Archive for avril, 2013

28
avril
2013
Écrit par Francoise

Parce qu’avril ira au bout de son dicton, et que mai me plaira encore plus cette année, je vais terminer le mois en anticipant le prochain.
Il me plaît de me découvrir !

Sortie de “Une drôle de voisine” écrit par Sandrine Beau et illustré par Cécile Vangout. Un livre bicolore, où un frère et sa sœur découvrent au fond du jardin de leur grand-père une tente bien mystérieuse !

Si Cécile est forte avec juste deux couleurs, Ivan est un magicien agitateur hors pair ! Le soin qu’il a mis a donner vie à Clémence et Célestin (ne ratez pas non plus le chien, la poule ou les fourmis…) est juste bluffant !
Et ici, chez La Souris Qui Raconte, on continue de dire (et de montrer) que Flash© fait des merveilles à des coûts de production bien en deçà de ceux nécessaires au développement des applications ! “Une drôle de voisine” sera notre 27e titre ! Qui me les énumère tous en “Parole de souris” sera récompensé par Célestin himself ! Nous ne sommes pas nombreux à revendiquer un tel catalogue ! Nos livres pour enfants, ainsi réalisés, nous ont fait entrer dans les bibliothèques, et on s’y sent “fichtrement” bien !

Un autre titre fera j’espère l’actualité de ce prochain mois de mai. En effet, “Il suffit parfois d’un cygne(sorti chez LSQR fin mars et joliment critiqué chez Déclickids) répète son prochain ramage ! Une version tablette se prépare… Je vous en dirai plus très bientôt, mais l’idée de porter ce très beau livre, signé Emilie Chazerand et Nicolas Gouny, en epub enrichi est assez excitante, et puis je serai très heureuse que Nathalie le relise affalée dans son canapé, ou bien allongée sur son tapis !

Côté application, deux adaptations en préparation également : “La machine aux illusions” et “Les deux rois, la sorcière et le sage” . Par contre, pas de dates de sortie pour l’instant.
Nous préférons savourer le franc succès de nos 7 autres applications.
Oui, oui, vous avez bien lu, 7, sept, S E P T… Ah vous ne le saviez pas !? C’est ballot, parce que de franc succès, celui-ci aurait pu être, INTERNATIONAL, voire MONDIAL ! Vous n’avez plus qu’à vous empresser de faire circuler l’information !
La Souris Qui Raconte, éditeur numérique jeunesse dispose de 26 titres web et 7 titres applications …
Lorsque vous aurez dit au Monde, chers lecteurs, que par ici, on édite des livres inédits au contenu original, que les textes parlent aux enfants avec des mots qui se trouvent tous dans le dictionnaire, que les thèmes abordés peuvent être des thèmes sensibles, parce que la vie est sensible, alors seulement, nous programmerons la sortie de nos prochaines applications !
Voilà qui est dit !

Bon… mais on vous promet quand même d’autres livres à lire assis derrière votre vieux PC… plus tard dans l’année… mais chuuuuuuut ! Surpriiiiiiises !

13
avril
2013
Écrit par Francoise

…qui a commencé jeudi dernier, avec un évènement très attendu par la profession, le Bookcamp Jeunesse.

Nous étions nombreux, éditeurs (pure-player ou pas), bibliothèques, studios de création en tout genre, free-lance, auteurs… Je gage que, très vite, des photos et comptes-rendus seront mis en ligne par Nathalie (DéclicKids) ou l’équipe de Déborah (Tralalere). Je ne déflorerai donc pas la rétrospective de l’évènement.

