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Cette journée professionnelle du réseau du livre, organisée par le département de la Seine-Saint-Denis et Le Motif, s’est tenue le 19 septembre dernier à l’espace d’Anglemont aux Lilas. L’idée générale de la journée, informer et questionner autour des problématiques numériques en bibliothèque. Vaste programme au vu des nombreuses réactions !
Je ne m’attarderai pas trop sur la matinée, fort intéressante au demeurant, mais plus éloignée des préoccupations propres à La Souris Qui Raconte.
Après le discours d’ouverture, partagé entre Emmanuel Constant (Vice-Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis chargé de la Culture) et Serge Guérin (Président du Motif et conseiller régional d’Île-de-France), nous avons écouté la restitution de l’expérimentation des prêts de liseuses et tablettes en Seine-Saint-Denis. Une restitution, dont les résultats mitigés, montrent à quel point la route est encore longue. Ensuite, la présentation de la Medi@tic, plateforme pour les bibliothèques de Plaine Commune, a fait mouche auprès de l’auditoire. Véritable apologie de CVS, fournisseur officiel de la plateforme et, au passage, diffuseur de l’offre à distance de La Souris Qui Raconte pour l’édition numérique jeunesse en bibliothèque, la démonstration qui mettait l’accent sur la simplicité d’usage et de mise en œuvre a largement séduit. Inutile de dire que je buvais du petit lait et je n’ai pu m’empêcher de savourer le succès de la démonstration ! Parce que CVS se met au service du client (en l’occurrence la bibliothèque) et apporte un service clé en main, qui, forcément, séduit. Cette question de simplicité d’utilisation ou d’offres clé en main reviendra comme un leitmotiv pendant toute la journée. Puis s’est glissé dans le déroulement de cette matinée, entendez par là que son intervention n’était pas clairement annoncée dans le programme, une autre présentation de bibliothèque, celle d’Aulnay-sous-Bois (une des expérimentatrices de prêt de liseuses). Le responsable de la médiation numérique, nous a rendu compte de l’expérience en nous présentant une “Madame Michu” bien désemparée face à toute cette technologie. Les adhérents des bibliothèques sont encore, pour la grande majorité, de parfaits néophytes. Et leurs demandes, au-delà de l’intérêt de la découverte, portent essentiellement sur des questions techniques. On est donc très loin du classique emprunt du livre, objet remarquablement simple et rassurant s’il en fut, et qui, ô indicible bonheur, ne nécessite aucune explication de prise en main !
Enfin, Sylvie Vassalo (Directrice du Centre de Promotion du Livre Jeunesse) a clôturé la matinée. En revenant, avec une certaine maestria (la clé USB qui devait lui servir de support refusant obstinément de restituer ses données), sur les expérimentations numériques du SLPJ, à savoir la tablette XXL et la Biblio-connection (ou comment explorer d’autres manières de lire), Sylvie Vassalo nous a présenté a capela les deux expérimentations en cours.
Et puis, c’est la pause déjeuner. Nous nous retrouvons un petit groupe, majoritairement des bibliothécaires (évidemment) autour de japonaiseries et alors que je déguste ma brochette de thon grillé, je ne peux m’empêcher de revenir sur un point évoqué à plusieurs reprises durant la matinée. La question du chargement des “device” en ressources ! Une ressource pour 5 “device” ! Ça a été dit, redit, qui par Le Motif, qui par un bibliothécaire, qui par un éditeur (l’après-midi). Alors que je m’étonne et ne peux m’empêcher de rappeler que cette option proposée par Apple et consort est exclusivement à vocation privée pour une utilisation familiale, les personnes attablées avec moi (des bibliothécaires pour ceux qui ne suivent pas) abondent dans mon sens. Le débat est ouvert, et les échanges vont bon train. Le commentaire le plus sain que j’ai entendu est celui d’une bibliothécaire du réseau des bibliothèques parisiennes, qui faisait valoir le rôle essentiel de la bibliothèque dans sa mission d’exemplarité face à l’émergence de cette nouvelle économie.
