20 | 02
2017

Et de trois… « Le drôle de chat qui mord » troisième livre numérique nativement HTML vient tout juste de paraître et Pierre Canthelou sera sur ces questions-là mon expert HTML5. Mais, n’est-ce pas ce qu’il est dans la vraie vie ?

Pierre Canthelou (Onzedix), ingénieur en génie logiciel (ça claque) pouvez-vous rapidement nous expliquer ce qu’est un ingénieur en génie logiciel. Quelles études et compétences sont nécessaires ?

Bonjour à tous nos lecteurs et bonjour à vous petite souris. Pour faire court, j’ai un diplôme officiel d’ingénieur maître en mathématiques et génie logiciel, délivré à la suite de 3 ans d’études à l’I.U.P de Rouen. Je ne suis donc que bac+4, je ne sais même pas si ce diplôme existe encore… Il nous préparait à la conception de logiciel, algorithmes, programmation orientée objet, gestion de projet (bon là ils ont vraiment raté leur coup…). Mais, un diplôme reste un diplôme, et j’ai tout appris avant et après. Ma vraie culture informatique s’est enrichie de lectures nombreuses (la plupart du temps des ouvrages en anglais…), d’une veille constante et de la possibilité (ou la prise de risque) de faire des projets avec des technos émergeantes, pour moi ou mes clients. Comme avec vous par exemple !

Comment en êtes-vous arrivé à cette spécialisation ?

C’était pour moi une suite logique : j’ai démarré en 2004 dans la création de sites web, et à cette époque j’ai fait le choix de ne faire que des sites full-css alors que beaucoup utilisaient encore des tableaux ou Flash. Ça a été payant car c’est cette techno qui a pris le pas. Comme je développais aussi avec le PHP, j’ai fait 10 ans de bons et loyaux services dans le domaine de la création de sites… Et quelques applications, mais rien de bien folichon. Avec l’arrivée des terminaux mobiles (téléphones et tablettes), j’avais encore une fois le choix entre une spécialisation (sur iOS) ou garder mes acquis et me lancer dans le « HTML5, l’aventure continue ». J’ai donc délaissé peu à peu le développement de sites au profit des clients m’offrant des perspectives dans la création d’applications, soit mobiles, soit très animées et interactives. Je remercie d’ailleurs La Souris Qui Raconte de m’avoir permis d’embarquer avec vous sur la réalisation de ces livres animés (j’ai trois grands enfants, je leur lisais beaucoup d’histoires, c’était génial, et j’avais envie de créer des livres comme ça).

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Un projet fait pour Mustella

Pour rappel, il y a eu « Ma rentrée colère » collection histoires « à lire », suivie de « PCR Company » collection histoires « à jouer » et le tout beau tout neuf « Le drôle de chat qui mord » collection histoires « à lire » encore. Pouvez-vous expliquer les différences majeures entre ces trois titres et comment le premier vous a permis de décliner plus rapidement les suivants (c’est bien le cas n’est-ce pas ?).

C’est le cas. Le développement informatique a beaucoup évolué, il est moins rare dorénavant qu’un logiciel sorte ou soit développé sans avoir 100% de ses capacités. En tout cas moi c’est comme ça que je conçois mon travail ; ce qui fait que je suis souvent en retard en fait. Parce que dans le développement, on tâtonne (au début), il y a plusieurs manières d’aborder une action ou un algorithme, et les technos HTML5 sont encore jeunes… Pour « Ma Rentrée Colère » je me souviens avoir démarré en utilisant le moteur de jeu Phaser, qui promettait de belles choses. Mais à l’usage et dans la construction même du livre c’était long et complexe. De fil en aiguille j’ai construit mon propre langage pour créer rapidement les écrans, ce qui fait que, entre le code des premiers écrans de « Ma Rentrée Colère » et le dernier, on peut voir l’évolution ! La complexité était dans la déclaration des objets graphiques, leur positionnement puis leur animation, la synchronisation avec la voix et la musique, le poids des images, les passages de pages etc…
Avec « PCR Company » on a changé de registre, il fallait pouvoir cliquer ; là encore j’ai inventé un langage pour faciliter la création des écrans, en complément de ce que j’avais déjà écrit pour le précédent ouvrage. Et là encore, on voit la différence et l’évolution du code entre le premier écran et le dernier. Ce qui me prenait 5 ou 10 lignes de code dans les premiers ne me prenait plus qu’une ligne à la fin (mais j’avais quelque part 15 lignes de code qui permettaient ce raccourci).
Enfin, avec ce dernier très bel ouvrage « Le Drôle de Chat qui Mord », nous avons introduit la notion d’écran double, qui avait un impact sur la gestion des écrans et des flèches de navigation, et des animations, qu’il fallait arrêter et cacher…
A l’heure actuelle, notre moteur, loin d’être parfait, permet de créer des suites d’écrans chapitrés (écrans simples ou doubles), avec musique, voix et effets sonores, des animations d’objets et des actions diverses sur ces objets, et ce avec un minimum d’instructions et de lignes de code (alors que le premier livre ne permettait de faire que des suites d’écrans simples non chapitrés, avec musique, voix et effets sonores, et animations d’objets).

