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Vendredi dernier me voyait quitter mon bureau clamartois aux aurores (7h15 c’est tôt non ?) direction la bibliothèque départementale d’Amiens, pour une présentation des ressources de La Souris Qui Raconte face à une dizaine de bibliothécaires.
Peut-être vous souvenez-vous de mon article concernant le salon d’Albert qui s’est tenu dans la Somme le 18 octobre dernier. Organisée par l’ABF (Association des Bibliothécaires de France) Picardie, cette journée destinée aux bibliothèques, m’avait permis d’en rencontrer certaines, que j’ai retrouvées vendredi avec plaisir.
Céline Meneghin, directrice de la bibliothèque départementale d’Amiens, après avoir souscrit à 10 abonnements pour son département, m’a sollicitée pour une démonstration collective des ressources de La Souris Qui Raconte et de son site dédié aux seules collectivités. Je suis arrivée dans la salle de projection (PC + video-projecteur) où tout mon petit monde était installé afin de présenter plus en détail notre offre : livres numériques, collections, auteurs/illustrateurs… et comment se l’approprier.
Ceux qui me connaissent un peu savent que je ne suis jamais trop à l’aise en présentation publique ! Le trac toujours ! C’était sans compter sur l’accueil que m’ont réservé les quelques 10 paires d’yeux et d’oreilles, attentives à mes démonstrations, et à la qualité des œuvres présentées (parce que oui, les livres que je publie génèrent de l’émerveillement auprès d’une assistance experte en littérature jeunesse) ! La matinée était dévolue à la présentation de la maison, sa genèse, puis à la lecture des livres de la collection à jouer avec Antiproblemus veut sauver la Terre, Conte du haut de mon crâne, Le Père Noël débutant, Thibaut au pays des livres, Je suis le nombril du Monde, Les deux rois, la sorcière et le sage, Le Livre Papillon… et quelques autres encore. S’il n’est rien besoin de dire à un jeune lecteur concernant la manipulation des livres LSQR, il n’en va pas tout à fait de même avec les adultes. Nous avons donc décortiqué certains titres, découvert les interactions, expliqué pourquoi et comment elles enrichissent le récit pendant deux heures environ.
L’heure du déjeuner, a elle aussi été un moment privilégié. Céline, accompagnée de Sabrina Durmont-Fellows, directrice adjointe à la BDS, m’ont conduite dans une brasserie typiquement picarde. Tout en déjeunant dans des effluves de frites et de maroilles chaud (dans mon assiette, si, si), nous avons abordé le sujet du troisième livre de la collection « Histoires d’écoles » prévu pour une sortie en 2015. Une résidence d’auteur-illustrateur (qu’il me faut trouver dans mes équipes) sera proposée pour 3 mois pendant lesquels, à raison de 5 jours par mois, celui-ci (ou celle-là) se rendra dans les écoles du département. Un projet formidablement excitant sur lequel je reviendrai bien évidemment ! Céline et Sabrina ont aussi évoqué le taux d’illettrisme dans leur département (l’un des plus touchés de France) et leur rôle face à ce fléau. Deux femmes épatantes, investies à fond dans leurs missions, regorgeant d’idées pour proposer des axes de réflexion en vue d’améliorer les conditions culturelles des citoyens du département. Une leçon d’humilité dénuée de tout misérabilisme !
14h15, en retard (excusez-nous… femmes passionnantes… bavardes… sujets brûlants), retour dans la BDS pour une après midi qui a commencé par Louise ou la vraie vie et le projet de l’histoire d’écoles. Ensuite les 3 livres numériques de la collection « à inventer » ont été décortiqué avec soin (et intérêt une fois encore). L’après-midi s’est terminée sur les livres de la collection « à lire ». Nécessitant moins d’explications, nous avons conclu avec les applications pour tablettes.
Une belle journée en vérité, avec des médiateurs et médiatrices assumant parfaitement leurs rôles : IN-VES-TI, le maître mot de cette journée !
L’une d’entre elle se voyait déjà organiser des soirées pyjama autour des livres de La Souris Qui Raconte !
Merci encore à toutes les personnes présentes, et plus particulièrement à Céline Meneghin.
Si vous aussi (bibliothécaires de tout poil) souhaitez organiser ce genre de rencontre, c’est avec grand plaisir que je ferai le déplacement. La médiation est aussi essentielle dans le livre numérique que dans le livre papier !
L’édition d’un livre cache bien des secrets inhérents à sa confection, même lorsqu’il s’agit de livres numériques. Marine Locatelli, auteur de « Le Livre Papillon » et Claire Fauché nous livrent ici quelques confidences sur l’élaboration de leur œuvre.
Marine parlez-nous de votre Papillon. Comment l’idée de ce livre vous est-elle apparue ?
Je me souviens d’un instant du quotidien… j’observais un papillon voler en pleine nature, dans la lumière du soleil… et j’ai imaginé un livre à sa place… j’ai vu des lettres voler autour… et j’ai laissé mon imaginaire voguer sur sa vague créative… c’est un voyage à bord d’un voilier et vous ne savez pas en embarquant pour quelle destination vous partez. Les papillons m’inspirent toujours. Souvent, je dis aux enfants qu’ils sont les pensées des fées… Vous imaginez toutes ces pensées qui volent autour de nous !?… (rires) Paolo, l’enfant poète du Livre Papillon a surgi dans un second temps. J’ai pensé à un enfant qui confiait les mots de son coeur à un livre. Et ce Livre peut voler parce que les mots de Paolo viennent du cœur. Ses mots donnent vie au Livre.
J’aime écrire avec ma plume et pianoter des histoires sur un clavier d’ordinateur, aussi j’ai souhaité relier le monde du livre numérique à la légèreté de jeux de mots, de sons, de notes de musique et d’images très animées… c’est comme écrire une partition d’émotions avec des temps de silence, de recueillement aussi. Et j’ai relié des enfants grâce au Livre Papillon qui tisse des liens magiques d’amitié. Paolo est seul au début de l’histoire, c’est un point fort. On ne peut pas vivre heureux sans lien avec les autres. Un ordinateur est un outil, il ne remplace jamais la rencontre avec les autres. Aujourd’hui, je m’interroge sérieusement sur les liens que créent les jeunes ados avec facebook, les réseaux sociaux. Un monde virtuel de faux amis. Où sont les amis ? Où sont les rencontres ? Celles qui vous nourrissent par leurs échanges, le partage, la complicité, la coopération, la compréhension, l’empathie… beaucoup sont seuls derrière leur écran comme Paolo. Je souhaite que des fenêtres s’ouvrent et que le lien à l’autre soit cultivé pour grandir ensemble. La rencontre de Paolo et de la p’tite Lilly a bouleversé leur vie… Je ne peux vous révéler ce pourquoi ici… Le Livre Papillon dévoilera ce mystère aux lecteurs curieux et amoureux des mots comme nous.
Imaginiez-vous que Claire en ferait une œuvre tellement riche avec ses nombreuses références (sous forme de clin d’œil, « Conte du haut de mon crâne » trône sur les étagères de la chambre de Paolo, mais pas seulement) ?
On parle d’effet papillon lorsqu’il se produit quelque chose sur notre Terre et qu’on observe les répercussions de l’autre côté de la planète. Eh bien, c’est un peu ce qui s’est passé dans notre aventure… Le Livre Papillon a eu des effets inattendus sur Claire… Il lui a donné une paire d’ailes invisibles comme à la p’tite Lilly de l’histoire. D’ailleurs, Claire ressemble à la p’tite Lilly que j’ai créée. Claire a joué à la folie chaque situation. Je l’imagine en cuisine avec tous les ingrédients qui feront une recette détonante. Elle s’est transformée en fée sorcière de la technologie. C’est pas rien ! Je souhaitais des surprises avec des animations drôles, j’avais évoqué avec vous différentes possibilités. Elle est allée beaucoup plus loin comme si elle était rentrée dans le décor. Elle s’est envolée. Littéralement. Elle a travaillé la mise en scène en créant des images émouvantes comme dans un dessin animé. L’ensemble est un concert très gai, les mots virevoltent parfois dans l’image. Avec des moments de fête inédits ! Et des scènes surréalistes. J’aime tendrement le hérisson de Paolo que Claire a dessiné et qui apparaissait dans l’un des poèmes. Elle a donné vie à ce petit hérisson mignon qui partage à présent le quotidien de Paolo. Aussi pour Claire, je souffle une bougie. Les volutes de fumée dessinent un cœur dans lequel un mot chaleureux et scintillant apparaît : Merci !
Vous écrivez surtout des scénarii, le lecteur ne sait pas toujours ce que c’est. Quelles sont les différences majeures entre l’écriture d’un scénario et celle d’un livre comme « Le Livre Papillon » ?
En fait j’ai découpé l’histoire du Livre Papillon comme un court scénario dès le début de l’écriture. C’était spontané. Le lecteur peut observer un montage parallèle construit avec d’un côté Lilly qui découvre les poèmes secrets de Paolo et de l’autre, l’enfant poète à la recherche de son précieux livre disparu. L’histoire avance sur la base de cette structure : où est le livre Papillon ? Comment le retrouver ? D’où les rencontres étonnantes qui surgissent en nourrissant la narration.
Je souhaitais créer un rythme musical dans cette histoire. Un rythme avec les mots, un rythme avec les images comme dans un scénario d’animation. Des scènes brèves et fortes en émotions. Avec une accélération progressive. Claire a bien senti cette atmosphère installée et elle a joué sa carte d’illustratrice animatrice avec ingéniosité. Au final, on se rapproche d’une histoire scénarisée, plutôt que d’un livre. C’est ainsi que j’imagine les livres numériques. Car avec l’image animée, on entre dans une dimension différente. L’attention des lecteurs peut être davantage retenue. Et en créant des espaces de respiration et des souffles inattendus dans la narration numérique, l’histoire s’étoffe d’une dimension émotionnelle bouleversante. C’est la différence entre le livre numérique et le livre papier. Dans l’avenir, la frontière entre livre numérique et cinéma va s’estomper. C’est à nous de tisser sa magie !
Avec Noël et les fêtes qui approchent, quel(s) souhait(s) faites-vous pour l’envol du Papillon ?
Que chaque enfant lecteur du Livre Papillon fasse un vœu qui lui porte Bonheur !
Et vous ma chère Claire, après « Conte du haut de mon crâne », ses 9 mois de gestation et la promesse de ne pas rechuter, « Le livre papillon » vous a finalement demandé autant de temps, vous y avez parsemé autant d’interactions et d’animations et plein-plein de clins d’œil à l’esprit very british ! Pour notre plus grand plaisir, vous n’avez pas su résister, pourquoi ?
Ahh, je voulais tellement faire plus simple et vite ! C’est pourquoi j’avais prévu de réduire les animations compliquées. J’avais d’autres travaux en parallèle, cela a aussi joué sur le rythme de la production. Pendant le développement du Livre Papillon, Conte du haut de mon crâne faisait son compte-rendu en tant qu’application, j’ai pris conscience du succès des animations en écoutant mon entourage et lisant les critiques. J’ai aussi fait mes petites études en testant plusieurs apps. Mes préférées restent celles qui regorgent de petites animations, de détails et de petits jeux interactifs comme Lil’ Red. J’aime me dire que c’est l’essence d’une histoire interactive. Sans animations et jeux, elle ne serait qu’une histoire illustrée.
Parlez-nous de votre travail sur ce livre en comparaison de Conte ? Qu’elles en sont les principales différences, et cela valait-il le coup ?
Sur Conte, on m’a reproché le tracé noir qui certes collait parfaitement à l’histoire, mais plombait un peu l’ambiance. Le Livre Papillon se devait d’être frais et léger, j’ai joué sur les couleurs vives sans trait de contour.
Pour Conte, j’ai illustré au stylo, puis scanné, vectorisé, corrigé tous ces traits, puis mis les couleurs sur “Illustrator” avant de passer sur “Flash” mais c’était un travail de titan : fastidieux, parfois inutile et pas toujours réjouissant.
Pour Le Livre Papillon, après avoir fait quelques croquis préparatoires au crayon, j’ai directement dessiné à la tablette et posé les couleurs sur Flash. Heureusement, qu’on retient ses leçons… C’était plus rapide à réaliser mais du coup, moins précis et parfois maladroit car moins habile dans la technique.
De quel personnage vous sentez-vous la plus proche ? Pouvez-vous nous en expliquer les raisons ?
On me dit que Lilly me ressemble… forcement, je me suis inspirée de mes photos d’identité quand j’avais son âge. Je lui ai dessiné des tenues colorées, prêté mes expériences d’enfant, donné beaucoup de personnalité dans ses gestes pour rester en adéquation avec l’esprit de l’histoire : une petite fille enjouée pleine de confiance en elle. Mais Leo est mon préféré. Je me suis raccrochée au peu d’éléments le decrivant. Il est sportif (il fait du vélo) mais il aime aussi jouer avec les mots, le français. Assez à l’aise et curieux pour appeler Paolo, mais plutôt peu bavard et réfléchit dans sa nature. Comme il est le seul à ne pas avoir de caractéristiques physiques précises dans le texte, j’ai pu lui donner une peau noire et un beau volume de cheveux. Je le trouve très beau.
Je sais que vous attendez toutes les deux la sortie d’une application de ce livre. Quelles différences voyez-vous entre « Le Livre Papillon » pour le web et le même « Livre Papillon » pour les tablettes ?
Marine : Je pense au lecteur avec une tablette, assis confortablement dans un canapé, à côté d’une personne de sa famille, partageant ce moment de lecture… il peut lire l’histoire en touchant simplement l’écran, jouer du bout de ses doigts avec les animations qui sont nombreuses… tracer avec son index les lettres qui s’affichent au fur et à mesure sur l’une des pages… ça crée une approche vraiment différente à l’histoire, ce n’est pas comme cliquer sur une souris. Toucher un personnage du bout des doigts, ça vous rapproche de lui… même s’il est virtuel…
Claire : J’entends beaucoup de parents prêts à laisser leurs enfants devant une tablette mais certainement pas devant l’ordinateur. Peut-être est-ce du à l’image négative que peut véhiculer l’ordinateur comme l’est la télévision, contrairement à la tablette encore « jeune ». Un point important, on peut couper internet avec une tablette et toujours avoir la possibilité de jouer avec les applications – à l’occasion d’un voyage en voiture ou en train - contrairement à la consultation web qui recquiert une connection internet permanente. Aussi celui-ci demande un effort conséquent : il faut allumer son ordinateur, créer un compte, écrire ses coordonnées, acheter l’histoire… alors que de plus en plus de personnes passent par leur smartphone et quelques clics suffisent pour acheter l’application. Pour finir, le point le plus négatif : Apple qui domine le marché, restreint l’utilisation de FlashPlayer. C’est bien dommage car Flash est le meilleur logiciel en terme d’interactivite, d’animations, de qualité.
Merci à toutes les deux pour le plaisir que vous m’avez fait en faisant de ce livre un petit joyau « web » et j’espère bientôt « tablette » !
Pendant toute la durée du salon de Montreuil, « Le Livre Papillon » est gratuit avec l’achat d’un autre livre de la collection à jouer bon de réduction « Envol-du-papillon ».
Presque deux ans se sont écoulés entre Louise ou la vraie vie et ce deuxième projet d’école qui a démarré hier au collège Grange-aux-Belles de Paris 10e !
L’idée, initiée par Sonia de Leusse-Le Guillou, directrice de l’association Lecture Jeunesse, entourée de deux enseignantes, une professeur de français et une enseignante documentaliste, a muri pendant l’année scolaire 2012-13.
Suite à plusieurs rencontres, la première le 8 avril à Paris, pour présenter La Souris Qui Raconte à Lecture Jeunesse, et la deuxième à l’occasion d’une journée professionnelle à Mâcon le 23 mai, Sonia a souhaité que nous lui apportions nos compétences éditoriales et techniques sur l’élaboration d’un livre numérique scolaire. Le choix s’est porté sur une classe de 5e, composée de 19 élèves, qui a jusqu’à fin avril 2014 pour concevoir son œuvre. Ecriture, illustration, lecture, musique ; mais pourquoi pas aussi, photos, films… Soyez créatifs les jeunes… presque pas de contraintes !
A l’instar de Marco Polo dans “Les villes invisibles” d’Italo Calvino, les élèves devront rédiger leur voyage sous des formes littéraires diverses et construire ensemble leur propre monde imaginaire. Une bien belle idée de l’enseignante de français, qui nous l’espérons, les séduira. Pour mettre encore plus de fun dans l’affaire, nous leur demanderons également de communiquer autour de leur création grâce à un compte Twitter qui sera créé pour l’occasion !
La principale innovation de ce livre numérique sera d’en faire deux versions simultanément avec le même contenu. Un sera lisible sur iPad et réalisé avec iBooks Author (pour ce faire la classe disposera d’un Mac et de deux iPad) et l’autre sera lisible en ligne sur le site LSQR dans la collection “Histoires d’écoles”. Je ne doute pas de la curiosité des élèves quant à la production d’un livre avec IBA et je gage que les faire twitter, les incitera à veiller à l’orthographe de leurs 140 caractères !
D’autres nouvelles de ce projet vous parviendront au fur et à mesure de nos réunions de travail ! La prochaine a lieu le 19 décembre. Nous présenterons La Souris Qui Raconte aux élèves qui auront déjà eu l’exposé des grandes lignes du projet par Sonia la semaine précédente.
Je suis emballée par cette nouvelle collaboration. Ravie à l’idée d’ouvrir de nouvelles perspectives aux élèves. Heureuse et fière ! Merci encore Sonia !
Cette journée professionnelle du réseau du livre, organisée par le département de la Seine-Saint-Denis et Le Motif, s’est tenue le 19 septembre dernier à l’espace d’Anglemont aux Lilas. L’idée générale de la journée, informer et questionner autour des problématiques numériques en bibliothèque. Vaste programme au vu des nombreuses réactions !
Je ne m’attarderai pas trop sur la matinée, fort intéressante au demeurant, mais plus éloignée des préoccupations propres à La Souris Qui Raconte.
Après le discours d’ouverture, partagé entre Emmanuel Constant (Vice-Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis chargé de la Culture) et Serge Guérin (Président du Motif et conseiller régional d’Île-de-France), nous avons écouté la restitution de l’expérimentation des prêts de liseuses et tablettes en Seine-Saint-Denis. Une restitution, dont les résultats mitigés, montrent à quel point la route est encore longue. Ensuite, la présentation de la Medi@tic, plateforme pour les bibliothèques de Plaine Commune, a fait mouche auprès de l’auditoire. Véritable apologie de CVS, fournisseur officiel de la plateforme et, au passage, diffuseur de l’offre à distance de La Souris Qui Raconte pour l’édition numérique jeunesse en bibliothèque, la démonstration qui mettait l’accent sur la simplicité d’usage et de mise en œuvre a largement séduit. Inutile de dire que je buvais du petit lait et je n’ai pu m’empêcher de savourer le succès de la démonstration ! Parce que CVS se met au service du client (en l’occurrence la bibliothèque) et apporte un service clé en main, qui, forcément, séduit. Cette question de simplicité d’utilisation ou d’offres clé en main reviendra comme un leitmotiv pendant toute la journée. Puis s’est glissé dans le déroulement de cette matinée, entendez par là que son intervention n’était pas clairement annoncée dans le programme, une autre présentation de bibliothèque, celle d’Aulnay-sous-Bois (une des expérimentatrices de prêt de liseuses). Le responsable de la médiation numérique, nous a rendu compte de l’expérience en nous présentant une “Madame Michu” bien désemparée face à toute cette technologie. Les adhérents des bibliothèques sont encore, pour la grande majorité, de parfaits néophytes. Et leurs demandes, au-delà de l’intérêt de la découverte, portent essentiellement sur des questions techniques. On est donc très loin du classique emprunt du livre, objet remarquablement simple et rassurant s’il en fut, et qui, ô indicible bonheur, ne nécessite aucune explication de prise en main !
Enfin, Sylvie Vassalo (Directrice du Centre de Promotion du Livre Jeunesse) a clôturé la matinée. En revenant, avec une certaine maestria (la clé USB qui devait lui servir de support refusant obstinément de restituer ses données), sur les expérimentations numériques du SLPJ, à savoir la tablette XXL et la Biblio-connection (ou comment explorer d’autres manières de lire), Sylvie Vassalo nous a présenté a capela les deux expérimentations en cours.
Et puis, c’est la pause déjeuner. Nous nous retrouvons un petit groupe, majoritairement des bibliothécaires (évidemment) autour de japonaiseries et alors que je déguste ma brochette de thon grillé, je ne peux m’empêcher de revenir sur un point évoqué à plusieurs reprises durant la matinée. La question du chargement des “device” en ressources ! Une ressource pour 5 “device” ! Ça a été dit, redit, qui par Le Motif, qui par un bibliothécaire, qui par un éditeur (l’après-midi). Alors que je m’étonne et ne peux m’empêcher de rappeler que cette option proposée par Apple et consort est exclusivement à vocation privée pour une utilisation familiale, les personnes attablées avec moi (des bibliothécaires pour ceux qui ne suivent pas) abondent dans mon sens. Le débat est ouvert, et les échanges vont bon train. Le commentaire le plus sain que j’ai entendu est celui d’une bibliothécaire du réseau des bibliothèques parisiennes, qui faisait valoir le rôle essentiel de la bibliothèque dans sa mission d’exemplarité face à l’émergence de cette nouvelle économie.
Les échanges reprennent à l’heure, 13 heures 30, avec sur le plateau François Rouyer Gayette (CNL), Stéphane Michalon (ePagine), Philippe Touron (librairie Le Divan), Sophie Perrusson (CAREL) et Florent Souillot (Flammarion), appelé au pied levé semble-t-il pour remplacer Vincent Marty (Dilicom). Le sujet : le projet PNB (Prêt Numérique en bibliothèque). L’énoncé du dit sujet est assez obscur, et les protagonistes, dont j’ai personnellement du mal à comprendre le discours parfois (je ne donnerais pas de nom mais les présents dans la salle sauront forcément à qui je fais allusion), donnent le sentiment de ne pas parler de la même chose. C’est pourtant simple :
Les libraires doivent être en mesure de présenter des offres de livres numériques aux bibliothèques. Le projet PNB vise à faciliter les interactions entre les éditeurs, les libraires et les collectivités.PNB : Un projet essentiel au service de l’interprofession mis en œuvre par DILICOM. Il nous a paru nécessaire que les libraires, partenaires naturels des bibliothèques et des éditeurs, restent impliqués dans le développement de la lecture publique. C’est pourquoi, avec le soutien du CNL, nous développons une offre de service que nous avons appelée Prêt Numérique en Bibliothèque. Ce projet s’inscrit logiquement dans le prolongement du hub Dilicom qui assure depuis 2010 les échanges d’information et les transactions relatifs aux livres numériques entre les e-distributeurs et les libraires.
La dichotomie des acteurs, Dilicom/Flammarion Vs ePagine/CAREL, même si ceux-ci sont pertinents, me laisse assez dubitative. Comment se passe la discussion ? Tout le monde à pied d’égalité ? Une voix Flammarion = une voix ePagine ? J’en doute, mais vous me connaissez maintenant, je suis curieuse ! Bref ! Cette affaire a un goût de revenez-y avec en toile de fond le fiasco de 1001 Libraires. Je n’ai aucune idée de l’aide qu’apporte le CNL au projet. Et je préfère ne pas le savoir, tant je crains que cela me contrarie (rapport à l’aide zéro octroyée aux petits éditeurs pure-player). Et les bibliothèques dans tout ça ? Et le lecteur ? Il est où le lecteur ? Parce qu’évidemment on parle encore et toujours d’auto-dégradabilité et de DRM ! Deux points très noirs dans le processus d’achat (pourquoi en serait-il autrement pour du prêt) d’un livre numérique. Alors oui, la profession avance, mais la profession continue de faire la sourde oreille, et lorsque dans la salle, la question est posée sur l’harmonisation par TOUS les éditeurs d’un seul et même process mis à la disposition des bibliothèques, la réponse est juste politiquement correcte. Aujourd’hui le projet est menée par Gallimard (qui au-delà de détenir Flammarion, détient également la librairie Le Divan -tiens, tiens-), si d’autres éditeurs veulent se joindre à nous, ils sera temps d’en reparler. J’ai senti comme un flottement dans la salle !
Le feu d’artifice de la journée a été apporté par Philippe Chantepie, chargé de mission stratégie-prospective au Secrétariat général du Ministère de la culture et de la communication. J’ai franchement regretté que les invités de la précédente table ronde aient déserté l’auditoire. Ce personnage, haut en couleur par sa verve et son humour, aurait pu ébranler la question de la nécessité du chantier sur lequel ils œuvrent, et qui va coûter une blinde ! Dans tous les cas, il m’a ébranlée ! Ce que j’ai retenu de la démonstration peut se résumer très simplement. On lit de moins en moins, et ce n’est pas près de changer. Au fil du déroulé de son power point (malheureusement assez illisible, trop de textes, schémas, courbes ; on était forcé d’écouter, du coup), Philippe Chantepie nous démontre deux choses essentielles:
1) Des individus ont les mêmes comportements qu’ils aient 20, 30, 40 ou 50 ans. Ils regardent la TV à 20 ans, ils la regarderont à 50 et plus. Ils ne lisent pas à 20 ans, ils ne liront pas à 50 et plus !
2) La transmission de la lecture est sexuée. Une mère montre l’exemple à sa fille, un père à son fils. Les statistiques indiquent que c’est la femme qui aujourd’hui est plus encline à lire, l’homme lisant de moins en moins, voire plus du tout, dans les catégories socio culturelles basses. Il ne transmet donc pas ce graal à son fils. On va donc vers un appauvrissement, pour ne pas parler d’un tarissement complet de la lecture masculine pour les siècles des siècles (si l’on tient compte du point n°1). Comment endiguer le phénomène ? Evidemment personne n’a la réponse. Avoir des bibliothécaires masculins, et faire passer la lecture cause d’utilité publique… deux idées en l’air !
Dans tous les cas, j’espère bien que le fichier qui nous a tous laissé rêveur, vous pouvez vous en douter, sera disponible sur le site du Motif ou encore de l’espace d’Anglemont. Les prestations des uns et des autres ayant été filmées, j’imagine que nous aurons un debrief complet que je ne manquerai pas de rapporter ici également.
Petit scoop de la rentrée pour tous les fans de La Souris Qui Raconte.
VendrediSouris change sa formule. D’hebdomadaire, elle passe à mensuelle ! Question de vous faire bouillir d’impatience d’une opération à l’autre ! Ça recommence demain, Vendredi 13, un chouette jour ! Si vous êtes malin, assidu, pugnace (j’aime bien ce mot), vous ne devriez pas perdre au change !
Je vous explique tout en quelques mots.
1) Ça se passe sur le site où vous pouvez d’ores et déjà découvrir au gré de vos envies 27 titres tous aussi bien les uns que les autres (pour les nouveaux, faut bien tout expliquer on m’a dit) ! Croyez-moi, votre choix va être compliqué ! Perso, si je ne connaissais pas mon catalogue, je commencerais à feuilleter les extraits gratuits dès maintenant !
2) Une fois votre livre numérique choisi (celui que vous ne recevrez jamais dans votre boîte aux lettres), il faut créer un compte, si vous n’êtes pas encore identifié… et là c’est ici.
3) Ensuite, vous retournez chercher votre livre. Vous cliquez sur Achetez l’histoire, et vous inscrivez dans le champ Référence du bon de réduction Vendredi13, ensuite vous faites Recalculer, et comme chez La Souris Qui Raconte on sait très bien compter, hop vous êtes à zéro (n’oubliez pas de valider les CGV, sinon vous allez vous faire tirer les oreilles).
4) Remerciez La Souris Qui Raconte pour ses largesses. Mine de rien vous avez reçu un livre en CADEAU !
Il ne vous reste plus qu’à vous rendre dans votre bibliothèque… et lire de bonheur !
Cette image pourrait tout à fait illustrer les vacances, si elle n’illustrait le prochain conte interactif édité chez La Souris Qui Raconte ! Reconnaissez-vous le style ? Claire Fauché nous réserve une bien jolie surprise sur un texte papillonnant de Marine Locatelli.
Mais en attendant, comme Claire prend son temps, et je lui pardonne bien volontiers compte tenu du résultat, votre serviteur (servitrice ne se dit pas et serveuse c’est autre chose) va prendre un peu de
V
VA
VAC
VACA
VACAN
VACANC
VACANCE
VACANCES
Depuis la création de La Souris Qui Raconte, je ne me suis pas permise ce genre de fantaisie. Alors là, j’étire le mot, le distille, le décline lettre à lettre pour le faire durer et bien en profiter !
Ceci pour mieux vous retrouver dès le premier septembre avec des nouvelles… nouvelles ! des livres numériques… numériques ! et une tonne de plaisir à partager avec vous tous.
Bonnes vacances !
Quatre capitales pour un livre-jeu très tendance ! Et la surprise de le recevoir dans ma boîte aux lettres, amicalement dédicacé par Carole Boréal.
Carole et moi, c’est une histoire qui remonte à la genèse de La Souris Qui Raconte. Quatre ans, comme les quatre capitales ! Sortie de la prestigieuse école Penninghen, que je fis en mon temps, Carole, c’est d’abord une rencontre autour d’un livre, Polo le clodo, et la foi en une aventure extraordinaire, la nôtre, celle de La Souris Qui Raconte, maison d’édition de livres numériques pour la jeunesse ! Je vous assure qu’elle y a cru dès le départ !
Il est donc juste de rendre hommage à son talent en vous parlant de son premier livre (papier), édité aux éditions amaterra ! J’♥ Paris Rome Berlin Londres, mon livre tendance propose au lecteur de découvrir les spécificités de ces quatre capitales en s’appropriant chaque page. Ce livre lui ressemble graphiquement et typographiquement. En plus il est intelligent car il associe jeu, créativité et culture générale !
Un moyen ingénieux pour préparer leur voyage linguistique ou leur offrir de bons moments culturels et créatifs.
Savez-vous qui sont les Ampelmännchen par exemple ? Rendez-vous page 93 !
Que de chemin parcouru depuis 2010… Aujourd’hui 1er juin 2013 La Souris Qui Raconte a trois ans ! Serpentins et confettis !
Aventure : événement fortuit, de caractère singulier ou surprenant qui concerne une ou plusieurs personnes (définition Larousse).
Lorsque je me suis lancée dans celle de La Souris Qui Raconte, je n’avais pas vraiment idée de là où je mettais les pieds. C’est entourée des auteurs et illustrateurs formidables que j’en ai écrit le récit, demandant à chacun d’eux, de jouer sa propre partition. Et ils l’ont jouée avec talent ; textes, images, voix, animations… Dans une belle harmonie ! Merci à eux tous, sans qui LSQR n’aurait pu se réaliser !
Mais l’accomplissement est laborieux, fait de grands moments de solitude et d’incroyables autres moments d’exaltation… Les plus importants ! Ce sont évidemment ceux-là que je veux garder en mémoire. Les rencontres humaines avec tous les contributeurs LSQR bien sûr, mais aussi les enfants, les parents, les collectivités qui adhèrent et soutiennent le concept. Les prix, les passages télé, les articles de presse… cautions rassurantes qui font paraître moins abrupt le chemin qui reste à parcourir.
Hier a été mis en ligne le 27e titre de la maison. 27 livres numériques, 7 adaptations sous forme d’applications, 3 livres au format e-pub ! Evidemment c’est bien… mais au fond, je sais aussi que c’est trop peu !