Les échanges reprennent à l’heure, 13 heures 30, avec sur le plateau François Rouyer Gayette (CNL), Stéphane Michalon (ePagine), Philippe Touron (librairie Le Divan), Sophie Perrusson (CAREL) et Florent Souillot (Flammarion), appelé au pied levé semble-t-il pour remplacer Vincent Marty (Dilicom). Le sujet : le projet PNB (Prêt Numérique en bibliothèque). L’énoncé du dit sujet est assez obscur, et les protagonistes, dont j’ai personnellement du mal à comprendre le discours parfois (je ne donnerais pas de nom mais les présents dans la salle sauront forcément à qui je fais allusion), donnent le sentiment de ne pas parler de la même chose. C’est pourtant simple :
Les libraires doivent être en mesure de présenter des offres de livres numériques aux bibliothèques. Le projet PNB vise à faciliter les interactions entre les éditeurs, les libraires et les collectivités.PNB : Un projet essentiel au service de l’interprofession mis en œuvre par DILICOM. Il nous a paru nécessaire que les libraires, partenaires naturels des bibliothèques et des éditeurs, restent impliqués dans le développement de la lecture publique. C’est pourquoi, avec le soutien du CNL, nous développons une offre de service que nous avons appelée Prêt Numérique en Bibliothèque. Ce projet s’inscrit logiquement dans le prolongement du hub Dilicom qui assure depuis 2010 les échanges d’information et les transactions relatifs aux livres numériques entre les e-distributeurs et les libraires.
La dichotomie des acteurs, Dilicom/Flammarion Vs ePagine/CAREL, même si ceux-ci sont pertinents, me laisse assez dubitative. Comment se passe la discussion ? Tout le monde à pied d’égalité ? Une voix Flammarion = une voix ePagine ? J’en doute, mais vous me connaissez maintenant, je suis curieuse ! Bref ! Cette affaire a un goût de revenez-y avec en toile de fond le fiasco de 1001 Libraires. Je n’ai aucune idée de l’aide qu’apporte le CNL au projet. Et je préfère ne pas le savoir, tant je crains que cela me contrarie (rapport à l’aide zéro octroyée aux petits éditeurs pure-player). Et les bibliothèques dans tout ça ? Et le lecteur ? Il est où le lecteur ? Parce qu’évidemment on parle encore et toujours d’auto-dégradabilité et de DRM ! Deux points très noirs dans le processus d’achat (pourquoi en serait-il autrement pour du prêt) d’un livre numérique. Alors oui, la profession avance, mais la profession continue de faire la sourde oreille, et lorsque dans la salle, la question est posée sur l’harmonisation par TOUS les éditeurs d’un seul et même process mis à la disposition des bibliothèques, la réponse est juste politiquement correcte. Aujourd’hui le projet est menée par Gallimard (qui au-delà de détenir Flammarion, détient également la librairie Le Divan -tiens, tiens-), si d’autres éditeurs veulent se joindre à nous, ils sera temps d’en reparler. J’ai senti comme un flottement dans la salle !
Le feu d’artifice de la journée a été apporté par Philippe Chantepie, chargé de mission stratégie-prospective au Secrétariat général du Ministère de la culture et de la communication. J’ai franchement regretté que les invités de la précédente table ronde aient déserté l’auditoire. Ce personnage, haut en couleur par sa verve et son humour, aurait pu ébranler la question de la nécessité du chantier sur lequel ils œuvrent, et qui va coûter une blinde ! Dans tous les cas, il m’a ébranlée ! Ce que j’ai retenu de la démonstration peut se résumer très simplement. On lit de moins en moins, et ce n’est pas près de changer. Au fil du déroulé de son power point (malheureusement assez illisible, trop de textes, schémas, courbes ; on était forcé d’écouter, du coup), Philippe Chantepie nous démontre deux choses essentielles:
1) Des individus ont les mêmes comportements qu’ils aient 20, 30, 40 ou 50 ans. Ils regardent la TV à 20 ans, ils la regarderont à 50 et plus. Ils ne lisent pas à 20 ans, ils ne liront pas à 50 et plus !
