Posts Tagged ‘Princesse’

30
janvier
2013
Écrit par Francoise

Un écran 5 choix

Dans le milieu des petits éditeurs numériques jeunesse (et probablement même des plus grands, moins numériques, mais tout autant jeunesse) il est difficile de passer à côté du phénomène “La princesse aux petits prouts” de Audois & Alleuil. Présenté au salon du livre de Montreuil et sorti début janvier dans tous les bons Store de votre région, ce livre application a été chroniqué à peu près partout (web, TV, radio, …). Sa première place persistante sur l’App Store et le Google Store va certainement en faire grincer plus d’un (à commencer par moi … je l’avoue ; avec une pointe d’envie … forcément) !

La Souris Qui Raconte suit évidemment l’événement de près.
Les illustrations de Claire Gaudriot sont d’une grande qualité. On y retrouve sa patte et ses papiers quadrillés. Le travail sur le son est plutôt soigné (à quelques détails près) ; la voix de la conteuse enchanteresse ! Mon avis est plus mitigé sur le texte de Leïla Brient. — “Ah le texte” ! Pour ce que j’ai pu glaner à droite et à gauche, Leïla semble être avant tout illustratrice ! Est-ce à cause de cela que l’histoire ne me transporte pas plus ? Texte et Image sont à mon sens deux mondes bien distincts (rares sont ceux à exceller dans les deux) ! Assez court, le récit se déroule sur 24 pages plus ou moins animées et interactives. L’ensemble graphique est inventif et créatif.
Mais alors quoi, Madame l’éditrice ? Tout est écrit dans le titre : “Princesse” et “prouts”. Si les princesses ont un peu tendance à me chatouiller les moustaches (de souris bien sûr) les prouts me donnent de l’allergie et j’éternue partout ! Bien sûr cela amuse les plus jeunes ! Bien sûr le sujet est léger, pas sérieux ; c’est audacieux, facétieux et il fallait oser (un peu facile aussi, j’en parlais ici, les prouts font vendre), mais l’écriture n’y est pas !

L’éditrice que je suis n’aurait pas retenu ce texte là (ceux de La Souris Qui Raconte sont plus ambitieux), mais elle reconnaît que ce livre numérique fait partie des perles de la littérature applicative et est heureuse de voir des ouvrages de cette qualité arriver sur le marché ! Les prouts font vendre… alors pétons, et bon vent à la princesse !

1
novembre
2011
Écrit par Francoise

Dans les contes de mon enfance, les princesses étaient toujours belles, douces et aimables, même si atteintes de maux étranges qui demandaient parfois l’intervention d’un Prince - dit “charmant” -. Mon imaginaire s’est enrichi des récits de belles Princesses et de Princes (également beaux). Ne faisant certainement pas figure d’exception, j’imagine qu’il en a été de même pour toutes les grandes personnes comme moi, et qu’il en est de même pour tous les plus jeunes, encore enfants ou à naître, jusqu’à ce qu’eux mêmes vivent heureux et aient beaucoup d’enfants ! Bref, vous l’aurez compris, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’il pouvait en être conté autrement.
La Princesse pas toute belle
Le Prince pas tout beau
et le Vendeur de Beauté

est un conte moderne, édité par Morey Editions, écrit par Dominick et illustré par Stéphanie Léon. Le titre de cet album ne cachant rien de ses intentions (il y est question de Princesse pas toute belle, idem pour les Princes et pour tout le royaume, et d’un maléfique voleur de beauté), j’ai d’abord été séduite par l’univers illustratif et graphique de Stéphanie Léon. Des images qui me font penser à Jérôme Bosch (à cause des petites bêtes farfelues peut-être) et à Tim Burton (Beetlejuice plus précisément).

C’est donc la couverture de ce titre, qui la première, m’a interpelée. Présenté comme Album illustré jeunesse sur le site Une autre rentrée littéraire, cela terminait de me convaincre de lire cet ouvrage, dans sa version numérique, chez notre distributeur commun immateriel.fr.

La première lecture m’a surprise. En effet, lorsque je lis des livres pour enfants (et je rappelle pour ceux qui ne suivent pas tout, que je suis moi-même éditrice de La Souris Qui Raconte), j’en redeviens une… et là, l’enfant que j’étais a eu du mal à rester petite. Un royaume où personne n’est beau, une Princesse et son mari de Prince pas tout beaux, la sœur de la Princesse, pas toute belle non plus et un vendeur de beauté qui va leur faire prendre des vessies pour des lanternes en jetant le trouble sur la condition de Luette, et par répercussion sur celle du couple royal ! Si l’illustration est surannée et donne beaucoup de charme au récit, l’écriture emprunte des formules qui alourdissent la compréhension d’un texte jeunesse (je le rappelle), où l’auteur semble avoir pris plus de plaisir à jouer avec les mots, qu’à produire un texte compréhensible :

Certains s’approchèrent incrédules sur le bon fait de vouloir devenir beaux, tandis que d’autres ne virent l’avantage d’être moins laids que son voisin qui n’était pas tout beau.

… Ce fut le plus beau tintamarre que la cour écouta et, croyez-en mes oreilles de mélomane, le plus pire de tous les concerts qui nous fut donné à entendre.

Cet ouvrage, se bonifiant à force de lectures, gagnera certainement en format papier. C’est donc sur ce support que je le préconiserais. Lisez-le, encore et encore, la morale est une jolie morale, et retrouvez à chaque page les magnifiques illustrations de Stéphanie.

Lu sur un iPad1 dans le cadre du Club des Lecteurs Numériques