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Exemple de codage de la première scène du drôle de chat

Si vous avez géré les animations sur le premier livre numérique, nous avons décidé ensemble de travailler avec Prakash Topsy (producteur pour le cinéma d’animation) sur la partie animation pour les suivants. Comment votre complémentarité se formalise-t-elle, en trois mots « qui fait quoi » ?

  • Nous recevons le script de l’illustrateur et ses prérogatives d’animations.
  • Nous étudions ces recommandations et définissons ce qui sera animé par Prakash, et ce qui sera de mon ressort, en fonction des mouvements demandés.
  • Prakash réalise des animations et me fournit des suites d’images : de l’animation traditionnelle à la Walt Disney, image par image. On se base sur des cadences de 12 images par seconde, voire 10…
  • Je récupère l’énorme travail de Prakash et transforme chaque série d’images en 1 image qu’on appelle « sprite ». J’ajoute une ligne de code pour informer notre « logiciel » qu’il doit traiter cette image comme une animation, un peu comme un GIF animé.
  • J’anime avec Javascript ces éléments pré-animés (en leur attribuant translation, rotation, …) et les autres.

Par exemple pour les oiseaux, Prakash fait entre 2 et 8 images d’un oiseau en vol stationnaire, qui bat des ailes, que je transforme en sprite ; ensuite j’insère cet objet graphique dans l’écran avec une ligne de code précise, et avec une autre ligne de code (ou plusieurs) je lui commande d’aller d’un point A à un point B de l’écran à une certaine vitesse.

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J’ai quelques angoisses concernant le format HTML5. Pensez-vous que l’on puisse aujourd’hui parler d’un standard ? Le HTML4 a été un standard du web pendant plus de 10 ans (si j’en crois cet article). Quelles différences existent entre la version 4 de HTML et la version 5, avez-vous un avis sur la version 6 ?

Le problème c’est qu’on parle de HTML5 comme on parlait de HTML4+CSS2+JS ; HTML5 ne veut rien dire en soit car on utilise au final toujours les mêmes langages : du HTML, des CSS et du JS. Là où cela évolue, c’est que HTML a de nouveaux TAGs (comme le tag canvas pour le dessin), les CSS se sont enrichis d’instructions d’animations et le Javascript s’enrichit aussi d’instructions d’animations, de gestion de la géolocalisation, des notifications, etc…
Donc en gros, ce qui était impossible à faire il y à 3 ans le devient car l’écosystème logiciel du web s’enrichit de fonctionnalités nouvelles, qui viennent d’ailleurs souvent du monde du portable… C’est pour moi identique à HTML3 et HTML4, la même « révolution » qui n’est en fait qu’une « évolution ».
Donc je n’ai aucune idée de ce que réserve la sixième évolution du web, mais on peut se dire que la possibilité de stockage d’informations, de mise en cache, d’échange direct avec une autre machine, etc. vont pointer le bout de leur nez afin de contrecarrer les applications natives de Apple et Android. Cela va simplifier pas mal de choses !

Avez-vous suivi ce qui s‘opère entre l’IDPF et le W3C. Je suis loin d’être une experte sur ces questions, mais j’imagine que vous avez un avis sur ce rapprochement ? Ça va changer quoi pour des gens comme vous, et par ricochet des éditeurs comme La Souris Qui Raconte ?

Pour être franc, c’est une découverte ! Je vois même qu’il y a une ancienne cliente qui fait partie de l’équipe avec laquelle je bossais pour Magnard. Qu’est-ce que cela pourrait changer ? Techniquement j’imagine qu’ils vont introduire de nouvelles fonctions pour faciliter la conception d’ouvrages (couverture, préface, ligne, pagination, …), ainsi que la lecture (démocratiser la lecture automatique de textes) donc il va falloir, comme on le fait déjà maintenant, apprendre de nouvelles techniques… Rien de bien nouveau. Pour vous ? On peut se dire que ça va faire comme pour la disparition annoncée de Flash. Une refonte des moteurs techniques d’affichage, mais très certainement aucun changement sur le fond.

Alors que Flash (logiciel d’animation) a été le roi du web pendant deux décennies, le voilà déchu et détesté pour cause de failles de sécurité ! Pour avoir entendu dire un paquet de fois « Flash… c’est mort ! » pourquoi HTML (langage de description de pages) ne suivrait-il pas le même destin ? Quelle garantie avons-nous que demain (dans 10 ou 20 ans) HTML(?) ne sera plus HTML(?) mais autre chose et que ce qui marche aujourd’hui ne marchera plus dans 10 ans ?

Le truc c’est que HTML était là avant le Flash. Je pense que c’est une erreur non pas de Macromédia/Adobe mais du W3C d’avoir tant attendu avant d’introduire directement dans le HTML tout ce qui faisait la force de Flash : timeline pour l’animation (le pendant étant les animations CSS et bientôt la timeline JS), dessin vectoriel (SVG), logiciel-éditeur complet. Flash, tout le monde l’aimait parce que l’outil était très bien fait, qu’il permettait de faire assez facilement ce qui était impossible dans une page web, et qu’un graphiste pouvait l’utiliser directement. Dans l’immédiat, on a besoin d’un graphiste puis d’un développeur. En extrapolant, regardez ce qui se déroule avec React ! Ça va faire pareil ! HTML, CSS et JS seront toujours là : ils vont évoluer, intégrer les technos qui auront émergé en avance sous forme de plugins, et ils perdureront.
Pour finir, parler de 10 ans en informatique, c’est comme se demander si les dinosaures pourraient encore fouler notre terre. Ne serait-ce que parce que le matériel évolue trop vite.

J’imagine que vous programmez en HTML pour faire ce que HTML sait faire, des sites web, bien plus que pour « co-créer » des livres comme ceux de LSQR. Que retirez-vous de cette nouvelle expérience ?

Alors en fait non ! J’ai déjà répondu à la question plus haut ! C’est plutôt l’inverse, je préfère largement co-créer avec vous, j’ai déjà fait assez de sites web… Et maintenant avec WordPress, le métier est totalement différent. Je fais en parallèle des sites animés interactifs pour une agence qui bosse beaucoup avec le médical/pharmacie, et c’est très bien aussi. Je me tourne vers l’animation et l’interactivité, c’est un choix d’orientation professionnelle et j’en apprends beaucoup beaucoup avec la réalisation de livres.

Pour avoir pratiqué Flash et sa performance en matière d’animations (c’est quand même ce qu’on fait chez LSQR depuis presque 7 ans, des livres numériques animés), je n’ai pas encore retrouvé cette fluidité avec HTML5, pensez-vous pouvoir me contredire un jour ?

Oui, comme je le disais en début d’interview, au début j’avais envisagé d’utiliser Phaser, un moteur de jeu, moteur qui en fait utilise principalement un objet appelé « canvas », et cet objet permet de faire des animations fluides. Il faut le comparer à un conteneur comme l’était Flash en fait. C’est pour ça que je disais que le HTML absorbe les technos, et les rend finalement plus accessibles. Sauf que pour Flash ils ont attendu trop longtemps.

Autre inconvénient, les questions de poids, ça pèse vite lourd en HTML et je sais que vous bataillez pour trouver des solutions dans vos chargements. Quel régime pour un livre animé et interactif de 30 écrans ?

Notre dernier livre fait 350Mo, nous avons 45 écrans je crois. Il y a un sprite d’animation qui fait 5Mo à lui tout seul… Mais je n’ai pas encore eu le temps de me pencher à fond sur ce problème de chargement et de préchargement, il faut que j’essaye une autre approche en me basant sur les deux approches déjà pratiquées pour ces trois livres. Les nouvelles technos comme Progressive Web App devraient apporter quelques éléments de réponse.

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3 images transformées en une seule pour l’utilisation en tant que « sprite »

Ah oui, une dernière question, pourquoi Onzedix ?

C’est hyper intime !
Onzedix, c’est binaire et informatique : 1110
Et je suis né le onze octobre 1971… 11/10
Avant ce nom, je me faisais connaitre sous « codesign » (co design, code, design), mais j’ai voulu accompagner ma transition vers l’animation numérique avec un nouveau nom.

Jeunot ! Huhuhu !!!
Merci Pierre, j’ai presque tout compris ! et j’espère que nos lecteurs apprécieront ces petites ficelles qui vous sont propres, et participent à l’élaboration de notre beau catalogue. Le virage que vous prenez avec LSQR a été dur à décider pour moi (d’où mes questions sur Flash, afin d’être sûre de ne rien regretter… mais non… rien de rien …). On ne change pas une équipe qui gagne, et je ne me voyais pas relayer Ivan, notre docteur ès Flash sur le banc ! Finalement il a trouvé sa place dans la suite de l’histoire que j’écris un peu chaque jour, puisque lui aussi passe au HTML, mais avec Animate CC.
Mais C une autre histoire !

