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Bien sûr il faut en être, mais ce salon n’en reste pas moins une épreuve. Six jours à un rythme frénétique, avec des journées de 9 à 13 heures (auxquelles s’ajoutent les transports). Des enfants qui courent et braillent dans une atmosphère mal ventilée, humide et saturée, propice à la rencontre de germes, tous très joueurs eux aussi ! Des heures à parler en sur-régime pour couvrir le chahut ; à renseigner pour les toilettes, les vestiaires, la sortie, les escalators, la cafétéria… cette année on a même eu une demande pour du papier cadeau, sur le stand du Kenji (stand d’éditeurs 100% numériques, pour les moins assidus) ! C’est aussi ça Montreuil !
Quel bilan, à part la crève ?
Pour commencer, je vous dois une réponse, puisque je faisais le pari dans mon dernier billet que les acteurs présents sur le Pôle Numérique ne seraient pas plus nombreux en 2013 qu’en 2012, voici la réponse. Nous étions 11 (seulement 1 de plus qu’en 2012), dont 7 éditeurs “pure-players” idem à 2012. Pas de quoi pavoiser sur la progression de ce Pôle, plutôt mal fichu ! On a eu beau argumenter ce qu’il nous semblerait pertinent d’améliorer au regard des expériences passées, rien, nada ! Tout pareil avec des erreurs en plus ! Cette année, le Pôle Numérique se divisait en 3 parties, on se demande encore pourquoi ! E27 - E 37 - E 43 !
E27, le Kenji avec les “pure-players” que vous connaissez maintenant (attention, interro à la fin de l’article). E-37 Totam, une librairie numérique jeunesse pour tous les écrans, co créée par des cadors du numérique Térence Mosca, Nathalie Colombier (Declickids) et Odile Leveugle (Applimini). Autant dire que le monde de l’édition attend beaucoup de cette initiative évidente, qui pourtant n’existait pas sur le secteur de la jeunesse. Enfin E 43, avec encore quelques autres acteurs dont les seuls “pure-players” (j’en profite pour rappeler ici qu’un éditeur pure-player ne publie pas de papier) étaient CotCotCot-apps.com et Audois et Alleuil, deux excellents éditeurs aux contenus de grande qualité. Pourquoi avoir ainsi éparpillés les protagonistes, avec entre le stand Kenji et les autres, un “no man’s land” appelé E35 sur lequel devaient fonctionner 3 tablettes XXL (fierté du SLPJ), qui ont surtout brillé par leurs dysfonctionnements ! Explication par l’image ! Et je vais passer à autre chose car ça pourrait durer des pages !
Après la partie géo localisation au sein du salon lui-même, revenons sur l’initiative Kenji, et ses répercussions sur le public. Je vous passe le chapitre des questions hors sujet, déjà abordées plus haut, pour vous parler vente ! Ce qui est quand même le premier moteur d’un salon ! Celui de Montreuil, à moins d’un mois des fêtes de fin d’année, ouvrant des perspectives évidentes. Le constat que nous avons tous fait, mes camarades et moi-même, c’est qu’il est possible de vendre du numérique sur un salon ! Le client est confiant, même s’il ne repart qu’avec une carte. Il s’est montré curieux, étonné, et séduit par les offres que le Kenji a mis en place. 5 appli et le sac pour 15€, pour une première, ça a plutôt bien marché ! Mais restons clairvoyants, cela a marché dans le registre numérique que nous connaissons, et le coût de notre stand n’en a pas été amorti pour autant ! Notre groupement a convaincu parce qu’enfin le client retrouve tous les éditeurs membres via une seule url. Pas forcément besoin de connaître le nom des uns et des autres, le collectif ouvre sur une offre globale bien plus intéressante que des initiatives individuelles qu’il n’est pas toujours facile d’identifier. Pourqoui ? Parce que c’est la pagaille chez les fournisseurs de contenus, et que pour trouver des choses de qualité, eh bien non, ce n’est pas simple ! Bien sûr tous les pros se connaissent entre eux ! Je parle plus haut de Térence ou de Nathalie, aux compétences reconnues par leurs pairs, mais la madame Michu, elle, ne connaît ni l’un ni l’autre ! Lui donner un point d’entrée qui lui