2) La transmission de la lecture est sexuée. Une mère montre l’exemple à sa fille, un père à son fils. Les statistiques indiquent que c’est la femme qui aujourd’hui est plus encline à lire, l’homme lisant de moins en moins, voire plus du tout, dans les catégories socio culturelles basses. Il ne transmet donc pas ce graal à son fils. On va donc vers un appauvrissement, pour ne pas parler d’un tarissement complet de la lecture masculine pour les siècles des siècles (si l’on tient compte du point n°1). Comment endiguer le phénomène ? Evidemment personne n’a la réponse. Avoir des bibliothécaires masculins, et faire passer la lecture cause d’utilité publique… deux idées en l’air !
Dans tous les cas, j’espère bien que le fichier qui nous a tous laissé rêveur, vous pouvez vous en douter, sera disponible sur le site du Motif ou encore de l’espace d’Anglemont. Les prestations des uns et des autres ayant été filmées, j’imagine que nous aurons un debrief complet que je ne manquerai pas de rapporter ici également.
Quelle bibliothèque peut aujourd’hui faire l’impasse sur le livre numérique ?
De nombreuses actions s’organisent, pour comprendre, faire connaitre, montrer, explorer, découvrir… même si cela reste compliqué. Avez-vous lu les “actes” du Bookcamp Jeunesse du 11 avril dernier, l’atelier 3 était intitulé “Quelles médiations numériques en médiathèque jeunesse ?” , un sujet qui fait débat !
Si l’on reste encore dans l’expérimentation, on se rend compte que les éditeurs numériques jouent le jeu. Ils participent ! Cela n’arrondit pas les fins de mois, mais donne une certaine visibilité, et surtout, montre s’il en était encore besoin, que le numérique jeunesse produit des contenus que les bibliothèques revendiquent !
Des lieus : la BnF, et ses histoires de livres magiques (prochain RV le 29 mai) ; la bibliothèque Municipale de Lyon avec RéCréation, un village virtuel dédié au numérique…
Des rendez-vous : Mâcon, le 23 mai. Sous forme de journée d’étude, nous explorerons “la littérature jeunesse à l’heure du numérique” !
Le point commun de ces petites informations distillées ici, la participation obstinée de La Souris Qui Raconte, qui s’insinue doucement dans ces lieus publics donnant accès à l’information, aux idées et aux œuvres de l’imagination.
Une expérience en bibliothèque peut contribuer à la compréhension du monde, faire découvrir le plaisir d’une histoire d’enfant, fournir un conseil pour installer et sécuriser une conduite d’eau ou écouter le témoignage d’une personne âgée pleine de sagesse. Source IFLA
Parce qu’avril ira au bout de son dicton, et que mai me plaira encore plus cette année, je vais terminer le mois en anticipant le prochain.
Il me plaît de me découvrir !
Sortie de “Une drôle de voisine” écrit par Sandrine Beau et illustré par Cécile Vangout. Un livre bicolore, où un frère et sa sœur découvrent au fond du jardin de leur grand-père une tente bien mystérieuse !
Si Cécile est forte avec juste deux couleurs, Ivan est un magicien agitateur hors pair ! Le soin qu’il a mis a donner vie à Clémence et Célestin (ne ratez pas non plus le chien, la poule ou les fourmis…) est juste bluffant !
Et ici, chez La Souris Qui Raconte, on continue de dire (et de montrer) que Flash© fait des merveilles à des coûts de production bien en deçà de ceux nécessaires au développement des applications ! “Une drôle de voisine” sera notre 27e titre ! Qui me les énumère tous en “Parole de souris” sera récompensé par Célestin himself ! Nous ne sommes pas nombreux à revendiquer un tel catalogue ! Nos livres pour enfants, ainsi réalisés, nous ont fait entrer dans les bibliothèques, et on s’y sent “fichtrement” bien !
Un autre titre fera j’espère l’actualité de ce prochain mois de mai. En effet, “Il suffit parfois d’un cygne” (sorti chez LSQR fin mars et joliment critiqué chez Déclickids) répète son prochain ramage ! Une version tablette se prépare… Je vous en dirai plus très bientôt, mais l’idée de porter ce très beau livre, signé Emilie Chazerand et Nicolas Gouny, en epub enrichi est assez excitante, et puis je serai très heureuse que Nathalie le relise affalée dans son canapé, ou bien allongée sur son tapis !
