L’Institut Français du Brésil, abonné aux ressources de La Souris Qui Raconte via Culturethèque, organisait du 5 au 15 juin dernier le « Meu festivalzinho » .

MON PETIT FESTIVAL

Petit retour signé Marlène Bertrand de l’IFB.

Nous profitons de « Meu Festivalzinho 2017 », notre festival de littérature jeunesse pour vous faire nos premiers retours sur la collection « La Souris qui raconte ».
13 événements ont été organisés autour de la collection numérique LSQR :

6 Ateliers de lecture numérique avec des élèves de CE1 autour du conte L’Ogresse
Ce conte a été très apprécié des enfants qui sont restés attentifs toute la séance (45 minutes environ). Les illustrations et les enrichissements sont vraiment très réussis et très agréables pour les petits comme pour les grands. Nous avons choisi, pour une meilleure interaction, de ne pas activer la lecture contée. Nous avons conté nous-mêmes l’histoire aux enfants tout en gardant la musique en fond (de manière générale, un grand bravo pour le choix des musiques pour vos contes, elles ne perturbent pas la lecture et permettent d’entrer dans un univers très rapidement).

DSCN29216 Ateliers de lecture numérique avec des élèves de Grande Section autour de La Bonne recette (dans le recueil de Nasreddine Hodja et Parabole le chat).
Le format de l’atelier, toujours de 45 minutes était composé en trois temps
1- : lecture du conte
2- : temps théâtral où chacun devait rejouer un personnage du conte (Nasreddine, le chat, le voisin, Kadidja…)
3- : coloriage
L’appréhension de ce conte a été plus difficile pour les enfants. Le texte, en vers, ainsi que la fable des histoires ont été plus difficiles à comprendre.

1 Boîte à contes numériques lors de la fête des enfants
Plusieurs contes ont été mis à disposition à la médiathèque de l’IFB dans le cadre de la matinée des enfants « le conte en fête » de « Meu Festivalzinho ». Durant toute la matinée, les enfants ont eu l’occasion de découvrir la collection « La Souris Qui Raconte ». Les contes qui ont eu le plus de succès ont été « La grosse tête de Magior », « Le prince de Venise », « L’ogresse », « La petite musique du monde ».

Merci à toute l’équipe de l’IFB, qui démontre bien, s’il en était encore besoin, que le livre numérique a autant besoin de médiation que le livre papier pour sortir des rayonnages, et que ça marche si celle-ci est bien faite !

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En 2015, suite à une demande du directeur de la maternité de l’Étoile en Provence, un très beau livre va naître. Deux ans plus tard il renaît dans une version augmentée !

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Je ne saurais pas trop vous dire comment l’idée m’est venue, mais l’amour du texte et des belles illustrations tendres et drôles sont sûrement à l’origine de la renaissance de « Le prénom du monde » . Initialement publié sur le site de la maternité, j’ai, en début d’année, contacté Mr Charpentier, son directeur, pour lui demander l’autorisation de mettre en ligne sur le site de La Souris Qui Raconte son très beau livre. Après avoir obtenu son aval, ce dont je le remercie ici encore, j’ai demandé à Cathy Dutruch et Claire Fauché, si elles aussi étaient d’accord pour une nouvelle publication. A vous aussi mesdames je dis merci, mille fois !
Grâce à ces autorisations « Le prénom du monde » est accessible en ligne dans son intégralité.
Michel, ingé-son LSQR lui a trouvé de très belles musiques et moi je l’ai lu avec tout l’amour que ce texte m’inspirait. Pierre Canthelou, développeur html, l’a adapté aux formats des livres que nous produisons désormais. Il est le 5e de cette nouvelle génération de publications.

J’espère qu’il vous plaira, prenez-le comme un cadeau que je vous fais pour les 7 ans tout juste révolus de La Souris Qui Raconte.

N’hésitez pas à le partager, et à partager le site, nos livres, notre aventure, nous en avons toujours besoin.

 

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Les freins à l’édition numérique sont nombreux, et la visibilité en est un gros !
Un livre, fait de pages assemblées entre elles, ça s’empoigne, ça circule de main en main, ça s’expose en librairies, en bibliothèques ou sur des salons. Y’en a plein les écoles. Un livre numérique c’est beaucoup moins « visible » et donc moins intuitif, ça fait peur parce qu’on ne sait pas par quel bout le prendre, on en a beaucoup parlé, et pas dit que du bien, alors quand une de mes auteures me demande un accès au site pour parler de ses livres numériques en classe, je me dis qu’on progresse quand même !

