Inviter les livres et le LIRE dans les jardins, les bases de loisirs, à la plage, dans les campings et les lieux populaires pour faire la fête pendant les vacances est un rêve à transformer en réalité ! On a besoin de vous !

Ce matin encore (pour quelqu’un qui avait dit non…), je me suis rendue sur le Salon du Livre, piquée par la curiosité de l’annonce faite vendredi de la première édition de la Fête du Livre pour la Jeunesse. Une table ronde, organisée par le CNL et le SLPJ, posait les bases de ce grand événement qui se tiendra du 17 au 31 juillet prochain dans toute la France et au-delà (les DOM y participant bien évidemment).

Présentation de l'événement par V. Monadé
Présentation de l’événement par V. Monadé

Vincent Monadé (Président du CNL) a présenté à l’assistance, nombreuse et curieuse, le projet initié par Fleur Pellerin.
Aujourd’hui qui ne connait pas la Fête de la Musique ? Mais qui aurait parié, en 1982, que cette fête connaitrait un tel succès et deviendrait en 30 ans, mondiale ? Eh bien le livre aura lui aussi SA Fête ! Et comme le disait Vincent Monadé, si la première année est celle où l’on essuie les plâtres, la seconde celle où l’on installe le rythme, la troisième se doit de voir son succès consacré ! Et ce succès sera national, avec l’aide et la mobilisation de tous les acteurs du livre. Editeurs bien sûr, mais aussi bibliothécaires, libraires, animateurs, sans aucun ostracisme entre le in et le out précisait Vincent Monadé… « J’ai besoin de vous », nous a répété le Président du CNL, dont il y a gros à parier qu’il n’a pas spontanément adhéré à cette nouvelle tocade de Madame la Ministre ! La date retenue semblant être une des raisons de sa réserve.
Sylvie Vassalo n’a pas manqué, quant à elle, d’évoquer son volontarisme, et qu’elle voyait dans cette Fête une opportunité à ne pas manquer pour créer une nouvelle rencontre entre les jeunes… et les livres. Autour de nos deux chefs de file, Claire Castan (RL Paca) a parlé de la plage du Prado comme lieu central pendant les 4 journées fortes de l’événement, des villages du sport, des bibliothèques mobiles et de jeux graphiques. Thierry Hertout de la médiathèque départementale de Seine Maritime nous a raconté « Lire à la plage », événement créé il y a 10 ans et qui compte aujourd’hui 12 cabanes de 1 000 livres chacune sur le littoral entre Le Havre et le Tréport, avec transats et parasols, et par voie de conséquence, de son adhésion immédiate au projet. L’association du Labo des Histoires (faite grand chantier présidentiel en 2014 par François Hollande, si, si !!), celle-la même avec laquelle La Souris Qui Raconte élabore une de ses prochaines histoires d’école (si, si !!), sera un acteur phare de la Fête, un agitateur d’écriture, un peu partout en France. Enfin une représentante des DOM était présente pour partager sa façon de faire la fête et de la conduire sur les plages les plus populaires.
Il a été question d’un grand opérateur privé (sans que celui-ci ne soit dévoilé), maillon important pour la visibilité et la médiatisation de l’événement.

Madame la Ministre dévoilera à la presse tous les détails de l’événement fin avril-début mai, avec nom et identité propres.
Le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse et le Centre National du Livre donnent, eux, rendez-vous à l’ensemble de la profession pour une participation bouillonnante. Chacun à son niveau et dans son domaine de compétences, est sollicité pour devenir acteur de la réussite de la grande Fête du Livre pour la Jeunesse ! Un document est à renvoyer avant le 15 mai. Il est à télécharger ici !

Alors on chante tous ensemble, c’est la FÊÊ-TE… LA FÊÊ-TE !!! LSQR a déjà une idée, je vous en parlerai le moment venu !


 
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Cette année, j’avais dit « Non… cette fois-ci, tu n’iras pas ! » Et puis… et puis… !