Côté application, deux adaptations en préparation également : “La machine aux illusions” et “Les deux rois, la sorcière et le sage” . Par contre, pas de dates de sortie pour l’instant.
Nous préférons savourer le franc succès de nos 7 autres applications.
Oui, oui, vous avez bien lu, 7, sept, S E P T… Ah vous ne le saviez pas !? C’est ballot, parce que de franc succès, celui-ci aurait pu être, INTERNATIONAL, voire MONDIAL ! Vous n’avez plus qu’à vous empresser de faire circuler l’information !
La Souris Qui Raconte, éditeur numérique jeunesse dispose de 26 titres web et 7 titres applications …
Lorsque vous aurez dit au Monde, chers lecteurs, que par ici, on édite des livres inédits au contenu original, que les textes parlent aux enfants avec des mots qui se trouvent tous dans le dictionnaire, que les thèmes abordés peuvent être des thèmes sensibles, parce que la vie est sensible, alors seulement, nous programmerons la sortie de nos prochaines applications !
Voilà qui est dit !
Bon… mais on vous promet quand même d’autres livres à lire assis derrière votre vieux PC… plus tard dans l’année… mais chuuuuuuut ! Surpriiiiiiises !
C’est en parfaite néophyte que je me suis rendue de très bonne heure vendredi (départ du train à 7h gare de Bercy… aïe ça pique) à Clermont-Ferrand, au 35e festival du court métrage ! Invitée par la société CVS, qui est partenaire, j’ai donc pu rencontrer un certain nombre de bibliothèques. Le contexte étant posé, peut-être vous demandez-vous le rapport entre CVS, bibliothèques, court métrage et La Souris Qui Raconte !
CVS, spécialiste de la fourniture de produits audiovisuels aux collectivités (et donc aux bibliothèques), est un acteur important pour les éditeurs numériques.
Nous considérons qu’il est de notre responsabilité d’aider ainsi les responsables de médiathèque à trouver la considération qui leur est due au sein du processus de la création et de la diffusion culturelle.
C’est aussi le sens de notre engagement dans le développement des outils de la bibliothèque numérique qui seront une nécessité demain !
Depuis neuf mois maintenant, le fonds LSQR est accessible aux bibliothèques sur le site de CVS. Il leur suffit de souscrire à l’espace jeunesse dans laquelle La Souris Qui Raconte est référencée, rendant ainsi possible une consultation à distance de nos livres numériques à leurs abonnés.
Forte de son partenariat avec le festival, la société CVS en a profité pour convier un certain nombre d’acteurs - bibliothèques, mais aussi éditeurs - pour une rencontre vendredi dernier autour de son tout dernier service dématérialisé “Ma Médi@thèque” . J’ai ainsi rencontré une vingtaine de bibliothécaires, tous curieux du devenir de leur collectivité au regard de la mutation numérique !
Venus des quatre coins de la France (pour moitié sous la neige), ces femmes et hommes, m’ont paru non seulement curieux, mais très pro-actifs au regard des changements fondamentaux qu’ils connaissent ! Quel devenir pour leurs établissements ? Quelles offres ? Comment se projettent-ils ? Comment peuvent-ils agir ? Il est clair que le rôle du bibliothécaire doit aussi s’adapter à ces mutations et que ceux présents n’avaient pas l’intention de se laisser déborder ! Bravo !
Une après-midi dense en échange et en partage IRL (In Real Life)… et puis cela m’a aussi permis de visionner 15 courts métrages, dont certains m’ont vraiment transportée ! Une parenthèse culturelle et humaine tout à fait enrichissante !
Hier se tenait à l’Institut Océanographique les 9e assises du livre numérique organisées par le SNE. Pour la première fois le temps dévolu à ces assises occupait la journée complète, au lieu d’une demi-journée pour les années précédentes. Un nouveau format qui, à plusieurs égards, m’a particulièrement enthousiasmée !
