Posts Tagged ‘Salon de Montreuil’
Bien sûr il faut en être, mais ce salon n’en reste pas moins une épreuve. Six jours à un rythme frénétique, avec des journées de 9 à 13 heures (auxquelles s’ajoutent les transports). Des enfants qui courent et braillent dans une atmosphère mal ventilée, humide et saturée, propice à la rencontre de germes, tous très joueurs eux aussi ! Des heures à parler en sur-régime pour couvrir le chahut ; à renseigner pour les toilettes, les vestiaires, la sortie, les escalators, la cafétéria… cette année on a même eu une demande pour du papier cadeau, sur le stand du Kenji (stand d’éditeurs 100% numériques, pour les moins assidus) ! C’est aussi ça Montreuil !
Quel bilan, à part la crève ?
Pour commencer, je vous dois une réponse, puisque je faisais le pari dans mon dernier billet que les acteurs présents sur le Pôle Numérique ne seraient pas plus nombreux en 2013 qu’en 2012, voici la réponse. Nous étions 11 (seulement 1 de plus qu’en 2012), dont 7 éditeurs “pure-players” idem à 2012. Pas de quoi pavoiser sur la progression de ce Pôle, plutôt mal fichu ! On a eu beau argumenter ce qu’il nous semblerait pertinent d’améliorer au regard des expériences passées, rien, nada ! Tout pareil avec des erreurs en plus ! Cette année, le Pôle Numérique se divisait en 3 parties, on se demande encore pourquoi ! E27 - E 37 - E 43 !
E27, le Kenji avec les “pure-players” que vous connaissez maintenant (attention, interro à la fin de l’article). E-37 Totam, une librairie numérique jeunesse pour tous les écrans, co créée par des cadors du numérique Térence Mosca, Nathalie Colombier (Declickids) et Odile Leveugle (Applimini). Autant dire que le monde de l’édition attend beaucoup de cette initiative évidente, qui pourtant n’existait pas sur le secteur de la jeunesse. Enfin E 43, avec encore quelques autres acteurs dont les seuls “pure-players” (j’en profite pour rappeler ici qu’un éditeur pure-player ne publie pas de papier) étaient CotCotCot-apps.com et Audois et Alleuil, deux excellents éditeurs aux contenus de grande qualité. Pourquoi avoir ainsi éparpillés les protagonistes, avec entre le stand Kenji et les autres, un “no man’s land” appelé E35 sur lequel devaient fonctionner 3 tablettes XXL (fierté du SLPJ), qui ont surtout brillé par leurs dysfonctionnements ! Explication par l’image ! Et je vais passer à autre chose car ça pourrait durer des pages !
Après la partie géo localisation au sein du salon lui-même, revenons sur l’initiative Kenji, et ses répercussions sur le public. Je vous passe le chapitre des questions hors sujet, déjà abordées plus haut, pour vous parler vente ! Ce qui est quand même le premier moteur d’un salon ! Celui de Montreuil, à moins d’un mois des fêtes de fin d’année, ouvrant des perspectives évidentes. Le constat que nous avons tous fait, mes camarades et moi-même, c’est qu’il est possible de vendre du numérique sur un salon ! Le client est confiant, même s’il ne repart qu’avec une carte. Il s’est montré curieux, étonné, et séduit par les offres que le Kenji a mis en place. 5 appli et le sac pour 15€, pour une première, ça a plutôt bien marché ! Mais restons clairvoyants, cela a marché dans le registre numérique que nous connaissons, et le coût de notre stand n’en a pas été amorti pour autant ! Notre groupement a convaincu parce qu’enfin le client retrouve tous les éditeurs membres via une seule url. Pas forcément besoin de connaître le nom des uns et des autres, le collectif ouvre sur une offre globale bien plus intéressante que des initiatives individuelles qu’il n’est pas toujours facile d’identifier. Pourqoui ? Parce que c’est la pagaille chez les fournisseurs de contenus, et que pour trouver des choses de qualité, eh bien non, ce n’est pas simple ! Bien sûr tous les pros se connaissent entre eux ! Je parle plus haut de Térence ou de Nathalie, aux compétences reconnues par leurs pairs, mais la madame Michu, elle, ne connaît ni l’un ni l’autre ! Lui donner un point d’entrée qui lui garantisse