garantisse contenus de qualité et facilité d’accès, n’est-ce pas cela qu’elle attend avant tout ? Le public dans tous les cas a trouvé l’initiative excellente ! On ne va pas refaire l’histoire de ce marché, écrite d’abord par les professionnels et commentée par les mêmes professionnels. Le grand public lui, attend quoi ? Demande quoi ? Espère quoi ? On lui raconte des trucs terribles sur l’effet désastreux des ondes, la tablette serait en fait un engin de mort ! Si, si… Ça attaque les enfants entre 0 et 5 ans, mais les jeunes ados qui vivent, dorment, mangent, se douchent (et j’en passe) avec leur smarphone, ne génèrent pas une telle polémique ! Une femme complètement allumée est venue nous sermonner, genre prophète de l’Apocalypse, en nous accusant de stériliser les générations pour les siècles des siècles (Amen) ! Je rigole, il vaut mieux, mais la madame Michu, qu’est-ce qu’elle fait dans tout ça, elle croit qui, comment est-ce qu’elle s’y retrouve ? Pas bien…
Cette réflexion me conduit direct au Mïce où cette année le Kenji avait sa petite table sur le toit du salon. Les pros rencontrent les pros, toujours les mêmes ! Et puis une discussion avec Hervé Bienvault (Aldus) me conforte sur mes propres analyses du marché. La matinée pro “De la page à l’écran” a eu lieu le vendredi (le programme ici) ! De grandes sociétés comme Edmont Kids Media, IGS ou Arte nous ont présenté leurs actions, et pour certaines, parlé de leur modèle économique, mais sans rien dévoiler, faut pas pousser ! C’est d’ailleurs assez marrant, on vous appâte avec des trucs super au point techniquement (qu’on aime ou pas est un autre débat), mais on vous laisse toujours sur votre faim pour ce qui est des coûts et de la rentabilité ! Ce qui, vous avouerez, est franchement frustrant lorsque vous êtes un petit riquiqui, avec des moyens riquiqui, et une énergie a déplacer des montagnes, et que vous aussi aspirez à des solutions ! Iznéo nous présentait sa plate-forme de BD. Entre 2 000 et 3 000 abonnés depuis son lancement il y a bientôt trois ans, l’imprécision laisse rêveur ! Mais Iznéo c’est Média Participations, donc ils ont un peu de temps (d’argent) devant eux ! Le moment de la matinée que j’ai préféré revient à la présentation que Cédric Naux a faite du “J’aime lire store” ! Du zéro langue de bois ! Oui Bayard rame aussi, mais à la différence des autres gros acteurs qui font passer des vessies pour des lanternes, Bayard assume ! Le numérique jeunesse coûte beaucoup d’argent (développement, production, marketing, commercialisation…), et si des Nathan vous expliquent, sans vous donner de montant, que l’application développée avec IGS pourra être industrialisée et permettre une optimisation des coûts, qu’en est-il de la vente et de la machine qu’il faut déployer pour se mettre en avant ? Aujourd’hui, aucun acteur ne détient la recette miracle, pas plus chez les gros que chez les petits ! Au moins sur ce point on est à pied d’égalité ! Alors merci Cédric pour cette présentation coup de poing qui a du en déranger plus d’un ! Et pour boucler la boucle je reviens à Hervé qui, comme moi, comme Cédric, se demande si oui ou non ce marché a une chance d’exister un jour. Un marché qui, comme je le disais dans un précédent billet, fasse métier et puisse payer auteurs, illustrateurs, créatifs, développeurs, marketeurs, commerciaux, community manager… une équipe quoi, et pas deux ou trois pauvres gars qui s’escriment dans leur garage !
Amis éditeurs jeunesse qui lisez ces lignes, sur ces 6 jours de salon, le Kenji a montré que le public est en attente d’une offre centralisée, dans laquelle il puisse se retrouver. Sans faire de propagande racoleuse, je crois sincèrement à la mutualisation de nos collections, à la mise en commun de nos efforts, de nos démarches, de nos questionnements. Nous regrouper et agir avec un objectif commun me semble être une des clefs de notre réussite future, si vous aussi partagez ce point de vue, n’hésitez pas à le dire ici ou sur le site du Kenji.
L’édition 2012 du salon de Montreuil se terminait avec ce petit film amusant, et cette question en suspens : Survivront-ils ?
Une année plus loin, le paysage est globalement le même, et les acteurs se rassemblent*, des petits écervelés, assez “couillus” pour faire avancer le secteur (ou croire qu’ils vont le faire avancer), font corps !!! A l’instar d’un petit village gaulois bien connu, les “pure-players” résistent. A moins qu’ils ne soient des Sisyphe, version Camus, ultimes héros absurdes ? Ceci-dit, on parle d’eux, de plus en plus… enfin ! Si on marque quelques points, on ne les transforme pas pour autant… pas faute d’essayer ! Question de vérifier mes dires, je vais faire une petite expérience personnelle et parier ici-même que le nombre des éditeurs numériques jeunesse ne sera pas supérieur cette année à celui de l’année dernière. En 2012, retrouvez la rétrospective ici, nous étions 10 éditeurs sur le Pôle Numérique, dont 7 “pure-players”. Combien serons-nous en 2013 ? Réponse dans quelques semaines !
Puisque l’inertie du phénomène ne joue pas en la faveur de ces irréductibles éditeurs “pure-players” auxquels La Souris Qui Raconte est fière d’appartenir, nous avons initié une coalition baptisée KENJI : collectif des éditeurs numériques jeunesse indépendants. C’est sous cette appellation que nous serons présents à Montreuil. Aujourd’hui, le collectif est constitué de ses 5 membres fondateurs : E-toiles éditions, Goodbye Paper, l’Apprimerie, Webdokid et La Souris Qui Raconte. Notre initiative sera l’occasion d’une présentation publique à la journée professionnelle du Mïce, le lundi 2 décembre à 11h30 :
A l’heure où le secteur du livre numérique enrichi est à la fois difficile et plein de promesses, comment les éditeurs numériques indépendants peuvent-ils émerger et trouver leur place au soleil ?
Notre réponse pour ce qui est de la jeunesse passe par le KENJI. Face au constat unanime de la difficulté à se faire entendre, à exister aux yeux et aux oreilles des institutions et des médias, nous avons voulu ce groupement pour donner plus de poids à notre quête. Rien de politique là-dedans (encore que…), juste la volonté de tenir et d’exister ! Je ne vous en dirai pas plus ici, laissant à Alexis (Goodby Paper) tout le loisir d’une déclaration préparée et argumentée ensemble, à suivre sur le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse.
Si je ne peux pas tout dire, il y a quand même des choses que je peux dévoiler :
1) Une identité visuelle forte créée et mise au point par Stéphane Kiel (E-toiles), avec flyers, sacs en toile imprimée, badges…
2) Un lieu unique où nous retrouver tous, via un site web dédié au collectif
3) Des cartes cadeaux qui vous permettront d’acheter nos applications sur place
4) Une tablette Meep! à gagner grâce à notre partenaire Oregon
5) Une page Facebook que je vous invite à “liker” si vous voulez tout savoir sur l’actualité des membres du collectif.
Une même volonté nous anime, celle de réussir ce salon pour mieux y revenir l’année prochaine. En effet, si l’édition 2011 du SLPJ a été, pour LSQR, porteuse de visibilité publique et professionnelle, l’édition 2012 était beaucoup plus en demi-teinte, alors que, paradoxalement, nous étions plus nombreux sur le Pôle Numérique. Le Mïce a phagocyté nombre de bibliothèques, et le lundi a été une bien triste journée pour les professionnels n’ayant pas pignon sur Mïce. C’est probablement la raison pour laquelle Sylvie Vassalo (directrice du salon), rencontrée en mai avec Claire (E-toiles — pour le compte du KENJI —) a été attentive sur cette question. Concernée par les difficultés des “pure-players” et également des difficultés de l’émergence du marché d’une manière plus générale, elle a permis un accès couplé Salon / Mïce pour les 5 membres du KENJI.
