Archive for octobre, 2012
Tel était le thème du 14e Salon de Namur, installé à Namur Expo, du 17 au 21 octobre dernier, en même temps que le Salon de l’Education.
Régine Barat, organisatrice motivée de la section jeunesse, a su coordonner avec beaucoup de gentillesse et de disponibilité ces journées toutes littéraires. Je vous invite d’ailleurs à découvrir Contalyre, elle nous y donne sa vision de l’actu des livres jeunesse.
Au regard du thème de cette 14e édition, elle a insisté pour accueillir un nouveau genre d’éditeurs. Les “pure-player” ! Notre présence, particulièrement contextuelle, a donc apporté une autre vision du LIvRE, chère à Régine.
Les protagonistes étaient : Zabouille avec La tarte de la Reine, CotCotCot-App avec Bleu de toi et La Souris Qui Raconte avec Thibaut au pays des livres. Si le livre numérique n’est pas encore très ancré dans les usages sur le territoire français, force a été de constater que sur le territoire belge, on aime encore trop le papier, son odeur et le geste de l’index sur la page, pour déchainer les foules et arrêter le chaland !
Ces 5 (parfois) longues journées ont malgré tout été l’occasion de belles rencontres, et je garderai un souvenir ému de ma toute dernière lectrice. Du haut de ses tout juste 6 ans, elle a passé près d’une heure avec Thibaut, à courir derrière lui dans la grande bibliothèque municipale. Elle ne pouvait plus s’en défaire arguant de ce que c’était vraiment “TROP BIEN” …!
Plus professionnellement, je ne connaissais pas CotCotCot-App… Enfin je ne connaissais pas leur production. Bleu de toi, application entièrement pensée et réalisée (jusque dans la musique) par Dominique Maes, m’a permis d’approcher d’un peu plus près l’auteur. Un grand cœur généreux, amoureux des mots et de la vie, artiste éclectique et polyvalent au sourire inoubliable. Quant à mes zamis zabouille, coreligionnaire de mes salons, je les ai retrouvé avec le même plaisir. J’en ai profité pour découvrir leur dernier livre, sorti sous forme d’application iPad et Android : Les mystérieux habitants du piano.
Il y a également eu de belles rencontres humaines et culinaires avec les habitants du Labo de l’innovation pédagogique, mais c’est une autre histoire…
Merci à Laure de La Souris Grise pour les images sur lesquelles je figure.
Having evaluated your nominated mobile project named: A TALE OFF THE TOP OF MY HEAD
We are pleased to announce that this project has been selected to receive the FWA Mobile Of The Day (MOTD) Award for 7th October 2012.
Une sacrée joie je vous prie de me croire ! Il suffit de parcourir le site et de voir les agences prestigieuses qui sont recensées from all around the world ! Après avoir été consacré Kirkus Star, A tale off the top of my head (Conte du haut de mon crâne) reçoit son award.
Claire a intégré le “award certificate” dans la galerie de tableaux de Ari.
Pas mal non !?
Enfin, depuis quelques jours et après mise en ligne de ces lignes, une petite interview, all in English, je peux traduire si vous me le demandez gentiment !
Pourquoi écrirais-je mon article aujourd’hui plutôt qu’hier ou que demain ? C’est quoi l’élément déclencheur ?
Une profonde lassitude associée à une envie de tout laisser tomber ? Mais ça, c’est le lot de tout entrepreneur, ça va ça vient ! L’envie de recueillir un peu de soutien alors ? De lire ou m’entendre dire, continue p’tite Souris … Continue à raconter ! Ça va l’faire ! …
Vous souvenez-vous de mon coup de gueule de l’année dernière ? Je vous racontais l’histoire de mon petit extra terrestre en proie au marché de l’App Store ! Cet article je l’écrivais le 27 mars 2012. 6 mois plus tard, et surtout 4 applications plus loin, le constat que je partageais avec vous n’a pas beaucoup évolué. Dans l’intervalle j’ai beaucoup appris, essayé plusieurs leviers, détecté ceux qui marchent au détriment de ceux qui coûtent. Entendez par là qu’un levier, s’il vous fait dépenser de l’argent sans vous en faire gagner n’est pas un bon levier ! Et là j’en arrive au gratuit… à ma lassitude et mon envie de m’épancher !
Apple dans son fonctionnement (algorithme très mystérieux) favorise l’exploitation du gratuit, laquelle est terriblement perverse et plombe gravement un marché déjà très hostile ! Reprenons l’exemple d’Antiproblemus. Celui-ci appartient à La Souris Qui Raconte, je peux donc vous en parler en toute connaissance de cause ! Le dimanche 18 mars 2012 dépitée par le mauvais positionnement de mon application dans l’AppStore, je cède à l’appel de la gratuité. Ceux qui ont lu l’article savent que cette opération a généré plus de 18 000 téléchargements en 24 heures. Pour autant, quelques jours plus tard, mon petit extra terrestre se retrouve en 220e place comme de rien. Aujourd’hui, il se maintient gentiment entre la 35e et la 80e place (alors que je n’en vends pas 10 par semaine, incompréhensible algorithme). Une position qui n’est pas si mauvaise au regard des 993 applications payantes référencées dans la catégorie “Livres” et des 400 000 apps qui ne seront jamais téléchargées (suivez le lien, c’est vraiment intéressant) !