Pour la journée de vendredi, Le Futur du Livre se jouait à Chenôve (et cela durera tout le WE). La Souris Qui Raconte et ses livres numériques ont embarqué dans le train de 7h23 direction Dijon, pour aller rencontrer 5 classes de CE1 - CE2 ! Ça en fait des enfants, d’un seul coup ! L’expérience a largement dépassé nos attentes (celles des enseignantes aussi à ce qu’elles m’ont dit). J’ai vécu une journée d’une richesse rare.
En exploitant à fond, et mieux encore, les présentations faites la semaine dernière à Dole, j’ai constaté, une fois de plus, le réel intérêt des enfants pour ce type de lectures. Ce n’est pas un effet de style si je commence par là avec eux. En les interrogeant “Quelle a été ta dernière lecture ?” j’initie un débat dont l’enfant s’empare avec gourmandise. Et puis nous rebondissons ensuite sur les objets de lecture. En partant du dernier livre qu’ils ont lu, nous nous projetons vers les nouveaux supports de lecture. Ordinateurs, tablettes, téléphone, télévision (ben oui quoi, et les films sous-titrés, me fait remarquer l’un d’eux hier !)… Chabada et Thibaut au pays des livres ont brillé par l’intérêt que ces deux titres ont suscité. Il est vrai qu’ils sont vraiment bien pour une découverte de classe. Chabada pour son exploitation possible avec la version originale de Perrault, et Thibaut pour l’aventure, le loup et autres personnages de contes, et les interactions dont le livre regorge.

Trois mains pour Chabada
Thibaut pour les filles

France3 Bourgogne a aussi fait le déplacement pour filmer la première présentation. D’autres média prestigieux dont Rue89 couvrent également l’évènement. Des personnalités affranchies telles que Lorenzo Soccavo, Elizabeth Sutton ou encore Vincent Demulière s’exprimeront sur leur vision du Futur du Livre. Une initiative à suivre de près, quand on a comme eux, la vision plutôt large et innovante !

Tous ne suivent pas

Pour terminer le marathon de ce WE, samedi et dimanche, j’ai du forcer sur mes talents d’ubiquité pour être à deux endroits différents. A la Petite Bibliothèque Ronde de Clamart pour Le Petit Festival de l’Imaginaire, et à Gometz-le-Châtel avec un salon A plein Volume. Deux très jolis événements tournés vers le livre et la lecture, le partage et l’échange. Merci aux organisateurs, et aux cuisinières marocaines.

8
avril
2013
Écrit par Francoise

Le 3ème jour de notre escapade jurassienne a commencé par la découverte d’un article dans Le Progrès.

Bien sûr, nous avions eu hier sur notre stand, la visite d’un de leur correspondant, curieux de numérique. Nous en avions profité pour lui livrer ce qu’il avait gentiment qualifié de “scoop” ! Si son papier survole le Festival au travers de quelques lignes retraçant sa formule et son succès, nous n’avons pas boudé notre plaisir de voir citer La Souris Qui Raconte, choisie par Christophe Martin parmi tous les éditeurs présents à la Commanderie. À part ce petit moment de gloire matinale, la journée se passe, semblable à celle d’hier, avec son lot de curieux et de sceptiques !

Ce qu’il ressort de ce week-end de confrontations papier Vs numérique, repose sur une constatation majeure, une fois de plus étayée par le vécu : le papier se mélange mal avec le numérique. Le public visite un salon de ce type pour y acheter des livres, y rencontrer des auteurs ou des illustrateurs et repartir avec le précieux objet valorisé de son annotation personnalisée. L’éditeur numérique lui, que laisse-t-il au même public ? C’est une question qui m’a été posée plusieurs fois à l’occasion d’échanges avec d’autres éditeurs papier voire avec des parents !

Au cours du dernier salon de Montreuil, l’éditeur numérique Byook avait organisé une séance de dédicace pour son ebook Tara Duncan. Byook avait fait un coup marketing plutôt malin, puisque l’auteure de la saga, Sophie Audoin-Mamikonian, dédicaçait en fait ses ouvrages papier !

Le tout virtuel a des limites et quelque chose me dit que nous gagnerions à créer un salon numérique au cours duquel nous innoverions par des rencontres associant virtuel et “vraie vie” ! Une réflexion que je ne manquerai pas de prolonger à l’occasion de deux prochains événements. Le premier, le BookCamp jeunesse, qui aura lieu jeudi prochain au Labo de l’édition à Paris et le deuxième intitulé le Futur du Livre, se tiendra tout le WE à Chenove.

À suivre donc !

7
avril
2013
Écrit par Francoise

Journal d’un séjour culturel dans le Grand Dole (samedi 6 avril).

