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Edité par Albin Michel, cet album grand format est une pure merveille. C’est sur le salon de Montreuil où le temps d’une pose j’ai pu quitter le stand de La Souris Qui Raconte et regarder rapidement les nouvelles parutions, que je l’ai feuilleté. Je savais depuis la soirée des remises des Pépites du Salon, que Le Roi des Oiseaux était primé dans la catégorie nouvel album. L’auteur, Gwendal Le Bec, qui est aussi l’illustrateur nous livre une œuvre d’une absolue poésie tant au niveau du texte, que de l’image en bi-chromie, orange (limite fluo) et noire. La couverture ci-contre, empruntée sur le site des éditions Albin Michel Jeunesse, n’en est d’ailleurs absolument pas le reflet.
“Un jour (pour une raison que je ne connais pas),
les oiseaux décidèrent de se choisir un roi.
Afin de le désigner, ils organisèrent une grande course
— celui qui volerait le plus près du soleil deviendrait le roi des oiseaux…”
Rouges-gorges, flamants roses, chouettes, hérons… bruants zizis, calaos, cacatoès et tant d’autres encore, s’élancent à l’assaut du ciel, direction Soleil ! Les illustrations à l’encre de chine sont croquées à la manière d’un ornithologue talentueux. Le orange réchauffe magnifiquement le trait des dessins. Chaleur et éblouissement obligent ! Quant à la morale de l’histoire… la ruse l’emporte sur la force, et ce ne sont pas forcément les plus grands, les plus forts, les plus armés pour la victoire qui gagnent !
2011 est sans aucun doute THE année pour l’éditeur Albin Michel, qui réalise avec ce titre et l’Herbier des fées, un magnifique doublé !
Dans les contes de mon enfance, les princesses étaient toujours belles, douces et aimables, même si atteintes de maux étranges qui demandaient parfois l’intervention d’un Prince - dit “charmant” -. Mon imaginaire s’est enrichi des récits de belles Princesses et de Princes (également beaux). Ne faisant certainement pas figure d’exception, j’imagine qu’il en a été de même pour toutes les grandes personnes comme moi, et qu’il en est de même pour tous les plus jeunes, encore enfants ou à naître, jusqu’à ce qu’eux mêmes vivent heureux et aient beaucoup d’enfants ! Bref, vous l’aurez compris, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’il pouvait en être conté autrement.
La Princesse pas toute belle
Le Prince pas tout beau
et le Vendeur de Beauté
est un conte moderne, édité par Morey Editions, écrit par Dominick et illustré par Stéphanie Léon. Le titre de cet album ne cachant rien de ses intentions (il y est question de Princesse pas toute belle, idem pour les Princes et pour tout le royaume, et d’un maléfique voleur de beauté), j’ai d’abord été séduite par l’univers illustratif et graphique de Stéphanie Léon. Des images qui me font penser à Jérôme Bosch (à cause des petites bêtes farfelues peut-être) et à Tim Burton (Beetlejuice plus précisément).
C’est donc la couverture de ce titre, qui la première, m’a interpelée. Présenté comme Album illustré jeunesse sur le site Une autre rentrée littéraire, cela terminait de me convaincre de lire cet ouvrage, dans sa version numérique, chez notre distributeur commun immateriel.fr.
La première lecture m’a surprise. En effet, lorsque je lis des livres pour enfants (et je rappelle pour ceux qui ne suivent pas tout, que je suis moi-même éditrice de La Souris Qui Raconte), j’en redeviens une… et là, l’enfant que j’étais a eu du mal à rester petite. Un royaume où personne n’est beau, une Princesse et son mari de Prince pas tout beaux, la sœur de la Princesse, pas toute belle non plus et un vendeur de beauté qui va leur faire prendre des vessies pour des lanternes en jetant le trouble sur la condition de Luette, et par répercussion sur celle du couple royal ! Si l’illustration est surannée et donne beaucoup de charme au récit, l’écriture emprunte des formules qui alourdissent la compréhension d’un texte jeunesse (je le rappelle), où l’auteur semble avoir pris plus de plaisir à jouer avec les mots, qu’à produire un texte compréhensible :
Certains s’approchèrent incrédules sur le bon fait de vouloir devenir beaux, tandis que d’autres ne virent l’avantage d’être moins laids que son voisin qui n’était pas tout beau.
… Ce fut le plus beau tintamarre que la cour écouta et, croyez-en mes oreilles de mélomane, le plus pire de tous les concerts qui nous fut donné à entendre.
Cet ouvrage, se bonifiant à force de lectures, gagnera certainement en format papier. C’est donc sur ce support que je le préconiserais. Lisez-le, encore et encore, la morale est une jolie morale, et retrouvez à chaque page les magnifiques illustrations de Stéphanie.
Lu sur un iPad1 dans le cadre du Club des Lecteurs Numériques