Cathy Dutruch, auteure de La petite musique du Monde, Ogre doux et Pour tout l’or du monde m’a sollicité le mois dernier pour avoir accès à ses livres, et plus généralement au catalogue de La Souris qui Raconte pour les présenter dans les classes dans lesquelles elle intervient. « Durant ces journées, je leur ai présenté le travail de La Souris Qui Raconte, mes histoires, les histoires d’écoles et les contes du haut de mon crâne, tout le monde a TOUT adoré. Enseignants et enfants… ».
Je trouve cette initiative formidable, et ce retour me comble de joie bien sûr. Je me suis d’ailleurs toujours demandée pourquoi les auteurs ou illustrateurs, ne considéraient pas leur(s) livre(s) numérique(s) publié(s) chez LSQR comme n’importe quel autre livre ? Et pourquoi la promo qu’ils font sur leurs publications papier n’a pas son pareil en numérique ? Bref, Cathy, parlons de cette initiative et de votre démarche.

Comment en êtes-vous venue à présenter les éditions La Souris Qui Raconte aux classes de votre département de la Haute-Saône ?
Cela va faire maintenant près de 15 ans que j’interviens dans les établissements scolaires. Divers projets d’écriture, poésie, théâtre, philosophie… mais dès le début de l’aventure avec La Souris Qui Raconte, j’ai montré nos réalisations. A chaque sortie d’ouvrage, je le présentais. Pour commencer, je suis très fière de ces ouvrages. Je suis fière aussi de participer depuis le début à l’aventure Souris. J’ai appris, je crois à aimer tout autant un livre numérique qu’un livre papier, je le découvre avec la même émotion, je le trouve aussi beau, et l’émerveillement des enfants, mais aussi celui des enseignants, me démontre à chaque fois qu’il y a bien une magie toute particulière dans le livre numérique. Je les ai donc tous présentés, pour que les histoires circulent comme pour un livre papier. On lit, on montre, on prête, on partage. Je vais partout. Des montagnes presque Vosges jusqu’à l’autre bout du département vers Dijon, je vais aussi dans d’autres départements ; je rencontre des centaines d’enfants depuis 15 ans, vous pensez bien si je les connais les gosses ! Et je sais donc, par expérience, que l’un des meilleurs moyens de les « raccrocher » à la lecture, ça peut être le livre numérique.

A l’occasion de ma prochaine présentation des ressources à la médiathèque départementale le 1er juin, il semble qu’une perspective de création d’Histoire d’École se profile.
J’ai rencontré beaucoup de monde qui s’est intéressé au travail de La Souris Qui Raconte. J’inclus, quand je dis La Souris, les auteurs, les illustrateurs, conteurs, etc. On parle aussi de l’aspect technique qui fascine car l’histoire devient vivante, un peu comme au cinéma. Il est clair que cet aspect là de l’édition jeunesse est mal connu du public dans notre milieu rural. Donc, lorsque les médiathèques se bougent, elles se bougent vraiment bien. C’est le cas à Vesoul. La personne rencontrée a envie de réunir une illustratrice qu’elle apprécie et qui intervient aussi en écoles et l’auteure que je suis. Mais la nouveauté dans la proposition, c’est de foncer direct sur un projet de livre numérique. Pas parce qu’il y a un effet de mode (même si ouf à la campagne ça finit par arriver), mais parce qu’on se rend enfin compte que les enfants adorent. Et que ce sera à la fin, très gratifiant pour eux. Il faut donc pour l’instant réfléchir au financement et voir quelle école sera partante. Les enseignants doivent être très motivés, c’est du boulot en plus sur la semaine, mais la plupart du temps, ils sont très intéressés. C’était le cas à Faucogney !

