan Toggenburger a démarré le 12 décembre dernier. Les deux illustrateurs qui ont travaillé sur vos très jolis contes pour enfants, ont un point commun que je divulguerai plus tard.
Mais avant je voudrais que vous nous disiez comment vous avez connu La Souris Qui Raconte et pourquoi vous avez eu envie de lui soumettre vos textes.

En parlant de souris… Tiens, justement… je suis comme la petite souris… au courant de beaucoup de choses avant les autres… Enfin, quand je dis beaucoup de choses, sous-entendu dans l’édition jeunesse. En fait, j’ai la chance d’avoir une double casquette. D’une part, je suis auteur en littérature jeunesse ; et d’autre part, directeur de publication de l’annuaire professionnel de l’édition jeunesse, Le Guide de l’Edition Jeunesse.
Ce gros annuaire (de plus de 1500 entrées) aura 10 ans d’existence l’année prochaine et je dois dire que cette longue route aux côtés des professionnels fait qu’aujourd’hui j’ai, de façon régulière, de nombreuses informations de leur part. C’est ainsi que j’ai appris la création de La Souris Qui Raconte. Ce concept vraiment novateur m’a tout de suite séduit car j’ai imaginé immédiatement quel fabuleux produit cela pouvait donner aux enfants. La suite, vous la connaissez, j’ai eu envie de m’investir dans le projet, d’abord en tant que directeur de publication en ajoutant cette maison d’édition à notre annuaire ; et ensuite en tant qu’auteur car j’ai eu envie de proposer mes propres contes.

Comment avez-vous ressenti les interprétations que Mehdi et Johan ont faits de vos œuvres, et trouvez-vous un lien dans leurs univers respectifs ?

Lorsque j’ai découvert les illustrations faites par Mehdi et Johan sur mes textes, j’ai tout d’abord été impressionné par leur talent. Leur trait est à la fois clair et précis, leur style très proche des styles graphiques modernes que l’on trouve actuellement dans les films d’animation, mais avec, en plus, un travail sur l’ombre et la lumière que j’aime beaucoup. Même s’ils ont chacun leur univers graphique, je dirais qu’ils se rejoignent dans ce style audiovisuel moderne utilisant l’outil numérique (qu’ils maîtrisent admirablement tous les deux).

Etant tous les deux issus du jeu vidéo, leur approche graphique s’en ressent. Ce sont les seuls illustrateurs à avoir intégré dans leurs illustrations, des effets de flou ou de travelling. Peut-être est-ce cela leur style audiovisuel moderne…

La petite flamme ©Mehdi Sévère

Les deux rois, la sorcière et le sage ©J. Toggenburger

Que pensez-vous de l’édition « pure-player », vous, auteur papier. Et les éditeurs avec lesquels vous signez des contrats intègrent-ils le numérique ou pas encore ?

Je me réjouis toujours de nouveaux supports artistiques et culturels. L’édition « pure-player » apporte des choses que l’édition papier ne peut apporter. Même dans les romans basiques. Le fait de pouvoir transporter une bibliothèque de plusieurs milliers de titres avec soi partout dans une simple tablette numérique de quelques centimètres, c’est extraordinaire. Le fait de pouvoir lire son roman dans le métro sur son smartphone, même dans le noir, c’est pratique. Personnellement, je me lance, moi aussi, en tant qu’auteur, dans l’édition numérique avec une série de romans d’aventure pour les ados, Code : Lady G, qui raconte les aventures fantastiques de la célèbre chanteuse américaine. Le premier épisode, La pyramide de Mu, est déjà en ligne, le second aussi, depuis quelques jours. Il s’intitule La citadelle de Ksanthor.
Je pense qu’il ne faut pas avoir peur du numérique dans l’édition. Le papier et le virtuel continueront à vivre en parallèle. Il y a quelques années, lorsque la musique assistée par ordinateur a fait son apparition, on l’a accusée de tous les torts. Elle allait, disait-on, remplacer les musiciens, les mettre au chômage. Finalement, chacun a trouvé sa place et la création musicale s’est élargie avec ce merveilleux outil. Il en sera de même avec la littérature numérique. C’est une belle invention et, on le voit avec le catalogue de La Souris Qui Raconte, cela dynamise la création.