Alors que l’éclipse assombrissait la matinée, j’ai pris la direction du Salon du Livre de Paris.
Suite à une invitation de Sylvie Vassalo, je me suis rendue sur le stand F80 de la région Île de France pour une conférence de presse, où de manière informelle, la directrice du Salon de Montreuil épaulée par son équipe, réunissait un comité déjà élaboré l’année dernière (je vous en détaillais la liste ici).
Il y était évidemment question du prochain salon, mais pas que !
Le thème de l’édition 2015 « Vrai/Faux ; Réel/Fiction » questionnera aussi bien la création dans sa diversité (avec les rapports au multimedia notamment), mais également le domaine de l’enfance, avec l’actualité récente des événements de janvier qui ont soulevé nombre de questions, dont la façon de les traiter. On a parlé scénographie et, en aparté, j’ai appris que les « pôles » (le numérique en étant un) seraient scénarisés différemment. J’en connais qui vont être content(e)s, hein les filles ?! Les 6 journées de ce marathon, quant à elles, se tiendront du 2 au 7 décembre 2015.

Sylvie Vassalo sur le stand de la région ÎdF
Sur le stand de la région IdF

Sylvie Vassalo a ensuite parlé de l’Ecole du Livre de Jeunesse et de ses formations (1500 stagiaires formés en 3 ans) pour accompagner les enfants. Mission essentielle depuis la récente organisation du temps scolaire. Il a été question du colloque qu’organise le 15 juin prochain l’Ecole du Livre de Jeunesse, et qui aura pour thème « Débats de société et littérature font-ils bon ménage ? ». Cette journée abordera les questions de morale et de censure, de stéréotypes et de préjugés, qui sont des questions centrales dans la littérature de jeunesse. Peut-on tout dire aux enfants ? (j’ai hâte de recueillir les avis des intervenants sur ce sujet).
Après avoir discuté avec les uns et les autres, piqué au passage un badge de La mare aux mots à Gabriel (merci Gabriel), et pris rendez-vous avec Maman Baobab, j’ai entrepris la visite du salon… grand et blindé ! Et parcouru les allées, direction le numérique.

J’y ai retrouvé certains coreligionnaires (version adultes) dont la toute jeune start-up « Iggybook ».
« Iggybook », c’est Nicolas Francannet et Nicolas (un type comme ça !) c’est le créateur de StoryLab, qui est à la fois une maison d’édition 100% numérique de séries littéraires courtes (créée en 2010), et aussi un studio de création spécialisé dans la réalisation d’epubs pour le compte de maisons d’éditions tierces. « Iggybook » est née de l’expérience de StoryLab, qui a su, après 5 ans, identifier chez ses auteurs, des besoins d’outils simples et efficaces pour profiter des opportunités de visibilité et de viralité qu’offrent Internet et les réseaux sociaux. La table ronde à laquelle j’ai assisté par la suite (organisée par la SCAM et la SGDL et qui traitait des rapports entre auteurs et éditeurs), entrait en parfaite résonance avec le concept même d’« Iggybook ».
En France, 200 livres sont publiés par jour ! Comment un éditeur peut-il faire une promotion efficace au regard de ces quantités délirantes ? Comment un libraire peut-il les exposer tous, et prétendre les vendre correctement à ses lecteurs ? La surproduction est un vrai problème pour l’auteur, qui, au delà de voir ses droits se réduire comme peau de chagrin, déplore le manque d’accompagnement de son œuvre (Actualitté reprend d’ailleurs sur son site le contenu de cette table ronde, étayée par le 6e baromètre des relations auteurs/éditeurs). La solution que propose « Iggybook » s’adresse à deux types d’auteurs, ceux publiés chez un éditeur, et les autres, avec la volonté de mettre à la disposition du plus grand nombre, des outils marketing pour promouvoir leurs œuvres. Alors auteurs de passage, publiés chez un éditeur ou indépendants, soyez curieux ! A l’occasion de cet échange avec Nicolas et de la présentation de ce service que je trouve juste SUPER (généreux dans le sens où il est tourné vers l’autre, l’auteur en l’occurrence, bien malmené si on en croit le succès de la marche de samedi) j’ai pu serrer la main de François Gerber, Monsieur iBooks chez Apple France jusqu’à récemment, qui a rejoint l’aventure pour s’investir dans ce projet auquel il croit à fond !

50 ans de maillots et de culottes
50 ans de maillots et de culottes

L’après-midi m’a ensuite conduite du côté des petits éditeurs jeunesse, regroupés dans un square, comme un autre regroupait les éditeurs de livres de cuisine. Je n’ai pas été insensible à la petite phrase d’un des intervenants de la table ronde auteurs/éditeurs qui, parlant de la profusion asphyxiante des livres, précisait sa pensée en remarquant qu’évidemment il n’était pas forcément question de produire moins, mais de produire mieux, et pointait du doigt la quantité indigeste de livres traitant des cup cakes tout en regrettant l’absence d’une biographie sur Duke Ellington (si j’ai bien noté la comparaison).
De square jeunesse en square cuisine, je suis arrivée à l’exposition organisée par L’école des Loisirs qui a 50 ans ! J’ai lu quelques albums, prenant de l’avance sur les lectures à faire à l’occasion du comité de lecture du SLPJ auquel La Souris Qui Raconte participe, et j’ai terminé épuisée mais heureuse d’y être passée, sur ce salon… grand et blindé !