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Je ne sais pas pour vous, mais pour moi je trépignais d’impatience comme un enfant à deux jours de Noël. « Le drôle de chat qui mord » mis en ligne le 10 février, est un livre que j’affectionne particulièrement. Bien sûr, j’aime tous les livres que je publie, le contraire serait un comble, mais j’ai un ressenti particulier pour celui-là.

Le thème du deuil, sujet ô combien difficile en littérature de jeunesse, est ici abordé par la métaphore d’une grande ombre noire. Un chat, à moins que ce ne soit un tamanoir ou un tigre du Bengale, est le témoin du temps qui passe dans cette petite cabane chargée d’amour et de souvenirs.
Pauline Sauveur, vous êtes architecte et auteure, comment ce texte, d’une poésie amène, s’est-il construit en vous ? Où est-il né et pourquoi ?

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Il est né de l’envie d’écrire sur l’architecture, sur les maisons. J’ai été étonnée que cette envie ait donné lieu à ce texte sur le deuil, je ne l’avais pas formulé au départ. Ce qui est resté en filigrane c’est que la maison, la cabane, reste le lieu qui accueille, qui évolue, et qui d’une certaine façon accompagne les humains dans ce parcours.
J’ai écrit la trame de toute l’histoire en une seule fois, d’où la surprise de découvrir la tournure que cela prenait en même temps que je l’écrivais, un soir, à la table de la cuisine, au son de la radio russe, chez ma grand-mère, à Helsinki (Finlande) où j’étais venue pour quelques semaines.
J’ai ensuite retravaillé l’histoire, par petites touches, pendant longtemps.

Les illustrations de Giovanna Gazzi, d’une délicatesse infinie, respectent votre phrasé. Pas de pathos, mais au contraire une immense bienveillance sur ce sujet vivant qu’est la mort ! Vous le dites si bien ! Qu’avez-vous éprouvé à leur découverte, et si je vous demandais de choisir une seule image dans tout le livre, quelle serait-elle ?

Ce fut assez long je me souviens, pour trouver la personne qui prendrait en charge l’illustration. Mais j’étais confiante, car il me semble que l’idée de base dont on avait parlé ensemble, d’un dessin délicat et plein de poésie, était ce qu’il fallait pour ce texte. Aussi, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai découvert du travail de Giovanna quand vous m’avez envoyé le lien.
Et dès les premiers croquis j’ai adoré. C’était très beau de voir sa proposition, de voir le déroulé des images prendre forme. Je me souviens aussi de l’instant où j’ai découvert le chemin de fer complet, c’était le 7 janvier 2016, il pleuvait, j’étais en déplacement, et j’ai ouvert le mail dans un café. J’étais sous le charme et heureuse. Je l’ai évoqué dans le journal de résidence que j’écrivais à ce moment là comme d’un moment lumineux. (c’est grâce au journal que je me souviens de la date !)

2_16_provanimaz_videoPour choisir une seule image, quelle affaire ! J’aime toutes les petites bébêtes qui traversent l’écran, j’aime beaucoup l’arbre au fil des saisons, et la page avec le lièvre le tamanoir et le hérisson fâché !
Mais à choisir une seule page ce serait celle avec le petit bonhomme de bois sur le buffet. J’ai été étonnée et emballée par chaque détail, comme d’avoir 4 ans et de poser le nez sur le rebord du meuble pour regarder entre les bols, les vases, et les pots de fleurs. Mais heureusement le livre comporte plein de pages, on peut toutes les aimer !

Et puis il y a toute la partie enrichie de votre texte, la lecture de Cécile, la musique. Vous me disiez que ça vous a fait un « drôle » d’effet d’entendre une autre voix sur vos mots. Vous qui êtes rompue aux lectures à haute voix pour les pratiquer avec votre collectif *Public averti, comment celle-ci vous est-elle apparue ? Et avec les images en plus, cela lui donne-t-il encore une autre dimension ?

J’aime vraiment lire au public, c’est carrément addictif, parce que c’est l’une des formes qui donne toute la dimension du texte, et qui engage notre propre présence. C’est de l’ordre de la performance, non pas une performance au sens sportif, mais au sens de l’engagement face aux autres. Les autres, qui ensuite le reçoivent exactement comme ils veulent.
Ce fut une découverte d’entendre Le Drôle de chat qui mord dit par Cécile, son rythme à elle, sa façon d’appuyer tel ou tel mot. Il y a des choses minuscules qui me touchent beaucoup, comme par exemple le souffle qu’elle a pour la fin de la phrase qui raconte que la porte oubliée va s’ouvrir.
En fait la combinaison de tout, la musique, les sons, les enchaînements, les pages sans texte (j’aime beaucoup ça) la voix et l’animation, bref ce que permet le livre numérique me semble d’autant plus intéressant qu’il n’y a aucune surenchère technique, on laisse toute la place à la poésie. Et je suis heureuse que le texte ait maintenant sa propre vie dans cet ensemble.

Giovanna, vous êtes illustratrice et peintre italienne, vos illustrations d’un grand raffinement (je suis fan) pouvaient sembler difficiles à transposer en numérique (je pense notamment à la richesse de vos textures, avec des surimpressions et des transparences…), pourtant vous avez su garder toute la sensibilité propre à vos images « papier ». Comment avez-vous organisé votre création ?

Je suis partie très heureuse parce qu’illustrer ce conte était un défi.
C’est une histoire de grandes lumières et d’une ombre importante, mais tout compte fait une histoire pleine d’amour.

C’est une gageure de donner corps à des lumières et à des ombres et le crayon est parfait pour cela.
J’ai lu et relu le conte en français avant de le traduire dans ma langue, parce que je voulais me pénétrer des ambiances avant de m’arrêter aux détails. Mes premiers dessins sont nés ainsi. À partir de l’histoire originale sans être trop descriptif. Puis j’ai cherché un story board qui soit cohérent avec les autres histoires de La Souris Qui Raconte et s’adapte à toutes les images qui, entre temps, me venaient à l’esprit. A la fin j’ai choisi que chaque illustration s’articule en deux passages, parce que le rythme des séquences me semblait trop statique sinon : l’ombre roule, descend, se contourne, et l’image doit refléter ce mouvement. La difficulté majeure a été de conserver le trait du crayon le plus net et le plus frais possible, même dans les phases de la couleur. J’ai passé des heures à détourer les figures pour conserver la finesse du dessin au crayon.
C’est donc un travail qui a demandé du temps et je ne cesserai pas de dire combien j’ai apprécié la disponibilité unique de Françoise qui a accepté et respecté toutes ces nuances en cours d’ouvrage.

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Au regard de votre art, est-ce que cette façon de procéder s’est avérée contraignante ? Vous a-t-elle demandé une adaptation ?

J’ai voulu profiter du texte de Pauline : illustrer une histoire spéciale, délicate et difficile en même temps, avec beaucoup de liberté et aussi une grande rigueur. Ça a été une grande opportunité pour moi. J’ai réalisé que je devais aborder ce travail de la même façon que j’anime mes cours ou mes ateliers. Je mets sur la table tous les ingrédients (matériaux, instruments), je montre comment les mélanger, les combiner, je suggère des résultats possibles, et ensuite je laisse faire au gré du travail qui s’organise presque tout seul. 
Peu à peu, tout prend forme et trouve le parfait équilibre entre ce que nous avons entre les mains, et nos intuitions dans la composition de l’œuvre.
Pour ces illustrations j’ai travaillé ainsi : les dessins, les fonds séparés, les chats et les « demi-chats » c’est-à-dire des chats peu définis parce qu’encore très dans « l’ombre ». Puis j’ai traité tous ces différents éléments comme des morceaux de collages, manuels et numériques, en cherchant à les fondre de manière harmonieuse.
Dans certaines planches ça a été plus simple et spontané que dans d’autres, mais à la fin les illustrations sont arrivées pratiquement toutes seules. J’ai beaucoup aimé en particulier la façon dont l’ombre prend petit à petit une forme et un volume. Elle se concrétise et devient chat.
Et dans les passages où on cherche à éloigner les enfants du drôle de chat, les deux adultes inventent une galerie d’animaux fantastiques et grotesques qui n’ont rien à voir avec cette maison pleine de paix.

Vous aviez une idée très précise des animations que vous souhaitiez dans le livre, avec une préparation minutieuse à l’intention de l’animateur et du développeur. Les avez-vous retrouvées en visionnant le livre animé ?

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Oui tout à fait, et j’en ai été très émue parce que tout en imaginant des gestes et des mouvements c’est une surprise, par exemple, de savourer la lenteur ou la rapidité des animations pendant le récit : « combien de temps » pour faire voler une tenture ou onduler les cœurs entre les plantes, faire sauter les outils sur le tapis… Ces effets je les ai découverts seulement quand l’animation était terminée, avec la voix de la narratrice et les musiques ; le résultat est un ensemble que je trouve très harmonieux et impossible à imaginer en cours de travail. Je pense aussi que sans avoir jamais rencontré aucune des personnes avec lesquelles j’ai partagé ce travail, il y a eu un grand respect mutuel à prendre en mains ce qui nous a été confié et de le sublimer, chacun dans sa spécialité. Ainsi une fois le travail terminé il se révèle comme étant un résultat vraiment remarquable pour tout le monde.