La matinée s’organisait autour du thème “Les politiques du livre numérique” et l’après-midi abordait “Les grandes tendances du livre numérique” pour se terminer avec un exercice qui a littéralement emballé l’entrepreneuse que je suis. Des “Pecha Kucha” (le bruit de la conversation en Japonais) et que je vais essayer de détailler au mieux !
Avant de revenir plus longuement sur cette heure et demi de présentations courtes et rapides, quelques lignes sur cette journée.
En 2011 je m’étais jurée de ne plus retourner aux assises, que j’avais trouvé inintéressantes voire barbantes. Aucune information nouvelle sur le numérique n’avait nécessité de passer une demi-journée dans un espace, certes remarquable, mais particulièrement inconfortable. Les bancs sont un calvaire pour nos fessiers et, comme si ce n’était pas suffisant, coupent la circulation du sang dans les jambes…
Finalement, j’ai changé d’avis et me suis inscrite à ces Assises quitte à être mal assise (facile, mais trop tentant) !
Je ne vais que survoler les différentes tables rondes, pour me concentrer sur les “Pecha Kucha” , sûre que ça et là vous retrouverez sur le WEB des articles bien plus complets que celui que je pourrais vous délivrer ici. Faire vite, c’est faire des choix. D’abord zapper l’introduction du président du SNE (so borring) et filer direct à la première table ronde “Le livre numérique en bibliothèque” dont les invités, une bibliothécaire, un libraire, des diffuseurs et éditeur numériques, ont présenté à tour de rôle leurs offres de service. Pour les noms je vous renvoie au programme. Bien que l’animateur ait cruellement manqué de punch et globalement assez mal préparé son sujet (désolée, c’est l’impression que j’ai eu et ressenti autour de moi), le débat a montré une fois encore, combien les bibliothèques (trop peu représentées autour de la table) sont les laissées pour compte d’une révolution qui les dépasse. Ce que j’ai retenu : une trop grande disparité dans les offres (sentiment renforcé par les présentations des uns et des autres) et côté usagers : une attente de plus en plus forte de lire en mobilité !
La deuxième table ronde concernait “Les livres indisponibles : de quoi parle-t-on ?” Soit je me suis endormie à ce moment là, soit il n’a jamais été précisé clairement ce que sont les livres indisponibles (ce que j’ai trouvé ici). Dans tous les cas, c’est un dossier d’une extrême complexité sur lequel la SGDL planche depuis plus de 2 ans. Qui est concerné, comment retrouver les ayants droits ? Il s’agit de 500 000 œuvres, une bagatelle (une vision beaucoup plus “journalistique” de ce moment ici) ! L’idée phare de la future plate-forme dont le Cercle de la Librairie et la Caisse des Dépôts seront actionnaires : vulgariser la lecture numérique et proposer des offres commerciales aux libraires. Ce que j’ai retenu : un projet colossal, qui va encore coûter un bras et venir grossir le flot des “offices” avec des titres dont on peut se demander s’ils intéresseront du monde ! En effet, à l’heure de la création numérique, des enrichissements, des nouveaux modèles d’écriture, de lecture, de diffusion, combien seront-ils à se procurer de telles œuvres, dont je ne doute pas que les lecteurs avisés les possèdent déjà ! Les premiers titres ne devraient pas sortir avant début 2014, ce qui, au fuseau horaire numérique, risque de provoquer un beau “jet lag” !
En début d’après-midi, Julian Goarant directeur d’études OpinionWay a rendu publics les résultats du deuxième baromètre SOFIA/SNE/SGDL. Je vous laisse le découvrir dans son intégralité ici. Ensuite, et avant d’arriver à nos “Pecha Kucha” deux personnages aussi brillants l’un que l’autre nous ont parlé de “DRM et moyens techniques de protection (MTP), quels enjeux ?”. Pour les problématiques techniques était appelé à la barre, Bill Rosenblatt, New Yorkais (traduction en simultané pas toujours très claire, et quelques belles coquilles, confondant Adobe - prononcer Abobi - et HADOPI) et pour les problématiques juridiques, maître Jean Martin, un homme plein d’humour s’exprimant avec une grande clarté malgré la complexité du sujet traité. Bref un régal !
Bon, c’est pas tout ça mais il était déjà 16h30, tout juste le temps d’une pose pipi coupable ! Le rythme effréné de cette journée n’a pas laissé beaucoup de place pour ces moments qu’on aurait pu croire triviaux, tant ils ont été occultés ! L’amphithéâtre s’ébroue, on prépare les Pecha Kucha. 15 acteurs sont en lice ! La règle, 20 diapositives défilant à raison de 20 secondes chacune, ce qui vous donne 6 ” 40′ pour présenter votre offre ou votre service. Pour un entrepreneur ça s’apparente à un elevator pitch, l’expression est beaucoup moins glamour que Pecha Kucha !
Le premier a entrer dans l’arène (une arène bienveillante, sans note ni appréciation, juste un exercice donnant un peu de visibilité face à un public d’initiés) est Albin Michel avec Paul Veyne et son Musée Imaginaire. Une présentation des fonctionnalités de l’ouvrage numérique nous est faite, avec quelques interventions à l’écran (images et voix) de Paul Veyne, personnage haut en couleur et extrêmement attachant ! Le format n’est pas franchement respecté… il le sera d’ailleurs très peu ! Hatier avec Mon chemin, continue. L’émotion de l’éditrice est tangible et me conforte sur ce que je sais depuis longtemps : pas facile de garder son sang froid et ses moyens alors que tous les regards sont tournés vers vous. Et ça, quand vous devez le faire devant un auditoire d’investisseurs, ça ne passe pas !
Celui qui sera le meilleur dans l’exercice, le plus convaincant avec un respect total des règles du jeu c’est WeLoveWords ! Grégory nous a défilé ses 20 slides, joliment mis en page, avec juste quelques mots. Ceci dit, pour lui, trouver les bons ne devait pas être bien sorcier. Encore fallait-il les dire, clairement et avec conviction. Cela fait longtemps que je crois au potentiel de cette start-up. La Souris Qui Raconte devait d’ailleurs confier à WeLoveWords un projet d’écriture pour une histoire à inventer. En 2013 peut-être !
Ensuite 2 éditeurs se succèdent, les éditions Gründ avec les cinquante meilleures chroniques de La scandaleuse histoire du Rock et les éditions Foucher avec Biologie Fondamentale, un livre enrichi avec fiches de révisions, exercices avec corrigés et QCM interactif.
FeedBooks ensuite, une librairie numérique dont je pensais qu’Hadrien Gardeur se serait mieux approprié l’exercice.
Hachette présente son Guinness World Record. Est-ce parce que le sujet est plus fun ? En tout état de cause, la démonstration en ligne était très bien faite, répondant parfaitement aux critères du défi ! La voix de l’éditrice, posée et en même temps amusée !
Ensuite The Michelin Guide… est-ce parce qu’il commençait à se faire tard, et que je passais d’une fesse à l’autre pour soulager chacune à tour de rôle de la dureté du banc, mais la suite est plus confuse. My book factory une usine à numériser les livres (???). C’est ce que j’ai écrit hier, et j’avoue humblement ne plus me souvenir de quoi il en retourne exactement ! Encore quelques éditeurs : Gallimard avec Pompidou Kids (application chroniquée ici) ; Nathan avec T’Choupi, vous remarquerez en suivant le lien que celui vers l’ebook store ne saute pas aux yeux ; Zarafa, un livre en epub superbement enrichi ; Le Petit Prince, livre enrichi à paraître chez Gallimard ; Les Fables de la Fontaine, présenté par une société dont le nom m’échappe (et que j’ai mal noté), en epub3 fixed lay out avec synchronisation de la lecture. Le dernier a passer, Stéphane Michalon de chez epagine. Très impressionné, alors que le texte qu’il avait préparé pour l’occasion était très beau ! Mais son émotion en a un peu brouillé la compréhension.