faucogney-et-la-mer-france-9Comment avez-vous, avec les élèves de l’école de Faucogney-et-la-Mer élaboré l’histoire qui figure à la fin de notre échange ? Est-ce en lien avec les ateliers philo que vous dispensez dans les écoles de votre département ?
Faucogney, c’est un village étrange et beau au pied d’une montagne. J’étais arrivée très tôt ce matin-là et j’ai donc décidé d’aller faire un tour plus loin, en attendant.
Le village s’appelle Faucogney-et-la-Mer, en pleine montagne vous pensez !
J’ai vu une pancarte indiquant « La Mer » ; j’ai immédiatement décidé d’aller voir La Mer, là-haut dans la montagne… Fabuleux !
Un air de forêt noire allemande, digitales et fougères, biches et cailloux roses… Et pas de mer cachée… J’étais sûre que dans cette école, les choses allaient être un peu différentes. Ce fut le cas.
De la cour, au pied de la montagne, on se sent comme la chèvre de Monsieur Seguin… Les gosses ont encore des cheveux longs et jouent au ballon. Les maîtresses sont jolies et souriantes. Ce fut donc facile de débarquer avec mes bouquins, de dire qui j’étais et de proposer l’écriture d’une histoire. J’ai demandé aux enfants de faire des recherches pendant les vacances, légendes locales (le lieu s’y prête tellement), faune, flore, histoire et j’avais repéré un jardin fou et magique à intégrer dans un récit. Je les ai donc envoyés à la pêche aux infos.
Les enfants sont revenus de vacances avec quantité d’idées et de dessins. Certains avaient interrogé parents et voisins.
Ces gosses-là sont proches de la nature, pêchent dans la rivière et aiment découvrir. La connexion internet n’est peut-être pas au top là-bas mais ne croyez pas une seconde que le temps s’arrête.
Le village est comme beaucoup hélas en Haute-Saône, au bord de l’abandon car les maisons se ferment, mais on sent à Faucogney une vraie volonté de ne pas laisser le désert s’installer. J’y suis retournée plusieurs fois avec joie, en mai pour la finalisation des interventions dans le cadre du printemps du livre jeunesse. C’est le réseau Canopé et l’inspection académique qui ont initié ce temps dans les classes, fait pour rencontrer les auteurs et les illustrateurs. Le 17 mai ensuite, nous avons passé la matinée en classe à découvrir les histoires de La Souris et l’après-midi à Luxeuil j’étais présente sur le salon du livre pour rencontrer un autre public.
Cette initiative sera reconduite l’an prochain. Sans doute irons-nous dans d’autres écoles…
Tout comme, on peut l’espérer, la volonté de construire un parcours artistique et culturel pour les élèves va se poursuivre dans les prochaines années. Que cela soit concret et pas un effet d’annonce. Que tous les artistes soient invités à entrer dans les établissements scolaires et à créer avec les enfants et les enseignants. Que des budgets corrects soient mis à disposition dans les écoles primaires qui sont le plus souvent les laissées pour compte en matière de budget. Le secondaire a plus de moyens…Souris Caligramme
L’an dernier, par exemple, au collège de Vauvillers, nous avions décidé avec la principale et la CPE de proposer un atelier d’initiation à la philosophie sur l’année. Ouvert à la plupart des classes, nous avons découvert ensemble des textes, des philosophes, des questions à se poser, un regard critique à construire ouvert sur le monde. Nous avons concouru à un projet du rectorat et avons été récompensés.
Chaque année, des projets naissent de l’envie des enseignants, mais il faut aussi proposer, nous, artistes… Il y a eu une autre idée, lancée ce mois-ci, d’un atelier d’écriture Haikus-Calligrammes avec une grande expo à la fin, le tout ouvert également aux parents !
J’ai déjà dit oui !

Votre exploration de l’écriture va au-delà de la simple ligne et cette souris, joli cadeau de vous à moi, le montre bien. Précieuse Cathy ! Merci pour cette belle implication dont nous aurons l’occasion de reparler très prochainement avec la sortie de « Le prénom du monde » , un livre initialement commandé par la maternité Etoile, et que vous, Claire Fauché et le directeur de la maternité, m’avez autorisé à publier sur le site de La Souris Qui Raconte. A découvrir début juin dans une version un peu enrichie !
Maintenant place à vos petits auteurs en herbe de la classe de cycle 3 de l’école de Faucogney, avec la maîtresse Helene Boffy dans le rôle principal.

La vengeance

Nous étions au XVIIe siècle, en novembre 1674, quelques mois après la bataille de Faucogney.
Faucogney_forêt_illustPour agrandir son territoire, Louis XIV avait décidé d’attaquer le village qui était espagnol. C’était l’un des derniers territoires que convoitait le roi de France et particulièrement le château.
Dans ce village, les habitants vivaient pauvrement, certains étaient forgerons ou paysans, d’autres, simples valets de ferme.
José Lorenza était l’un d’eux, fils aîné d’une famille espagnole bien connue et appréciée des villageois de Faucogney.
Cet homme fut anéanti par la mort tragique de toute sa famille.
Après avoir erré pendant des jours dans le village, l’homme partit brusquement s’installer dans la forêt. On le vit disparaître du bourg avec pour seuls vêtements un habit déchiré encore couvert de sang et dans sa main une très grosse hache.
Au milieu de la forêt, il choisit un endroit où construire un abri, une cabane. C’est avec des morceaux de bois, des pierres récupérées dans les ruines du village, du fer, des branches d’arbres, des cordes et de la terre qu’il réussit à se construire un endroit pour vivre.
Faucogney_paysan_illustTout autour de la cabane, la forêt était épaisse et c’était juste là que se trouvait la « pierre qui tourne » !
L’endroit était peuplé d’animaux sauvages : des loups, des renards, des sangliers, des chevreuils, un blaireau, tous avaient trouvé refuge au milieu des sapins, des chênes, des bouleaux et des hêtres.
Une horde de loups s’approchait souvent de la cabane et c’est ainsi que José Lorenza remarqua qu’il pouvait se lier d’amitié avec eux. Il eut peu à peu l’idée de les apprivoiser et de les dresser. Mais cela avec une idée bien précise qui était celle de se venger du massacre qu’il avait vécu.
Ce matin-là, lorsque José L. sortit de la cabane il remarqua que la pierre qui tourne était partie comme le dit la légende, tous les cent ans, elle quittait son socle pour aller boire dans un étang.
Pour lui, dans son malheur qui le hantait, ce fut le signal : il décida qu’il était temps de se venger des soldats français qui avaient tué sa famille. Son père, sa mère, sa sœur, son frère, tous avaient péri sous l’épée des soldats de Louis XIV ! Il ne s’en remettrait sans doute jamais…
Ce dimanche matin, il descendit au village accompagné de trois loups parfaitement bien dressés et pendant la messe, il alla se cacher dans la maison de la famille d’un des soldats français qui avait assassiné sa famille. Lorsque les gens revinrent de l’église, José Lorenza et ses loups les attaquèrent. Seuls deux enfants qui étaient encore sur le chemin du retour en réchappèrent. Tous les autres furent dévorés par les loups. Les deux enfants rescapés, l’un bébé l’autre âgé de neuf ans, s’enfuirent ainsi dans la forêt et arrivèrent par hasard à la cabane. Lorsque José Lorenza revint de sa vengeance au village il trouva les enfants terrifiés dans un coin de la pièce. Là, tout au fond de son cœur il ressentit de la pitié pour les deux innocents et décida alors de les garder avec lui. Il les éleva comme si c’était les siens. Il les éduqua, leur appris à lire, à écrire, aussi bien en espagnol qu’en français et malgré leur pauvreté ils devinrent une famille unie.
C’est ainsi que notre histoire se termine.
Les enfants devinrent des adultes… Le plus jeune vécut dans le secret mais l’autre ne put jamais oublier la mort de ses parents. Ils vécurent dans la solitude, se débrouillèrent pour vivre mais au prix de plusieurs tragédies, la paix était revenue au village.
Aujourd’hui Faucogney est un village de plus de cinq cents habitants dans lequel règne une bonne entente. Il reste encore un des membres de cette étrange famille de José Lorenza, une fille qui s’appelle Odette et qui a créé le plus beau jardin de la vallée…
Allez donc voir…

Faucogney_arbre_illust

 

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Evron, dans le département de la Mayenne (53) organise du 2 au 13 mai 2017 LA QUINZAINE DU NUMÉRIQUE. Invitée de longue date, les premiers échanges remontant à juin 2016, j’y animerai deux ateliers le mercredi 10 mai.

Cela faisait bien longtemps ! Souvenez-vous… En 2014, à l’occasion d’un stage chez La Souris Qui Raconte, Marianne Selli (passée depuis chez mes coreligionnaires de l’Apprimerie) avait travaillé dur sur la création d’ateliers numériques à partir des applications de la maison. Cela avait eu comme résultat direct, des demandes d’ateliers dont je parle ici. La demande faite par les équipes de la bibliothèque des Coëvrons m’a enchantée, me replongeant dans les préparatifs, passage obligé pour ce type de rencontres.

Le programme : Quinzaine Numérique Coëvrons 2017
Le pitch : « Faites vivre à vos enfants une expérience innovante de lecture, d’inventivité et de création avec Le livre papillon » .

Au-delà de découvrir ce très beau livre signé Marine Locatelli et Claire Fauché, de le lire à haute voix et d’en explorer toute l’interactivité, les enfants, à partir de 7 ans, réaliseront une petite animation en Stop Motion. Ils leur faudra avant cela préparer leurs propres éléments d’animation : fleurs en papier et papillons colorés seront de mise.

Petit entrainement préalable
Répétition générale…
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« Léon et le géant » est enfin sorti ! Mais les géants, tout le monde le sait, ne courent pas vite sans leurs bottes de 7 lieues… Cécile Givernet en est l’auteure, et Vincent Munsch (avec lequel elle partage plus qu’un Léon) en a composé la musique. Une première chez La Souris Qui Raconte. Les images sont signées Julie de Terssac. La voix est celle de Thierry Ragueneau.

Leon_00006La sortie initiale de « Léon et le géant » prévue le 7 avril dernier a connu un petit retard de mise en ligne et je m’en excuse ici encore. Le livre, de la collection à jouer, développé en HTML5 (le 4e maintenant), a donné du fil à retordre à Pierre Canthelou notre développeur en titre — pas si facile le HTML5, hein Pierre !?
Ma première question à tous les deux, quels regards et impressions à la découverte du BAT numérique* ?
Cécile : avant même la découverte du BAT, pour moi la découverte du premier visuel a été très touchante. Le fait que tout à coup ce que l’on a en tête se concrétise… Même si je n’avais pas de vision précise en termes d’illustrations, j’avais beaucoup apprécié ce que j’avais vu du travail de Julie et j’étais impatiente qu’elle s’empare de cette histoire. Et ensuite le voir combiné au travail de conte, d’animation, de mise en son… C’était la cerise sur le gâteau !
Vincent : je me suis dit wahou ! Il y a quelque chose de magique, de poétique… Et j’ai été fier d’y avoir participé, je l’avoue. Je suis toujours fasciné de voir une création émerger de nulle part, que des individus qui ne se connaissent pas arrivent à collaborer pour créer in fine un objet unique, original mais surtout homogène. Le producteur (l’éditeur) n’y est d’ailleurs pas pour rien dans cet unisson.

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© Julie de Terssac donne ses directives d’animation et d’interaction

« Léon et le géant » aborde le thème de la séparation et du temps qui passe. Ce temps qui peut être long lorsque l’on est enfant et loin de sa maman. Cécile, comment sont nés Léon et Letan ?
Cécile : j’écris depuis plusieurs années mais de manière dilettante. L’écriture est une activité assez solitaire et ces moments-là sont rares dans ma vie ! Léon est né à une période où j’étais moi-même loin de ma famille pour des raisons professionnelles. La trame est venue assez vite. Ensuite je l’ai laissée mûrir un peu au fond d’un tiroir pour le reprendre et en peaufiner le style. J’avais envie de systématiser un peu le jeu des rimes, comme peut le faire mon fils de 5 ans !

Les abonnés à La Souris Qui Raconte te connaissent déjà comme voix sur des textes d’auteurs. Je pense notamment à l’émouvant « Conte du haut de mon crâne » de Séverine Vidal ou encore à « Pour tout l’or du monde » de Cathy Dutruch, mais tu as prêté ta voix à onze histoires (fidèle parmi les fidèles) et c’est ta première participation au catalogue en tant qu’auteur. Comment passe-t-on de la narration à l’écriture ?
Cécile : j’exerce un métier dans lequel on est souvent amené à porter plusieurs casquettes. Pour ma part je suis comédienne mais aussi conteuse, metteuse en scène, auteure, marionnettiste, pédagogue… Si les médiums changent, je m’aperçois que ce qui compte avant tout c’est l’envie de raconter des histoires. Alors selon ce que l’histoire raconte, j’ai l’habitude, de par mon métier, de m’emparer de l’outil le plus approprié pour « dire ». Mais pour ce qui est de la narration, je trouve que l’on a une certaine responsabilité dans notre manière de conter et j’espère à chaque fois avoir été au plus près de l’intention de l’auteur.

Tu fais bien de parler de cette intention vis à vis de l’auteur ! Ce n’est pas toi la narratrice de ton propre récit, mon choix s’est porté sur une autre voix. Que penses-tu de l’interprétation de Thierry ?
Cécile : je me suis rendue compte qu’on a réellement sa propre musique lorsque l’on écrit et cela demande un peu d’effort d’en sortir en écoutant quelqu’un d’autre dire ses mots ! Une fois cet effort consenti c’est un vrai régal… J’ai adoré l’interprétation faite par Thierry de Letan et le rythme qu’il a injecté dans le texte.

Lorsque tu m’as proposé ton texte, Vincent était présent et nous avons eu l’idée un peu folle (et inédite) de lui faire composer la musique. Comment cela se passait « à la maison » ? Entendais-tu des choses ? Vincent t’a-t-il impliqué dans sa création ?
Cécile : comme pour la plupart de ses créations, Vincent tâtonne d’abord à son ordinateur. Quand je suis là je tends l’oreille bien sûr, et pointe discrètement ce que je trouve intéressant ! Mais souvent il m’invite à lui donner son avis, plus tard, quand le squelette est bien avancé. Nous avons l’habitude de travailler ainsi et avons besoin de ce regard extérieur. Enfin là pour le coup, d’une oreille !

Et toi Vincent, avais-tu envie de partager ou préférais-tu avancer « secrètement » et ne dévoiler le fruit de ton travail qu’une fois abouti ?
Vincent : j’ai l’habitude de partager mes réflexions et mes recherches avec Cécile. Je lui demande très souvent son avis,même si je suis bien embêté si elle me dit que ça ne va pas ! Mais quand on a la tête dans le guidon c’est bien d’avoir une oreille fraîche qui amène un peu de recul. Cécile est exigeante, et parfois de manière inattendue elle passe dernière moi et me dit « c’est bien, ça tu devrais creuser ».

Peux-tu nous raconter un peu comment tu as imaginé les différents thèmes musicaux de Léon ? Quelles ont été tes inspirations, dans quels sens tu voulais aller ou au contraire ce que tu voulais éviter ?
Vincent : initialement, je voulais une bande-son basée sur des sons naturels et non des instruments de musique. Mais cela s’est avéré laborieux car limité au niveau harmonique et cela venait en conflit avec la voix. Ensuite j’ai imaginé  des musiques créant un contraste entre la douceur de la mère et la force du géant. Je ne voulais pas forcément opter pour une musique enfantine. La difficulté de ce genre d’exercice, est de créer une musique qui soit intéressante et accrocheuse mais qui ne prenne pas le pas sur le narrateur. Elle doit raconter des choses mais ne pas être trop illustrative.  Pour trouver les thèmes en général je joue d’un instrument jusqu’à trouver une mélodie qui me plaît. Il ne reste alors plus qu’à tirer le fil pour écrire le morceau. Mais quand je travaille je remets souvent beaucoup les choses en question, abandonne des idées, y reviens… Je doute beaucoup. Les visuels de Julie ont enfin été une source d’inspiration importante. Sans eux, je pense que la musique aurait été tout autre.

Vous avez également eu avec Michel (ingénieur du son LSQR, pour ceux qui ne suivent vraiment, mais vraiment pas !) des séances de travail, peux-tu nous en toucher quelques mots.
Vincent : c’est très agréable de travailler avec quelqu’un du métier car nous pouvons jargonner librement ! On peut faire les geeks du son. Au-delà de ça l’oreille affûtée de Michel pointait souvent des choses pertinentes contre lesquelles je ne pouvais pas lutter. Nous avons pu travailler assez finement sur la sonorité d’un instrument, l’équilibre général. Mais quand deux amoureux du son se réunissent, ils doivent aussi savoir lâcher prise car le travail est sans fin. Son expérience et sa bienveillance se sont avérées précieuses pour la finalisation du projet.

Une autre expérience commune : vous êtes tous les deux issus du milieu du spectacle. Nous avons eu le grand plaisir, Michel et moi, de venir voir la représentation de « Médée la petite » au Temps des Cerises. Comment s’est faite cette création ?
Cécile : là aussi c’est un travail de maillage des compétences et désirs de chacun. Nous avons reçu un bel accueil du spectacle et nous en réjouissons. À la fois complémentaires et sans concession l’un vis à vis de l’autre, c’est ce qui permet je crois d’avancer. N’est-ce pas, petite souris qui raconte ?!

Un grand merci à vous deux, à Julie aussi pour ses très belles illustrations, à Thierry pour son interprétation et à Prakash et Pierre pour avoir animé et développé ce très beau livre. L’aventure de La Souris Qui raconte conjugue les talents et je m’en émerveille à chaque fois !

*Un BAT numérique, c’est comme un BAT papier (Bon à Tirer) sauf que c’est numérique. Les auteurs et illustrateurs valident l’épreuve avant sa sortie, tout comme ils le font avec un livre papier.

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