Archive for mai, 2015
Les ponts de mai sont enjambés et la fin de l’année scolaire approche désormais à grands pas. Objectif 18 juin !
Ce jeudi-là, quai de Valmy, je gage que ce ne sera pas l’appel qui fixera les mémoires mais plutôt la restitution de notre « Histoire d’école », comme on dit dans les milieux bien informés, un moment de partage et de rencontres entre enseignants, parents, élèves, pour montrer le chemin parcouru autour d’un projet conduit toute l’année par une classe (la 4eA) et une poignée d’enseignants hyper motivés.
Ce matin, se tenait donc notre dernier rendez-vous avec les élèves. Pour la séance d’enregistrement, douze d’entre eux ont joué de la voix et lu leur texte, révisé avec soin pendant ce WE de Pentecôte. Le temps était compté. Il l’est toujours lorsqu’il est pris sur un cours (de Français en l’occurrence, deux heures consécutives), et c’est une sacrée prouesse que de faire lire (et bien lire) ces jeunes, impressionnés par le micro et pas toujours à l’aise dans l’expression orale. Qu’importe, ils se sont donnés à fond, se dépassant pour certains, au point de bluffer leur professeur (et nous-mêmes, je ne vous le cache pas). De beaux moments, entre émotion et fierté, menés au rythme d’une construction littéraire en 6 chapitres avec narrateurs et personnages.
Merci encore à Cécile, Léa, Elsa, Badreddine, Gwendal, Sofian, Bastien, Kenza, Yacine, Juliette, Jeanne et Mélanie, ainsi qu’à leurs camarades supporters… et curieux (regrettant peut-être un peu de n’avoir pas été volontaires), pour leur implication dans l’élaboration de ce livre fantastique intitulé « Troubles ».
S’il nous reste encore du boulot en cuisine, je vous donne d’ores et déjà rendez-vous le 19 juin sur le site de La Souris Qui Raconte, pour la mise en ligne web du livre, qui sera également disponible gratuitement sur iBooks Store.
Savez-vous où se trouve Tétouan ?
Avant d’avoir été invitée par l’Institut Français, je l’ignorais. C’est donc à l’occasion de la fête du livre « La cigogne volubile » organisée par les Instituts Français du Maroc, que j’ai découvert une très jolie ville et sa jeunesse écolière !
Le vendredi 15 mai, après avoir passé une partie de la matinée à l’école des Beaux Arts en remarquable compagnie de Anouck Boisrobert (la moitié de Louis Rigaud, deux incroyables pop-upeurs français—un cocorico qui a la classe et un sacré talent !—) et Zineb Benjelloun une artiste marocaine au regard curieux dont le tracé témoigne de ses introspections urbaines, je présentais La Souris Qui Raconte et son insatiable ogresse aux élèves tétouanais de deux classes de l’Institut ! Enfin, c’était le programme, mais c’est fou comme les choses se passent rarement comme on le prévoit… !
Premier atelier : la classe volontaire, qui ne dépendait pas de l’institut, ayant déclaré forfait, c’est finalement avec des enfants glanés dans l’enceinte du bâtiment que celui-ci a pu avoir lieu. Il fallait bien combler le vide (et l’embarras) laissé par l’absence de l’enseignante et sa vingtaine d’élèves. — C’est pas grave, m’escrimais-je à répéter à mon hôtesse confuse ! L’improvisation fait aussi partie des ficelles qu’il faut savoir tirer pour faire face aux surprises. Ce qui fut plus difficile à gérer, c’est que les élèves choisis, s’ils montraient une aptitude incontestée pour la lecture, comprenaient très peu le français (et par voie de conséquence, ce qu’ils lisaient). Pas un seul s’est abstenu de lever la main en scandant des « maîtresse… maîtresse… » pour venir face au tableau interactif, lire ce conte numérique au vocabulaire difficile pour des petits marocains. Comble, Tétouan ayant été un protectorat espagnol jusqu’à peu (1956), beaucoup d’élèves communiquaient spontanément dans cette langue ! Pour autant, la bonne humeur et l’envie manifeste des enfants à me montrer leur « savoir-lire » a fait de cette heure et demie, un grand moment qui s’est terminé par des démonstrations de comptines apprises ou chantées, et où la configuration de la classe était subitement inversée, eux sur l’estrade et moi assise à les écouter !
