Vendredi dernier, nous avons retrouvé la bibliothèque des Prés Saint Jean pour la deuxième session d’ateliers. Un vrai plaisir partagé !
Le matin, atelier « L’ogresse » avec un jeune public tout aussi attentif que celui du 9 novembre et un peu plus nombreux. Le principe était le même que celui d’il y a quinze jours. Découverte de l’application L’ogresse, illustrations de ses différents costumes et animation. Le résultat en images.
Décalco
Découpage
Animation Lorin
Naissa
Lorin
Jihane
Eline
Donia
L’après-midi, après une promenade autour du lac sous un ciel beaucoup plus menaçant que la dernière fois, nous avons découvert « Il suffit parfois d’un cygne » (dernière chronique en date sur Milk Magazine) et son atelier Origami ! Les tutoriels disponibles sur YouTube aident bien, parce que faire (bien) des origami, ce n’est pas si simple.
Origami-0
Origami-1
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Origami-6
Une bien belle journée, avec des enfants conquis… et des parents aussi ! Merci à la bibliothèque et à Christelle pour son accueil ainsi qu’aux enfants pour leur merveilleuse attention.
C’est sûr que ce billet aurait été rédigé sur un tout autre ton s’il avait été écrit avant vendredi soir. Seulement voilà, après l’horreur, les pleurs et l’incompréhension « Au nom de quoi ? » , il nous faut tous rebondir !
Un pays mis KO qui doit se relever malgré la violence du coup porté. En parler pour mieux continuer, expliquer aux plus jeunes - pas facile -, se projeter dans l’avenir pour entretenir le souvenir des disparus. Ne vivent-ils pas dans la mémoire des vivants ?
J’ai beaucoup pleuré, et aujourd’hui encore la boule dans la gorge est dure à avaler, mais je m’étais promis ce post sur Montreuil, dont l’échéance approche et qui revêtira certainement un bleu, blanc, rouge filigrané à l’image des nombreux profils Facebook. Alice sera en deuil.
Pour de vrai, pour de faux - Réel et fiction dans la littérature de jeunesse, tel est le thème de cette 31e édition du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse. Un thème qui aujourd’hui résonne étrangement. On aurait aimé que ce sinistre événement ne soit pas vrai. Un jeu, comme il en existe tant, où le vainqueur est celui qui fait le plus gros carnage. Une fois le bouton sur « Off » le vainqueur, satisfait de son score, s’étire en réfléchissant déjà à la stratégie de sa prochaine partie. Les événements de vendredi, comme ceux du 7 janvier, ont plus leur place dans une fiction gore de mauvais goût, où l’imagination de l’auteur s’applique à croquer les personnages les plus odieux. Le réel a frappé de plein fouet plus de 120 familles. Pensons à elles, écoutons-les, aimons-les et pleurons en sympathie avec elles pour qu’elles sachent qu’elles ne sont pas seules !
J’imagine aisément les dommages collatéraux qu’engendre une telle barbarie dans un quotidien programmé. Nous sommes à 17 jours de l’inauguration du salon. Les classes préparent leurs visites depuis des mois. Les organisateurs, éditeurs, fournisseurs, peaufinent actuellement les derniers détails d’une grand-messe de 6 jours (du 2 au 7 décembre). Annuler ? La question se posera. Je ne voudrais pas avoir à trancher ! Comme je veux croire que le salon se tiendra, La Souris Qui Raconte y sera au côté de ses amies L’Apprimerie et CotCotCot-Apps (pour nous trouver, cherchez le Grand Marché), derniers représentants « pure-player » d’un salon du livre papier, broché, piqué, collé ! Initialement, ce post aurait du aborder la déliquescence des acteurs numériques. Une émergence régressive avec subsistance hypothétique quasi absolue… mais comme tout cela est donc dérisoire !
Alice s’affichera grâce au talent de Rebecca Dautremer, Chiara Carrer, Antony Browne, Benjamin Lacombe et Gilles Bachelet. Et avec elle, des récits pour de vrai, pour de faux, pour dire aux enfants que LIRE c’est GRANDIR, S’ÉPANOUIR, S’ENRICHIR, CONSTRUIRE… !
Mais alors dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens qui nous empêche d’en inventer un ?
De très bon matin, samedi 7, nous avons pris la direction de la bibliothèque des Prés Saint-Jean à Chalon-sur-Saône, pour une journée de lecture numérique et d’ateliers autour de « L’ogresse » et « Le livre papillon » , 680 km aller-retour pour rencontrer une dizaine d’enfants curieux !
C’est toujours avec satisfaction que je reviens de ces rencontres. Les premières angoisses passées - le doute étant toujours de mise - et au vu de l’enthousiasme des enfants, le bilan est positif. De plus c’est rassurant de valider « en vrai » et avec un public actif, les ateliers sur lesquels Marianne et moi avons œuvré toute l’année dernière (à télécharger dans la page « Nos offres pour les collectivités » ), et que je pratique désormais seule (enfin pas tout à fait puisque mon associé, et mari, m’accompagnait… et mon chien aussi, mais ça c’est une autre histoire…).
Le matin, 3 filles et 1 garçon, étaient inscrits pour la lecture et l’atelier de L’ogresse. Aucune lecture ne ressemble à la précédente, et ce qui fait leur richesse et leur diversité, ce sont les échanges entre les enfants et moi, ou les enfants entre eux. Comment ils s’approprient le livre et le récit. S’ils lisent à haute voix ou pas. Comment les plus jeunes interagissent sans tabou sur telle phrase ou sur telle autre ! Des trois fins proposées dans L’ogresse, c’est « Dire non » qu’ils ont préféré, et pour Alexis le vrai fautif dans « Trouver à qui la faute » c’est le roi, qui a mal élevé sa fille ! J’ai adoré ! Au bout de trois quarts d’heure environ, les trois filles, à l’aide de patrons que j’avais préparés pour l’occasion, ont dessiné la robe d’Occidiane. Alexis, que l’activité n’a pas séduit, s’est concentré sur la préparation de la tablette avec Michel, pour permettre la petite animation qui s’en est suivie.
Jeanne, Amandine et Elisa sont reparties chacune avec son dessin, signé avec décalcomanie à paillettes (trop bien…) et Alexis téléchargera probablement l’application iStop Motion qui lui a permis de réaliser l’animation (trop, trop bien…) ! Ça passe très très vite, mais il faut savoir que cela représente plus de 15 mn de prises de vue.
Pause déjeuner, plateaux repas copieux (merci encore Christelle) après une belle promenade ensoleillée autour du lac où moutons, daims, biches et autres cervidés ont titillé les moustaches de notre canidé !
Un livret à imprimer, découper et façonner soi-même
Reprise à 14h avec Le livre papillon, 6 enfants et une maman… Après la lecture et la découverte des interactions du livre, atelier créatif grâce au support d’un petit livre d’activité « home made » sur lequel les enfants étaient invités à écrire, dessiner, découper, coller (au bon endroit). Si vous qui me lisez, souhaitez réaliser ce livret pour un de vos ateliers, cliquez sur Livret atelier papillon ! Règle, cutter, trouyoteuse, colle, gommettes et raphia, vous seront nécessaires pour la confection du livret, pour le plus grand plaisir des enfants !
Prochains ateliers samedi 21 novembre, mêmes heures, même endroit !
Drôle de titre pour un débrief salon ! Promis, je vous dis pourquoi à la fin de l’article !
Grâce à Blandine Yazbeck, conseillère pédagogique à l’Institut Français du Liban, j’ai vécu, durant 5 jours, une formidable expérience humaine à l’occasion du 22e Salon du Livre Francophone de Beyrouth, intitulé cette année « Libres Livres » . Une appellation lourde de sens à Beyrouth !
Le principe du salon, faire se rencontrer, au BIEL ou dans les villes avoisinant Beyrouth, des auteurs et des classes pour des échanges avec les élèves. Pour La Souris Qui Raconte, et l’auteur Françoise Prêtre, ce sont 7 classes à qui j’ai parlé de mes deux livres Polo le Clodo et Adhi le petit porteur de soufre. La première surprise passée - car si je me sens légitime en tant qu’éditeur, je le suis beaucoup moins en tant qu’auteur - j’ai utilisé le travail des élèves sur ces deux livres pour élargir la réflexion, et leur apporter des précisions sur ce qui différencie une maison d’édition papier d’une maison d’édition numérique. Et définir les rôles des uns et des autres dans cette grande famille qu’est l’Edition. J’étais l’unique représentante numérique, et les enfants libanais, fortement équipés, découvraient une autre façon de lire et d’utiliser leurs tablettes.
Sept classes, sept rencontres avec chacune son lot de surprises et d’émerveillement. Le lundi, j’étais à Sebeel dans l’école Rachel Eddé. Une école publique qui vise l’excellence. Construite grâce à des fonds privés, au-delà de dispenser ses cours, elle sensibilise les élèves sur les questions d’environnement, en particulier du tri des déchets, nœud névralgique de tension au Liban. Chaque classe est équipée en TBI. Quatre d’entre elles ont donc découvert L’ogresse, notre princesse irresponsable, qui n’a que faire de ce qui se passe sur la Terre et des conséquences de son incommensurable appétit ! Les enfants maîtrisent parfaitement le français, surtout dans les classes supérieures (11-12 ans pour celles que j’ai rencontrées), et comme je le remarquais à Tétouan, lisent parfaitement. L’accueil prodigué par cette école « modèle », tant par les élèves que par le corps enseignant, a été fantastique. Merci encore à la directrice, Mme Wadad Doueihi, pour le panier garni de spécialités locales.
Le tri, une préoccupation cruciale (et militante)
C’est ce qui ressortait de nos comptes rendus quotidiens entre auteurs, la qualité de l’accueil et la préparation de la visite de chacun d’entre nous. Reçus et ovationnés en héros, car les élèves lecteurs sont tout simplement « fans ». Fans de Dominique Dimey, fans de Yves-Marie Clément(l’une et l’autre récompensés par un prix dont les élèves étaient les jurés), fans de Gilles Barraqué, fans de Lenia Major, fans de Marion Achard, une équipe de choc au sein de laquelle a circulé une immense connivence ! Les débriefs nocturnes autour d’un verre de vin libanais (excellent) ou d’arak relataient tous ces rencontres incroyablement chaleureuses, et notre étonnement concernant le comportement attentionné et humble de nos hôtes (profs et élèves).
Au BIEL, j’ai rencontré d’autres classes. Il était toujours question de L’ogresse, présentée cette fois dans une salle de conférence avec écran et vidéo projecteur. Les élèves arrivent avec leurs questions. Ils ont lu Polo le Clodo ou Adhi le petit porteur de soufre. Une des classes n’ayant lu que les extraits gratuits, en invente les suites, et je ne peux m’empêcher de vous livrer leur vision de Polo :
Il n’est pas très beau Polo le clodo. Hirsute, il traîne souvent dans le métro. Il est bougon et ne sent pas très bon. Parfois Polo boit, pourtant c’est un chouette gars. Alors pourquoi en est-il arrivé là ? Les hommes naissent égaux en droits. D’où que tu sois, émirats ou favelas, disposes-tu vraiment des mêmes lois ? L’histoire de Polo a commencé comme beaucoup d’histoires, par « il était une fois » un petit garçon. A la différence des autres petits garçons des histoires qui commencent par « il était une fois », aucune fée ne s’est penchée sur son berceau. Il n’a pas non plus rencontré de génie ni de lampe à frotter. … alors il est un garçon sans parents, sans frères ni sœurs. Il vit dans la rue et les gens se moquent de lui. Un jour, dans le métro, il rencontre une belle dame bien coiffée, bien parée, très parfumée. Il s’approche d’elle et lui dit : « Comme vous êtes belle ». Elle lui sourit et dit : « Merci, et toi aussi tu peux être comme moi. Tu peux travailler dans mon jardin. » Depuis lors, il se coupe les cheveux, il prend son bain tous les jours et il se parfume. Puis les gens s’étonnent en le voyant et ils deviennent ses amis. Il est vrai que chacun a le droit au respect, mais il a aussi le devoir de respecter son corps et de bien le présenter en société.
Ça a été très dur de ne pas pleurer. Cette rencontre s’est avérée particulièrement singulière. Non seulement les élèves ont imaginé la suite de mes deux livres, mais ils m’ont aussi prédit mon avenir, et vous savez quoi… je serai ministre de la Jeunesse ! C’est beau non ?
Cadeaux illustrés sous forme de portrait, vous reconnaissez les lunettes ?
Les enfants (et les enseignants) sont curieux, attentifs, respectueux, allocentriques… on pourrait prendre des leçons de civisme à leur contact si de ce côté-là de la Méditerranée on était moins blasé. Jamais rencontre de classe n’a été pour moi source de tant d’admiration partagée. Le Liban est un tout petit pays, coincé entre la Syrie, la Jordanie et Israël, et il est peuplé de bonnes personnes !
Et puis il y a l’effet Blandine. Personnage remarquable avec des bras et des jambes en plus, deux cœurs et une tête hyper rangée quand le corps semble débordé. Au-delà des rencontres scolaires, elle a aussi orchestré toutes sortes de rendez-vous. Chez Mr l’Ambassadeur, dans des restau top chef (depuis mon retour je boude la balance), avec des médias locaux… Chacun de nous a eu son moment de gloire cathodique sur MTV(avec mon ami Gilles sur la chaîne locale la plus regardée au Liban). La Souris qui Raconte, éditeur numérique a aussi interpellé deux journalistes Elga Trad de Femme Magazine et Nayla Rached d’Hebdo Magazine (le photographe a pris des dizaines de photos, désolée pour son choix où je ne parais plus avoir 30 ans Séverine !). Dire comment on revient d’un tel voyage est difficile, il faut le vivre. Alors croyez-moi, si Blandine Yazbeck vous invite, ne ratez pas l’occasion.
Quant à Martine, puisque je vous dois quelques explications, c’est le nom par lequel m’a sans cesse interpellé Dominique à peine les présentations faites dans la voiture de Blandine. S’en sont suivis des fous rires inénarrables ! Avant je détestais ce prénom, mais ça… c’était avant !
Cette année ce sera du 2 au 7 décembre, même lieu, mêmes horaires. Un marathon de 6 jours pour l’un des plus grands salons du livre jeunesse en Europe, avec pour thématique « réel et fiction dans la littérature de jeunesse » !
La Souris Qui Raconte y sera pour la quatrième année consécutive. Elle y retrouvera ses acolytes de Carte à Lire, non plus sur le pôle numérique, comme les années précédentes, mais dans le Grand Marché, emplacement qui fait la part belle aux petits éditeurs indépendants. Plus de sectorisation papier Vs numérique, mais un melting-pot de talents. Je ne suis pas sûre de la pertinence de ce nouvel agencement. Le numérique, confronté au papier, surtout en littérature de jeunesse, ne trouve pas son équilibre. Mais le salon avait-il le choix ? Le pôle numérique dont le nombre d’exposants n’est allé qu’en diminuant depuis les trois dernières années, ne comptera que trois irréductibles, Cot-Cot-Cot App, L’Apprimerie (présente sous la dénomination Carte à Lire) et La Souris Qui Raconte. Cette année, L’Apprimerie mettra donc le paquet sur ses Cartes à Lire, avec des dédicaces prévues pour ses nouveautés. Et si la nuit écrit par Adèle Pédrola et illustré par Douglace. Stéphane Kiehl et Michaël Leblond pour le très attendu « Lapin bricoleur« , chez e-Toiles éditions, ces deux titres ayant reçu le soutien financier du CNE et du SLPJ au moment de l’attribution des « seules » bourses d’aide à la création numérique attribuées pour la 30e édition du salon. Et il y aura certainement d’autres dédicaces, puisque CAL présente trois nouveautés en 2015.
Pas de dédicaces pour LSQR, bien que Pour tout l’or du monde de Cathy Dutruch et Juliette Lancien ait été retenu pour les bonnes lectures numériques de cette année — trop contentes nous sommes ! — et donc soit potentiellement « pépitable ». Potentiellement, parce ce que je m’attends pas à la transformation, au vu des autres excellentes création dont « Boum! » qui a ma préférence, mais c’est déjà une super super bonne nouvelle !! Pour tout l’or du monde, initialement livre web, a été développé en ePub3 enrichi par L’Apprimerie et est disponible en Carte à Lire.
On vous attend nombreux du 2 au 7 décembre sur le Grand Marché niveau 1.