Aujourd’hui ça se passe à la Commanderie. Un grand bâtiment moderne installé en bordure du Doubs. Si la matinée a été calme, a contrario, l’après-midi a accueilli un grand nombre de visiteurs. Il faut avouer que le réseau des médiathèques du Grand Dole, organisateur de cette 3e édition du Festival, a mis les petits plats dans les grands. Plus de 60 auteurs, illustrateurs et éditeurs donnent vie au thème des “P’tits papiers” ! Le fil conducteur, comment exploiter différemment le support traditionnel “PAPIER” : livres pop’up, livres à rabat, livres découpés, livres animés…

Les livres animés, proposés par La Souris Qui Raconte, attirent ou rebutent, mais en aucun cas ne laissent indifférents. Une libraire m’avoue sa crainte du numérique. Un enseignant souligne l’intérêt de ce type de livres pour des enfants en difficulté… Nous les présentons, expliquons le pourquoi de nos créations, leur originalité, ce qui les différencie des livres “PAPIER” .
Il n’est pas toujours facile de faire comprendre que tout cela n’est au fond qu’une question de support !

Autres temps forts de la journée : retrouver Sandrine Beau, auteure de Une drôle de voisine qui paraîtra très prochainement sur lasourisquiraconte.com et la découverte du travail (remarquable) de Antoine Guilloppé. “Plein Soleil” ou “Pleine Lune” (éditions Gautier-Languereau), sont des ouvrages d’orfèvre ! Entièrement découpés, les pages se jouent l’une l’autre en blanc et noir, utilisant la découpe pour raconter une histoire différente selon si vous la lisez en recto ou en verso. Un émerveillement, tout simplement !

Lecture enfantine
Lecture de plus grands
Sandrine en pleine dédicace
La foule du salon

6
avril
2013
Écrit par Francoise

Journal d’un séjour culturel dans le Grand Dole (vendredi 5 avril).

Dole, Jura, 3 heures 49 mn nous indique “Plan”… Presque 6 heures plus tard, entre un départ franchement laborieux, et une arrivée franchement écolière et bucolique, nous arrivons à la médiathèque de l’Hotel Dieu, où nous attendent déjà les premiers 24 enfants. Ce temps d’échanges entre des élèves de CM1 et La Souris Qui Raconte, je le dois à Anne-Solène Girod qui me proposait dès l’année dernière de participer au 3e Festival du Livre Jeunesse de Dole.

A l’occasion des deux ateliers-classes, j’ai, à dessein, orienté la présentation autour de la LECTURE, plutôt qu’autour du LIVRE. Michel et moi nous sommes partagés le temps de parole. Une demie-heure pour présenter Chabada en repartant de la version originale du Chat Botté de Charles Perrault, dont Michel a lu (aussi investi qu’un pro) quelques passages.
Ensuite les enfants, répartis par groupes de trois, ont continué leur lecture sur les tablettes de la Médiathèque, pré-chargées de Chabada et de Thibaut au pays des livres.

Autre temps fort de cet après-midi, la découverte de l’univers “grandeur nature ” de Philippe UG, graphiste et ingénieur papier (entre autres), à l’occasion d’une exposition installée dans la Médiathèque. Stakhanoviste du cutter ; magicien du papier ; allumé de la couleur, homme passionné et passionnant, Philippe UG est sans aucun doute un grand monsieur !

Michel et Perrault, lecture impliquée
Lecture à trois
Que du bonheur !
Galerie intérieure de la Médiathèque
Exposition Philippe UG

4
avril
2013
Écrit par Francoise

Bonjour Emilie, bonjour Nicolas.
Après un silence éditorial d’un an (un tunnel, mais attention… pas noir du tout), La Souris Qui Raconte est très heureuse de revenir sur les grands écrans [NdR ordinateurs Vs tablettes] avec un livre numérique charmant, doux et coloré. Il suffit parfois d’un cygne. Il y est question d’oiseaux, de tonnes de piafs… de tous horizons et d’un premier amour sur fond d’absence. “Horror vacui” ! Deux enfants sans mamans, un garçon et une fille, se rencontrent à l’école et leurs petits cœurs font Boum ! C’est triste et gai en même temps, brutal comme le vide, chaud comme l’amour. C’est émouvant comme un premier baiser.

© Nicolas Gouny

Emilie, comment l’idée de ce texte vous-elle venue ?

J’ai toujours beaucoup aimé les oiseaux, au point d’en avoir eu, enfant. C’est très sauvage, délicat et gracieux, comme espèce. J’ai grandi dans un village dont on appelle les habitants “les corbeaux”. En effet, il est connu dans la région pour être squatté toute l’année par ces grands oiseaux noirs très mystérieux et un brin intimidant. De plus, notre langue grouille de métaphores, expressions et licences poétiques inspirées par les volatiles. Et puis, je trouve que certaines personnes ressemblent étrangement aux animaux. Physiquement. J’ai eu soudain envie d’un petit garçon-oiseau. Un enfant sauvage, délicat et gracieux… Enfin, comme Balthazar, j’ai eu une mère très très absente.

Vous écrivez surtout de la Fantasy, des romans avec plein de pages et en plusieurs tomes, et là, vous nous écrivez un texte court où les mots se jouent les uns des autres, et les oiseaux aussi ! Pourquoi ce grand écart ? Est-ce en lien avec votre métier, celui où vous n’êtes pas écrivaine ?

Bien avant de songer à écrire des romans pour ados, je rêvais de textes pour les petits. “Il suffit parfois d’un cygne” est né bien plus tôt que la série Apocalypsis, que je signe du nom d’Eli Esseriam. J’adore les livres pour enfants. C’est une véritable passion ! J’ai gardé les miens, bien sûr, comme on conserve les lettres de son premier amour… C’était mon rêve de petite fille : écrire une histoire pour les minots. Grâce à La Souris Qui Raconte, c’est chose faite ! L’adulte que je feins d’être, et l’infirmière que je suis, n’y sont pour rien, pour le coup !

Nicolas, je suis fan de votre univers illustratif très créatif (je ne suis pas la seule d’ailleurs, Emilie aussi !), et j’ai pensé que vos couleurs et votre poésie iraient bien sur les mots d’Emilie, qu’avez-vous ressenti à leurs lectures ?

Merci ! J’ai beaucoup aimé que cela parle d’oiseaux, car ceux qui connaissent mon travail savent qu’ils sont toujours présents dans mes dessins. J’ai tout de suite apprécié la belle écriture d’Émilie, fluide, simple, pas trop lyrique, mais poétique, et l’histoire toute bête de ces deux enfants…

Comment avez-vous travaillé sur ce format numérique ?

C’était un format nouveau pour moi, puisqu’il s’agit de mon premier livre numérique, mais finalement, comme je travaille déjà sur PC, et que je compose sous photoshop avec des calques, cela ne m’a trop bouleversé… La seule différence était le mode colorimétrique (RVB) qui donne des couleurs beaucoup plus ‘flashy’ et la définition beaucoup plus réduite des dessins… mais tout cela est assez technique !

Je crois savoir qu’un autre projet est en cours, pouvez-vous d’ores et déjà nous en dire quelques mots ?

J’ai en fait de nombreux projets en cours, car je suis plutôt boulimique. J’ai plusieurs livres « papier » qui vont sortir aux Ptits Bérets, chez Auzou, chez Belin et en Italie, et j’ai aussi un autre projet chez vos collègues d’Audois et Alleuil, non plus avec des oiseaux mais une petite vache…

Hâte de découvrir cette nouvelle création, j’avais fait un billet sur “La princesse aux petits prouts“. Je gage que leur prochaine production sera tip-top avec vous aux dessins !
Pouvez-vous nous dire chacun, comment ce format modifie votre expression ?

Emilie : Ecrire pour les petits demande une certaine vérité dans l’écriture. On ne peut pas tellement se cacher derrière le style ou les effets de manche, comme on pourrait être tenté de le faire lorsqu’on écrit pour les jeunes adultes. Il n’y a plus de place pour le cynisme : on est beaucoup plus à nu. Tout n’est que sensibilité et émotions. C’est plus sobre, plus honnête et souvent, plus joli. Personnellement, j’ai plus de mal à faire lire mes textes enfantins que mes pages pour ados. J’ai la sensation de m’y montrer davantage. De plus me livrer…

Nicolas : Pour moi, mais aussi pour tous les illustrateurs, c’est un support qui peut permettre une pleine expression, en animant, en poussant, en développant l’image. Il offre de chouettes possibilités pour qui a un peu d’imagination. J’aime, et j’espère aller encore plus loin au fil des projets, l’idée d’interagir avec le lecteur, qu’il puisse s’accaparer son livre, s’y incruster et, pourquoi pas bouleverser, chambouler l’histoire… !