Il n’empêche que les salons, et surtout celui-là, ont un coût non négligeable pour les petits éditeurs, qui aimeraient ne pas vivre que d’amour et d’eau fraîche ! Le bilan de cette année se doit d’être positif, il nous faudra vendre nos applications pour être en mesure de réitérer l’opération en 2014. Car toute la difficulté des “pure-players” tient dans cette gageure, participer à un salon sans rien avoir à vendre sur son stand !
On vous attend donc nombreux, avides de curiosités sur les merveilles (chacun dans son style) que le KENJI met à votre disposition !
* A noter la création du GLN : groupement pour le développement de la lecture numérique
Le roi salon a fermé ses portes lundi soir dernier. Après 6 jours d’une intensité difficile parfois, c’est d’humeur joyeuse que je vous compile mon aventure en quelques lignes !
Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de Fourmi. La pépite de la création numérique a déjà fait grand bruit (même ici). Je ne vais pas non plus vous parler du collectif L….. de P….. (il ne manquerait plus que je contribue à leur référencement !). Non, je vais parler de nous, les “Pure-Players” en m’attardant sur mes coreligionnaires, les vrais, les purs, les durs ! au nombre de neuf. Dix avec La Souris Qui Raconte à assurer la permanence au Pôle Numérique. Deux fois plus que l’année dernière ! C’était d’ailleurs la grande tendance du salon, 2 x plus… D’enfants curieux, de parents dubitatifs, de bibliothécaires préoccupés, de tracts anti-numériques… !
Commençons par les récidivistes, Zabouille et e-Toiles en tête !
Zabouille c’est un team. Elle et lui, lui et elle, jeune, beau, sympa… Un catalogue conséquent de 8 titres sur l’iBookstore et 1 application sur l’AppStore. Fanny s’occupe de toute la partie éditoriale et Pierre du développement. Si je ne suis pas fan de certains graphismes, je dois dire que “Les carnets d’enquêtes de Lucie” est une collection très maligne. L’enfant, acteur du récit, est pris à parti dans une enquête qu’il doit dénouer. Les enfants adorent, pour ce que j’ai pu voir. Nous étions à touche-touche droite sur le pôle numérique !
Pour ce qui est d’e-Toiles éditions, une très jolie maison, elle s’organise autour de deux acteurs majeurs Claire et Stéphane. Elle, c’est l’éditrice (mais pas que, lorsqu’on est une toute petite boîte) et lui, le directeur artistique-illustrateur (mais pas que, lorsqu’on est une toute petite boîte). “Dans mon rêve” et “Ma Poire” sont leur deux premières applications. La première a déjà reçu le prix du livre numérique à Bologne cette année, rien que ça ! C’est dire s’il faut compter avec eux dans le paysage éditorial numérique ! J’en connais qui ont du faire une de ces têtes (hein messieurs les gros éditeurs ?) !
Après les récidivistes, on va passer aux transfuges. ABC Mélody et Hatier. Plus personne ne les présente, ni l’un ni l’autre. Le premier est éditeur de contenu linguistique, ouvert sur les voyages et l’apprentissage des langues et vient tout juste d’adapter deux de ses livres pour support numérique. Julien, d’un enthousiasme irréprochable, a expliqué sans faiblir des dizaines de fois par jour, la teneur de “Marie de Paris” et “Hello, I’m Charlie from Paris” , deux applications très joliment faites (en Inde - moins bien-) ! Julien était notre touche-touche gauche, lui aussi, jeune, beau, sympa… !
Hatier Jeunesse partage une table beaucoup moins cérémonieuse et plus éloignée de la nôtre avec Byook (prononcer bi-ouc). Il présentait leur adaptation du livre “Mon chemin” ; une application que j’ai trouvé très bien faite. Au-delà de reprendre le livre, elle permet à la fin, des appropriations. L’enfant peut recréer son propre chemin, avec les images et sons disponibles dans la galerie. Vous pouvez en lire la chronique sur Déclickids. Byook, qui a développé “Mon Chemin” pour Hatier, présentait ses propres créations. Destinées aux plus grands avec un Sherlock Holmes que j’avais découvert en 2011 au salon du livre de Paris, elles se singularisent par une ambiance sonore très présente ! Byook s’adresse surtout aux ados et jeunes adultes. Les textes sont implémentés à un univers graphique et sonore très immersif. C’est assez réussi pour celui que je connais. Concernant le Tara Duncan, un inédit qui, dans la saga se situe entre les tomes 9 et 10, je ne peux pas vous en dire grand chose ! N’étant pas vraiment la cible, je vous laisse le soin de vous y essayer ! L’auteur dédicaçait ses livres le dimanche sur le stand Byook, et la file d’attente était impressionnante !
