Posts Tagged ‘appli’

1
avril
2013
Écrit par Francoise

Parce que le marché numérique jeunesse est particulièrement compliqué, chaque acteur essaie de trouver le bon angle d’attaque pour résister. Cas d’école !

X applications tierces regroupées dans une seule…
Lorsqu’un éditeur d’applications en crée une qui regroupe les produits de ses concurrents, on est en droit de s’interroger. Dubitative, après qu’une amie rencontrée au dernier Salon du Livre m’ait parlé de cette nouvelle offre de Chocolapps, je la télécharge illico et approfondis un peu le sujet. Parce que La Souris Qui Raconte expérimente elle aussi des modèles, et dans ce secteur, qui ne le fait pas, MyKidApps interpelle particulièrement. Soyons clair, ce n’est pas l’idée en soi qui me pose problème, elle est excellente, mais la méthode est, de mon point de vue, “sujette à caution” !
Pourquoi le leader du marché a-t-il créé une telle application et à quelles fins ? Philanthropie quand tu nous tiens !

Bisounours ou business ?
Entre le coût de production de l’application, l’éditorial et la mise à jour des données, combien celle-ci va-t-elle coûter ? Combien faut-il vendre d’exemplaires de chaque appli tierce avant d’amortir les dépenses ? Si mes sources sont exactes, Chocolapps ne touche que 4% des 30% pris par Apple. Même si une partie éditoriale est copiée-collée à partir de sites spécialisés dans la critique d’applications, ou bien directement de l’AppStore, tenir à jour une telle offre représente du temps, et n’a de réel intérêt que si elle se renouvelle quotidiennement. Enfin, alors qu’aujourd’hui Chocolapps est à la tête d’un fonds (énoooorme) de 56 applis iPad (applis découvertes incluses) et 73 applis iPhone (découvertes incluses également) il me semble normal de se demander s’il n’est pas juge et partie dans cette affaire.
L’éditeur n’ayant pas vocation au mécénat (ou alors j’ai raté quelque chose), ne nous la jouerait-il pas “businours” ?

Focus sur l’application
La première chose qui vous est demandée à l’ouverture de MyKidApps, comme pour toutes les autres apps de Chocolapps, c’est votre adresse mail. Cette demande récurrente de l’éditeur semble être son principal moteur marketing. Sinon, une fois passé la requête, que vous pouvez décliner, le contenu s’organise en trois catégories “Les bons plans” - “La sélection des spécialistes” - “La sélection MyKidApps” . La fiche produit contient les principales informations inhérentes à l’application, dont un bouton INFO. Celui-ci ouvre sur une page comportant elle-même d’autres critères, dont des liens de partage Facebook, Twitter et courriel.

3 types de sélections
Bouton INFO
Liens sortants

Sous couvert d’une communication toute tournée vers les parents et leurs enfants, l’éditeur nous ferait-il prendre des vessies pour des lanternes ?

La 1ère application proposée par des parents pour les parents et les enfants (1ère phrase figurant sur l’AppStore)

L’équipe myKidapps s’engage à être totalement libre et indépendante … Elle s’engage également à travailler dans le respect des enfants et des parents pour les informer de ce qui se fait de mieux blablabla… (pop-up à ouverture systématique dès lors que vous entrez dans l’appli)

Je ne suis plus parent de jeunes enfants depuis longtemps mais, dans un monde où tout fout le camp, je suis sensible à l’éthique, à la façon dont sont faites les choses, les valeurs qu’elles véhiculent.
Questions
Q1) pourquoi des sites majeurs comme Déclickids, IDboox et Applimini ne font-ils pas partie des “spécialistes” vantés dans l’application ?
Q2) pourquoi autant de liens sortants, alors que cette tendance est décriée par les parents eux-mêmes ?
Q3) quel est le sens caché de ce respect des enfants évoqué systématiquement à l’ouverture de l’application ?
Q4) pourquoi la sélection proposée est-elle majoritairement tournée vers des éditeurs anglophones (MTV Networks, Story Toys, Usborne…) ?