La petite flamme ©Mehdi Sévère
Les deux rois, la sorcière et le sage ©J. Toggenburger

En ce qui concernent les contrats, certains de mes éditeurs papier tentent d’y intégrer le numérique mais pour l’instant, il est difficile de signer quoi que ce soit en la matière car les syndicats d’auteurs et les syndicats d’éditeurs ne sont pas d’accord sur tous les points. C’est normal, toute technologie nouvelle entraîne son lot de questionnements et de transformations. D’ici quelques temps, je pense que les intérêts de chacun trouveront leur place dans un accord et que des contrats « types » préservant à la fois les auteurs et les éditeurs seront élaborés. Il faut faire confiance en l’intelligence de chacun.

Je crois savoir que vous avez encore une troisième casquette, vous pouvez nous en parler.

En effet, je suis également instituteur en maternelle à plein temps. Cela fait, comme vous vous en doutez, des semaines bien chargées. Les mercredis vaqués, je ne connais pas, et mes semaines de travail sont souvent plus proches de 50 que de 35 heures. Je me lève à 6h00 pour pouvoir travailler une heure avant de partir à l’école et le soir je m’y remets jusqu’à 19h00. Quant aux vacances scolaires, je les passe à rattraper la paperasse en retard, ou parfois sur la route, comme l’an dernier, où j’ai passé une semaine en février au lycée français de Madrid dans les classes de maternelle pour des animations autour de mes albums, puis une semaine à Pâques dans un groupe scolaire en Bretagne pour animer, cette fois, dans toutes les classes, de la maternelle au CM2.

Lorsque vous écrivez, comment cela se passe-t-il ? Dans un bureau, avec un ordi et un clavier, ou de manière moins formelle sur un coin de table dans un bistrot ou votre cuisine ?

Cela dépend du moment. Chez moi, c’est sur mon PC dans mon bureau. A l’extérieur, c’est sur mon ordinateur portable. L’été, j’emmène un cahier à spirale pour écrire sur la plage. En fait, j’ai beaucoup de facilité à me concentrer, quelque soit l’endroit. Je suis conscient que c’est un luxe, mais c’est aussi une nécessité car, contrairement aux confrères qui ne font que ça, j’ai intérêt à « rentabiliser » mes moments libres si je veux que mes histoires voient le jour.

Quelles étaient vos références dans l’écriture de vos deux contes ?

Pour La petite flamme, l’idée m’est venue de « l’effet papillon ». Je me suis dit que l’on parle bien souvent de ce phénomène en l’attribuant à une chaîne négative, et qu’il serait intéressant de la développer, au contraire, positivement.
Pour Les deux rois, la sorcière et le sage j’ai observé autour de moi. J’ai vu que les gens, finalement, se disputaient au départ pour des choses sans importance, et que cela prenait vite des proportions incroyables. Dans une file d’attente, par exemple, pour gagner 1 minute 30 (chronomètre en main !), ou sur la route, pour gagner 4,50 mètres… Mais ce qui est le plus étrange dans ce conte, c’est que je l’ai écrit avant les événements du 11 septembre et qu’ensuite, lorsque cette tragédie s’est produite, j’ai constaté des parallèles troublants dans mon texte : les deux pommiers géants, par exemple, ressemblent beaucoup aux deux tours (ils dominent le village, on les abat et des milliers d’habitants meurent). Le nom du roi Rico (qui veut dire riche en espagnol) mais qui, associé à Lamé (nom de son village), donne LaméRico (L’Américo) ; la sorcière qui conseille « Plante ces deux graines au sud de ton verger, là où le soleil et l’eau caressent tes terres… », les tours jumelles étaient situées au sud de Manhattan, langue de terre entourée d’eau et éclairée (soleil) par la statue de la liberté… Je vais terminer en disant que le titre original, celui que j’avais trouvé pour ce conte était Big apples, normal pour une histoire de grosses pommes, sauf que Big apple est aussi le surnom de New York…
A ce jour, je n’ai toujours pas d’explication à ces « coïncidences », mais c’est un phénomène, je dois dire, qui m’a toujours fasciné et excité mon imagination.