On dit et on écrit beaucoup de choses concernant le numérique et j’ai envie de vous défier gentiment.
Comment vous, très inscrit dans une culture papier, imaginez-vous son avenir… disons à 10 ans, à 20 ans et à 50 ans ! La boule de cristal n’est pas autorisée !

Emilie : Dans 10 ans, tout, ou presque tout, sera numérisé. Dans 20 ans, on aura trouvé un moyen de diffuser à bas prix l’implant intra-crânien, avec une lentille à poser sur la pupille en guise d’écran. On sélectionnera et lira n’importe quoi, en effectuant nos recherches d’une simple pensée. Ce sera extraordinaire et terrifiant. On pourra visiter des bibliothèques, devenues des musées depuis longtemps. Les enfants demanderont “c’est quoââ?” en montrant du doigt des dictionnaires, des encyclopédies, des livres colorés. Les parents soupireront et diront “T’as qu’à activer ta recherche ! Pense un peu !” Parce que oui, on sera toujours aussi paresseux d’esprit…
Et puis dans 50 ans, comme la mode se fait, se défait et se refait, on assistera à un retour aux basiques, un “revival” du papier. Les années 90 ont ressuscité le patte d’eph, en 2010, on porte aux nues le col Claudine, la robe à pois et les escarpins à bout ouvert, on adore les papiers peints à motifs, l’esprit vintage, tout ce qui est rétro… Aussi, ne jetez pas vos bouquins ! En 2063 et des brouettes, ils vaudront l’or que nous avons toujours vu en eux…

Nicolas : Je suis depuis bien longtemps sensible au média numérique. Je suis un enfant des années 80 et des ordinateurs à cassettes, lorsqu’on écrivait patiemment des lignes et des lignes de codes pour animer des morpions et des vers qui se mangeaient la queue… Je ne suis donc pas du tout effrayé par le développement de la lecture et de la culture numérique, bien au contraire ! Je trouve cela exaltant et riche de potentialités… Pour ce qui est du papier, il a encore et gardera une vraie aura, un fort pouvoir symbolique. On assiste aujourd’hui au retour du bon vieux vinyle… Je pense que le papier suivra le même chemin, à côté des œuvres numériques…

Un grand merci à tous les deux. Merci pour cet échange et merci pour le très beau livre que vous avez offert à nos lecteurs.

1
avril
2013
Écrit par Francoise

Parce que le marché numérique jeunesse est particulièrement compliqué, chaque acteur essaie de trouver le bon angle d’attaque pour résister. Cas d’école !

X applications tierces regroupées dans une seule…
Lorsqu’un éditeur d’applications en crée une qui regroupe les produits de ses concurrents, on est en droit de s’interroger. Dubitative, après qu’une amie rencontrée au dernier Salon du Livre m’ait parlé de cette nouvelle offre de Chocolapps, je la télécharge illico et approfondis un peu le sujet. Parce que La Souris Qui Raconte expérimente elle aussi des modèles, et dans ce secteur, qui ne le fait pas, MyKidApps interpelle particulièrement. Soyons clair, ce n’est pas l’idée en soi qui me pose problème, elle est excellente, mais la méthode est, de mon point de vue, “sujette à caution” !
Pourquoi le leader du marché a-t-il créé une telle application et à quelles fins ? Philanthropie quand tu nous tiens !

Bisounours ou business ?
Entre le coût de production de l’application, l’éditorial et la mise à jour des données, combien celle-ci va-t-elle coûter ? Combien faut-il vendre d’exemplaires de chaque appli tierce avant d’amortir les dépenses ? Si mes sources sont exactes, Chocolapps ne touche que 4% des 30% pris par Apple. Même si une partie éditoriale est copiée-collée à partir de sites spécialisés dans la critique d’applications, ou bien directement de l’AppStore, tenir à jour une telle offre représente du temps, et n’a de réel intérêt que si elle se renouvelle quotidiennement. Enfin, alors qu’aujourd’hui Chocolapps est à la tête d’un fonds (énoooorme) de 56 applis iPad (applis découvertes incluses) et 73 applis iPhone (découvertes incluses également) il me semble normal de se demander s’il n’est pas juge et partie dans cette affaire.
L’éditeur n’ayant pas vocation au mécénat (ou alors j’ai raté quelque chose), ne nous la jouerait-il pas “businours” ?