Deuxième atelier : l’enseignant (le maître) avait préparé ma venue et anticipé l’histoire que Moussa raconterait à Occidiane (je vous en parlais ici). J’avais décidé de ne faire découvrir qu’une seule des trois fins du livre pour permettre aux élèves de réaliser une courte animation. J’avais imaginé (on s’en imagine des trucs à ces occasions !) que cette animation prenant du temps à faire, serait commencée avec une classe, et terminée avec la seconde. Comme le premier atelier a été quelque peu chamboulé, le second en a subi les conséquences, et le petit film est vraiment riquiqui. J’ai regretté le manque de temps mais j’ai surtout réalisé à quel point la pratique de ces ateliers est essentielle pour mieux cadrer leur déroulé et être rapidement efficace dans un temps contraint ! Les enfants ont dessiné les lettres du titre de l’histoire de Moussa, et sont venus à tour de rôle les positionner sous la camera de l’iPad.
En 9 secondes, ça donne ça !
Pour ce qui est de la journée du samedi, j’avais le matin un atelier avec des apprenants plus jeunes. Je me suis donc rabattue sur la réalisation d’un cadavre exquis en illustration, comme je l’avais fait sur le salon d’Eaubonne. Les élèves, eux aussi, fiers de lire, se sont appliqués à dessiner fruits et légumes variés après s’être accordés sur l’importance du partage, contrairement à Occidiane !
L’après-midi, je présentais La Souris qui Raconte à une dizaine d’enseignants. Il a longtemps été question des Histoires d’écoles et j’ai, là encore, senti l’intérêt que cette collection éveille souvent !
Enfin un temps de lecture dédiée au public a clos ma journée. Jamais depuis que je pratique ces ateliers je n’ai rencontré un tel intérêt. Les enfants étaient non seulement nombreux et attentifs, mais sincèrement heureux de découvrir Le livre papillon et fiers de participer.
Ce furent de remarquables moments, tant par la qualité des échanges professionnels avec les membres de l’Institut et les autres invitées que par la délicieuse cordialité de tous les jeunes lecteurs marocains. Un pays chaleureux et une ville dans laquelle je vous invite à vous arrêter si vous passez dans le coin.
… pour les enfants qui ne veulent pas s’emmêler les pieds dans les bobines (expression piquée sur leur page Facebook) ! On n’est pourtant pas mercredi, mais aujourd’hui (jeudi), j’ai envie de vous parler d’un projet entre cinéma et édition, porté par une étudiante que je soutiens à fond ! Et pour cause !
Parlons d’elle d’abord. Vous la connaissez un peu puisqu’il s’agit de Marianne Selli, étudiante en métier du livre et qui sera bientôt diplômée es-souris chez La Souris Qui Raconte. Lorsqu’elle n’est pas en contrat d’alternance, ou bien à étudier, ou bien à baby sitter… elle est directrice de publication et rédactrice en chef de la revue qu’elle a créée avec des amies « PopCorn, la revue qui se fait des films » !
Dédié aux 8-12 ans, ce petit magazine (format A5), qui en est à son deuxième numéro, leur parle de cinéma (que Marianne a aussi étudié pendant un an). Et leur en parle bien ! En 36 pages, il décortique un film. Le premier numéro sorti en janvier dernier abordait « City Lights » de Charlie Chaplin. Le second, publié ce moi-ci, nous dit tout sur « Jason et les Argonautes » de Don Chaffey.
Comme vous pouvez le voir, les choix des films sont des choix assumés. C’est intelligemment fait, pour des jeunes que l’équipe souhaite initier au cinéma de façon ludique mais « professionnelle ». Dans ces deux premiers numéros, les films, décryptés étape par étape, proposent un contenu riche : en images / derrière le décor / raconte-moi ton histoire / rendez-vous avec / silence… ça tourne / il était une fois… La deuxième partie plus ludique joue avec le lecteur et le réalisateur dans des rubriques comme : à vos ciseaux / jeux / joue ta scène, etc. L’ensemble est coloré et richement documenté. Quant aux illustrations, elles ne laissent pas indifférente l’éditrice que je suis ! On sent la passion du cinéma et de l’édition, et je ne peux que vous encourager à découvrir (et faire découvrir à vos enfants) ce magazine « PopCorn » dont le titre à lui seul est un morceau d’anthologie !
Vous pouvez le trouver sur leur site déjà, mais aussi dans certaines librairies ou musées au prix tout à fait léger de 5€. J’adore ! Bravo les filles !