contenus de qualité et facilité d’accès, n’est-ce pas cela qu’elle attend avant tout ? Le public dans tous les cas a trouvé l’initiative excellente ! On ne va pas refaire l’histoire de ce marché, écrite d’abord par les professionnels et commentée par les mêmes professionnels. Le grand public lui, attend quoi ? Demande quoi ? Espère quoi ? On lui raconte des trucs terribles sur l’effet désastreux des ondes, la tablette serait en fait un engin de mort ! Si, si… Ça attaque les enfants entre 0 et 5 ans, mais les jeunes ados qui vivent, dorment, mangent, se douchent (et j’en passe) avec leur smarphone, ne génèrent pas une telle polémique ! Une femme complètement allumée est venue nous sermonner, genre prophète de l’Apocalypse, en nous accusant de stériliser les générations pour les siècles des siècles (Amen) ! Je rigole, il vaut mieux, mais la madame Michu, qu’est-ce qu’elle fait dans tout ça, elle croit qui, comment est-ce qu’elle s’y retrouve ? Pas bien…
Cette réflexion me conduit direct au Mïce où cette année le Kenji avait sa petite table sur le toit du salon. Les pros rencontrent les pros, toujours les mêmes ! Et puis une discussion avec Hervé Bienvault (Aldus) me conforte sur mes propres analyses du marché. La matinée pro “De la page à l’écran” a eu lieu le vendredi (le programme ici) ! De grandes sociétés comme Edmont Kids Media, IGS ou Arte nous ont présenté leurs actions, et pour certaines, parlé de leur modèle économique, mais sans rien dévoiler, faut pas pousser ! C’est d’ailleurs assez marrant, on vous appâte avec des trucs super au point techniquement (qu’on aime ou pas est un autre débat), mais on vous laisse toujours sur votre faim pour ce qui est des coûts et de la rentabilité ! Ce qui, vous avouerez, est franchement frustrant lorsque vous êtes un petit riquiqui, avec des moyens riquiqui, et une énergie a déplacer des montagnes, et que vous aussi aspirez à des solutions ! Iznéo nous présentait sa plate-forme de BD. Entre 2 000 et 3 000 abonnés depuis son lancement il y a bientôt trois ans, l’imprécision laisse rêveur ! Mais Iznéo c’est Média Participations, donc ils ont un peu de temps (d’argent) devant eux ! Le moment de la matinée que j’ai préféré revient à la présentation que Cédric Naux a faite du “J’aime lire store” ! Du zéro langue de bois ! Oui Bayard rame aussi, mais à la différence des autres gros acteurs qui font passer des vessies pour des lanternes, Bayard assume ! Le numérique jeunesse coûte beaucoup d’argent (développement, production, marketing, commercialisation…), et si des Nathan vous expliquent, sans vous donner de montant, que l’application développée avec IGS pourra être industrialisée et permettre une optimisation des coûts, qu’en est-il de la vente et de la machine qu’il faut déployer pour se mettre en avant ? Aujourd’hui, aucun acteur ne détient la recette miracle, pas plus chez les gros que chez les petits ! Au moins sur ce point on est à pied d’égalité ! Alors merci Cédric pour cette présentation coup de poing qui a du en déranger plus d’un ! Et pour boucler la boucle je reviens à Hervé qui, comme moi, comme Cédric, se demande si oui ou non ce marché a une chance d’exister un jour. Un marché qui, comme je le disais dans un précédent billet, fasse métier et puisse payer auteurs, illustrateurs, créatifs, développeurs, marketeurs, commerciaux, community manager… une équipe quoi, et pas deux ou trois pauvres gars qui s’escriment dans leur garage !
Amis éditeurs jeunesse qui lisez ces lignes, sur ces 6 jours de salon, le Kenji a montré que le public est en attente d’une offre centralisée, dans laquelle il puisse se retrouver. Sans faire de propagande racoleuse, je crois sincèrement à la mutualisation de nos collections, à la mise en commun de nos efforts, de nos démarches, de nos questionnements. Nous regrouper et agir avec un objectif commun me semble être une des clefs de notre réussite future, si vous aussi partagez ce point de vue, n’hésitez pas à le dire ici ou sur le site du Kenji.
J-3 ! La pression monte dans le secteur de l’édition ! Le sacro-saint rendez-vous annuel de la jeunesse, des livres et du papier ! Pour La Souris Qui Raconte, ce troisième salon du livre et de la presse jeunesse sera encore plus révolutionnaire que l’an passé !
Vous le savez maintenant, cinq “pure-players” irréductibles unissent leurs forces, leurs compétences, leur niaque et leur bonne humeur (évidemment) sous une seule et même appellation de KENJI ! Je vous en parlais ici ; d’autres en parlent là, ou encore là !
Personnellement, j’avoue éprouver une grande fierté d’appartenir à ce groupement. Alors que des actions de soutien solidaire sont de plus en plus nombreuses dans le secteur de l’entrepreneuriat (je pense au crowd founding notamment), l’initiative de ce groupement va dans le sens d’une devise vielle de quelques centaines d’années : “l’union fait la force” !
Et c’est uni par une même motivation que E-toiles éditions, Goodbye Paper, l’Apprimerie, LSQR et Webdokid vous concoctent un salon qui fera date !
Quelques images pour vous donner le ton ! Nous comptons sur votre présence à partir du mercredi 27 novembre stand E27 niveau 1 sur le Pôle Numérique !
Le roi salon a fermé ses portes lundi soir dernier. Après 6 jours d’une intensité difficile parfois, c’est d’humeur joyeuse que je vous compile mon aventure en quelques lignes !
Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de Fourmi. La pépite de la création numérique a déjà fait grand bruit (même ici). Je ne vais pas non plus vous parler du collectif L….. de P….. (il ne manquerait plus que je contribue à leur référencement !). Non, je vais parler de nous, les “Pure-Players” en m’attardant sur mes coreligionnaires, les vrais, les purs, les durs ! au nombre de neuf. Dix avec La Souris Qui Raconte à assurer la permanence au Pôle Numérique. Deux fois plus que l’année dernière ! C’était d’ailleurs la grande tendance du salon, 2 x plus… D’enfants curieux, de parents dubitatifs, de bibliothécaires préoccupés, de tracts anti-numériques… !
Commençons par les récidivistes, Zabouille et e-Toiles en tête !
Zabouille c’est un team. Elle et lui, lui et elle, jeune, beau, sympa… Un catalogue conséquent de 8 titres sur l’iBookstore et 1 application sur l’AppStore. Fanny s’occupe de toute la partie éditoriale et Pierre du développement. Si je ne suis pas fan de certains graphismes, je dois dire que “Les carnets d’enquêtes de Lucie” est une collection très maligne. L’enfant, acteur du récit, est pris à parti dans une enquête qu’il doit dénouer. Les enfants adorent, pour ce que j’ai pu voir. Nous étions à touche-touche droite sur le pôle numérique !
Pour ce qui est d’e-Toiles éditions, une très jolie maison, elle s’organise autour de deux acteurs majeurs Claire et Stéphane. Elle, c’est l’éditrice (mais pas que, lorsqu’on est une toute petite boîte) et lui, le directeur artistique-illustrateur (mais pas que, lorsqu’on est une toute petite boîte). “Dans mon rêve” et “Ma Poire” sont leur deux premières applications. La première a déjà reçu le prix du livre numérique à Bologne cette année, rien que ça ! C’est dire s’il faut compter avec eux dans le paysage éditorial numérique ! J’en connais qui ont du faire une de ces têtes (hein messieurs les gros éditeurs ?) !
Après les récidivistes, on va passer aux transfuges. ABC Mélody et Hatier. Plus personne ne les présente, ni l’un ni l’autre. Le premier est éditeur de contenu linguistique, ouvert sur les voyages et l’apprentissage des langues et vient tout juste d’adapter deux de ses livres pour support numérique. Julien, d’un enthousiasme irréprochable, a expliqué sans faiblir des dizaines de fois par jour, la teneur de “Marie de Paris” et “Hello, I’m Charlie from Paris” , deux applications très joliment faites (en Inde - moins bien-) ! Julien était notre touche-touche gauche, lui aussi, jeune, beau, sympa… !