Les réponses que je vous livre sont celles d’une personne sensée qui réfléchit avant d’acheter et pense que la flagornerie (parce que vous le valez bien) cache toujours quelque chose.
R1) les sites mentionnés ci-dessus auraient-ils décliné la proposition, à contrario des autres “spécialistes” ? Désaccord sur le fond ou sur la forme ?
R2) les parents deviennent prescripteurs le temps d’une recommandation faite via FB ou Twitter
R3) je bloque sur cette histoire de respect des enfants. Evidemment que l’on ne va pas leur donner à voir des applications non appropriées, mais on met quand même sous leurs petits doigts curieux, des liens sortants qui les dirigent direct sur le FB de maman ou le Twitter de papa. N’y a-t-il pas un truc qui cloche là ? MyKidApps s’engage, mais à quoi précisément ? Quels sont les critères de ce qui se fait de mieux ? Ça mériterait d’être un peu plus explicité puisque c’est ça l’argument de vente.
R4) le marché anglophone est bien plus en avance que le marché francophone, bien plus ouvert et réceptif aussi. Privilégier les développeurs outre Manche ou outre Atlantique, c’est du business, mais soyez assurés parents, ici on choisit pour vous !

Pour résumer
L’idée était bonne, la façon de la délivrer plus discutable. Les ressources fournies par des éditeurs tiers (ont-ils été consultés au passage ?) ne sont-elles pas utilisées en priorité pour 1) collecter des adresses 2) faire connaître MyKidApps par le biais des liens sortants, et donc faire connaître Chocolapps ? Je ne vois rien de désintéressé dans cette mécanique qui lui profite d’abord. Les adresses sont-elles redistribuées aux éditeurs tiers, par exemple ? Je pense que le business model de cette application n’est pas le chiffre d’affaires qu’elle va générer, mais la collecte d’adresses qu’elle va permettre de réaliser et qui profitera à l’ensemble du fonds, présent et à venir de Chocolapps.

Si toute cette diatribe n’était que pure élucubration de ma part, je vous prie d’ores et déjà de m’en excuser, et vous donne la parole pour éclaircir les points noirs de mon argumentaire suspicieux !

27
mars
2013
Écrit par Francoise

Surtout lorsque tout est à inventer !

Depuis le lancement de la première salve d’applications iPad / Android (Amazon est venue après) avec Conte du haut de mon crâne en juin dernier, force est de constater que les choses ne sont pas facile-facile dans cet univers numérique !
Au détour de mes promenades sur les différents stores, je constate des changements de décor amusants. Concernant l’AppStore, alors que certains étaient référencés dans la rubrique “livres” ni vu ni connu, ils passent dans la rubrique “enseignement”… D’autres, présents sur l’iBookStore en epub, débarquent sur l’AppStore en appli… Bref tout le monde se cherche, essayant des modèles, en changeant ! Si vous avez un peu de temps et êtes passé à côté, je vous renvoie à mon “coup de gueule” sur certaines pratiques et leurs conséquences. Ce petit préambule pour vous expliquer mes propres errances et quels modèles mettre en place pour être vu !

Or donc, début mars, j’étais invitée à une formation chez Apple pour découvrir le logiciel iBooks Author. Nous nous sommes retrouvés une trentaine de participants pour 3 journées passionnantes. Accueil hyper chaleureux, viennoiseries et déjeuner offerts… bref le grand luxe, à telle enseigne que je n’ai pas pu m’empêcher de me demander la finalité de ces journées et ce que Apple pouvait bien en attendre (j’ai évidemment ma petite idée). La Souris Qui Raconte avait déjà édité un livre avec IBA (iBooks Author), un catalogue plus précisément. Mais l’envie m’a prise de faire un livre en utilisant les connaissances supplémentaires acquises durant ces trois jours. Et surtout de l’utiliser pour donner une autre visibilité à mes applications.

Evidemment, vous qui me lisez, qui connaissez et appréciez les éditions La Souris Qui Raconte ne serez pas forcément intéressés par cet ouvrage, compilation enrichie de quiz de 4 extraits des livres de la collection “à lire” LSQR. Ces extraits, accessibles en ligne, ou bien sur l’AppStore, sont racontés différemment. Peut-être toucheront-ils un public qui ne connaît pas encore La Souris Qui Raconte, c’est l’idée en fait ! Nous verrons bien si ces nouveaux lecteurs ont envie de découvrir la suite de l’un ou l’autre des 4 livres numériques pour enfants !

Petit bémol de l’affaire, les livres réalisés avec IBA ne sont lisibles que sur iPad, ce qui pose tout de même un vrai problème d’interopérabilité. Dommage, parce que c’est d’une grande simplicité d’usage, et publier des livres dans ce format est rapide et très économique ! A suivre donc pour le tome deux qui concernera les livres de la collection “à jouer”. En attendant vous pouvez vous procurer cet opus gratuitement ici. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !