Posts Tagged ‘applications’

5
février
2014
Écrit par Francoise

C’est plein d’espoir qu’Alexis Vivant de Grotthus de GoodBye Paper et moi-même nous sommes rendus hier dans le saint des saints, le bien nommé CNL, pour parler de Kenji et solliciter une aide pour le développement de nos actions au regard des bibliothèques ! Ce n’était pas une première, ni pour Goodbye Paper, ni pour La Souris Qui Raconte. Retour mitigé.

Nous avions RV avec Vincent Monadé, le président himself, que j’ai eu le plaisir de rencontrer à plusieurs reprises lorsqu’il était au Motif. Un homme bienveillant et attentif. C’est François Rouyer-Gaillette qui nous a finalement reçu (notre 4e rencontre rue de Verneuil pour ce qui me concerne). Le président ayant eu un empêchement, il nous a rejoints au cours de l’entretien.
Nous nous voulions factuels. Qu’est-ce que le Kenji, les raisons de notre alliance, le pourquoi de ce énième rendez-vous. Pour nous être cassé les dents à plusieurs reprises dans des sollicitations financières de mauvais aloi, le CNL ne finançant pas la création applicative, et le Kenji ayant pour membres des acteurs du secteur, il fallait impérativement aborder la question sous un autre angle. Forte de mon expérience de terrain, notre entretien porta sur « le droit de prêt de livres numériques pour enfants en bibliothèque » et les questions afférentes. Pour cautionner et étayer notre discours, nous avions sollicité une avocate en propriété intellectuelle, Isabelle Sivan, pour la rédaction d’une note portant sur les pratiques actuelles dont je vous livre le préambule :

(…)
Certains éditeurs pure players commercialisent l’ensemble de leur catalogue de livres numériques sous forme d’applications. Sur le site iTunes, les éditeurs sont contraints de fournir leurs applications dans un format propriétaire et de respecter les conditions d’utilisation et de vente du site. Or, ce site n’est pas adapté à la vente d’applications à destination des bibliothèques en vue du prêt public. En effet, les applications sont destinées à une utilisation privée et non collective, et le paiement ne peut se faire que par carte bancaire (mode de paiement ne correspondant pas à celui des bibliothèques).
D’autre part, à l’heure actuelle, il n’existe pas en droit français de loi sur le prêt public des livres numériques équivalente à la loi du 18 juin 2003 relative à la rémunération au titre du prêt en bibliothèque concernant les livres imprimés. Ainsi, en l’absence de dispositions légales et compte tenu du marché oligopolistique des applications, bibliothécaires et éditeurs ont mis en place des pratiques et méthodes empiriques. (…)

L’entretien a duré deux bonnes heures.
Première impression générale, éditeur numérique n’est plus un gros mot ! Ouf ! Même si je force volontairement le trait, les précédents rendez-vous au CNL avaient été source de grandes déceptions. Pas tant parce que je n’obtenais pas les aides auxquelles j’espérais avoir droit, mais surtout parce que l’éditeur pure player que je suis n’était pas reconnu comme tel. Aujourd’hui, enfin, l’éditeur pure player commence à rentrer dans une case. Même si ça coince encore aux entournures, cela mérite d’être relevé… et apprécié ! Celui qui s’ajuste le mieux est l’éditeur de livres numériques en format e-pub. Il peut être vendu en librairie (le credo de Vincent Monadé et du Ministère de la Culture) et n’est pas enfermé dans un système. Pour l’éditeur d’applications, c’est plus compliqué ! Pourtant le président a reconnu que les jeunes lecteurs lisent prioritairement des applications. Goodbye Paper et LSQR ayant aussi bien de l’applicatif que de l’e-pub dans leurs catalogues, il nous a été facile d’arguer de la supériorité d’un marché par rapport à l’autre (en jeunesse toujours) ! Mais comment fait-on pour vendre des applications dans les librairies ? Vaste question!

Pour en revenir à nos bibliothèques… Aviez-vous cru que je me sois écartée de mon sujet ? Que neni, c’était pour mieux y revenir ! Car auprès de qui les bibliothèques se fournissent-elles en livres ? Les librairies bien sûr !

Le rôle important joué par la librairie pour la diffusion d’une production éditoriale diversifiée et comme acteur de la vie culturelle des territoires fait partie des convictions partagées, à juste titre, par les pouvoirs publics et par les milieux professionnels du livre, dans leur grande majorité.

Source : L’accès des librairies aux marchés d’achats de livres des bibliothèques

CQFD… mais pas que. En effet, il a aussi largement été question de DILICOM et du projet PNB, dans lequel les éditeurs d’applications jeunesse pourraient s’inscrire dès lors qu’ils ne sont pas enfermés dans un modèle.
DILICOM est « un service interprofessionnel destiné depuis 1989 à faciliter le développement des Echanges de Données Informatisés (EDI) dans le secteur commercial du livre. Il est avant tout destiné aux distributeurs et aux libraires, (…) donnant aux échanges commerciaux le cadre informatique qui leur est nécessaire : (…) les commandes, les catalogues, les avis d’expédition et, enfin, les factures. »
PNB est « un projet essentiel au service de l’interprofession mis en œuvre par DILICOM. Il nous a paru nécessaire que les libraires, partenaires naturels des bibliothèques et des éditeurs, restent impliqués dans le développement de la lecture publique. (…) Ce projet s’inscrit logiquement dans le prolongement du hub Dilicom qui assure depuis 2010 les échanges d’informations et les transactions relatifs aux livres numériques entre les e-distributeurs et les libraires. »

Pour l’instant, les éditeurs d’applications ne s’inscrivent pas dans le programme Dilicom/PNB. Kenji, au travers de son groupement, pourrait tout à fait y prétendre et proposer aux bibliothèques des applications pour la jeunesse, au même titre qu’un autre fournisseur de contenu numérique. Là où le bât blesse, pour nous petits éditeurs pure player jeunesse, c’est la temporisation ! Combien de temps encore avant la prise en main par tous les acteurs d’une solution comme celle-ci ? La priorité sera mise sur les formats standard e-pub ou pdf. Les applications viendraient peut-être dans un deuxième temps, si celles-ci rentrent dans la discussion. C’est ce qui nous a été promis… les faire rentrer dans la discussion !

Alors oui, ça avance ! Oui les acteurs majeurs se sont emparés, enfin, de sujets qui nous sont chers ! Mais en attendant, 1) que les instances discutent de notre cas, 2) que les discussions aboutissent, 3) qu’elles soient couchées noir sur blanc, 4) mises en pratique … où serons-nous ? Où en seront les dérives des usages que j’ai pu observer faute de proposition ad hoc ?
Nous n’avons pas les moyens d’attendre que les « choses » se mettent en place. Alors comme beaucoup d’autres acteurs pure players nous trouvons nos propres solutions, et nous avançons. C’est une question de survie.

18
septembre
2013
Écrit par Francoise

… des applications que tu dévoreras !

Cette nouvelle nous vient du Québec, où les lecteurs sont très gourmands si l’on en croit certains. Là-bas, ils n’hésitent pas à explorer des applications venues d’horizons lointains, et de publier l’information dans leurs magazines “papier” !

Enfants Québec met la France à l’honneur avec pas moins de 5 applications chroniquées parmi les 10 présentées. Que du beau monde ! Avec Studio Pango, Square Igloo, Audois et Alleuil, L’Apprimerie et… La Souris qui Raconte bien sûr, avec son Ogre doux poète !

Je vous laisse découvrir la double page et remercie Isabelle Cuchet pour cette belle revue de presse de livres applications.

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4
mai
2013
Écrit par Francoise

Le sujet fait actuellement débat sur le groupe LinkedIn du CRAK (cercle des éditeurs d’applications pour les Kids). Petit rappel pour les non initiés.

Le CRAK, inauguré en février dernier par Laure Deschamps de La Souris Grise, s’adresse aux éditeurs d’applications tels que La Souris Qui Raconte. Quant à LinkedIn, c’est un réseau professionnel (à la manière de Viadeo, mais en mieux, pour moi en tous cas !). Tout cela pour permettre - in fine - des mises en relation, des prises de parole et d’échanges entre professionnels !

Ceci étant précisé, je vais vous retranscrire quelques bribes de l’échange, initié par Michäel Guez de Chocolapps (site en maintenance à l’heure où j’écris), et vous donner mon ressenti, à la fin.
Je ne vous cache pas que, venant du leader du marché français, la question avait de quoi en surprendre plus d’un… et je confirme, sans trahir mes sources, nous avons été surpris !

Michäel G.

Avec la multiplicité des offres “Promos” sur l’Appstore… Ne sommes-nous pas TOUS en train de tuer le marché de L’App Payante ?

Après un grand moment de solitude (relisez mon article coup de gueule de mars dernier)… voici ce qu’on pouvait lire les jours suivants.

Laure D.

C’est un questionnement lié à un évènement particulier ou c’est une inquiétude générale ?

Domique Busso de Happy Blue Fish, éditeur de jeux ludo-éducatifs plutôt que de livres

Je suis d’accord avec Michäel, les promos il faut les utiliser très rarement… lorsque je repère un éditeur qui en fait régulièrement, j’attends toujours la prochaine promo pour acheter ses titres…

J’en passe quelques-uns qui s’éloignent un peu de la question initiale et traînent du coté de l’IAPs (comprendre In App Purchase, une partie gratuite, puis ensuite $… pour continuer d’avancer). Le jeu est très friand de ce modèle. Il s’appuie sur l’addiction !

Michäel G.

(…)
Lorsque nous sortons une nouvelle application, nous activons de nombreux leviers marketing (…). Nous parvenons le plus souvent à bien positionner cette nouvelle app au classement de l’appstore. Mais au bout de quelques jours, l’effet de la nouveauté s’estompe, et cette application s’enfonce mécaniquement dans les profondeurs du classement.
Pour faire remonter cette app, il n’existe malheureusement que très peu de solutions aujourd’hui. La plus efficace et la plus facile à actionner, est la baisse de prix temporaire. (…)
Mais finalement est-ce viable ? (…)
A force de faire des promos, ne sommes-nous pas en train d’habituer les consommateurs à attendre une baisse de prix pour acheter ? Au final, je pense que cela risque d’appauvrir la qualité de l’offre des éditeurs, car il ne sera bientôt plus rentable de proposer des apps riches en contenu (puisque non rentable, ou alors à très très long terme).

La Souris Qui Raconte

Bonsoir à tous, cette question est en effet assez tragique, et la promo tue sans complexe un marché par trop immature.
Qui crée l’offre ?
Si nous la galvaudons, c’est non seulement à nos dépends mais aux dépends du marché dans sa globalité.

Odile Flament de CotCotCot App

@Françoise, 200% d’accord. Ces promotions continues se font également aux dépends des artistes qui nous suivent et prennent des risques.
@Michäel, Nous n’avons pas encore un grand catalogue et nous ne pouvons (voulons) pas jouer au yoyo avec nos applis. Cette politique des prix fait partie de notre proposition de valeur lorsqu’on discute avec les auteurs-illustrateurs avec lesquels nous collaborons. En ce qui concerne “Bleu de Toi” par exemple, il était hors de question de le pricer trop bas afin de ne pas affaiblir le “prix de marché” de Dominique Maes. Nous ne prévoyons pas non plus de baisse de prix - sauf peut-être pour la fête des pères.

Sandrine Hervé de Slim Cricket

Les gens ont du mal à avoir de la considération pour les œuvres dématérialisées, la culture du gratuit dans ce type de produit est profondément ancrée.

J’ai extrait ici les quelques répliques qui m’ont le plus interpellée. L’intégralité est à retrouver sur le réseau LinkedIn. Si vous n’êtes pas inscrit, vous ne pourrez malheureusement pas y accéder.
Ce qu’il ressort à mon sens de ces échanges, est l’inquiétude générale des développeurs d’applications. A moins que la question de Michäel G. ne soit que stratagème de découragement, subterfuge, qu’il prêche le faux pour savoir le vrai ou encore cherche du réconfort dans les réponses de ses coreligionnaires… ses inquiétudes sont légitimes et je plussoie à ses préoccupations !
A force d’observer les positions des uns et des autres dans l’App Store, j’ai constaté un vrai changement dans le paysage. Chocolapps, longtemps positionné dans le top 20, avec entre 10 et 15 de ses applications, perd progressivement de son leadership ! Son public aurait-il fait le tour de la question, et sa masse critique aurait-elle été atteinte ? Pour autant, comme bon nombres d’éditeurs, j’observe avec intérêt la réussite (ou non), d’une telle société ! Dans tout business il faut des succès pour lancer des marchés. Celui-ci ne décolle pas !

Comment dégager du chiffre d’affaire, et faire vivre une société avec un minimum de salariés dans un marché aussi complexe que celui de l’application - livre de surcroît - ? Que ceux qui vivent de leurs productions, après avoir payé 3 ou 4 salaires, sans avoir recours à de la prestation de service ou autre, se lèvent. Je doute fort qu’ils soient aussi nombreux que pour Danette ! Et j’augure sans hésiter qu’en France, ils se comptent sur les doigts d’une seule main. Et encore …
Les baisses de prix (ou pire la gratuité), relayés par tous les sites de critiques d’applications en ligne, La souris grise mais aussi DéclicKids, AppliMini, IDboox… font le jeu de cette mécanique. Leur lectorat guette ! En se faisant l’écho des fameux “BONS PLANS” , ils satisfont des consommateurs qui, avertis de ces pratiques, ont pris, en moins de 3 ans, de bien vilaines habitudes. A l’instar de ce que fait Dominique B., ils attendent !

Et pendant ce temps, les développeurs s’épuisent ! …
Je ne suis pas Madame Irma, et ma boule de cristal est juste une boule d’intuition, lovée au creux de mon estomac ! Après la folie hystérique générée par l’arrivée des tablettes, nouveaux outils tellement tactiles et tellement incontournables, le soufflé n’est-il pas en train de retomber ? Les nouveaux entrants entrent, ils font trois petits tours et ils ressortent, faute de pouvoir payer pour voir.
Nous avons tous coupé la branche sur laquelle nous étions assis. Le marché est mal emmanché, le consommateur mal éduqué. Et jusqu’à preuve du contraire, ma sœur Anne, je ne vois rien venir pour changer de cap !

28
avril
2013
Écrit par Francoise

Parce qu’avril ira au bout de son dicton, et que mai me plaira encore plus cette année, je vais terminer le mois en anticipant le prochain.
Il me plaît de me découvrir !

Sortie de “Une drôle de voisine” écrit par Sandrine Beau et illustré par Cécile Vangout. Un livre bicolore, où un frère et sa sœur découvrent au fond du jardin de leur grand-père une tente bien mystérieuse !

Si Cécile est forte avec juste deux couleurs, Ivan est un magicien agitateur hors pair ! Le soin qu’il a mis a donner vie à Clémence et Célestin (ne ratez pas non plus le chien, la poule ou les fourmis…) est juste bluffant !
Et ici, chez La Souris Qui Raconte, on continue de dire (et de montrer) que Flash© fait des merveilles à des coûts de production bien en deçà de ceux nécessaires au développement des applications ! “Une drôle de voisine” sera notre 27e titre ! Qui me les énumère tous en “Parole de souris” sera récompensé par Célestin himself ! Nous ne sommes pas nombreux à revendiquer un tel catalogue ! Nos livres pour enfants, ainsi réalisés, nous ont fait entrer dans les bibliothèques, et on s’y sent “fichtrement” bien !

Un autre titre fera j’espère l’actualité de ce prochain mois de mai. En effet, “Il suffit parfois d’un cygne(sorti chez LSQR fin mars et joliment critiqué chez Déclickids) répète son prochain ramage ! Une version tablette se prépare… Je vous en dirai plus très bientôt, mais l’idée de porter ce très beau livre, signé Emilie Chazerand et Nicolas Gouny, en epub enrichi est assez excitante, et puis je serai très heureuse que Nathalie le relise affalée dans son canapé, ou bien allongée sur son tapis !

Côté application, deux adaptations en préparation également : “La machine aux illusions” et “Les deux rois, la sorcière et le sage” . Par contre, pas de dates de sortie pour l’instant.
Nous préférons savourer le franc succès de nos 7 autres applications.
Oui, oui, vous avez bien lu, 7, sept, S E P T… Ah vous ne le saviez pas !? C’est ballot, parce que de franc succès, celui-ci aurait pu être, INTERNATIONAL, voire MONDIAL ! Vous n’avez plus qu’à vous empresser de faire circuler l’information !
La Souris Qui Raconte, éditeur numérique jeunesse dispose de 26 titres web et 7 titres applications …
Lorsque vous aurez dit au Monde, chers lecteurs, que par ici, on édite des livres inédits au contenu original, que les textes parlent aux enfants avec des mots qui se trouvent tous dans le dictionnaire, que les thèmes abordés peuvent être des thèmes sensibles, parce que la vie est sensible, alors seulement, nous programmerons la sortie de nos prochaines applications !
Voilà qui est dit !

Bon… mais on vous promet quand même d’autres livres à lire assis derrière votre vieux PC… plus tard dans l’année… mais chuuuuuuut ! Surpriiiiiiises !

1
avril
2013
Écrit par Francoise

Parce que le marché numérique jeunesse est particulièrement compliqué, chaque acteur essaie de trouver le bon angle d’attaque pour résister. Cas d’école !

X applications tierces regroupées dans une seule…
Lorsqu’un éditeur d’applications en crée une qui regroupe les produits de ses concurrents, on est en droit de s’interroger. Dubitative, après qu’une amie rencontrée au dernier Salon du Livre m’ait parlé de cette nouvelle offre de Chocolapps, je la télécharge illico et approfondis un peu le sujet. Parce que La Souris Qui Raconte expérimente elle aussi des modèles, et dans ce secteur, qui ne le fait pas, MyKidApps interpelle particulièrement. Soyons clair, ce n’est pas l’idée en soi qui me pose problème, elle est excellente, mais la méthode est, de mon point de vue, “sujette à caution” !
Pourquoi le leader du marché a-t-il créé une telle application et à quelles fins ? Philanthropie quand tu nous tiens !

Bisounours ou business ?
Entre le coût de production de l’application, l’éditorial et la mise à jour des données, combien celle-ci va-t-elle coûter ? Combien faut-il vendre d’exemplaires de chaque appli tierce avant d’amortir les dépenses ? Si mes sources sont exactes, Chocolapps ne touche que 4% des 30% pris par Apple. Même si une partie éditoriale est copiée-collée à partir de sites spécialisés dans la critique d’applications, ou bien directement de l’AppStore, tenir à jour une telle offre représente du temps, et n’a de réel intérêt que si elle se renouvelle quotidiennement. Enfin, alors qu’aujourd’hui Chocolapps est à la tête d’un fonds (énoooorme) de 56 applis iPad (applis découvertes incluses) et 73 applis iPhone (découvertes incluses également) il me semble normal de se demander s’il n’est pas juge et partie dans cette affaire.
L’éditeur n’ayant pas vocation au mécénat (ou alors j’ai raté quelque chose), ne nous la jouerait-il pas “businours” ?

Focus sur l’application
La première chose qui vous est demandée à l’ouverture de MyKidApps, comme pour toutes les autres apps de Chocolapps, c’est votre adresse mail. Cette demande récurrente de l’éditeur semble être son principal moteur marketing. Sinon, une fois passé la requête, que vous pouvez décliner, le contenu s’organise en trois catégories “Les bons plans” - “La sélection des spécialistes” - “La sélection MyKidApps” . La fiche produit contient les principales informations inhérentes à l’application, dont un bouton INFO. Celui-ci ouvre sur une page comportant elle-même d’autres critères, dont des liens de partage Facebook, Twitter et courriel.

3 types de sélections
Bouton INFO
Liens sortants

Sous couvert d’une communication toute tournée vers les parents et leurs enfants, l’éditeur nous ferait-il prendre des vessies pour des lanternes ?

La 1ère application proposée par des parents pour les parents et les enfants (1ère phrase figurant sur l’AppStore)

L’équipe myKidapps s’engage à être totalement libre et indépendante … Elle s’engage également à travailler dans le respect des enfants et des parents pour les informer de ce qui se fait de mieux blablabla… (pop-up à ouverture systématique dès lors que vous entrez dans l’appli)

Je ne suis plus parent de jeunes enfants depuis longtemps mais, dans un monde où tout fout le camp, je suis sensible à l’éthique, à la façon dont sont faites les choses, les valeurs qu’elles véhiculent.
Questions
Q1) pourquoi des sites majeurs comme Déclickids, IDboox et Applimini ne font-ils pas partie des “spécialistes” vantés dans l’application ?
Q2) pourquoi autant de liens sortants, alors que cette tendance est décriée par les parents eux-mêmes ?
Q3) quel est le sens caché de ce respect des enfants évoqué systématiquement à l’ouverture de l’application ?
Q4) pourquoi la sélection proposée est-elle majoritairement tournée vers des éditeurs anglophones (MTV Networks, Story Toys, Usborne…) ?

Les réponses que je vous livre sont celles d’une personne sensée qui réfléchit avant d’acheter et pense que la flagornerie (parce que vous le valez bien) cache toujours quelque chose.
R1) les sites mentionnés ci-dessus auraient-ils décliné la proposition, à contrario des autres “spécialistes” ? Désaccord sur le fond ou sur la forme ?
R2) les parents deviennent prescripteurs le temps d’une recommandation faite via FB ou Twitter
R3) je bloque sur cette histoire de respect des enfants. Evidemment que l’on ne va pas leur donner à voir des applications non appropriées, mais on met quand même sous leurs petits doigts curieux, des liens sortants qui les dirigent direct sur le FB de maman ou le Twitter de papa. N’y a-t-il pas un truc qui cloche là ? MyKidApps s’engage, mais à quoi précisément ? Quels sont les critères de ce qui se fait de mieux ? Ça mériterait d’être un peu plus explicité puisque c’est ça l’argument de vente.
R4) le marché anglophone est bien plus en avance que le marché francophone, bien plus ouvert et réceptif aussi. Privilégier les développeurs outre Manche ou outre Atlantique, c’est du business, mais soyez assurés parents, ici on choisit pour vous !

Pour résumer
L’idée était bonne, la façon de la délivrer plus discutable. Les ressources fournies par des éditeurs tiers (ont-ils été consultés au passage ?) ne sont-elles pas utilisées en priorité pour 1) collecter des adresses 2) faire connaître MyKidApps par le biais des liens sortants, et donc faire connaître Chocolapps ? Je ne vois rien de désintéressé dans cette mécanique qui lui profite d’abord. Les adresses sont-elles redistribuées aux éditeurs tiers, par exemple ? Je pense que le business model de cette application n’est pas le chiffre d’affaires qu’elle va générer, mais la collecte d’adresses qu’elle va permettre de réaliser et qui profitera à l’ensemble du fonds, présent et à venir de Chocolapps.

Si toute cette diatribe n’était que pure élucubration de ma part, je vous prie d’ores et déjà de m’en excuser, et vous donne la parole pour éclaircir les points noirs de mon argumentaire suspicieux !

27
mars
2013
Écrit par Francoise

Surtout lorsque tout est à inventer !

Depuis le lancement de la première salve d’applications iPad / Android (Amazon est venue après) avec Conte du haut de mon crâne en juin dernier, force est de constater que les choses ne sont pas facile-facile dans cet univers numérique !
Au détour de mes promenades sur les différents stores, je constate des changements de décor amusants. Concernant l’AppStore, alors que certains étaient référencés dans la rubrique “livres” ni vu ni connu, ils passent dans la rubrique “enseignement”… D’autres, présents sur l’iBookStore en epub, débarquent sur l’AppStore en appli… Bref tout le monde se cherche, essayant des modèles, en changeant ! Si vous avez un peu de temps et êtes passé à côté, je vous renvoie à mon “coup de gueule” sur certaines pratiques et leurs conséquences. Ce petit préambule pour vous expliquer mes propres errances et quels modèles mettre en place pour être vu !

Or donc, début mars, j’étais invitée à une formation chez Apple pour découvrir le logiciel iBooks Author. Nous nous sommes retrouvés une trentaine de participants pour 3 journées passionnantes. Accueil hyper chaleureux, viennoiseries et déjeuner offerts… bref le grand luxe, à telle enseigne que je n’ai pas pu m’empêcher de me demander la finalité de ces journées et ce que Apple pouvait bien en attendre (j’ai évidemment ma petite idée). La Souris Qui Raconte avait déjà édité un livre avec IBA (iBooks Author), un catalogue plus précisément. Mais l’envie m’a prise de faire un livre en utilisant les connaissances supplémentaires acquises durant ces trois jours. Et surtout de l’utiliser pour donner une autre visibilité à mes applications.

Evidemment, vous qui me lisez, qui connaissez et appréciez les éditions La Souris Qui Raconte ne serez pas forcément intéressés par cet ouvrage, compilation enrichie de quiz de 4 extraits des livres de la collection “à lire” LSQR. Ces extraits, accessibles en ligne, ou bien sur l’AppStore, sont racontés différemment. Peut-être toucheront-ils un public qui ne connaît pas encore La Souris Qui Raconte, c’est l’idée en fait ! Nous verrons bien si ces nouveaux lecteurs ont envie de découvrir la suite de l’un ou l’autre des 4 livres numériques pour enfants !

Petit bémol de l’affaire, les livres réalisés avec IBA ne sont lisibles que sur iPad, ce qui pose tout de même un vrai problème d’interopérabilité. Dommage, parce que c’est d’une grande simplicité d’usage, et publier des livres dans ce format est rapide et très économique ! A suivre donc pour le tome deux qui concernera les livres de la collection “à jouer”. En attendant vous pouvez vous procurer cet opus gratuitement ici. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

15
mars
2013
Écrit par Francoise

A part un endroit où grignoter et dévorer des livres ?
Pour répondre à cette question, je vais saisir la balle au bond, suite à la critique de « Conte du haut de mon crâne » paru sur le blog sanspapier.com, une librairie numérique que je vous recommande. Et je m’en explique avec son co-gérant Antoine Garnier, merci à lui pour ses éclaircissements.

« Conte du haut de mon crâne » est le premier epub de La Souris Qui Raconte. Il est donc le premier à se décliner de 3 façons (web, application et epub fixed lay-out). Comme pour les autres formats, j’ai évidemment réfléchi à sa distribution. J’aurais pu faire le choix de le publier sur iBook Store par mes propres moyens, comme cela a été fait pour les applications (pour nos lecteurs les epub sont vendus dans le magasin iBook Store, alors que les applications sont vendues dans le magasin App Store de iTunes). Apple tenant ainsi le rôle du libraire, distributeur des titres qui lui sont confiés ! Pourtant, pour des raisons que je vais vous demander d’argumenter, La Souris Qui Raconte (pour ce qui est de ses epub) travaille avec un intermédiaire diffuseur, à savoir immateriel.fr. Celui-ci dispatche ensuite les contenus mis en ligne sur son site vers les librairies partenaires, dont Apple, Google et Amazon. Et tout ça dans le « cloud » comme on dit ! Comme j’en vois qui sont déjà paumés, et ayant à cœur de faire comprendre à nos lecteurs les mécanismes de la publication dématérialisée, je vais vous poser un certain nombre de questions. Merci d’y répondre de la manière la plus compréhensive possible pour les néophytes qui nous lisent.

sanspapier.com est une « Librairie numérique ». Pouvez-nous nous expliquer en quoi consiste le travail du libraire numérique et s’il existe un élément de distinction majeur avec son homologue physique (à part la dématérialisation) ?

Fini de soulever des cartons…! Non sans rire le métier de libraire numérique est fort différent de celui de libraire physique lorsqu’il est exercé en complète autonomie. Je m’explique : il existe des outils pour relayer l’offre d’un libraire physique sur le web sans avoir besoin d’être un informaticien qualifié. Les librairies physiques peuvent s’appuyer sur une filière numérique qui leur permet de travailler sur le web assez facilement. Cependant ils doivent alors accepter la contrainte de rentrer dans des schémas prédéfinis de plateforme en marque blanche qui laissent peu de place à l’originalité, à la possibilité de se différencier sur la forme et dans une certaine mesure sur le fond – ce qui fait le sel de la librairie physique il me semble. Alors oui pour être un libraire du web « à part entière » mieux vaut cumuler les profils et disposer de compétences informatiques et littéraires.

Sur votre site, vous mettez en avant un moteur de recommandation. J’ai fait une petite expérience en y recherchant « Conte du haut de mon crâne » et vous ai fait part de ma déception de ne pas le voir ressortir dans le carrousel des préconisations. Pouvez-vous nous en expliquer la raison et comment tout cela fonctionne ?

Ce moteur fait l’objet de toutes nos attentions et constitue, nous l’espérons, un élément d’originalité nous distinguant des autres librairies en ligne. Mais il nous reste du travail ! Comme le moteur de recommandation de Sanspapier.com repose sur le contenu des livres (en plus des métadonnées traditionnelles comme un titre de livre ou un nom d’auteur), nous ajoutons des mots-clés à tous les ouvrages afin de caractériser leur contenu. Et malheureusement tous les livres ne sont pas encore enrichis, nous y travaillons. C’est justement le cas pour « Conte du haut de mon crâne » qu’on ne trouve pas sur le carrousel mais qu’on peut néanmoins atteindre en cliquant sur le lien sous le carrousel. A terme ce lien doit disparaitre, bien entendu, une fois que tous les livres seront enrichis.

Comment une librairie numérique comme SANSPAPIER se positionne-t-elle face à des acteurs comme Apple, Google, et Amazon ?

En allant chercher des livres qui manquent de visibilité chez eux. C’est cette question qui nous a fait démarrer le projet : comment accéder à « l’offre de traîne » occultée sur les grandes plateformes par les best-sellers et la parution ininterrompue des nouveautés. C’est l’enjeu d’un moteur de recommandation basé sur le contenu des ouvrages : tisser des liens entre des livres qui n’auraient pas existé autrement et offrir une proposition qui utilise la profondeur de catalogue des éditeurs. L’enjeu est de taille et d’autant plus important qu’à l’inverse la recommandation commerciale s’impose largement sur la Toile.

Quels sont vos leviers pour attirer vos clients et les fidéliser et pourquoi vous préfèrent-ils à d’autres acteurs plus généralistes ?

Plusieurs questions. Sur l’acquisition client, nous réfléchissons un peu tout le temps, c’est le nerf de la guerre sur le Web ! Vous ne devriez pas tarder à voir des choses émerger sur Sanspapier je ne peux pas en dire beaucoup plus, soyez attentifs ! Pourquoi venir chez Sanspapier plus que chez les autres ? Parce que nous offrons une proposition alternative de livres dans les résultats de la recherche. La proposition éditoriale sur la page d’accueil c’est une chose, mais sur le Web, le parcours utilisateur passe par le moteur et beaucoup moins par les propositions de la page d’accueil. Alors selon nous une proposition alternative au sein du moteur, c’est la clé.

Du reste, sur quel secteur de l’édition êtes-vous spécialisé, si vous l’êtes ?

Non, mais nous réfléchissons à plusieurs projets d’approche par secteur avec nos partenaires.

La jeunesse n’est-elle pas le parent pauvre de l’édition numérique, et si oui, avez-vous une idée du pourquoi ?

C’est un secteur que je connais assez mal. Mais il me semble que la jeunesse s’est fortement engagée dans les applications et en conséquence son offre est plutôt relayée sur les stores Apple et Android. De ce fait elle perd en visibilité sur les plateformes des librairies qui ne diffusent pas ces formats.

Quel est votre vision du livre numérique et de sa diffusion dans les prochaines années ?

Internet va continuer à prendre de l’importance dans les pratiques d’achat, le livre numérique suivra. La diffusion des tablettes va considérablement y contribuer. J’ajoute que lorsque les éditeurs auront pris le mouvement, le papier constituera un horizon pour nombre de publications. En inversant le schéma traditionnel, la parution en papier ne se concrétisera que si le livre a obtenu un succès suffisant du point de vue de l’éditeur pour être vendu en volume de cellulose. C’est déjà le cas et c’est amené à devenir un modèle dominant.

Ma dernière question, qui pourrait faire la synthèse des précédentes :
quel intérêt un acteur comme La Souris Qui Raconte, présent sur le web depuis 3 ans, diffusant une partie de ses contenus en direct via les acteurs qui aujourd’hui font le marché, a-t-il à passer par sanspapier.com ?

Je répondrais par une question : êtes-vous satisfaite de la visibilité dont vous disposez sur ces plateformes ? Notre projet est d’industrialiser l’accès à la « longue traîne » à travers notre moteur de recommandation. Je rappelle ici que 80 à 90 % des ventes sur le site d’une librairie passent par le moteur de recherche. Travailler la profondeur des catalogues, dynamiser les contenus des éditeurs, voilà notre démarche : pas si répandue parmi les enseignes qui constituent le paysage de la librairie en ligne actuellement…

Si je suis satisfaite de la visibilité que ces plateformes me procurent ? Hahaha ! Là vous faites mouche Antoine ! Merci infiniment pour vos réponses, qui j’espère, éclairent un peu plus nos lecteurs.

22
février
2013
Écrit par Francoise

Hier et avant hier se tenaient les journées professionnelles du 5e salon Dem@in le livre (le premier espace dédié au livre de demain). Comme l’an dernier, c’était l’occasion de récompenser les créations numériques réparties dans 6 catégories.
Le jury, composé de Laure Deschamps (www.souris-grise.fr) ; Odile Leveugle (www.applimini.com) ; Nathalie Colombier (www.declickids.fr) ; Elisabeth Sutton (www.idboox.com) ; Julien Gracia (Fleurus, Développement numérique) et enfin Minh-Son Nguyen (Conseil en nouveaux médias, contenus numériques, Presse, édition, Internet, WebTV) se réunissait lundi dernier pour délibérer.

Dans la catégorie Application pour adultes : Gallimard et le centre Pompidou récompensés avec Dali sont invités à monter sur la scène. Ils sont venus en force, une demi douzaine ! Dali aurait exulté !
Dans la catégorie Application pour enfants : CotCotCot-App avec Bleu de toi de Dominique Maes est à son tour appelé. Odile Flament, l’éditrice venue tout spécialement de Bruxelles, présente à son tour (après avoir souffert de quelques déconvenues techniques) son très beau livre application. Je vous invite vivement à découvrir cette œuvre atypique, “un livre d’auteur” dont vous pouvez découvrir une chronique ici !

Et puis juste après Elizabeth Chainet, l’organisatrice du salon, appelle La Souris Qui Raconte (moi… enfin nous !) à la rejoindre. Elle a demandé à Elizabeth Sutton d’IDBoox d’expliquer à l’auditoire pourquoi ma présence, puisque la lauréate du livre application était CotCotCot-App. Je rappelle ici pour le lecteur impatient, que j’avais proposé Conte du haut de mon crâne dans cette même catégorie. Compte tenu de la difficulté à départager les deux titres Conte du haut de mon crâne a reçu un prix spécial du jury, récompensant par là même le travail éditorial de La Souris Qui Raconte. Elizabeth a rappelé son positionnement : web, tablettes iPad et Android, les formats applications et epubs, elle a aussi fait mention de la qualité rédactionnelle des textes édités ! Et j’ai ensuite eu la grande joie de montrer quelques pages de Conte.

Pour les autres prix, l’epub enrichi pour adultes a été décerné à Mon musée imaginaire de Paul Veyne édité chez Albin Michel, quant à l’epub enrichi pour enfants, il est revenu au Petit Prince édité chez Gallimard Jeunesse.

Dans la catégorie Innovation Digitale le vainqueur est Louis Vuitton 100 malles de légende aux éditions de La Martinière. La dernière catégorie, Livre ou produit d’édition interactif papier Web, vous sera sans aucun doute dévoilée dans la presse, celle-ci sortant de ma juridiction.

Pour ceux qui n’auraient rien remarqué, je souligne que nous étions, CotCotCot-App et LSQR dans la cour des très grands ! Ce prix, je le prends donc comme une véritable reconnaissance au regard de mes pairs et je suis fière de la partager avec vous tous, auteurs, illustrateurs, conteurs, animateurs, développeurs. J’ai dit TOUS, c’est d’abord à vous que je le dois !

9
novembre
2012
Écrit par Francoise

Vous connaissez tous la formule, maintenant !

Comment…? NON ?

Alors je vous explique, chaque vendredi et durant tout le WE, La Souris Qui Raconte vous fait gagner des livres numériques, soit à lire en ligne, soit sous forme d’applications. Ce mois-ci, Chabada écrit et illustré par Lionel Larchevêque est à l’honneur.

Les règles de ce jeu sont simples, laisser un message sous forme de Parole de Souris, là, juste en dessous. Un joli message qui, si vous le partagez autour de vous, augmente vos chances de l’emporter. Il y a quatre vendredis ce mois de novembre, il y aura donc quatre gagnants dont les identités seront révélées chaque lundi et annoncées ici même (vous avez du vendredi au dimanche citrouille pour poster votre Parole de Souris).

Vous pouvez découvrir les extraits gratuits de Chabada sur le site, sur l’AppStore ou sur Google Play. Alors n’hésitez pas ! Jouez, partagez et gagnez !

Image de prévisualisation YouTube

Lundi 12 novembre : la gagnante tirée au sort ce matin est Lunatique, BRAVO à elle et aux 11 autres participants. Vous pouvez évidemment retenter votre chance vendredi 16, même heure, même endroit !

Lundi 19 novembre : encore une gagnante et il s’agit de Lydie, BRAVO à elle et aux 12 autres participants. Vendredi dernier, une seule Souris à notre Vendredi ! Va falloir les attirer mieux que ça Vendredi prochain !

Lundi 26 novembre : le (la ?) dernier gagnant de notre VendrediSouris consacré à Chabada est Yayabachi, pour avoir écrit une première fois un joli commentaire et réitéré sa demande adorablement !

Le mois prochain Toute la vérité sur le Père Noël sera à gagner, mais attention Salon du Livre et de la Presse Jeunesse oblige, je ne serai pas 100% avec vous. Stay tuned !

2
octobre
2012
Écrit par Francoise

Pourquoi écrirais-je mon article aujourd’hui plutôt qu’hier ou que demain ? C’est quoi l’élément déclencheur ?
Une profonde lassitude associée à une envie de tout laisser tomber ? Mais ça, c’est le lot de tout entrepreneur, ça va ça vient ! L’envie de recueillir un peu de soutien alors ? De lire ou m’entendre dire, continue p’tite Souris … Continue à raconter ! Ça va l’faire ! …

Vous souvenez-vous de mon coup de gueule de l’année dernière ? Je vous racontais l’histoire de mon petit extra terrestre en proie au marché de l’App Store ! Cet article je l’écrivais le 27 mars 2012. 6 mois plus tard, et surtout 4 applications plus loin, le constat que je partageais avec vous n’a pas beaucoup évolué. Dans l’intervalle j’ai beaucoup appris, essayé plusieurs leviers, détecté ceux qui marchent au détriment de ceux qui coûtent. Entendez par là qu’un levier, s’il vous fait dépenser de l’argent sans vous en faire gagner n’est pas un bon levier ! Et là j’en arrive au gratuit… à ma lassitude et mon envie de m’épancher !