Dans votre biographie, il est question de l’Exposition Internationale d’Illustration Immagini della Fantasia ? En quoi consiste cette exposition et qu’y faisiez-vous plus précisément ?

J’ai participé de 2003 à 2008 aux éditions de la Mostra Internazionale d’Illustrazione « Le immagini della fantasia » a Vérone dans des lieux prestigieux et variés (Gran Guardia, Teatro Camploy, Palazzo Forti…). La Mostra, créée par la fondation Stepan Zavrel, est un réservoir précieux  d’œuvres et d’artistes, en plus d’être une importante école d’illustration. Elle concerne chaque année plusieurs villes en Italie et à l’étranger. J’ai travaillé dans ce contexte avec d’autres illustratrices dans la réalisation de certaines scénographies, ateliers et stages pour adultes et enfants. 
Cela m’a permis d’aborder et de comprendre l’illustration du côté de ceux qui cherchent, ceux qui choisissent un livre pour les images, avant même que pour les mots, et qui – à tout âge – sont fascinés par ce langage de l’illustration qui, bien que n’étant pas un art pur, doit inclure dans tous les cas un parcours artistique de recherche et d’innovation.
Ce que nous avons réalisé pour nous adapter à la Mostra dans les différents lieux qui l’ont abritée, est ainsi la synthèse du travail d’une équipe qui dans ce cas a travaillé non pas tant pour exposer que pour mettre en valeur la beauté, les styles, et la valeur du langage de l’illustration.

Quels sont vos futurs projets à l’une comme à l’autre ? Ecriture, résidence, publication… et comment imaginez-vous partager « Le drôle de chat qui mord » auprès du public et des gens de la profession ?

PaulineLa prochaine publication est prévue pour avril, en littérature vieillesse (comme disent certains auteurs jeunesse, j’aime cette expression qui fait un peu réfléchir !) il s’agit d’un livre photos avec texte, sur le parcours vrai d’une femme devenue homme. Devenir soi, c’est quand même la grande affaire pour tout le monde. Il va s’intituler quasi certainement « Presqu’îl-e » et paraîtra aux éditions Jacques Flament, dans sa collection Images et Mots.
Les dernières résidences d’auteure que j’ai faites sont maintenant terminées, je finis d’ailleurs la mise en page avec un graphiste, Benjamin Cheminat,  du livre de fin de résidence qui reprend les photos et le journal écrit tout au long, en Essonne, sur le thème des carriers travaillant à l’extraction du grès. Il comportera également des pages imprimées en risographie, ce dont je me réjouis carrément. La publication est réalisée dans le cadre interne de la résidence, ce qui en fera un livre introuvable, mais on peut tout voir sur le site littéraire remue.net ! 
Ensuite, je vais reprendre le cours des projets que je développe, comme souvent, sur plusieurs années, en écriture photographie et sous formes d’installations quand cela s’y prête. Les lectures avec le collectif *Public averti seront aussi des rendez-vous importants au cours de l’année.
Pour ce qui est de partager Le drôle de chat, j’espère pouvoir le lire à des classes ou en public, en bibliothèque. Je suis vraiment enthousiaste, et j’ai hâte de voir quel sera l’accueil pour cette forme numérique !

Giovanna : Je pense que je suivrai deux voies : ici sur place et en ville parce que je crois que la formule de l’abonnement à laquelle nous ne sommes pas habitués peut représenter un bel enrichissement de l’offre des bibliothèques pour enfants. Et le français ici est une langue assez courante. Dans l’école dans laquelle j’enseigne cette année, les enfants étudient l’anglais et le français, et il en est de même dans d’autres écoles de la province.
La seconde voie maintenant… ce travail a mobilisé des énergies précieuses et l’envie de faire beaucoup plus dans cette direction. Ces jours-ci je dessine quelques maquettes des aventures sans parole d’un petit personnage féminin entreprenant, et je m’amuse beaucoup en pensant à son mouvement. J’ai réalisé ce livre pour l’animation, il me donne l’inspiration et le prétexte de tenter cette aventure.
C’est pourquoi je pense que à partir de vendredi j’enverrai à tous mes contacts dans l’édition le lien vers « Le drôle de chat qui mord », en le présentant comme le travail le plus avancé et le plus complet auquel je sois parvenue jusqu’à maintenant.

Merci à vous deux ! Le plus précieux dans une aventure comme celle-là est ce que vous dites plus haut Giovanna.
Pauline, vous Giovanna, Cécile Givernet pour la voix, Prakash Topsy pour les animations, Pierre Canthelou pour le développement html5, Michel pour le son, et moi (un peu), fait de cette œuvre un livre unique, qui, mené à 14 mains, a respecté et mis en valeur les contributions des uns et des autres.
Merci à vous tous également de me permettre cela.

Mention spéciale à mon oncle Remo, pour la traduction de ces échanges avec Giovanna, car non je ne parle pas couramment l’italien !

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23 | 01
2017

Nouvelle année, nouveau programme, et si le mois de janvier touche presque à sa fin, 2017 compte encore 341 jours !

J’en ai déjà largement parlé, mais dès que l’occasion se présente, j’en remets une couche. Le HTML5 devient la norme chez La Souris Qui Raconte, et les 5 publications de l’année seront dans ce standard*.

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Le 10 février verra la sortie de « Le drôle de chat qui mord » écrit par Pauline Sauveur, illustré par Giovanna Gazzi et lu par Cécile Givernet. Un texte qui aborde la question du deuil avec une grande poésie et une belle délicatesse. L’œuvre sera sublimée par le très beau travail de Prakash Topsy à l’animation et celui de Pierre Canthelou au développement. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, et que le duo Topsy-Canthelou s’est inscrit sur la durée depuis « PCR Company » ils s’affaireront de concert à l’agitation des images.
« Léon et le géant » écrit par Cécile Givernet, qui passe ici de l’autre côté du miroir en tant qu’auteure, aborde le thème de la séparation avec un Léon ronchonchon qui doit affronter un énorme géant avant de retrouver sa maman ! Les images sont de Julie de Terssac. Je vous fais la primeur d’une première illustration. Il est mignon Léon, non ? C’est Thierry Ragueneau qui sera la voix du livre sur une musique composée spécialement pour l’occasion par Vincent Munsch (une première chez LSQR). Sortie prévue le 7 avril.

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Puis le 9 juin, j’aurai le grand plaisir de publier sur le site de La Souris qui Raconte « Le prénom du monde » un livre de commande écrit par Cathy Dutruch et illustré par Claire Fauché. Publié en 2015 sur le site de la maternité qui me l’avait commandé, et avec l’accord du commanditaire et de Cathy et Claire, le livre sera proposé dans son intégralité gratuitement sur le site. Il sera lu et mis en musique pour une seconde jeunesse !
En septembre, une histoire à inventer, « Les 8 recettes magiques de la forêt des contes » écrit par Camille Berta et illustré par Julie Eugène, enchantera toutes les papilles. Il y sera question de cuisine, de quêtes d’ingrédients auprès de personnages de contes célèbres, avec Blanche Neige et son Prince en maîtres de cérémonie. Les enfants liront, joueront et cuisineront des recettes faciles à faire, et bonnes à déguster. Et l’année se terminera sur « Mon garçon, ma fille » un texte écrit par Kouam Tawa, auteur camerounais qui parle avec amour de la paternité et pourquoi préférer une femme à plusieurs, une fille à un garçon, dans un pays d’une toute autre culture que la nôtre. L’illustrateur pressenti est Fred Sochard.

Et puis… et puis… encore le HTML avec la conversion d’au moins 12 livres du catalogue.

*en espérant qu’il le reste !
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Le très bel article publié sur le blog de Walrus m’a inspiré ce commentaire via le blog de La Souris Qui Raconte.
Bien que nos deux secteurs d’activités soient très éloignés, il n’en reste pas moins que nous sommes tous deux des éditeurs « pure-player » , et, si je suis tristement d’accord avec ce qu’on y lit, je ne suis pas d’accord sur le « si cela ne fonctionne pas, c’est que nous n’allons pas dans le bon sens » !

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D’abord c’est quoi le bon sens ? Une direction bien sûr, une bonne direction. Mais c’est aussi ce que Descartes nous en dit dans son Discours de la méthode :
« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup d’avantage, s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent. »
Et si nous avions, vous et moi, cette clairvoyance ? Si nous étions ceux qui marchent fort lentement ? Et si nous voyions comme une évidence ce qui ne l’est pas, parce que nous ne sommes pas aveuglés par une obligation de rentabilité immédiate ? Si nous n’empruntons pas la trajectoire bien tracée que le troupeau éditorial encombre, c’est que nous sommes mus par une conviction qui, si elle n’est pas lucrative, nous fait combattant chaque matin, nous laissant nos libertés d’action et de choix, au-delà des luttes intestines de pouvoir des maisons bien installées. Ce que nous faisons, nous le faisons parce que depuis le début nous y croyons. Croire, c’est avoir la foi, une morsure constante aux tripes qui nous fait avancer fièrement. Mais demandons-nous si ce à quoi nous croyons fait l’affaire du marché éditorial bien rodé, dont la prise de risque se résume, majoritairement, à miser sur de l’ultra « bankable » ?  Comment aurait évolué le livre numérique dont vous parlez, si des grandes maisons s’y étaient durablement intéressées ? Certaines s’y sont risquées (peu), reconnaissons-leur cette audace, mais le manque de succès immédiat les en a rapidement détournées. Or entre 2010 et 2017, sept petites années se sont écoulées, alors que l’édition a émergé au XVIIIe siècle, notre métier « pure-player » reste encore tellement jeune !