Hatier Jeunesse partage une table beaucoup moins cérémonieuse et plus éloignée de la nôtre avec Byook (prononcer bi-ouc). Il présentait leur adaptation du livre “Mon chemin” ; une application que j’ai trouvé très bien faite. Au-delà de reprendre le livre, elle permet à la fin, des appropriations. L’enfant peut recréer son propre chemin, avec les images et sons disponibles dans la galerie. Vous pouvez en lire la chronique sur Déclickids. Byook, qui a développé “Mon Chemin” pour Hatier, présentait ses propres créations. Destinées aux plus grands avec un Sherlock Holmes que j’avais découvert en 2011 au salon du livre de Paris, elles se singularisent par une ambiance sonore très présente ! Byook s’adresse surtout aux ados et jeunes adultes. Les textes sont implémentés à un univers graphique et sonore très immersif. C’est assez réussi pour celui que je connais. Concernant le Tara Duncan, un inédit qui, dans la saga se situe entre les tomes 9 et 10, je ne peux pas vous en dire grand chose ! N’étant pas vraiment la cible, je vous laisse le soin de vous y essayer ! L’auteur dédicaçait ses livres le dimanche sur le stand Byook, et la file d’attente était impressionnante !
Non loin des tables Hatier/Byook, les éditions Volumiques ont sans aucun doute surpris les néophytes ! Ils présentaient leur livre Balloon paperApp qui associe un livre et un iPad©. Eux c’est des fous, Etienne Mineur me fait penser au Docteur Emmet Brown dans “Retour vers le futur” ; il expérimente les limites du possible entre objet, numérique, papier, écran ! On est dans la poésie expérimentale dopée à la R&D (Recherche & Développement). C’est juste génial ! Je les ai découvert à l’occasion d’une expo chez Cap Digital. Il présentait un livre dont les page tournent toutes seules ! Pour moi qui suis du genre les deux pieds bien ancrés dans le sol, j’en ai le menton et la langue qui se décrochent de la mâchoire à la manière des cartoons… BONG !!!
Après cette escapade vers les petits satellites de notre longue table, je reviens vers les trois acteurs dont il faut encore que je vous dise quelques mots. L’Apprimerie, Slim Cricket et WebdoKid !
J’aime bien le nom L’Apprimerie. Entre application et imprimerie. Prenez le temps de regarder la vidéo de leur livre “Voyage au centre de la Terre” écrit par un petit jeune pas très connu ! Graphiquement ce livre est une pure merveille. Et on comprend pourquoi l’imprimerie est associée à l’application. Le travail fait sur le texte est d’une très belle facture. Je me revoie, quelques années en arrière (non je ne vous dirais pas combien…) en cours de typographie ! Ce livre est le résultat d’un travail mené par trois étudiants (deux seulement étaient sur le salon). Là encore ils ont la passion de la jeunesse et la satisfaction d’un projet dont ils ont toutes les raisons d’être très fiers. Le seul regret que je formule est que le texte ne soit pas présenté dans sa version intégrale.
J’ai été heureuse de rencontrer l’équipe de Slim Cricket. Leur application “La sorcière sans nom” (chroniquée par La Souris Grise) fait un carton depuis sa sortie et leur petit “Victor a froid” semble prendre le même chemin. On ne les a pas beaucoup vu sur les 6 jours. Absents le WE, ils ont préféré le Mïce avec sa journée professionnelle du lundi. Un Mïce de folie au passage. Je sais de source sûre que c’était carrément blindé en haut ! Passage court donc mais convivial, ils ont été les seuls à offrir des viennoiseries un des matins de leur présence !
Mon tour de (longue) table se termine avec WebdoKid et les copains de Luka. “Luka et le monde au bout des doigts” est une appli voyageuse dont le premier opus se passe au Brésil ! Atterrissage à Rio de Janeiro et ensuite découverte de la faune et de la flore en compagnie de Luka. J’avais rencontré l’équipe sur leur stand de Kidexpo (beaucoup plus grand que nos tables de 100 x 60) heureuse de voir grandir notre petit monde des “pure-players” avec des choses de qualité. Cette approche du voyage m’a immanquablement fait penser à mes amis Zanzibook dont j’ai regretté l’absence au salon ! Trop loin… je sais bien !
Voilà je ne saurais terminer cet article sans vous dire deux mots sur les temps forts. La rencontre avec le public étant juste magique (même si elle est éreintante) cela reste LE temps fort de ces journées. La présentation de “Conte du haut de mon crâne“ par Séverine Vidal et Claire Fauché a été, elle aussi, un pur moment de bonheur et retrouver notre livre dans la tablette XXL du salon, très valorisant ! Autre moment totalement hallucinatoire, lorsque vous ne vous y attendez pas du tout, voir une main se tendre, lever le regard et reconnaître sans y croire notre Ministre de la Culture. C’est passé trop vite pour immortaliser ce moment, mais Aurélie Filippetti était bien en train de nous féliciter pour la qualité graphique de Conte !
Le rideau est retombé, les lumières sont éteintes et nous devons continuer d’avancer en jouant des coudes et des épaules. Nous vous offrons, Michel et moi ce petit film sans prétention qui tourne en dérision deux mondes qui s’affrontent, et ne devraient pas !
Ne nous trompons pas de cible, la menace, ce n’est pas nous !
J-4 !
Du mercredi 28 novembre au lundi 3 décembre La Souris Qui Raconte vous accueille sur le prestigieux Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil ! Niveau 1 Pôle numérique.
Le Pôle numérique regroupe cette année 10 éditeurs (listés dans l’article du Télérama spécial SLPJ ci-dessous), nous étions 5 l’année dernière. Quant à Conte du haut de mon crâne, s’il ne figure pas parmi les lauréats des pépites, est quand même très fier d’aller nourrir la tablette XXL, pendant toute la durée du salon, et s’exposer ainsi au plus grand nombre !
La pépite de la création numérique revient aux Editions du Rouergue avec “Fourmi” d’Olivier Douzon. Héhé, je vous en parlais ici. Je le donnais gagnant en votant pour lui ! Bravo à “Fourmi”, que j’ai bien hâte de découvrir comme beaucoup certainement ! Je vous en reparle dès qu’il montre le bout de ses antennes, car pour l’instant il cultive sa convoitise !
Des clics en veux-tu en voilà avec La souris qui raconte, expliqué par Claude Combet dans LivresHebdo n°889.
C’était à Montreuil et ce fut pour moi l’occasion de rencontrer Claude puisqu’elle préparait un dossier de 4 pages dans ce numéro avec “Ça innove à Montreuil” !
En cliquant sur le visuel ci-dessous vous pourrez découvrir la double page dont le chapeau annonce bien le contenu.
Mis en valeur dans un espace réservé,
lieu d’information pour les
professionnels et d’attraction pour le
public, le livre pour la jeunesse version
numérique est apparu à Montreuil à la
pointe de l’innovation.
Voilà, les lumières se sont éteintes lundi soir à 18H. Le rideau est tombé sur les six journées les plus folles de mon année. Beaucoup de jolies rencontres. Beaucoup de choses à dire, des choses bien, d’autres moins bien, nobody’s perfect !
Représenter La Souris Qui Raconte sur ce salon mythique du livre et de la presse jeunesse est, en tout premier lieu, l’aboutissement d’une aventure extraordinaire, entamée voilà plus de deux ans. Imaginez-vous, auteur(e)s et illustrateurs(rices) arpentant fébrilement les allées de la Mecque de l’édition jeunesse. Je l’ai fait ! Vous arrivez le cœur battant, gonflé d’espoir et de rêves. Je l’ai eu ! Vos rendez-vous (lorsque vous arrivez à en décrocher un - ce que je n’ai jamais pu) vous conduisent chez des éditeurs comme Le Rouergue, Rue du Monde, Autrement, l’Ecole des loisirs, pour ne citer que ceux là (la liste complète serait beaucoup trop fastidieuse à énoncer, mais vous les sollicitez tous, les uns après les autres). Mais après… la réalité est toute autre et j’ai voulu prendre la mienne à pleines mains ! Alors lorsque j’ai découvert notre espace, à nous éditeurs numériques, e-toile, Zabouille, La montagne secrète, Fleurus et La Souris Qui Raconte, situé au Pôle Numérique, première édition du Salon du livre de Montreuil, j’ai éprouvé une très grande fierté. Que de chemin parcouru !