Lectures à haute voix
Lectures à haute voix

 


 
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30 ans sur six jours qui furent une nouvelle fois denses, bruyants et écumants… Mais ce furent aussi, six journées riches, vivantes et enthousiasmantes !

Je crois pouvoir dire sans trop me tromper que le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse est un salon à part dans sa catégorie. Les six longues journées imposent aux exposants un rythme de marathonien dans une ambiance survoltée avec cette année encore plus de 160 000 visiteurs comptabilisés.
Petit calcul pour rire. Les niveaux 1 et 2, les plus visités par le public, puisque c’est là que sont installés les éditeurs, ont une surface de 11 715 m2. En moyenne, le SLPJ a donc accueilli 26 600 (et quelques) visiteurs/jour sur ces 11 715 m2. Soit 2,27 individus au m2, en moyenne ! Sauf que la moyenne n’est pas trop de mise sur ce salon. Le hall 1 accueille bien plus de visiteurs que le 2, et la concentration du public est bien plus importante autour de certains stands. Bref, beaucoup, beaucoup de monde, et c’est super (bon je le dis parce que c’est fini, hein !) et cela fait du SLPJ un très grand salon !

SLPJ2014

Les moments forts des évènements professionnels

Vendredi matin avait lieu la présentation de Transbook. Un projet européen innovant œuvrant pour la transition numérique du secteur de l’édition jeunesse. Des sociétés comme Ubisoft, Toca Boca ou Dragon Box étaient présentes (programme complet) et chacune nous a fait part de sa vision et de sa méthode de travail. L’observation du comportement de l’enfant a été fréquemment évoquée. Partir de lui ! Le regarder jouer avec des objets tangibles pour créer des applications ou des jeux dans lesquels il se retrouve. La présentation de Willow Tyrer Mellbratt (Toca Boca) a du faire quelques envieux ! Pour approfondir je vous donne le fil twitter de la matinée et vous invite à suivre ce projet qui, j’espère, nous apportera un éclairage nouveau, avec un spectre d’observation plus large, sur les questions de narration numérique.
Lundi, journée professionnelle au Mïce, sur le toit du salon. Nous y avons parlé de Kenji et des Cartes à Lire, moyen de diffusion de livres numériques. Quatre des membres du Kenji utilisent ce moyen pour vendre leurs livres numériques, ce qui leur assure, au-delà du site, une présence en librairie. Nombre de professionnels, rencontrés tout au long de la journée, se sont déclarés très intéressés par cette solution. Beau cadeau pour Noël, dont je reparlerai !

Bientot tous à poil
© Clothilde Delacroix

Au niveau 1

De belles rencontres et de beaux échanges. Une inauguration en rouge étoilé, avec des amis et des auteurs bientôt tous à poil. Alarmes incendie et défilés militants ont apporté leur note de personnalisation à cette édition anniversaire. Il paraît que Fleur Pellerin est passée, elle n’a pas du nous trouver. Manuel Valls aussi. Je l’ai vu devant la tablette XXL. Y aurait-il été conduit si celle-ci ne disposait pas de contenus dignes d’intérêt ? Et qui produit ces contenus ? Des Tchèques… Alors lui non plus n’est pas passé ! Un moment de fierté, l’échange avec Timothée de Fombelle qui déambulait par là. Nous avons parlé numérique, et de la frilosité des éditeurs papier à y aller !
Et puis, pour la première fois les dédicaces de nos titres numériques, avec par ordre de signature Séverine Vidal et Claire Fauché pour Conte du haut de mon crâne ; Cathy Dutruch et Juliette Lancien pour Pour tout l’or du monde et enfin Nicolas Gouny pour Il suffit parfois d’un cygne, et l’immense plaisir de rencontrer enfin certains d’entre eux !