Non loin des tables Hatier/Byook, les éditions Volumiques ont sans aucun doute surpris les néophytes ! Ils présentaient leur livre Balloon paperApp qui associe un livre et un iPad©. Eux c’est des fous, Etienne Mineur me fait penser au Docteur Emmet Brown dans “Retour vers le futur” ; il expérimente les limites du possible entre objet, numérique, papier, écran ! On est dans la poésie expérimentale dopée à la R&D (Recherche & Développement). C’est juste génial ! Je les ai découvert à l’occasion d’une expo chez Cap Digital. Il présentait un livre dont les page tournent toutes seules ! Pour moi qui suis du genre les deux pieds bien ancrés dans le sol, j’en ai le menton et la langue qui se décrochent de la mâchoire à la manière des cartoons… BONG !!!
Après cette escapade vers les petits satellites de notre longue table, je reviens vers les trois acteurs dont il faut encore que je vous dise quelques mots. L’Apprimerie, Slim Cricket et WebdoKid !
J’aime bien le nom L’Apprimerie. Entre application et imprimerie. Prenez le temps de regarder la vidéo de leur livre “Voyage au centre de la Terre” écrit par un petit jeune pas très connu ! Graphiquement ce livre est une pure merveille. Et on comprend pourquoi l’imprimerie est associée à l’application. Le travail fait sur le texte est d’une très belle facture. Je me revoie, quelques années en arrière (non je ne vous dirais pas combien…) en cours de typographie ! Ce livre est le résultat d’un travail mené par trois étudiants (deux seulement étaient sur le salon). Là encore ils ont la passion de la jeunesse et la satisfaction d’un projet dont ils ont toutes les raisons d’être très fiers. Le seul regret que je formule est que le texte ne soit pas présenté dans sa version intégrale.
J’ai été heureuse de rencontrer l’équipe de Slim Cricket. Leur application “La sorcière sans nom” (chroniquée par La Souris Grise) fait un carton depuis sa sortie et leur petit “Victor a froid” semble prendre le même chemin. On ne les a pas beaucoup vu sur les 6 jours. Absents le WE, ils ont préféré le Mïce avec sa journée professionnelle du lundi. Un Mïce de folie au passage. Je sais de source sûre que c’était carrément blindé en haut ! Passage court donc mais convivial, ils ont été les seuls à offrir des viennoiseries un des matins de leur présence !
Mon tour de (longue) table se termine avec WebdoKid et les copains de Luka. “Luka et le monde au bout des doigts” est une appli voyageuse dont le premier opus se passe au Brésil ! Atterrissage à Rio de Janeiro et ensuite découverte de la faune et de la flore en compagnie de Luka. J’avais rencontré l’équipe sur leur stand de Kidexpo (beaucoup plus grand que nos tables de 100 x 60) heureuse de voir grandir notre petit monde des “pure-players” avec des choses de qualité. Cette approche du voyage m’a immanquablement fait penser à mes amis Zanzibook dont j’ai regretté l’absence au salon ! Trop loin… je sais bien !
Voilà je ne saurais terminer cet article sans vous dire deux mots sur les temps forts. La rencontre avec le public étant juste magique (même si elle est éreintante) cela reste LE temps fort de ces journées. La présentation de “Conte du haut de mon crâne“ par Séverine Vidal et Claire Fauché a été, elle aussi, un pur moment de bonheur et retrouver notre livre dans la tablette XXL du salon, très valorisant ! Autre moment totalement hallucinatoire, lorsque vous ne vous y attendez pas du tout, voir une main se tendre, lever le regard et reconnaître sans y croire notre Ministre de la Culture. C’est passé trop vite pour immortaliser ce moment, mais Aurélie Filippetti était bien en train de nous féliciter pour la qualité graphique de Conte !