Pouvoir enfin regarder de l’autre côté du miroir. Souriante derrière mon comptoir, j’affichais nos 23 titres, démonstration du site à l’appui avec deux écrans dédiés et ma tablette iPad. Bon, il faut avouer que les premiers jours ont été un peu frustrants. Fatiguée que les ados de la Seine Saint Denis ne soient intéressés que par une connexion immédiate à leur page FaceBook (comme si leur vie en dépendait), j’ai très vite abandonné le poste installé sur la table devant le comptoir. D’autant que les connexions internet étaient un peu souffreteuses ! Les trois premières journées ont été terribles ! Ecoles, groupes, enfants excités de se retrouver entre eux, abandonnés momentanément par leurs enseignants, absolument pas intéressés par les offres proposés sur le Pôle Numérique, sauf pour demander le prix de la tablette iPad, et regretter de ne pouvoir en avoir une, et du coup frustrés, s’en emparer et la toucher dans tous les sens en y cherchant des choses bien plus importantes que de la lecture… des JEUX !
Le moment fort de ces 3 premières journées est arrivé vendredi ! Une classe s’est présentée devant le comptoir de La Souris Qui Raconte avec une parcours préparé par leur maîtresse. Une des questions portait sur le lien entre Chacun cherche Papy et En quête d’espace ! J’ai sauté de joie, totalement éblouie par ces enfants de CE1 agglutinés autour de l’écran, essayant de trouver le lien… Et des moments de pur bonheur comme celui-ci, il y en a eu d’autres ce jour-là. Imaginez un jeune garçon de 7 ans, assis sur la table devant le comptoir (détail croustillant que la hauteur de ces comptoirs, absolument pas pensée en fonction de la taille des jeunes lecteurs), pouvant enfin cumuler ses deux plaisirs, lecture et ordinateur, et découvrant avec jubilation Je suis le nombril du monde et Antiproblemus veut sauver la Terre !
Le week-end a vu débarquer un tout autre public. Fini les classes volages et papillonnantes. Là c’est du sérieux, les parents savent ce qu’ils cherchent. Et ce sont d’abord des livres. Des livres en papier, que l’on a en main et qui sentent bon l’encre (euh, l’encre n’a jamais senti bon !). Le Salon a fait beaucoup d’annonces autour des nouveaux pôles mis en place. Ça c’était plutôt bien, mais le paradoxe de l’histoire, c’est que les pôles étaient globalement mal fichus. Pas visibles. Pas ergonomiques. Excentrés. Si vous saviez le nombre de personnes qui nous ont demandé, à mes petits camarades et moi-même, les toilettes, les ascenseurs, l’exposition du sous-sol (je rappelle que nous sommes au niveau 1), à quel prix était l’iPad (oui chers lecteurs, la question récurrente et de convoitise absolue, posée aussi par des adultes)… Bref, une belle pagaille gourmande où il n’était pas facile de tout voir, ni de tout comprendre.
La journée professionnelle du lundi, qui commençait pour moi, après la présentation que je faisais avec d’autres, autour du thème “Lecture, lecteurs de demain le numérique change-t-il la donne” (où j’ai eu l’immense plaisir d’être applaudie par la salle pleine comme un œuf) a été extrêmement instructive. Ce que j’avais déjà soupçonné concernant les bibliothèques, médiathèques et autres CRDP est apparu comme une évidence. Les collectivités veulent aussi prendre le virage du numérique pour ne pas rester sur le carreau. Comment ? La formule LSQR a été très bien reçue, et alors qu’aujourd’hui, 3 médiathèques ont déjà souscrits un abonnement d’un an (Issy-les-Moulineaux, Rouen et Suresnes), il est évident que d’autres suivront ! Et si le gros du chiffre d’affaires passait d’abord par les collectivités ? Ce qui ne m’empêche pas de faire une promotion que je vous invite à partager…
Côté visites, je ne peux pas terminer mon billet sans remercier mes chers auteurs et illustrateurs (même si c’était surtout des filles - Carole, Claire, Séverine, Anne-Gaëlle et ses copines, Nouchine, Clémentine… et toutes les autres, mais non Julien je ne vous oublie pas), Gabriel de La mare aux mots, Fred des Histoires sans fin avec la casquette et la caméra de Page 9 Prod, Claude Combet de LivresHebdo, qui nous concocte un article spécial éditeurs numériques et surtout, surtout, tous les enfants qui se sont emparés de La Souris Qui Raconte.