Dédicace SLPJ2014

Bruits de couloirs

200 : nombre de tablettes iPad acquises par la ville de Paris et financées (en tout ou partie) par le CNL.
15 : montant de la carte iTunes (sans précision de l’échéance de renouvellement) donnant droit à l’acquisition des contenus pour chacune de ces tablettes.
Un joli budget auquel il manque quand même un brin d’analyse !


 
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Une réflexion nourrie par deux colloques successifs qui se tenaient la semaine dernière, à la Gaîté Lyrique et aux Arts Déco !

textures_540bleuLe premier des deux, intitulé Lecture et culture des adolescents dans un monde qui change, du cross-média au transmédia, était organisé par l’association Lecture Jeunesse en partenariat avec la Gaîté Lyrique. Le second, se jouant sur 3 jours, se tenait alternativement à la BNF et à l’école Nationale des Arts décoratifs et avait pour thème Text/ures : l’objet livre, du papier au numérique.
Mon propos ici n’est pas de faire un compte rendu de ces journées, des restitutions sont certainement prévues, mais plutôt d’utiliser quelques points clés pour réfléchir avec vous à haute voix.
La journée du 18 novembre, d’une remarquable qualité, interrogeait largement sur la question des usages dans un monde qui change. Usage du livre face au numérique, usage du lecteur (de l’usager donc) également, avec comme point d’orgue la lecture, et le lien indissociable entre lecture et écriture ! Celle du 21 présentait plutôt un état de l’art, à un instant T, de certains ouvrages ou typologies d’ouvrages.
Depuis la création de La Souris Qui Raconte, j’ai tout entendu sur le livre et l’édition. Les questions récurrentes (obsessionnelles) sur le devenir de la lecture continuent d’alimenter tous les fantasmes et sa mort annoncée nous joue régulièrement l’arlésienne ! Mais la question n’est-elle pas ailleurs, et ce « monde qui change » entre bel et bien dans les paramètres de réflexion. Prenons comme postulat qu’écriture et lecture sont intimement liées et interrogeons-nous sur la désacralisation de la première, et ses conséquences ! Yann Leroux nous le disait ici, et ce fut un axiome fort des échanges à la Gaîté Lyrique, l’auteur est descendu de son piédestal. On le rencontre, on communique avec lui, il vous informe de son actualité… Tout le monde écrit ! Certains éditeurs recrutent sur le web ! L’écriture n’est plus réservée à une élite à l’instar de la musique ou de la cuisine (pour preuve les Nouvelle Star et autre Chef Pâtissier).

La génération Y (née entre 1980 et 2000 —34 ans pour les uns et seulement 14 pour les autres— un grand écart !) change les paradigmes de l’édition. Réservée jusqu’alors aux « professionnels » du secteur, cette génération crée de nouvelles formes d’écriture et de communication*. Elle zappe entre Facebook et Twitter. Elle poste ses images sur Instagram et ses films sur YouTube. Elle se regroupe en communauté grâce a des réseaux sociaux de plus en plus nombreux et spécialisés. De nouveaux formats émergent également, par l’exploration de narrations visuelles à base de vidéos ou de courts métrages, impliquant de plus en plus le public qui devient alors spect-acteur ! Les nouveaux entrants de l’édition numérique proposent des formats courts, pour une lecture « fractionnable » entre trajets de bus ou de métro et attente dans un cabinet, par exemple. Des expériences de grande ampleur sont menées, avec des œuvres comme Endgame, une super production littéraire made in USA ! La sollicitation du lecteur y est également multiple. Ces changements radicaux de narration bouleversent irrémédiablement les comportements de lecture et d’écriture.

Si je vous raconte tout ça, au-delà de vous faire regretter définitivement de ne pas en avoir été (parce que c’était vraiment vachement bien !), c’est que les interrogations que ces colloques soulèvent, empiètent largement dans mon champ d’intervention. Les premiers prescripteurs acheteurs de la littérature de jeunesse (celle qui arrive avant la littérature dont il fut question lors de ces journées) sont les parents ou les grands-parents. La génération Y n’est pas encore tout à fait parent. Comble, elle consomme plutôt du gratuit (mais ça c’est juste pour mettre du piment dans mon histoire) ! Les lecteurs potentiels de nos livres arriveraient donc à maturité dans 8-15 ans (lorsque madame et monsieur Y se seront rencontrés et auront mis au monde les premiers exemplaires de la génération suivante dont il faudra encore attendre qu’is atteignent l’âge qui m’intéresse, entre 5 et 10 ans).
N’est-ce pas à la génération Y d’apporter des idées pour créer du contenu pas cher, intelligent, mobile et qui permettent à leurs enfants d’entrer dans une lecture plaisir ? Une narration inédite destinée spécialement à leur progéniture ? Mes parents m’ont donné le goût de la lecture avec Hugo et Balzac. Je ne suis pas sûre que mes petits-enfants les lisent jamais ! Ce sont bien les temps qui changent, et les habitudes de lecture, comme tout le reste, avec !

* voir MediaEntity ; Foliomatic ou le phénomène des booktubers


 
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Hier soir au Cent Quatre à Paris, la bonne humeur de Marie Desplechin fut ma pépite !

Je ne vous rejouerai pas la soirée avec les nominés, puis les finalistes et enfin LA pépite dans les 7 catégories, album, roman ado européen, BD/manga, documentaire, petite enfance, livre d’art et enfin création numérique. Mais (et je vous le donne en mille) je vais faire un arrêt sur image sur la dernière, qui fut servie la première ! La création numérique ! La liste des nominés m’avait déjà laissée un peu perplexe, et je vais m’en expliquer.

Botanicula

Botanicula-3Le grand vainqueur Botanicula, est une application que je n’ai pas encore découverte. Je connaissais Machinarium du même éditeur tchèque, et l’avais adoré en son temps (jeu en Flash avant l’arrivée de l’iPad et des tablettes). Si l’on regarde un peu les nominés de cette pépite, on voit que seulement trois créations sont françaises, et que tous les sujets y sont abordés, où presque ! L’art avec Mudam Go, le jeu avec Botanicula ou Soldats inconnus, le documentaire avec Plantes, on a même un cadavre exquis Miximal (qui me fait drôlement penser à Dans mon rêve de eToiles éditions, mais en moins bien - c’est dit-)… bref un vrai fourre-tout !

Inutile de dire que le choix de cette pépite n’a pas fait l’unanimité au sein de notre petit monde numérique, alors que nous devisions gaiment en fin de soirée ! Oui, Botanicula est poétique, oui c’est graphiquement une véritable « pépite », et tout le monde est d’accord là-dessus, mais je ne suis pas la seule à chercher son rapport avec le livre (et accessoirement la lecture) ! Si un chat est un chat, Botanicula est un jeu (dont la version PC date de 2012), avec tous les ressorts y afférents ! Ce ne sont pas les choix des nominés qui me questionnent ici, tous de très grande qualité, mais plutôt la « classification » de cette pépite, dans laquelle on ne se retrouve plus tant on y mélange livres et jeux, appli et ePub (les deux familles de format numérique). Viendrait-il à l’idée du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de se limiter à une pépite du livre ? Bien sûr que non, tant la diversité induite par cette terminologie est grande. Pourquoi donc mettre dans cette pépite de la création numérique tout ce qui se trouve sur les stores Apple et Google sans aucune différenciation ? De plus, je ne pense pas me tromper lorsque j’avance que nombre de ces pépites numériques ont été choisies par l’équipe du salon, plutôt que soumises par les créateurs eux-mêmes ! De quoi en décourager plus d’un… et de voir se réduire le monde de l’édition numérique française comme peau de chagrin si les instances référantes ne sont pas plus impliquées à la défendre !

Tout le monde ne peut pas gagner, c’est le principe du jeu, mais comme dans tout jeu, c’est mieux avec des règles et celles de cette pépite mériteraient vraiment d’être revues. Peut-être pourrions-nous déjà commencer par les formats. Une pépite pour la création numérique sous forme d’application, et une pépite du livre numérique en format ePub ! Vous en dites quoi le comité de lecture ? Et puis soyez assurés que j’arriverai bien à vous faire d’autres suggestions l’année prochaine !
Dans tous les cas, merci. Merci à l’équipe, merci au salon pour cette promotion faite sans (presque) faillir autour du livre et de la lecture.
Merci aussi à Marie Desplechin pour sa super bonne humeur et son humour. La salle a apprécié. Et enfin merci à Timothée de Fombelle (c’est comme ça pour les remises de prix… alors moi aussi je dis merci) pour son court et émouvant discours. Pépite du roman ado avec Le livre de Perle, c’est avec une belle émotion qu’il nous a cité sa grand-mère, sa première lectrice de 95 ans ! Un Timothée parrain des petits champions de la lecture, que j’ai eu l’honneur de croiser, et dont je vous parlais ici.

Lauréats des pépites


 
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