Apple dans son fonctionnement (algorithme très mystérieux) favorise l’exploitation du gratuit, laquelle est terriblement perverse et plombe gravement un marché déjà très hostile ! Reprenons l’exemple d’Antiproblemus. Celui-ci appartient à La Souris Qui Raconte, je peux donc vous en parler en toute connaissance de cause ! Le dimanche 18 mars 2012 dépitée par le mauvais positionnement de mon application dans l’AppStore, je cède à l’appel de la gratuité. Ceux qui ont lu l’article savent que cette opération a généré plus de 18 000 téléchargements en 24 heures. Pour autant, quelques jours plus tard, mon petit extra terrestre se retrouve en 220e place comme de rien. Aujourd’hui, il se maintient gentiment entre la 35e et la 80e place (alors que je n’en vends pas 10 par semaine, incompréhensible algorithme). Une position qui n’est pas si mauvaise au regard des 993 applications payantes référencées dans la catégorie “Livres” et des 400 000 apps qui ne seront jamais téléchargées (suivez le lien, c’est vraiment intéressant) !

Il est très regrettable qu’Apple comptabilise les téléchargements sans considération du CA généré, poussant ainsi l’exploitation de ce levier, dont je continue de me demander à qui il profite ? Certainement pas à ce marché qui se cherche. Pas plus qu’au modèle économique qui aujourd’hui n’existe pas. Pour être vu et acheté, il faut être bien positionné. Pour être bien positionné, il faut être téléchargé. Pour être téléchargé, le modèle de gratuité s’impose ! Et la marmotte pendant ce temps ? Qu’est-ce qu’elle fait la marmotte ?
Essayons d’aligner quelques chiffres que je simplifie à dessein. Le coût moyen de développement d’une application pas trop complexe est compris entre 10 000 et 20 000€. Une application est vendue entre 0,79 et 3,99€ (plus cher, ça devient très compliqué). Si on part sur un coût de développement de 15 000€ et d’un prix de vente à 2,39€ (1,45€ déductions faites de la TVA et de la com Apple) vous commencez à gagner de l’argent après 10 300 et quelque téléchargements. Arglll ! “La sorcière sans nom” application pourtant très bien positionnée depuis sa sortie mi juillet, n’a été téléchargée que 11 000 fois pendant les 2 premiers mois de son exploitation si j’en crois Europa Apps ! Elle est également lisible sur iPhone et iPad, un atout supplémentaire.

La lecture numérique n’est pas encore entrée dans les usages. Notamment ceux des enfants, enfin ceux des parents d’enfants. Prenez le temps de voir par vous-même le résultat du sondage sur les pratiques numériques familiales réalisée par Orange et Terrafemina (seulement 38% des parents possesseurs de tablette ont déjà acheté une application pour un enfant de moins de 12 ans —dont 11%, 1 seule fois— ! Quand ensuite on interroge le parent sur le type d’application achetée, celles racontant une histoire tombe à 36%. Je ne suis pas très douée avec les pourcentages, mais la part du gâteau se réduit comme peau de chagrin ! ).
Bien sûr les usages se travaillent ! Il faut bien composer avec ! Le numérique est là, partout dans notre vie !
Le marché des tablettes n’est vieux que d’à peine 3 ans. Comme sur le modèle de leurs petits frères de moindre résolution, vous y trouvez du gratuit et du payant. Trop de développpeurs d’applications pour tablettes ont voulu reproduire le modèle qui a fait la fortune de certains sur Smartphone. Pourquoi ce qui avait marché pour les petits, ne marcherait pour les grands ? Quel éditeur de contenus littéraires à aujourd’hui fait fortune avec des applications iPad ? Je pense à des starts-up comme “Moving Tale” ou de très beaux livres comme Morris Lessmore ou The Heart and the bottle, qui sont des must à mes yeux ! Combien de ventes ont été générées sur ces titres (les intéressés éludent la question) ?

Les livres édités par La Souris Qui Raconte et portés sur tablettes iPad et Android en bilingue français/anglais doivent trouver leur place sur ces marchés difficiles. Est-ce possible ? En tant qu’éditeur travaillant avec des auteurs et illustrateurs rémunérés aussi en droits d’auteur, je refuse de brader à zéro le travail de toute une équipe et dis haut et fort que le gratuit, en plus de gangréner l’offre, entrave le marché. Il sclérose un modèle économique incertain. Dès lors qu’une offre alternative gratuite est possible, dès lors que le client est informé, pourquoi se priverait-il d’attendre le “bon plan”. Et le plus drôle (façon de parler bien sûr) c’est qu’il s’agit d’économiser quelques euros !

Donc voilà, nous en sommes là. Nous éditons des livres. Nous leur attribuons un prix (extrêmement bas si l’on compare avec le livre papier) et comme il est difficile de les vendre, nous les passons gratuit. Ben voyons, c’est vrai quoi !
C’est aussi ce que fait mon boulanger lorsqu’il ne vend pas son pain !
Pas le vôtre… ? Changez de boulangerie alors ! Non sérieusement… ne trouvez-vous pas cette logique parfaitement crapuleuse ?
L’App Store est le premier (peut-être même le seul) magasin au monde où le “taulier” se fout de satisfaire son client. Lequel client, je le rappelle, n’est pas l’acheteur final, mais bien l’éditeur qui alimente en contenus sa boutique, et lui lâche au passage 30% sur chaque vente. Alors quand je lis que le marché du numérique (je parle bien depuis le début du marché des applications-livres) ne décolle pas, que les éditeurs en ont marre de dépenser des fortunes pour vendre gratis des produits de qualité, comment pourrait-il en être autrement ? Que faut-il faire pour sortir de cette spirale infernale, est-ce seulement possible ?

Si vous avez des idées… je les prends, gratis bien sûr !

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