Il est très regrettable qu’Apple comptabilise les téléchargements sans considération du CA généré, poussant ainsi l’exploitation de ce levier, dont je continue de me demander à qui il profite ? Certainement pas à ce marché qui se cherche. Pas plus qu’au modèle économique qui aujourd’hui n’existe pas. Pour être vu et acheté, il faut être bien positionné. Pour être bien positionné, il faut être téléchargé. Pour être téléchargé, le modèle de gratuité s’impose ! Et la marmotte pendant ce temps ? Qu’est-ce qu’elle fait la marmotte ?
Essayons d’aligner quelques chiffres que je simplifie à dessein. Le coût moyen de développement d’une application pas trop complexe est compris entre 10 000 et 20 000€. Une application est vendue entre 0,79 et 3,99€ (plus cher, ça devient très compliqué). Si on part sur un coût de développement de 15 000€ et d’un prix de vente à 2,39€ (1,45€ déductions faites de la TVA et de la com Apple) vous commencez à gagner de l’argent après 10 300 et quelque téléchargements. Arglll ! “La sorcière sans nom” application pourtant très bien positionnée depuis sa sortie mi juillet, n’a été téléchargée que 11 000 fois pendant les 2 premiers mois de son exploitation si j’en crois Europa Apps ! Elle est également lisible sur iPhone et iPad, un atout supplémentaire.
La lecture numérique n’est pas encore entrée dans les usages. Notamment ceux des enfants, enfin ceux des parents d’enfants. Prenez le temps de voir par vous-même le résultat du sondage sur les pratiques numériques familiales réalisée par Orange et Terrafemina (seulement 38% des parents possesseurs de tablette ont déjà acheté une application pour un enfant de moins de 12 ans —dont 11%, 1 seule fois— ! Quand ensuite on interroge le parent sur le type d’application achetée, celles racontant une histoire tombe à 36%. Je ne suis pas très douée avec les pourcentages, mais la part du gâteau se réduit comme peau de chagrin ! ).
Bien sûr les usages se travaillent ! Il faut bien composer avec ! Le numérique est là, partout dans notre vie !
Le marché des tablettes n’est vieux que d’à peine 3 ans. Comme sur le modèle de leurs petits frères de moindre résolution, vous y trouvez du gratuit et du payant. Trop de développpeurs d’applications pour tablettes ont voulu reproduire le modèle qui a fait la fortune de certains sur Smartphone. Pourquoi ce qui avait marché pour les petits, ne marcherait pour les grands ? Quel éditeur de contenus littéraires à aujourd’hui fait fortune avec des applications iPad ? Je pense à des starts-up comme “Moving Tale” ou de très beaux livres comme Morris Lessmore ou The Heart and the bottle, qui sont des must à mes yeux ! Combien de ventes ont été générées sur ces titres (les intéressés éludent la question) ?
Les livres édités par La Souris Qui Raconte et portés sur tablettes iPad et Android en bilingue français/anglais doivent trouver leur place sur ces marchés difficiles. Est-ce possible ? En tant qu’éditeur travaillant avec des auteurs et illustrateurs rémunérés aussi en droits d’auteur, je refuse de brader à zéro le travail de toute une équipe et dis haut et fort que le gratuit, en plus de gangréner l’offre, entrave le marché. Il sclérose un modèle économique incertain. Dès lors qu’une offre alternative gratuite est possible, dès lors que le client est informé, pourquoi se priverait-il d’attendre le “bon plan”. Et le plus drôle (façon de parler bien sûr) c’est qu’il s’agit d’économiser quelques euros !
Donc voilà, nous en sommes là. Nous éditons des livres. Nous leur attribuons un prix (extrêmement bas si l’on compare avec le livre papier) et comme il est difficile de les vendre, nous les passons gratuit. Ben voyons, c’est vrai quoi !
C’est aussi ce que fait mon boulanger lorsqu’il ne vend pas son pain !
Pas le vôtre… ? Changez de boulangerie alors ! Non sérieusement… ne trouvez-vous pas cette logique parfaitement crapuleuse ?
L’App Store est le premier (peut-être même le seul) magasin au monde où le “taulier” se fout de satisfaire son client. Lequel client, je le rappelle, n’est pas l’acheteur final, mais bien l’éditeur qui alimente en contenus sa boutique, et lui lâche au passage 30% sur chaque vente. Alors quand je lis que le marché du numérique (je parle bien depuis le début du marché des applications-livres) ne décolle pas, que les éditeurs en ont marre de dépenser des fortunes pour vendre gratis des produits de qualité, comment pourrait-il en être autrement ? Que faut-il faire pour sortir de cette spirale infernale, est-ce seulement possible ?
Si vous avez des idées… je les prends, gratis bien sûr !