En effet, toutes ces coïncidences sont pour le moins troublantes !
Parlez-nous de Metantropo, qui est-il ? Après quelques recherches je me rends compte que les titres parus sous ce patronyme datent un peu, publiez-vous encore sous ce pseudo ?

Ce pseudo, je l’ai inventé à mes débuts. Je venais d’écrire mon premier roman pour ados, un roman fantastique pour les éditions Magnard jeunesse et je m’étais amusé à trouver un pseudonyme fantastique pour « ficeler » l’ensemble. Metantropo est construit sur deux racines grecques, Meta (qui signifie, « un peu plus que », « au-delà de ») et Antropo (qui signifie « être humain »). C’est ainsi que, pour cette histoire fantastique, j’ai signé, non avec un certain amusement, « Metantropo » (un peu plus qu’un être humain). Seulement voilà, ce que j’ignorais à l’époque, c’est que ce choix allait me piéger. En effet, lorsque, quelques temps plus tard, j’ai signé mon premier roman ado chez Flammarion, la directrice de collection, qui connaissait mes romans fantastiques chez Magnard, m’a demandé : « Voulez-vous signer Christophe Loupy ou Metantropo ? ». Comme il ne s’agissait pas d’un roman fantastique, mais d’un récit d’aventure sur fond historique, je pensais signer tout naturellement Christophe Loupy. Mais elle avait sa petite idée en tête : « Comme les ados ont commencé à vous découvrir sous le pseudonyme de Metantropo, il serait bien, me dit-elle, de signer ce roman sous le même nom. » Je devais reconnaître que son analyse était judicieuse et j’ai accepté de signer une nouvelle fois Metantropo. Depuis ce jour, je signe Christophe Loupy pour les enfants et Metantropo pour les ados (et les adultes). D’ailleurs, en réponse à votre question, je continue à écrire pour les ados car j’ai sorti en mai dernier L’invasion des kaméléons chez Milan Jeunesse (Wallis, 12 ans, hémiplégique, va sauver le monde de l’invasion de créatures capables de prendre l’apparence humaine), le second tome L’Amnêzone sortira fin 2012. Un autre roman d’aventure sur fond historique, est prévu aussi pour fin 2012, Un fantôme pas comme les autres chez Océan Editions (Blandine, 12 ans, traquée par un SS sanguinaire en 1944, va être aidée par le fantôme de Simon, 13 ans, qui en 2005, a des pertes de connaissances pendant lesquelles son esprit remonte le temps malgré lui). En comptant un roman fantastique pour adultes L’Antestament et ma série de romans numériques Code : Lady G, voilà les différents « Metantropo » signés dernièrement.

Et bien… ! tout ça en 50 heures par semaine ? Bravo Monsieur Loupy ! Et au-delà des livres qu’aimez-vous par dessus tout ?

J’aime voyager, découvrir les merveilles du monde et rencontrer les gens ; les soirées entre amis, la cuisine de ma femme et surtout son foie gras maison (chic, c’est la saison !) ; les sports funs pour ne pas dire extrêmes (bien qu’à 50 ans on ralentisse forcément).

Que détestez-vous par dessus tout ?

Le froid (mes origines réunionnaises y sont peut-être pour quelque chose…) ; les conflits, les grandes gueules (tout peut se résoudre par le dialogue entre personnes de bonne intelligence, non ?) et la violence de l’homme sur la femme ou sur l’enfant.

La nouvelle année est encore au pied des sapins et j’ai quelques accointances avec le Père Noël, avez-vous un souhait pour 2012 ?

Mon plus grand souhait serait que les gouvernements du monde entier interdisent, à partir de 2012, la spéculation sur les denrées alimentaires. Si le Père Noël arrive à faire ça, promis, je l’aide dans sa tournée l’année prochaine !

Un grand merci Christophe ! Je sais un peu plus, si j’avais encore quelques doutes, pourquoi j’ai voulu vous faire parler de vous et de Metantropo. Deux hommes en un, chacun avec de grandes qualités !
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