Un grand merci et à l’année prochaine, avec encore plus de titres, encore plus de surprises, encore plus de plaisir à faire ce que j’aime par dessus tout, des livres interactifs ou lire rime avec plaisir !
Césars, Molières, Victoires… Pépites ! Ce sont elles qui ont été choisies pour honorer et récompenser le travail d’un auteur, ou d’un éditeur, ou les deux, dans 8 catégories !
2011, année du changement pour le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse ! Rendez-vous était donné à 18H pour la cérémonie. Installé comme au cirque, avec des rêves d’enfants en bandoulière, un public nombreux assistait au “Barnhominum défilé”. Tous les yeux convergeaient vers le centre de la piste. Des yeux ébahis et réjouis, émerveillés et étonnés par la poésie des costumes d’Emmanuelle Houdart. Entre La diseuse de bonne aventure, Les sœurs siamoises, La femme et La fille du lanceur de couteau attachées l’une à l’autre par un lien indéfectible, Le petit peuple des enfants troncs dansaient nus pieds sur un sol noir. Le colosse et son fils, assis sur une épaule, en imposait par sa taille. La disproportion entre cet homme et ce fils tagué de mille tatouages était encore accentuée par leur différence de couleur de peau ! L’un immense et noir, l’autre chétif, blond et d’une grande pâleur…
Tous ces costumes, bien dans l’univers d’Emmanuelle Houdart (s’affichant aussi sur le supplément gratuit du Télérama de cette semaine), seront présentés à l’occasion de la grande exposition Circus du Salon de Montreuil. Ne les ratez pas !
Une fois le défilé terminé, entre en scène un autre Emmanuel, masculin et Davidenkoff celui-ci ! Maître de cérémonie de ces Pépites, installé au centre de l’arène, il officie, un peu embarrassé de tourner le dos à une moitié de l’assistance ! And the winner is …
Pépite de l’Album : Le roi des oiseaux de Gwendal Le Bec chez Albin Michel Jeunesse
Pépite du Roman ados européen : Une dernière chance, Seita Parkkola, Actes Sud Junior
Pépite du livre d’Art : Mon petit théâtre de Peau d’Ane, Marie Desplechin (qui ne cache pas sa joie en recevant sa Pépite), Jean-Michel Othoniel, Editions Courtes et Longues
Pépite du documentaire : Enfants de tous les temps, de tous les mondes, sous la direction de Jérôme Baschet, Gallimard Jeunesse/Giboulées
Pépite de la création numérique : Un Jeu, Hervé Tullet, Bayard Editions
Pépite de l’Adaptation dans deux catégories :
Catégorie Courts et moyens métrages : L’homme en colère
Catégorie séries télévisées : Nini Patalo
Pépite du 1er album : Mäko, Julien Béziat, Pastel
Pépite du coup de cœur de l’équipe : Le Haret québécois, Anna Boulanger, Editions Attila
8 Pépites pour 8 créations remarquables ! Vive les enfants et Vive la littérature Jeunesse !
Antiproblemus veut sauver la terre concourrait dans la catégorie Pépite de la création numérique. Il n’a pas été retenu. Pas assez surprenant, m’a-t-on dit ! Qu’à cela ne tienne, on reviendra l’année prochaine !
D’ici là, je vous donne tous rendez-vous au Salon de Montreuil du 30 novembre au 5 décembre au Pôle du numérique Stand E48 (c’est à l’étage) où La Souris Qui Raconte vous réserve bien des surprises !
