Voilà le marathon se termine et mon billet est presque aussi long que la journée ! Je vous prie de m’en excuser et espère qu’il vous a suffisamment intéressé pour arriver jusqu’ici et découvrir ma conclusion ! Car ENFIN, il se passe des choses ! ENFIN ça bouge ! Bon d’accord, La souris Qui Raconte n’a pas été sollicitée pour l’exercice ! J’aurais d’ailleurs été bien embarrassée. Je regrette au passage qu’aucun éditeur “pure-player” n’ait été convié à se présenter. Pourtant, au 24 octobre 2012, Lorenzo Soccavo dans sa liste mise à jour, dénombre pas moins de 82 éditeurs pure-plyer et 18 prestataires de services pour l’édition numérique ! Nous grandissons, nous grandissons… Il va bien falloir compter avec nous Mesdames Messieurs de la SGDL !
N’est-ce pas la question qui se pose à beaucoup de bibliothèques ?
Du 7 au 9 juin se tiendra à Montreuil, le 58 e congrès de l’ABF, sur le thème “La bibliothèque, une affaire publique”. Vaste sujet ! Préoccupant si l’on en croit les personnes les plus concernées. Car, à l’ère du numérique, d’Apple et d’Amazon les questions affluent. Celles de la lecture, de la médiation et de la recommandation sont évidemment fondamentales pour un bibliothécaire ! Elles le sont aussi pour un éditeur, même (et surtout) numérique. Editeur (100%) numérique, La souris qui raconte, a très vite voulu marquer son adhésion à ces problématiques en proposant aux bibliothécaires qui en font la demande, un abonnement à ses ressources, en mode sur place. Je vous en parlais, non sans fierté, ici. Depuis, 7 nouvelles bibliothèques ont souscrit un abonnement, dont la très célèbre Cité des Sciences, et l’exotique Institut Français de Tunisie…
Comme la question posée comporte deux options, il fallait bien essayer de résoudre celle de la distance ! C’est chose faite depuis quelques jours avec la société CVS. Je ne peux malheureusement pas vous diriger vers le lien de cette ressource, il faut être abonné pour cela… mais je peux vous montrer l’espace, ludique et coloré … et vous inviter à vous renseigner !
Suite à mon intervention hier aux abattoirs de Toulouse, à l’occasion du Festival des Savoirs Partagés La Novela, je voulais vous en expliquer la teneur. Invitée par Michel Fauchié de la bibliothèque de Toulouse, dans le cadre du forum des usages et des utilisateurs du numérique, j’ai présenté La Souris Qui Raconte aux membres de son réseau de bibliothèques. Ce fut donc l’occasion de montrer quelques livres numériques ainsi que le livre application “Antiproblemus veut sauver la Terre”, de parler de ce qui me différentie des autres éditeurs “pure-player” et de les informer du type de ressources que j’ai étudié pour les bibliothèques. Les échanges furent animés et sincèrement curieux.
Inscrite aux ressources électroniques du Carel, j’ai pu leur exprimer de vive voix ma volonté de participer aux débats sur le numérique au sein des bibliothèques. Un sujet dans lequel Michel est très impliqué dans le cadre de ses différentes missions au sein de l’ADDNB et du CNL, et auprès de qui j’ai trouvé un véritable allié (je tiens ici encore à l’en remercier). Je vous invite a découvrir sa tribune avec Livres Hebdo “Ce que le livre numérique révèle”, qui se termine par ces lignes :
Pour dire in fine que les pistes les plus intéressantes pourraient être celles-ci :
** la bibliothèque a un rôle à jouer dans la découverte du livre numérique : d’abord pédagogique comme dirait Valérie Tesnière (dans « Horizon 2019 bibliothèques en prospective » presses Enssib 2011), puis « actrice » d’une offre largement ouverte et documentée,
** le bibliothécaire confronté au livre numérique a vocation à « produire », à organiser (avec d’autres) la médiation : pour référencer, pour donner à voir et rendre accessible, pour encourager la création : le numérique nous apprend à co-produire, à co-construire : chaque partenaire du livre numérique y a sa place.
Depuis le début du mois d’octobre, La souris qui raconte a la joie de faire partie des ressources de la bibliothèque d’Issy-les-Moulineaux. J’espère bien que cette bibliothèque n’est que la première d’une longue liste, et qui sait, se verra rejointe rapidement par les bibliothèques de Midi-Pyrénées pour co-produire et co-construire ce monde numérique qui émerveille et interroge !







