Interview
Par Céline Lavignette-Ammoun et Gabrielle Richard
Alors que Paris et la région Ile- de-France sont bloquées par la neige, que la TVA à 5,5% progresse sur le front des livres numériques, La Souris Qui Raconte met en ligne sa cinquième « Histoire à jouer » ! Ne cherchez pas de rapport, il n’y en a pas, si ce n’est que dans quelques temps, lorsque vous et moi relirons ces lignes, nous aurons une meilleure idée du climat extérieur !
Voilà donc un conte pour enfants dans lequel il est question de livres et de bibliothèque, de mots et d’aventures ! Céline qui écrit là sa deuxième histoire pour La Souris Qui Raconte, « Voyage sur les ondes » était la première, nous offre un récit d’une belle facture rythmée. On y croise une nouvelle fois avec plaisir, le petit chaperon rouge et Alice. Gabrielle quant à elle, a su créer une ambiance toute particulière avec des illustrations empreintes d’une grande poésie. Toutes les deux se sont prêtées avec amusement au jeu des questions, que vous commencez à bien connaître maintenant, chers lecteurs assidus !
LSQR : A quand remonte votre passion pour l’écriture et l’illustration ?
Céline : Depuis que je sais tenir un stylo ! Quand j’étais petite, je passais des heures à confectionner des livres, en faisant tout de A à Z, depuis les dessins et l’histoire, jusqu’à la reliure !
Gabrielle : Depuis que je suis enfant. Je me souviens en particulier que je redessinais les « tintin » à ma façon !
LSQR : C’est amusant de vérifier au fil de ces petites interview rigolotes, comment les passions naissent tôt ! Dès l’enfance, pour la plupart ! Cette merveilleuse tranche de vie, au cours de laquelle prend racine une partie de ce que sera notre vie de demain… ! Et qu’est-ce que vos passions respectives vous apportent ?
Céline : C’est un fantastique moyen d’exprimer, de rêver, de voyager et de partager.
Gabrielle : Lorsque je dessine, je suis connectée pourrait-on dire, avec la source. Cela vient tout seul, naturellement. Je suis très inspirée quand je crée. Souvent je me laisse guider par une force intérieure qui créerait pour moi. Je suis toujours très étonnée de voir ce que je fais. En fait, j’ai le sentiment que je ne suis qu’un medium, une « passeuse » d’images.
LSQR : Wouahh ! Une « passeuse » d’images, une bien belle métaphore pour une illustratrice ! Mais dites-nous un peu ce que vous faites lorsque vous n’écrivez ni ne dessinez ?
Céline : Quand je n’écris pas, je lis ce qu’ont écrit les autres et j’en fais des livres très sérieux.
Gabrielle : Je continue de créer : photos, bijoux, cuisine, en faisant et en donnant des cours de yoga… Je prends du temps pour moi et pour ceux que j’aime. Je me repose. Je ne fais rien, voilà en fait c’est ca ! ! c’est ce que je préfère !
LSQR : C’est vrai Céline que vous êtes vous-même éditeur, dans le secteur scolaire, je l’ai redécouvert en lisant la très jolie chronique de votre livre « L’oiseau rouge » édité par la toute nouvelle maison d’édition Nobi-Nobi. Une jeune équipe que j’ai croisée sur le salon de Montreuil, deux chouettes gars ! Vous baignez dans la lecture et l’écriture toute la journée ! Pouvez-vous nous dire quels sont vos livres cultes ? Vous savez, ceux que vous emporteriez avec vous sur une île déserte ? Comme si quelqu’un avait une chance de se retrouver sur une île déserte ? Mais bon, soyons fous !
Céline : En littérature jeunesse, c’est Miss Charity de Marie-Aude Murail, Dans moi d’Alex Cousseau et Kitty Crowther. Et puis aussi tous les albums de Claude Ponti. En littérature vieillesse, les romans de Zola sont pour moi un modèle de narration et de sens de la description.
LSQR : Et vous Gabrielle, dont je suis sûre que vous aimerez vous retrouver sur une île déserte !
Gabrielle : Enfant : Biboundé et Tintin ou La marque jaune, ado : Arsène Lupin, sinon, la tout de suite : Se libérer du connu de J.Krishnamurti
LSQR : Une île déserte sur la banquise alors Gabrielle ! et pourriez-vous nous dire avec quel auteur vous auriez aimé travailler en binôme ?
Gabrielle : Aucune idée, du moment que l’histoire me porte…
LSQR : Et vous Céline, une envie d’illustrateur ?
Céline : Marjorie Pourchet, Olivier Tallec, Beatrice Alemagna… pour ne citer que les plus célèbres. Mais il y en a des tas d’autres !
LSQR : On arrive à la partie croustillante de mes petites questions ! Votre côté caché… ! Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?
Céline : Mon chat qui vient réclamer ses croquettes.
Gabrielle : La foi. Savoir que nous avons tous la lumière en nous. Vouloir établir le vrai, le beau, l’harmonie… la paix !
LSQR : Et qu’est-ce qui vous fait sortir de vos gonds ?
Céline : Mon chat qui dévore le coin de mes livres de chevet parce que je ne me lève pas pour lui donner ses croquettes !
Gabrielle : Quand je perd le nord ou plutôt l’étoile du berger !
LSQR : Vous êtes toutes les deux très mystiques, chacune dans votre genre ! Ça me plaît bien ! Avez-vous l’une et l’autre, une face Jekyll et l’autre Hyde ?
Céline : Le jour, j’ai un métier très sérieux avec des gens non moins sérieux. Et la nuit j’écris des histoires de princesses et de fantômes. J’aime bien ce petit côté caché de l’écriture !
Gabrielle : Je suis du signe de la « Balance » alors l’énumération serait trop longue (rires) !
LSQR : Si votre enfant voulait être écrivain ou illustrateur, quels conseils lui prodigueriez-vous ?
Céline : Mon premier va naître dans quelques mois, je ne lui donnerai surtout aucun conseil !
Gabrielle : Aie confiance…
LSQR : Céline, peut-être le même que Gabrielle alors, parce qu’aucun conseil, je trouve ça dur, nos enfants n’en ont-ils pas un peu besoin ? Libres à eux d’en faire ce qu’ils veulent, mais bon… Pour les mystiques mistigri que vous êtes si vous deviez renaître de vos cendres, avec la mémoire de votre vie, que garderiez-vous et que jetteriez-vous ?
Céline : Je garderai tout pareil, même s’il y a des tas de petits trucs que parfois je n’aime pas.
Gabrielle : Rien de rien, je ne regrette rien.
LSQR : Vous avez pas mal de points communs finalement, c’est plutôt marrant ! Et si vous deviez être un animal, une couleur, un met, un parfum et enfin quelqu’un d’autre, qui seraient-ils et pourquoi ?
Céline : Un animal : un chat, parce que j’adorerais passer mes journées affalée sur le radiateur.
Un met : du chocolat, parce qu’avec une bonne dose de cacao toutes les énergies repartent.
Un parfum : celui d’une fleur de jasmin, parce que cela me fait penser aux vacances.
Quelqu’un d’autre : ah, personne ! j’essaie déjà d’être moi-même (et ce n’est pas facile), alors pourquoi vouloir être un autre ?
SLQR : Pour le chat, on s’en serait douté ! Et vous Gabrielle ?
Gabrielle : Un animal : un dragon, le dragon est le gardien d’un trésor fabuleux caché au fond des mers. Là, il veille sur la perle miraculeuse qui renferme la sagesse et la connaissance, pure comme l’or, symbole de la perfection spirituelle.
Une couleur : le blanc pour la vacuité, la douceur, la légèreté, la présence invisible…
Un met : des pâtes… et pas forcement des panzani.
Un parfum : celui de la terre après la pluie (surtout si tropicale).
Quelqu’un d’autre : Bouddha ou n’importe quel sage… l’avatar !
LSQR : Céline, comment imaginez-vous vos histoires ?
Céline : En regardant la vie et les gens autour de moi. J’ai souvent l’impression de ne rien inventer, et de tout « piquer » à ce qui m’entoure. Le travail de création littéraire n’est en fait qu’un travail de recréation et d’assemblage, un peu comme le rêve qui, selon Freud, est une condensation d’images vécues pendant le jour.
LSQR : Vous êtes toutes les deux emplies d’une belle sagesse, et la douceur qui émane de vos propos est très reposante. Un grand merci à toutes les deux ! Je vous offre pour le plaisir, deux images du jour, qui collent assez bien avec la sérénité de notre échange.
Pour certains c’est le jour des enfants, pour d’autres c’est le jour des chroniques ! Et pas des moindres non plus celle-ci… La semaine dernière, le chat de Lionel Larchevêque, sa carte de presse épinglée dans une boule de poils, défrayait toutes les chroniques, à commencer par celle d’Anne Loyer sur Enfantipages. Aujourd’hui, c’est Adhi le petit porteur de soufre qui est à l’honneur, et c’est ici, toujours sur Enfantipages ! Un très grand merci Anne.
J’en profite pour remercier également Sophielit, pour sa chronique sur Polo le clodo. Etant l’auteur des deux textes, cela me semble avoir du sens de la remercier ici aussi ! On ne remercie jamais assez les personnes qui vous aident à vous construire ! J’en profite sur ce blog, bréviaire (en quelque sorte) de La souris qui raconte !
Adhi, le petit porteur de soufre, illustré par Laure du Faÿ est une histoire rapportée d’Indonésie. De Java plus précisément. J’ai imaginé cette histoire bien après ce voyage, alors que j’avais envie de raconter. Pour partager ! J’aime écrire, nous sommes d’ailleurs très nombreux à aimer cela ! J’aime les mots pour le plaisir qu’ils procurent, écrire et lire, lire et écrire, deux actions indissociables à mes yeux ! J’ai proposé cette histoire à Laure, qui s’en est emparée et lui a donné une dimension « locale » (de là-bas évidemment) par son trait et ses couleurs ! Merci à vous. Mais dites-nous, Laure, à quand remonte votre envie de dessiner ?
Après mon bac. Avant cela je dessinais assez peu, juste des gribouillis sur les coins de feuilles de cours… Quand j’ai décidé de faire une école d’art, je n’avais rien à présenter, alors j’ai passé une année à produire un dossier, ce qui m’a permis de rentrer à l’Ecole du Petit Collège de Lyon, puis aux Arts décoratifs de Strasbourg.
J’ai moi-même intégré une école d’art dans les mêmes dispositions que vous, ce n’était pas une volonté acharnée, une intuition tout au plus. Je suis intimement convaincue que tout s’apprend, lire, écrire, illustrer… tout !
Et qu’est-ce que l’illustration vous apporte ?
C’est une passion, donc beaucoup d’enthousiasme, mais aussi beaucoup de remises en question sur une production qui est sans cesse en changement !
Ah, la passion ! Moteur de toutes les énergies. Car si tout s’apprend, cela ne se peut bien, que passionnément !
Et que faites vous lorsque vous ne dessinez pas ?
Je m’occupe de mon fils…
Qui est né alors que nous travaillions ensemble sur Adhi ! Il a été le premier lecteur spectateur de la création de vos images ! Avez-vous pu vous préserver des temps de lecture, entre bébé et Adhi ?
Des livres d’écrivains voyageurs, oui, et en particulier ceux de Bernard Ollivier.
Et en jeunesse ?
J’adore les productions de Marc Boutavant (LSQR : j’ai trouvé une interview sur Ricochet que j’aime beaucoup, je partage), Magalie Le Huche, Olivier Tallec, Benjamin Chaud … (LSQR : lorsque vous aurez tout lu vous pourrez dire, j’ai tout lu !)
Vous, côté perso, en 3 questions :
1) Qu’est-ce qui vous fait vous levez le matin ?
Mon fils (très tôt …)
2) S’il voulait être illustrateur (comme maman) quels conseils lui prodigueriez-vous ?
Sous forme de mots : entêtement, courage, curiosité, écouter son cœur, se remettre en questions (souvent), exigence …
3) Si vous deviez renaître de vos cendres, que garderiez-vous et que jetteriez-vous ?
Je jetterais la timidité qui m’a rongé durant mon enfance. Je suis arrivé à l’être de moins en moins, mais c’est un gros travail sur soi, et au quotidien.
Je garderais ma famille et mes amis, tous d’un très grand soutien et qui m’encouragent sans cesse à continuer dans cette voie !
Voilà un autre point qui nous lie !
La famille et les amis qui me soutiennent sont en effet essentiel à la réussite de LSQR. Cela ne veut pas dire que grâce à eux je vais réussir, mais leur présence est rassurante et leur adhésion fait office de cataplasme. Merci Laure, pour vos réponses aux questions de La souris qui raconte. Merci lecteur, pour être arrivé jusqu’ici !
Pour la deuxième interview de La souris qui raconte, c’est le chat qui tient le micro. Un interview à quatre pattes et deux mains talentueuses de Lionel Larchevêque !
Le chat :
Salut Lionel, la rumeur grandit autour de Chabada ! J’ai lu, pas plus tard qu’hier, une super critique de ton dernier livre interactif écrite par Anne Loyer. Sur son blog enfantipages, elle y parle de nous !?
Lionel :
Oui, c’est cool et ça fait plaisir ! Plus la presse, les blogs, les médias en parlent et meilleur c’est. Pas seulement de Chabada, mais de La souris qui raconte également, ce formidable site de lectures en ligne pour les enfants, éditeur de mon livre interactif.
Le chat :
Tu as raison, un peu de pub en passant, ça ne fait de mal à personne ! Je te connais bien maintenant Lionel, après plusieurs heures passées ensemble, les yeux dans les yeux, connectés par la souris ou la tablette graphique ! J’ai quand même quelques questions à te poser. Il en faut une première… à quand remonte ta passion pour l’illustration ?
Lionel :
Ça remonte à loin ! J’aimais beaucoup dessiner quand j’étais enfant, je recopiais Goldorak, des trucs de Walt Disney, Spiderman… Je rêvais d’être dessinateur de BD.
Le chat :
Tu ne penses pas un peu à « Arsène veut grandir », sorti chez Alice Jeunesse et écrit par Séverine Vidal… Oririnal et drôle, comme tu aimes !?
Lionel :
Justement ! (rires)
Le chat :
Et qu’est-ce que cela t’apporte d’écrire et de dessiner ?
Lionel :
Ce n’est pas à toi que je vais apprendre ça, le chat ! La Gloire, la Beauté et la Santé (rires) ! Ou plus simplement… je me sens bien quand je fais ça…
Le chat :
Tu devrais voir ta tête quand tu dis ça ! B - A ! Et sinon, quand tu n’es pas béat, et que tu n’écris ou ne dessines pas, que fais-tu ?
Lionel :
Je m’occupe des enfants (tu te souviens le chat ?), je fais les courses, le ménage, j’enseigne à mi-temps et la nuit je mets ma combinaison rouge pour aller combattre les méchants. Le dimanche, je fais un peu la sieste.
Le chat :
Supeeeeeer Liiiiiiiiiiiiiionel… ! Plus sérieusement, as-tu un livre culte ?
Lionel :
Pas de livre culte, mais il y a beaucoup (beaucoup) de livres chez nous ! Le dernier lu : « Histoire de Pi » de Yann Martel, une drôle d’histoire mettant en scène un jeune garçon et un tigre perdus sur le Pacifique dans un canot de sauvetage…
Le chat :
Et ton album jeunesse préféré, à part Chabada, bien sûr ?
Lionel :
Tu es malin le chat (rires), je le savais… Là aussi, il y en a beaucoup (à part Chabada)… J’aime particulièrement les livres simples, dépouillés. « La petite casserole d’Anatole », d’Isabelle Carrier éditions Bilboquet, avec son dessin dépouillé, ses quelques mots, me renverse !
Le chat :
Aimerais-tu associer ton style à l’écriture de quelqu’un ?
Lionel :
Je n’ai pas de vœu particulier de ce côté-là. J’aime les textes qui m’embarquent en quelques mots : parfois avec juste quelques lignes j’ai un déclic et j’ai tout de suite envie de m’y mettre !
Le chat :
J’ai envie de te taquiner sur des choses un peu plus personnelles. La question à « une toute petite pièce parce que c’est la crise », qu’est-ce qui te fait te lever le matin ?
Lionel :
En effet, elle ne vaut pas plus ta question (rires) ! Rien, si je ne suis pas obligé… Sinon, le réveil, les enfants, pffff, chaque matin je me dis ; pffffff….
Le chat :
… et pour deux toutes petites pièces, qu’est-ce qui te fait sortir de tes gonds ?
Lionel :
La mauvaise foi, l’arrogance, la violence gratuite, par exemple.
Le chat :
Une question un peu plus intellectuelle, et comme elle est intellectuelle, elle ne veut pas dire grand chose, juste question de voir comment tu t’en sors ! Ta dualité ? Je t’avais prévenu !
Lionel :
Mais non, elle est très bien ta question le chat … Ma dwalité ? Ma dwalité ? Tu veux dire quand je me déguise la nuit pour aller combattre les méchants ?
Le chat :
Toi aussi tu es malin Lionel ! Si ton enfant, tu sais celui qui te fait te lever le matin, voulait être écrivain ou illustrateur, quels conseils lui prodiguerais-tu ?
Lionel :
C’est difficile de donner des conseils dans ce domaine ! Mais il pourrait compter sur moi s’il en avait besoin. Pour l’instant il veut être policier, ou alors pompier, éventuellement maître d’école ou artiste (peintre)…
Le chat :
Si tu devais renaître de tes cendres, avec la mémoire de ta vie, que garderais-tu et que jetterais-tu ? Une question sensible pour les chats que cette question là ?
Lionel :
(rires) Ouille ! La grosse question philosophique ! Heuuu question suivante ?
Le chat :
Non question de chats (rires) !
Lionel :
Bon d’accord, alors vite fait je pense que j’ai plutôt de la chance de vivre ce que je vis. Si je devais refaire le même parcours, je jetterais les doutes, les peurs, les disputes, les colères, je remplacerais tout ça par un grand sourire béat et ça serait juste parfait !
Le chat :
B - A… c’est bien ce que je disais tout à l’heure !
Si tu devais être un animal, une couleur, un met, un parfum et enfin quelqu’un d’autre, ça donnerait quoi ?
Lionel :
Un animal, rôôôô, tu me fatigues le chat avec tes questions… je ne sais pas… disons un escargot parce qu’ils sont hermaphrodites, une couleur : toutes les couleurs parce qu’une couleur toute seule ça ne veut rien dire, un met : un plat indien, genre poulet biryani parce que c’est délicieux (ahahhahha ça c’est de la réponse !) et puis quelqu’un d’autre : le cro-magnon qui a fait les peintures à Lascaux, ou dans d’autres grottes, juste pour savoir ce qu’il pensait à ce moment-là…
Le chat :
ben tu vois ! j’aime bien t’imaginer en cro-magnon ! sans ma question, ni ta réponse, je n’aurai pas pu ! Allez, une dernière parce qu’il faut bien conclure, pourquoi as-tu écrit mon histoire ?
Lionel :
J’avais cette idée en tête depuis un moment. Transposer le Chat Botté dans notre époque alors je me suis lancé, et voilà ! Et puis ça m’a donné l’occasion de causer un peu avec toi, hein le chat !
Le chat :
Oui merci Lionel, ça été un plaisir… à tous les niveaux !
A l’écriture de cette tendre et poétique histoire interactive
, Cathy Dutruch, à l’illustration et animation Juliette Lancien. Merci à ces deux femmes sensibles, de s’être prêtées aux questions de La souris qui raconte. Un autre moyen d’en savoir un peu plus sur elles !
LSQR : Cathy et Juliette, votre envie d’écrire et d’illustrer remonte à quand ?
Cathy : depuis l’enfance ! Vraiment. Avant de savoir écrire, j’écrivais.
Juliette : je devais avoir 3-4 ans et je voulais reproduire les dessins de mes illustrés.
LSQR : ça vous apporte quoi ?
Cathy : tout le bonheur du monde et des mondes en quantité…
Juliette : une certaine liberté et aussi une très grande sérénité.
LSQR : que faites vous quand vous n’écrivez ou n’illustrez pas ?
Cathy : je regarde, j’écoute et tout cela me donne envie d’écrire, de vivre.
Juliette : j’écoute beaucoup de musique mais pas en esthète! Je chope tout ce qui passe à portée de mes oreilles.
LSQR : maintenant quelques questions sur vous et les autres, votre livre culte ?
Cathy : le livre en lui même, car je lis de tout et tout le temps !
Juliette : « L’histoire sans fin » de Michael Ende. C’est par le film qui en était tiré que tout a vraiment commencé, je crois.
LSQR : votre album jeunesse culte ?
Juliette : un recueil de contes de Perrault avec des illustrations magnifiques que j’ai mis un soin particulier à massacrer !
Cathy : quand j’étais petite c’était une BD : Les pieds Nickelés, et Aggie. J’adorais… même si les PN ce n’est pas ma génération. L’album que j’adore c’est « Le chien bleu », j’adore aussi « Petit bleu et petit jaune » (un monument !) j’adore « Va-t-en grand monstre vert ! » et aussi « Papa ne veut pas ! » et tellement d’autres ! J’adore aussi tous mes albums, tiens ! Na ! Ne manquez d’ailleurs pas le petit dernier sorti récemment ! « Que fait ce loup là ? » aux éditions Points de Suspension…
LSQR : pour vous Juliette, l’auteur avec lequel vous auriez aimé travailler en binôme et vous Cathy, l’illustrateur ?
Juliette : Philip Pullman, l’auteur de la trilogie « À la croisée des mondes » ! J’espère vraiment que ça se fera un jour !
Cathy : François Roca, Benjamin Lacombe, même s’il se la pète un peu trop. Et « Gio » un illustrateur italien magnifique. Et puis il faut que je cherche il y en a tellement d’autres avec qui je voudrais travailler ! ah oui !! un petit génie : M. Tifabar ! Un pur génie de l’imaginaire !! Mais eux ? Qui veut travailler avec moi ?
LSQR : et si maintenant vous deviez nous livrer un peu de vous ? Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?
Cathy : un nouveau jour c’est toujours un nouveau monde, une nouvelle vie. Donc j’adore.
Juliette : tout un tas de petites tâches que je veux absolument accomplir avant de me coucher.
LSQR : Qu’est-ce qui vous fait sortir de vos gonds ?
Cathy : la cruauté mentale, la bêtise, la mauvaise foi, certaines personnes.
Juliette : la bêtise. (LSQR : quelque chose me dit que cette réponse reviendra souvent, sourires)
LSQR : votre dualité ?
Cathy : ???? moi, duelle ?
Juliette : j’ai beau savoir qu’il faut du temps au temps, je reste une grande impatiente.
LSQR : si votre enfant voulait être auteur ou illustrateur, auriez-vous un message, un conseil ?
Cathy : vas-y, fais !
Juliette : qu’il faut prendre la vie un jour après l’autre et ne pas se décourager.
LSQR : si vous deviez renaître de vos cendres, avec la mémoire de votre vie, que garderiez-vous et que jetteriez-vous ?
Cathy : je garderais tout et je m’en servirais pour vivre mieux.
Juliette : je garderais tout, parce que chaque événement, bon ou mauvais, à fait de moi ce que je suis et que je n’ai pas envie d’être quelqu’un d’autre.
LSQR : Si vous deviez être un animal, une couleur, un met, un parfum et enfin quelqu’un d’autre, qui seraient-ils et pourquoi ?
Cathy : Un animal, un oiseau pour voler loin ou près tout le temps. Un met, une pomme rouge, pour le plaisir. Un parfum, le jasmin, parce que c’est de la magie ce parfum. Quelqu’un d’autre : moi, en mieux. Pour écrire encore. J’aime l’idée de chef d’œuvre, un peu comme les « compagnons ». J’aspire à cela dans l’écriture !
Juliette : j’aimerais être un oiseau mais pas un truc majestueux comme un aigle ou une chouette. Non, j’aimerais être un petit piaf, parce qu’ils ont l’air tout petit, tout minus mais quand on y pense c’est incroyable tout ce qu’ils font et voient dans leur vie. Pour la couleur, n’importe quelle teinte entre le jaune et le orange. J’aime la lumière de ces teintes, l’énergie qu’elles dégagent. Si j’était un met ? … Là, franchement, je sèche ! Un parfum ? Celui de la mer… Mon héritage breton sans doute. Quelqu’un d’autre ? Solenn, ma sœur jumelle! Parce que je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi incroyable qu’elle. Solide comme un roc, équilibrée, souriante et altruiste ! Si je n’étais pas illustratrice, j’essaierai d’être elle !
LSQR : une dernière question pour vous Cathy, pourquoi avez-vous écrit Ogre-Doux !
Ahhhh, ça ! il y a plusieurs raisons. Tout d’abord c’est une histoire vraie. Enfant, j’ai rencontré un ogre dans une bibliothèque. Il faisait nuit noire et il lisait. Il était immense et il adorait les poèmes. Du moins le prétendait-il. Et puis un beau matin à moins que ce ne fut un soir d’hiver, il s’avança vers moi et me dit… Mais… C’est une autre histoire que je vous raconterai un autre jour !
LSQR : vous nous la raconterez la fin Cathy ? Un grand merci à vous deux pour vos réponses et votre histoire à lire en ligne sur lasourisquiraconte.com ! A très vite pour une autre interview ?
C’est ici même, dans la rubrique « commentaires » que j’ai trouvé, au début de ce mois, une Parole de souris (masquée), me conviant à l’échange ! Une belle initiative que ces cartes blanches qui donnent la parole aux auteurs, illustrateurs, éditeurs, libraires… de La luciole masquée ! Alors bien sûr je me suis prise au jeu ! Je vous en livre ici un extrait.