Focus sur l’application
La première chose qui vous est demandée à l’ouverture de MyKidApps, comme pour toutes les autres apps de Chocolapps, c’est votre adresse mail. Cette demande récurrente de l’éditeur semble être son principal moteur marketing. Sinon, une fois passé la requête, que vous pouvez décliner, le contenu s’organise en trois catégories “Les bons plans” - “La sélection des spécialistes” - “La sélection MyKidApps” . La fiche produit contient les principales informations inhérentes à l’application, dont un bouton INFO. Celui-ci ouvre sur une page comportant elle-même d’autres critères, dont des liens de partage Facebook, Twitter et courriel.

3 types de sélections
Bouton INFO
Liens sortants

Sous couvert d’une communication toute tournée vers les parents et leurs enfants, l’éditeur nous ferait-il prendre des vessies pour des lanternes ?

La 1ère application proposée par des parents pour les parents et les enfants (1ère phrase figurant sur l’AppStore)

L’équipe myKidapps s’engage à être totalement libre et indépendante … Elle s’engage également à travailler dans le respect des enfants et des parents pour les informer de ce qui se fait de mieux blablabla… (pop-up à ouverture systématique dès lors que vous entrez dans l’appli)

Je ne suis plus parent de jeunes enfants depuis longtemps mais, dans un monde où tout fout le camp, je suis sensible à l’éthique, à la façon dont sont faites les choses, les valeurs qu’elles véhiculent.
Questions
Q1) pourquoi des sites majeurs comme Déclickids, IDboox et Applimini ne font-ils pas partie des “spécialistes” vantés dans l’application ?
Q2) pourquoi autant de liens sortants, alors que cette tendance est décriée par les parents eux-mêmes ?
Q3) quel est le sens caché de ce respect des enfants évoqué systématiquement à l’ouverture de l’application ?
Q4) pourquoi la sélection proposée est-elle majoritairement tournée vers des éditeurs anglophones (MTV Networks, Story Toys, Usborne…) ?

Les réponses que je vous livre sont celles d’une personne sensée qui réfléchit avant d’acheter et pense que la flagornerie (parce que vous le valez bien) cache toujours quelque chose.
R1) les sites mentionnés ci-dessus auraient-ils décliné la proposition, à contrario des autres “spécialistes” ? Désaccord sur le fond ou sur la forme ?
R2) les parents deviennent prescripteurs le temps d’une recommandation faite via FB ou Twitter
R3) je bloque sur cette histoire de respect des enfants. Evidemment que l’on ne va pas leur donner à voir des applications non appropriées, mais on met quand même sous leurs petits doigts curieux, des liens sortants qui les dirigent direct sur le FB de maman ou le Twitter de papa. N’y a-t-il pas un truc qui cloche là ? MyKidApps s’engage, mais à quoi précisément ? Quels sont les critères de ce qui se fait de mieux ? Ça mériterait d’être un peu plus explicité puisque c’est ça l’argument de vente.
R4) le marché anglophone est bien plus en avance que le marché francophone, bien plus ouvert et réceptif aussi. Privilégier les développeurs outre Manche ou outre Atlantique, c’est du business, mais soyez assurés parents, ici on choisit pour vous !

Pour résumer
L’idée était bonne, la façon de la délivrer plus discutable. Les ressources fournies par des éditeurs tiers (ont-ils été consultés au passage ?) ne sont-elles pas utilisées en priorité pour 1) collecter des adresses 2) faire connaître MyKidApps par le biais des liens sortants, et donc faire connaître Chocolapps ? Je ne vois rien de désintéressé dans cette mécanique qui lui profite d’abord. Les adresses sont-elles redistribuées aux éditeurs tiers, par exemple ? Je pense que le business model de cette application n’est pas le chiffre d’affaires qu’elle va générer, mais la collecte d’adresses qu’elle va permettre de réaliser et qui profitera à l’ensemble du fonds, présent et à venir de Chocolapps.

Si toute cette diatribe n’était que pure élucubration de ma part, je vous prie d’ores et déjà de m’en excuser, et vous donne la parole pour éclaircir les points noirs de mon argumentaire suspicieux !

 
  • You are currently browsing the Le blog de la Souris qui raconte blog archives for avril, 2013.