Si j’ai en mémoire quelques exemples de livres numériques à ressortir de mes chroniques de blog : Le dernier Gaulois ou encore Phallaina produits tous les deux par France Télévision et proposés en consultation gratuite, force est de constater qu’ils ne sont pas légion, et en cela votre route est encore longue. Les deux œuvres embrassent vos convictions. Pas de page, et du scrolling horizontal ou vertical. Mais ne trouvez-vous pas qu’elles n’en restent pas moins du livre ? Un objet de narration qui permet l’évasion, affûte l’imaginaire et nourrit notre esprit ?
Ce n’est pas parce que nous avons appelé le livre numérique du même nom que le papier que celui-ci tarde à émerger. Une maison d’édition papier se distingue d’une autre, et pourtant elles produisent toutes deux du livre. Nous n’avons rien reproduit ! J’aime à croire que vos livres sont uniques et qu’ils ont le goût et l’appartenance de votre maison. Tout reprendre depuis le début laisse entendre que vous avez fait fausse route. Est-ce vous, vraiment ? Ou est-ce le marché vicié par l’oligopole éditorial du papier ? Vous avez fait des expériences audacieuses et courageuses. Continuez devant, explorez, défrichez, mais ne reprenez pas depuis le début, vous auriez perdu 7 ans.

 

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Comme chaque année, une année finit et une autre se présente ! Mais quelle place 16 cède-t-elle à 17 ?

NL voeux 2017Chères toutes, chers tous, lectrices et lecteurs, vous avez certainement déjà reçu les vœux de La Souris Qui Raconte par sa NewsLetter de décembre, sur sa page Facebook ou encore son compte Twitter ; peut-être par mail aussi, de façon plus personnalisée ! C’est la période heureuse où l’on se congratule, se souhaitant santé, bonheur, paix et harmonie. Pourtant, que l’on marche vers 2017, tout clinquant à l’aube de son 5e jour, ou bien que l’on s’attarde sur 2016, ce n’est ni la paix ni l’harmonie qui prévalent !
Ce blog n’a pas vocation à parler politique, d’ailleurs je n’en fais pas et ne me reconnais d’aucun parti, si ce n’est celui de l’Homme avec un grand H. A l’instar de Diogène, je cherche un homme ! L’Homme qui aime et respecte, l’Homme qui soutient et aide, l’Homme qui écoute et comprend, l’Homme qui agit pour le bien commun… Cet Homme qui en a fait se dresser des grands, où est-il ? Aux Etats-Unis ? En Russie ? En Syrie ? En Afrique ? En Chine ? Où se cache-t-il cet Homme que j’aime et sur lequel je peux prendre appui lorsqu’il fait peur dehors ? Le voyez-vous ?
Probablement pas non, mais comme moi vous voyez des personnes, encore croyantes, encore aimantes, encore solidaires et qui œuvrent chacune à son niveau (même petit… surtout petit !) pour rendre supportable ce monde qui, en y regardant bien, ne l’est plus trop ! Alors vous auteur(e)s, illustrateur(e)s, enseignant(e)s, bibliothécair(e)s, qui comme moi ne faites pas partie des grands de ce monde, mais pesez dans la balance collective, vous qui croyez à ce que vous écrivez – illustrez – transmettez – partagez, continuez à enchanter nos vies et surtout celles de ceux à qui vous donnez, nos enfants. Ces enfants sur lesquels l’espoir de demain repose (lourde charge s’il en est). Transmettons-leur ensemble des valeurs de vie et d’empathie, d’humilité plutôt que de vanité, de plénitude plutôt que de vacuité. Plus que jamais, donnons-leur des bases solides, guidons-les avec bienveillance… et peut-être… peut-être !
Si je ne sais pas ce que nous réserve 2017 (tout en le redoutant), je peux vous dire que cinq livres en HTML5 viendront grandir la collection des livres numériques de La Souris Qui Raconte et chacun d’eux racontera des histoires de la vie. Celle qui laisse des bleus au cœur ou bien celle qui donne des ailes pour construire.

« Le plus grand obstacle à la vie est l’attente qui espère demain et néglige aujourd’hui. » Sénèque


 
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