La première interview de ce blog, la mienne pour « La souris qui raconte » ! Pour la suite, rendez-vous sur le site de la Luciole, en descendant un peu…
- Votre nom et le nom de votre maison d’édition ?
Françoise Prêtre pour « La souris qui raconte »
- En quelques mots décrivez-nous votre parcours professionnel ?
Diplômée en arts graphiques en 1979, j’ai une expérience de vingt ans en communication et production dans le secteur B2B. J’ai été successivement illustratrice, créatrice de mode, directrice artistique et directrice de production.
- Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir devenir éditeur ?
Une pulsion frénétique de retourner à la création (trop de production tue la création). Suite à un licenciement en 2008 (à l’âge de 52 ans) j’ai fait le bilan de ma carrière professionnelle et je me suis interrogée sur ce que je voulais faire du temps qu’il me reste à travailler, vous savez celui-là même tellement débattu ces temps-ci ? Ce à quoi je dis par ailleurs, quand on aime, on ne compte pas !
J’ai écrit des textes pour la jeunesse que j’ai adressés aux éditeurs papier. En attendant leurs réponses (quand elles me revenaient) a commencé à germer en moi, l’envie d’être mon propre éditeur (je vous le fais court, mais le cheminement analytique et intellectuel a été beaucoup plus long que ça, et en parler ici ferait fuir les courageux lecteurs anonymes !).
Pendant 20 ans j’ai réuni des personnes aux compétences complémentaires pour transformer en succès les actions publicitaires ou les produits (livres, catalogues) de mes clients. Pourquoi n’utiliserais-je pas cette expertise pour moi-même ? L’idée de devenir éditeur a donc fait son chemin. Dans le même temps, j’ai beaucoup tourné dans les salons, les librairies (secteur jeunesse)… j’ai étudié la concurrence, quoi ! L’édition jeunesse est un secteur extrêmement éclectique, riche, talentueux ! Comment me ferais-je une place dans ce milieu et comment serais-je reconnue ? Alors j’ai regardé du côté du lecteur, de cet enfant dont on dit qu’il appartient à la « digitale native » et je me suis demandée si c’est par l’édition papier que je voulais le séduire ? Lui proposer quelque chose de différent, de nouveau, qui le plonge évidemment dans la lecture, mais une lecture développée sur son support de prédilection, les écrans.- Depuis quelle année existe votre entreprise ?
La souris qui raconte est née le 1er juin 2010.
- Comment est née votre maison d’édition ?
De la rencontre hasardeuse d’un grain de sable avec un grain de folie.
… et puis plus loin, il est question des auteurs et illustrateurs, mes partenaires dans cette aventure, sans lesquels je ne suis rien. Une équipe épatante, oserais-je dire dévouée ? Pour certain(e)s, j’en suis sûre !
- Comment avez-vous rencontré les illustrateurs avec qui vous avez travaillé ?
Les écoles sont une mine d’or, à commencer par celle que j’ai faite (l’ESAG Penninghen), mais les réseaux sociaux comme facebook ou viadéo regorgent d’adresses web qui révèlent bien des talents ! Ajouté à cela quelques messages postés sur « La luciole masquée » ou « Fous d’anim », et vous disposez d’un choix largement suffisant pour le besoin d’une année de production.
- Racontez-nous comment se déroulent vos relations avec les auteurs/illustrateurs.
C’est plutôt une question à poser aux auteurs/illustrateurs, mais j’ai le sentiment que les relations sont bonnes et basées sur la confiance. « La souris qui raconte » joue un peu les apprentis sorciers avec son concept de lecture en ligne ! Je suis honnête avec les auteurs/illustrateurs, et ne leur cache pas la part de risque. D’ailleurs, ils s’en inquiètent dès le départ de notre collaboration. Le risque zéro n’existe pas, mais c’est aussi valable pour l’édition papier ! Les arguments que je développe alors sont, « La souris qui raconte » n’a pas de tirage moyen, elle met en ligne des œuvres pour une durée indéterminée, lesquelles ne sont pas assujetties aux ruptures de stock et sa cible (les 7-10 ans) se renouvelle constamment, alors ça peut prendre du temps, mais c’est du temps qui n’est pas perdu.
Encore une fois, merci à vous tous !



