« Une drôle de voisine » est le 27e titre de La Souris Qui Raconte !
Sa sortie, le 31 mai, était coincée entre la fameuse fête des voisins (le 30 mai) et la date anniversaire (le 1er juin) des 3 ans de La Souris Qui Raconte. Je trouve la date juste parfaite ! Et c’est un pur hasard. Je n’avais pas anticipé la fête des voisins et c’est à l’occasion d’un petit concours sur Face Book qu’une maman m’en a fait part. Quant à l’anniversaire de LSQR, c’est un joli cadeau que vous lui avez fait l’une et l’autre !
Voisins, voisines et demi ? Qui sont-ils ?

Sandrine Mes deux plus proches voisines sont des personnes âgées et quand je suis arrivée dans mon village, j’ai tout de suite eu la cote parce qu’une de mes voisines m’avait vue à la télé, à l’époque où je présentais la météo sur France 3 Bourgogne Franche Comté. Elle m’a donc présentée à tous ses potes du Club du 3e âge.
Cécile J’ai la chance de vivre au calme et je m’entends assez bien avec mes voisins directs, ce sont des personnes tout à fait charmantes aux horizons variés ; famille avec jeunes enfants, couple de retraités, dentistes. Chez l’une de mes voisines qui élève des poules je vais parfois chercher des œufs, les enfants aiment beaucoup ça.
J’ai envie de cancaner les filles ! C’est ce qu’on fait entre voisins non ? Quelle histoire croquignolette auriez-vous à raconter l’une et l’autre ?
Sandrine Ce n’est pas vraiment une anecdote, mais plutôt un souvenir. Quand j’étais petite, j’habitais dans un immeuble et j’ai passé des heures et des heures chez les voisins du dessous, qui avaient trois filles. Moi qui étais fille unique, je trouvais chez eux une famille pleine de vie, de bruits, de rires, de disputes… qui m’enchantait !
Cécile Autrefois je vivais en appartement, les murs étaient si fins qu’on entendait la voisine du dessous faire pipi. Une autre fois j’ai failli mourir… tuée par mon furet qui avait mordu et perforé le tuyau du gaz, je me suis aperçue de la fuite une allumette à la main… Encore une autre fois, (toujours dans ce même appartement de tous les dangers mais dont je garde néanmoins un très bon souvenir), j’ai entendu la police débarquer un beau matin et interpeller le voisin pour un quelconque trafic. Sans le savoir je dormais au pied d’un gros butin d’argent qu’il avait caché dans le mur attenant à ma chambre, on peut dire que j’avais un drôle de voisin !
Dommage que vous n’ayez pas été plus proche de ce voisin là, il aurait pu vous confier son pactole ! Plus sérieusement Sandrine, j’ai envie de vous demander comment est née cette histoire ! L’inspiration de l’auteur questionne souvent le lecteur. Pour ma part, je suis toujours curieuse de connaître la genèse d’un livre. D’où avez-vous sorti Clémence et Célestin ? Et cette voisine, qui aurait très bien pu être sorcière ou foldingue ?
Je ne sais pas d’où vient l’histoire de Clémence et Célestin… Mais en y réfléchissant, peut-être de ma super voisine Colette, 80 ans et des poussières, qui roule en Twingo, qui a la moitié du village dans sa cuisine à l’heure du café, qui court d’invitation en invitation, qui raccompagne les autres mamies les jours de neige, en en prenant une sous chaque bras, et qui m’a dit un jour cette phrase qui m’a marquée : « La peur n’évite pas le danger ! »
Colette n’a peur de rien, ni apparemment de personne. Colette vit à cent à l’heure et j’aimerais tant, à 80 ans, lui ressembler.
C’est donc sûrement grâce à elle et à sa petite phrase que j’ai eu envie de raconter une histoire qui montre que la peur de ce (de ceux) qu’on ne connaît pas ne sert à rien.
Cécile, j’avais particulièrement aimé la carte de vœux 2013 que vous aviez illustrée pour La mare aux mots. J’avais aimé son univers en bichromie, son tracé au crayon, sa poésie, et j’ai eu envie de retrouver tout ça pour « Une drôle de voisine » ! Il y avait déjà un chien sur cette carte. Vous lui aviez donné un rôle malicieux. « Passeur de boules de Noël » . Pourquoi avoir repris le chien au casting alors que Sandrine ne parle pas particulièrement d’animaux dans son récit ?
Ah ça, c’est LE truc que j’aime, avoir une double lecture du texte, raconter une histoire dans l’histoire, que ce soit avec les personnages principaux, (parfois en illustrant l’inverse de ce que dit le texte on donne plus d’impact par exemple) soit, et c’est plus facile, en créant un personnage secondaire, à l’instar du personnage de la souris dans les bandes dessinées de Gai-Luron. Dans le cas présent, la présence du chien était aussi intéressante pour donner du rythme à l’animation.
En effet, il en donne, et il joue pleinement son rôle. Pouvez-vous nous dire comment vous avez vécu cette expérience numérique ? Et vos enfants, qui, s’ils vous voient dessiner, n’avaient encore jamais vu vos images s’animer, comment ont-ils réagi ?
Je dois dire que j’ai réagi au moins de la même façon que mes enfants lorsque j’ai découvert les images animées. J’étais émerveillée ! Je suis retombée en enfance, nous avons rejoué sans cesse les épisodes ! J’avais un peu d’appréhension au début du projet par rapport à la préparation de l’animation justement, j’avais peur du résultat, mais le remarquable travail d’Ivan donne une toute autre dimension aux illustrations, sans oublier la voix de la conteuse !
Quels projets avez-vous dans les tuyaux ? Ecriture à plusieurs mains ? Numérique ? Et quelles envies aussi ?
Sandrine Je vais reprendre l’écriture à plusieurs mains cet été (chouette !), avec mes complices Anne-Gaëlle Balpe et Séverine Vidal. Nous allons écrire le tome 2 d’une nouvelle série de romans pour les 9 ans et plus, « La tribu », qui sortira à l’automne aux éditions Frimousse.
Pour ce qui est des projets solo, j’ai plusieurs romans en cours… mais je ne sais toujours pas lequel sera bouclé le premier ! Enfin côté envies, j’aimerais beaucoup tester l’écriture d’un roman graphique ou d’une BD.
Cécile En ce moment j’illustre une série de contes musicaux à paraître aux éditions Henry Lemoine, ensuite une série d’albums. Et toujours des envies musicales, les choses se mettent en place doucement de ce côté-là.
Merci à toutes les deux pour cette très jolie voisine… Euh histoire !