Le rideau est retombé, les lumières sont éteintes et nous devons continuer d’avancer en jouant des coudes et des épaules. Nous vous offrons, Michel et moi ce petit film sans prétention qui tourne en dérision deux mondes qui s’affrontent, et ne devraient pas !
Ne nous trompons pas de cible, la menace, ce n’est pas nous !
Hier soir, à la Cantine numérique Rennaise, La souris qui Raconte était invitée à partager son expérience numérique. La table ronde, sur le thème “De l’imprimé au numérique” était animée par Lorenzo Soccavo, enseignant, conférencier et théoricien de l’avenir du livre, dont la vision prospective du livre numérique est synthétisée ci-dessous :
Depuis juillet 1971 et le lancement du Project Gutenberg, numérisation de livres imprimés à l’Université d’Illinois par Michael Hart, nous vivons ce que nous pourrions appeler : « l’époque des e-incunables », en référence à l’époque des incunables, premiers textes imprimés, entre 1450 et 1501.
Dans ce contexte, une nouvelle génération de maisons d’édition voit le jour : des éditeurs « pure-players », que nous pouvons définir ainsi : « Un éditeur pure-player est un entrepreneur qui publie des livres exclusivement dans des formats numériques à destination des nouveaux dispositifs de lecture ».
Le lieu d’abord, convivial et lumineux, est adossé à l’espace culturel “Les champs libres“, qui réunit une bibliothèque, le musée de Bretagne et un Espace des Sciences. La salle rassemblait un auditoire d’environ 90 personnes intéressées par le sujet. Les intervenants invités, passionnés et passionnants, ont livré au public un peu de leur histoire entrepreneuriale. J’ai franchement apprécié l’ambiance détendue et bienveillante qui régnait dans la salle ainsi que la richesse des interventions !
Stephen Belfond (si ce nom vous rappelle un éditeur… bingo !), participe à l’essor de l’édition en ligne (1980-2000), après avoir sévi dans le minitel. Il crée en 2005 les éditions Gutenberg, et numérique oblige, rebaptise sa société i-gutenberg. Il nous parle de la déferlante numérique, comme une marée que l’on n’arrête pas ! Sa vision du marché passe par une redistribution totale des cartes où auteurs, éditeurs, distributeurs et libraires doivent repenser le monde de l’édition “d’avant” ! Je vous invite vivement à découvrir son article paru en avril 2010 dans Le Monde.fr.
Jean-Charles Fitoussi nous parle de SmartNovel (éditeur de romans-feuilletons pour smartphones) et d’actions menées avec Veolia.
Dans le cadre de la Semaine Européenne de la Mobilité, Veolia Transport et SmartNovel ont présenté une initiative innovante sur mobile. Offrir un roman à leur voyageurs…
Jean-Charles évoque aussi Clic ! Je lis, la nouvelle collection de SmartNovel qui s’adresse aux 6-10 ans. Je vais vite, vite en acheter un (3,99€… un prix juste !) et vous en reparle très vite !
David Queffélec, probablement le plus jeune de la bande, nous parle quant à lui de Angle Mort, son web magazine de SF. Celui-ci marche sur le modèle freemium, une partie du contenu accessible à tous, et une partie payante (à 2,99€ seulement) avec des bonus, comme les interviews des auteurs. Pour les intéressés, ça se passe par là. Il évoque aussi un autre projet d’écriture et d’édition, une coopérative d’édition… Petit pavé dans la mare, David a abordé le sujet du piratage d’un point de vue que les éditeurs papier seraient bien inspirés de prendre en compte… Le prix élevé du livre dématérialisé verrouillé dans ses DRM !
Quant à La Souris Qui Raconte, Lorenzo m’avait demandé d’évoquer rapidement mon voyage en Chine, par ici (jour 1, jour 2 et jour 3 pour ceux qui l’auraient raté). Et enfin de présenter par l’image les livres numériques de la maison. C’est évidemment avec plaisir que j’ai, en quelques minutes, immergé tout mon petit monde dans l’univers graphique et audio de LA-SOU-RIS-QUI-RA-CON-TEEE !
Un grand merci à La Cantine Numérique Rennaise !