En attendant de pouvoir faire plus, souhaitons un bel anniversaire à La Souris Qui Raconte. Souhaitons-lui de continuer sa route avec entrain ! Souhaitons-lui de rencontrer encore plus d’enfants lecteurs, encore plus de parents et de collectivités surpris par ses créations ! Souhaitons-lui de relever les nombreux défis qu’elle s’est fixés pour continuer à faire parler d’elle !
Parce qu’elle aime ça, vous épater !
Quelle bibliothèque peut aujourd’hui faire l’impasse sur le livre numérique ?
De nombreuses actions s’organisent, pour comprendre, faire connaitre, montrer, explorer, découvrir… même si cela reste compliqué. Avez-vous lu les “actes” du Bookcamp Jeunesse du 11 avril dernier, l’atelier 3 était intitulé “Quelles médiations numériques en médiathèque jeunesse ?” , un sujet qui fait débat !
Si l’on reste encore dans l’expérimentation, on se rend compte que les éditeurs numériques jouent le jeu. Ils participent ! Cela n’arrondit pas les fins de mois, mais donne une certaine visibilité, et surtout, montre s’il en était encore besoin, que le numérique jeunesse produit des contenus que les bibliothèques revendiquent !
Des lieus : la BnF, et ses histoires de livres magiques (prochain RV le 29 mai) ; la bibliothèque Municipale de Lyon avec RéCréation, un village virtuel dédié au numérique…
Des rendez-vous : Mâcon, le 23 mai. Sous forme de journée d’étude, nous explorerons “la littérature jeunesse à l’heure du numérique” !
Le point commun de ces petites informations distillées ici, la participation obstinée de La Souris Qui Raconte, qui s’insinue doucement dans ces lieus publics donnant accès à l’information, aux idées et aux œuvres de l’imagination.
Une expérience en bibliothèque peut contribuer à la compréhension du monde, faire découvrir le plaisir d’une histoire d’enfant, fournir un conseil pour installer et sécuriser une conduite d’eau ou écouter le témoignage d’une personne âgée pleine de sagesse. Source IFLA
Surtout lorsque tout est à inventer !
Depuis le lancement de la première salve d’applications iPad / Android (Amazon est venue après) avec Conte du haut de mon crâne en juin dernier, force est de constater que les choses ne sont pas facile-facile dans cet univers numérique !
Au détour de mes promenades sur les différents stores, je constate des changements de décor amusants. Concernant l’AppStore, alors que certains étaient référencés dans la rubrique “livres” ni vu ni connu, ils passent dans la rubrique “enseignement”… D’autres, présents sur l’iBookStore en epub, débarquent sur l’AppStore en appli… Bref tout le monde se cherche, essayant des modèles, en changeant ! Si vous avez un peu de temps et êtes passé à côté, je vous renvoie à mon “coup de gueule” sur certaines pratiques et leurs conséquences. Ce petit préambule pour vous expliquer mes propres errances et quels modèles mettre en place pour être vu !
Or donc, début mars, j’étais invitée à une formation chez Apple pour découvrir le logiciel iBooks Author. Nous nous sommes retrouvés une trentaine de participants pour 3 journées passionnantes. Accueil hyper chaleureux, viennoiseries et déjeuner offerts… bref le grand luxe, à telle enseigne que je n’ai pas pu m’empêcher de me demander la finalité de ces journées et ce que Apple pouvait bien en attendre (j’ai évidemment ma petite idée). La Souris Qui Raconte avait déjà édité un livre avec IBA (iBooks Author), un catalogue plus précisément. Mais l’envie m’a prise de faire un livre en utilisant les connaissances supplémentaires acquises durant ces trois jours. Et surtout de l’utiliser pour donner une autre visibilité à mes applications.
Evidemment, vous qui me lisez, qui connaissez et appréciez les éditions La Souris Qui Raconte ne serez pas forcément intéressés par cet ouvrage, compilation enrichie de quiz de 4 extraits des livres de la collection “à lire” LSQR. Ces extraits, accessibles en ligne, ou bien sur l’AppStore, sont racontés différemment. Peut-être toucheront-ils un public qui ne connaît pas encore La Souris Qui Raconte, c’est l’idée en fait ! Nous verrons bien si ces nouveaux lecteurs ont envie de découvrir la suite de l’un ou l’autre des 4 livres numériques pour enfants !
Petit bémol de l’affaire, les livres réalisés avec IBA ne sont lisibles que sur iPad, ce qui pose tout de même un vrai problème d’interopérabilité. Dommage, parce que c’est d’une grande simplicité d’usage, et publier des livres dans ce format est rapide et très économique ! A suivre donc pour le tome deux qui concernera les livres de la collection “à jouer”. En attendant vous pouvez vous procurer cet opus gratuitement ici. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !











